TA M
temple, ajoute le légendaire, nomma le lieu de leur sépulture le* sept Biotanates.
S'il était rare qu'on érigeât un monument dans Rome à des gens ainsi traités, il n'était pas moins rare qu'un grandprêtre se chargeât de l'inscription, et même que ce prêtre romain leur fit uoe épitaphe grecque. Mais ce qui est encore plus rare, c'est qu'on prétende que ce mot Biotanates signifie les sept suppliciés. Biotanates est un mot forgé qu'on ne trouve dans aucun auteur, et ce ne
fient être que par un jeu de mots qu'on ui donne cette signification, eu abusant du mot thenon. Il n'y a guère de fable plus mal construite. Les légendaires ont su mentir, mais ils n'ont jamais su mentir arec art.
( Dictionnaire 'philosophique. )
T AMER LAN , empereur d'Orient. — iDts dk srs THAVAtx. — Timour , que je nommerai Tamerlan, pour me conformer à l'usage , descendait de Gengis par les femmes, selon les meilleurs historiens. Il naquit l'an 1 35-, dans la ville de Cash , territoire de l'ancienne Sogdiane , où les Grecs pénétrèrent autrefois sous Alexandre , et où ils fondèrent des colonies. C'est aujourd'hui le pays des Usbecks. 11 commence à la rivière de Gion ou de l'Oxus , dont la source est dans le Petit Thihet , environ à sept cents lieues de la source du Tigre et de l'Euphrate. C'est ce même fleuve Gion dont il est parlé dans la Genèse, et qui coulait d'une même fontaine avec l'Euphrate et le Tigre : il faut que les choses aient bien changé.
Au nom de la ville de Ca»h, on se figure un pays affreux ; il est pourtant dans le même climat que Naples et la Provence, dont il n'éprouve pas les chaleurs : c'est une contrée délicieuse.
Au nom de Tamerlan, on s'imagine aussi un barbare approchant de la brute. On a vu qu'il n'y a jamais de grand conquérant parmi les princes, non plus que de grandes fortunes chez les particuliers, sans cette espèce de mérite dont les succès sont la récompense. Tamerlan devait avoir d'autant plus ce mérite propre à l'ambition , qu'étant né tans états , il sub-
jugua autant de pays qu'Alexandre, et presque autant que Gengis.
Aucun des auteurs persans et arabes qui ont écrit la vie de Tamerlan ne dit qu'il enferma Bajazet dans une cage de fer; mais les annales turques le disent. Est-ce pour rendre Tamerlan odieux?
est-ce plutôt parce qu'ils ont copié des historiens grecs ? Des auteurs arabes prétendent que Tamerlan se fesait verser à boire par l'épouse de Bajazet à deminue ; et c'est ce qui a donné lieu à la fable reçue , que les sultans turcs ne se marièrent plus depuis cet outrage fait à une de leurs femmes. Cette fable est démentie par le mariage d'Amurat h, que nous verrons épouser la fille d'un despote de Servie, et par le mariage de Mahomet u avec la fille d'un prince de Turcomanie.
Il est difficile de concilier la cage de fer et l'affront brutal fait à la femme de Bajazet, avec la générosité que les Turcs attribuent à Tamerlan. Ils rapportent que le vainqueur, étant entré dans Burse ou Pi use , capitale des états turcs asiatiques , écrivit à Soliman, fils de Bajazet, une lettre qui eût fait honneur à Alexandre. « Je veux oublier , dit Tamerlan dans cette lettre, que j'ai été l'ennemi de Bajazet. Je servirai de père à ses enfans, pourvu qu'ils attendent les effets de ma clémence. Mes conquêtes me suffisent, et