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vu même le duc d'Orléans , régent du royaume , curieux de cette charlataneric <|ui séduisit toute l'antiquité ; et toute la
Ehilosophie du célèbre comte de Boutinvilliersnc put jamais le guérir de cette chimère. Elle était bien pardonnable a la duchesse de Bouillon , et à toutes les dame* qui eurent les mêmes faiblesses. Le prêtre Le Sage, la Voisin et la Vigoureux s'étaient fait un revenu de la curiosité des ignorans, qui étaient en très grand nombre. Ils prédisaient l'avenir; ils fesaient voir le diable. S'ils s'en étaient tenus là, il n'y aurait eu que du ridicule dans eux- et dans la chambre ardente*
La Keynie, l'un des président de cette chambre, fut assez mal avisé pour demander à la duchesse de Bouillon si elle avait vu le diable ; elle répondit qu'elle le voyait dans ce moment, qu'il était fort laid et fort vilain, et qu'il était déguisé en conseiller d'état. L'interrogatoire ne fut guère poussé plus loin.
L'affaire de la comtesse de Soissons et du maréchal de Luxembourg fut plus sérieuse. Le Sage , la Voisin , la Vigoureux et d'autres complices étaient en prison, accusés d'avoir vendu des poisons qu'on appelait la foudre de succession ; ils chargèrent tous ceux qui les étaient venus consulter. La comtesse de Soissons fut du nombre. Le roi eut la condesceudance de dire à cette princesse que , si elle Se sentait coupable, il lui conseillait de se retirer. Elle répondit qu'elle était très innocente, mais qu'elle n'aimait pas à être interrogée par la justice. Ensuite elle se retira à Bruxelles , où elle est morte, sur la On de 170K, lorsque le prince Eugène, «on fils* la vengeait par tant de victoires , et triomphait de Louis xiv.
François-Henri de Monlmorenci-Boutteville , duc , pair et maréchal de France , qui unissait le grand nom' dé Montinurenci à celui de la maison impériale de Luxembourg, déjà célèbre en Europe par des actions de grahd capitairie , fut dénoncé à la chambre ardente. Un de ses gens d'affaires j nommé Bonard, voulant recouvrer des papiers im porta ns qui étalent perdus, s'adressa au prêtre Le Sage, pour les lui faire recouvrer. Le Sage commença par exiger de lui qu'il se confessât et qu'il allât ensuite pendant neuf jours en trois différentes églises , où il réciterait trois psaumes.
Maigre la confession et les psaumes les papiers ne se trouvèrent point; ils étaient