‹ Dictionnaire historique des événemens remarquablesChapitre 154 sur 183 · SUI · texte numérisé non relu

SUI

gneurs de châteaux et des prélats combattaient à qui aurait une petite portion de la Suisse. Leurs petites villes voulaient être libres, comme les villes d'Italie, sous la protection de l'Empire.

Quand Rodolphe fut empereur, quelques seigneurs de châteaux accusèrent juridiquement 1er cantons de Schwitz , d'Ury et d'Undervald , de s'être soustraits à leur domination féodale. Rodolphe , qui avait autrefois combattu ces petits tyrans , jugea en faveur des citoyens.

Albert d'Autriche, son fils, étant par* venu à l'empire, voulut faire de la Suisse une principauté pour un de ses enfans.

Une partie des terres du pays était de son domaine, comme Lucerne, Zurich et Glaris. Des gouverneurs sévères furent envoyés, qui abusèrent de leur pouvoir.

Les fondateurs de la liberté helvétienne se nommaient Melchtad , Stauflacher et Vellherfurst. La difficulté de prononcer des noms si respectables nuit à leur célébrité. Ces trois paysans furent les premiers conjurés; chacun d'eux en attira trois autres. Ce» neuf gagnèrent les trois cantons de Schwitz, d'Ury et d'Undervald.

[13073 Tous les historiens prétendent que, tandis que cette conspiration se tramait, un gouverneur d'Ury, nommé G risle r, s'avisa d'un genre de tyrannie ridicule et horrible. Il lit mettre, dit-on, un de ses bonnets au haut d'une perche dans la place , et ordonna qVon saluât le bonnet, sous peine de la vie. Un des conjurés , nommé Guillaume Tell, ne salua point le bonnet. Le gouverneur le condamna à être pendu , et ne lui donna sa grâce qu'à condition que le coupable, qui passait pour archer très adroit , abattrait d'un coup de flèche une pomme placée sur la téte de son fils \ Le père tremblant tira, et fut assez heureux pour abattre la pomme. Grisler, apercevant une seconde flèche sous l'habit de Tell , demanda ce

Îu'il en prétendait faire : « Elle t'était estinée, dit le Suisse, si j'avais blessé mon fils. »11 faut convenir que l'histoire de la pomme est bien suspecte. 11 semble qu'on ait cru devoir orner d'une fable le berceau de la liberté helvétique ; mais on tien? pour constant que Tell , ayant

* On prétend «pie ce conte e»t tiré d'une antienne l(^cn«îed«noi$e.

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