‹ Dictionnaire historique des événemens remarquablesChapitre 142 sur 183 · SALPÊTRE. ON CHIMISTE MBTBND · texte numérisé non relu

SALPÊTRE. ON CHIMISTE MBTBND

en fairb, in 1^53. — Il faudrait avoir toujours devant les yeux ce proverbe espagnol : Dcias eosas mas seguras , la mas segura est dudar : Quand on a fait une expérience , le meilleur parti est de douter long-temps de ce qu'on a vu et de ce qu'on a fait.

En 1753 un chimiste allemand, d'une petite province voisine de l'Alsace, crut, avec apparence de raison , avoir trouvé le secret de faire aisément du salpêtre, avec lequel on composerait la poudre à canon à vingt fois meilleur marché , et beaucoup plus promptement. Il fit en effet de cette poudre ; il en donna au prince , son souverain, qui en fit usage à la chasse. Elle fut jugée plus fine et plus agissante que toute autre. Le prince, dans un voyage à Versailles , donna de la même poudre au roi , qui l'éprouva souvent , et en fut toujours également satisfait. Le chimiste était si sûr de son secret, qu'il ne voulut point le donner à moins de dix -sept cent mille francs payés comptant, et le quart

SAL

du profit pendant vingt années. Le marché fut signe, le chef de la compagnie des poudres, depuis garde du trésor royal, vint en Alsace, de la part du roi, accompagné d'un des plus sa vans chimistes de France. L'Allemand opéra devant eux auprès de Golmar , et il opéra à ses propres dépens : c'était une nouvelle preuve de sa bonne foi. Je ne vis point les travaux ; mais, le garde du trésor royal étant venu chex moi avec son chimiste, je lui dis que , s'il ne payait les dix- sept cent mille livres nu'après avoir fait du salpêtre, il garderait toujours son argent. Le chimiste m'assura que le salpêtre se ferait. Je lui répétai que je ne le croyais pas. Il me demanda pourquoi. « C'est que les hommes ne font rien , luis dis-je. Ils unisseut et désunissent ; mais il n'appartient qu'à la nature de faire. »

L'Allemand travailla trois mois entiers, au bout desquels il avoua son impuissance. Je ne peux changer la terrre en salpêtre, dit-il ; je m'en retourne chez moi changer du cuivre en or : il partit , et fit de For comme il avait fait du salpêtre.

Quelle fausse expérience avait trompé ce pauvre Allemand , et le duc son maître, et le garde du trésor royal, et le chimiste de Paris, et le roi? La voici :

'Le transmutateur allemand avait vu un morceau de terre imprégnée de salpêtre , et il en avait tiré d'excellent, avec lequel il avait composé la meilleure poudre à tirer; mais il ne s'aperçut pas que ce petit terrain était mêlé des débris d'anciennes caves, d'anciennes écuries, et des restes du mortier des murs. Il ne considéra que la terre , et il crut qu'il suffisait de cuire une terre pareille pour faire le salpêtre lemeilleur * .

* Le «alpêtre e«t un sol neutre , récoltant d» la combinaison de l'acide nitrenx avec l'aloab'fixe. Dana le» paya aeptentrionaux on trouve peu da terre» qui fourniMent par la lessive, toit du salpêtre , «oit de» uitrea à hue terreuae. Cependant oa y e»t parvenu à te procurer du salpêtre, en expoeant à l'air, à l'abri de la pluie, de» mura da terre calcaire, «oit en arrosant ce» mut» avec des erux chargée» de matière» végétale» on animale», «oit même seulement en le» plaçant aupeè* des habitation». .L'air méphitique , produit par la décomposition det tubt taneea végétales et animale» , parait contribuer à la formation de l'adde nitrenx, et le» végétaux contribuent & lui donner une baae alcaline. L'acide nttreux n'eat paa une substance simple; mars te» véritable» élément ne sont pas

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