TAV
chacun d'eux : « Je vous estime trente as* prêt », dit-il au grand-kan. « La serviette dont je m'essuie les vaut , » répondit le monarque. « Mais c'est aussi en comptant la serviette , .répondit Hamédi. PeuUtre qu'un prince qui laissait prendre ces innocentes libertés n'avait pas un fond de naturel entièrement féroce; mais on se famUiarise avec les petits , et on égorge les autres. ( Essai sur (es mœurs. )
TAVORA (le marquis de), seigneur portugais. — sa co.tspiaATiox D&coovuari; ht punia (3 septembre 1758). .— La famille Tavora, et surtout le duc d'Aveiro, oncle de la jeune comtesse Ataïde d'Atouguia, le vieux marquis et la marquise de Tavora, père et mère de la jeune comtesse; enfin le comte Ataïde, son époux , et un des frères de cette comtesse infortunée, croyant avoir reçu du roi de Portugal un outrage irréparable, résolurent de s'en venger. La vengeance s'accorde très bien avec la superstition. Ceux qui méditent un grand attentat cherchent parmi nous des casuistes et des confesseurs qui les encouragent. La famif/e qui pensait être outragée s'adressa à trois jésuites , Malagrida, Alexandre et Afatiic*. Ces casuistes décidèreat que ce n'était pas seulement un péché qu'ils appellent véniel, de tuer le roi.
Il est bon de savoir , pour l'intelligence de cette décison, que les casuistes distinguent entre les péchés qui mènent en enfer et les péchés . qui conduisent en purgatoire pour quelque temps; entre les péchés que l'absolution d'un prêtre remet , moyennant quelques prières ou quelques aumônes, et les péchés qui sont remis sans aucune satisfaction. Les premiers sont mortels, les seconds sont véniels»
La confession auriculaire causa un parricide en Portugal, ainsi qu'elle en avait produit dans d'autres pays. Ce qui a été introduit pour expier les crimes en a fait commettre. Telle est, comme on l'a déjà vu souvent dans cette histoire, la déplorable condition humaine.
[5 septembre 1758] Les conjurés, munis de leurs pardons pour l'autre monde, attendirent le roi, qui revenait à Lisbonne d'une petite maison de campagne, seul, sans domestiques et la nuit, ils tirèrent sur son carrosse , et blessèrent dangereusement le monarque.
Tous les complices, excepté un domestique, furent arrêtés. Les uns péri-