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SANCY , ambassadeur français. — ses
NÉGOCIATIONS AVBC LES SCISSKi. Nicolas
de Harlay de Sancy fut successivement conseiller au parlement, maître des requêtes , ambassadeur en Angleterre et en Allemagne , colonel général des Suisses , premier maître d'hôtel du roi, surintendant des finances, et réunit ainsi en sa personne, le ministère, la magistrature, et le commandement des armées. Il était fils de Robert de Harlay, conseiller au parlement, et de Jacqueline Morvilliers ; il naquit en i546, et mourut en 1639.
JN 'étant encore que maître des requêtes, il se trouva dans le conseil de Henri m, lorsqu'on délibérait sur les moyens de soutenir la guerre contre la ligue ; il proposa de lever une armée de Suisses. Le conseil, qui savait que le roi n'avait pas un sou , se moqua de lui : « Messieurs , dit Sancy, puisque de tous ceux qui ont reçu du roi tant de bienfaits il ne s'en trouve pas un qui veuille le secourir , je vous déclare que ce sera moi qui lèverai cette armée.» On lui donna sur-le-champ la commission et point d'argent , et il partit pour la Suisse. Jamais négociation ne fut si singulière : d'abord il persuada aux Genevois et aux Suisses de taire la guerre au duc de Savoie , conjointement avec la France; il leur promit de la cavalerie, qu'il ne leur donna point ; il leur fit lever dix mille hommes d'infanterie, et les engagea de plus à donner cent mille écus. Quand il se vit à la tête de cette armée, il prit quelques places au duc de Savoie ; ensuite il sut tellement gagner les Suisses, qu'il engagea l'armée à marcher au secours du roi. Ainsi on vit pour la première fois les Suisses donner des hommes et de l'argent.
Sancy, dans cette négociation , dépensa une partie de ses biens; il mit en gage ses pierreries, et entre autres ce fameux diamant, nommé le Sancy, qui est à présent à la couronne.
Ce diamant, qui passait pour le plus beau de l'Europe , avait d'abord appartenu au malheureux roi de Portugal , don Antoine, chassé de son pays par Phi* lippe 11 : don Antoine s'était réfugié en France, n'ayant pour tout bien qu'une selle garnie de pierreries, et un petit coffre dans lequel il y avait quelques diaxnans. Celui dont il est question est un diamant assez large , qu'il mettait a son chapeau et qu'il aimait beaucoup. Ce fut celui dont il se défit le dernier; il le mit en gage entre les mains de Sancy, qui lui