‹ Dictionnaire historique des événemens remarquablesChapitre 183 sur 183 · ZI S · texte numérisé non relu

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selon lui, fit ériger en royaume la seigneurie d'Yvctot; et, comme l'ont très bien remarqué Claude Malingre et l'abbé de Vertot , Clotairc in , qu'on suppose souverain du bourg d'Yvctot, ne régnait point dans cette contrée ; les fiefs alors n'étaient point héréditaires ; Ton ne da-

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tait point le* actes de l'an de grâce, comme le rapporte Robert Gaguin ; enfin le pape Aeapet était déjà mort.

Ajoutons que le droit d'ériger un fief en royaume appartenait exclusivement à l'ompe reur.

( Estai sur Us mœurs).

ZISKA-L'AVEUCLE (Jean) , général au service de Bohême. — sas travaux, rr sa mo«t, rm i4»4- — [ i4>93 Do grands troubles s'élevaient en Bohême. Les cendres de Jean Hus et de Jérôme de Prague excitaient un incendie.

Les partisans de ces deux infortunés voulurent soutenir leur doctrine et venger leur mort. Le célèbre Jean Ziska se met à la tête des hussites, et tâche de profiter de la faiblesse de Venceslas , du fanatisme des Bohémiens , et de la haine qu'on commence à porter au clergé, pour «c faire un parti puissant et s'établir une domination.

Venceslas meurt en Bohême presque ignoré. Sigismond a donc à la fois l'Empire, la Hongrie, la Bohême, la sueeraineté de la Silésie; et, s'il n'avait pas vendu son électoral de. Brandebourg, il pouvait fonder la plus puissante maison d'Allemagne.

[ i4»o] C'est contre ce puissant empereur que Jean Ziska se soutient , et lui fait la guerre dans ses états patrimoniaux. Les moines étaient le plus souvent les victimes de celte guerre; ils payaient de leur sang la cruauté des pères de Constance.

Jean Ziska fait soulever toute la Bohême. Pendant ce temps il y a de grands troubles en Danemarck, au sujet du duché de Sleswich. Le roi Eric s'empare de ce duché ; m ai, s la guerre des hussites est bien plus importante, et regarde de plus prés l'Empire.

Sigismond assiège Prague; Jean Ziska le met en déroute et lui fait lever le siège; un pi ètre marchait avec lui à la tète des hussites , un calice à la main, pour marquer qu'ils voulaient communier sous les deux espèces.

lin mois après, Jean Ziska bat encore l'empereur. Cette guerre dura seize an-

nées. Si l'empereur n'avait pas violé son sauf-conduit, tant de malheurs ne seraient pas arrivés.

' [ i4ai ] Il y avait long-temps qu'on ne fesait plus de croisades que contre les chrétiens. Martin v en fait prêcher une en Allemagne, contre les hussites, au lieu de leur accorder la communion avec du vin.

Un évêque de Trêves marche, à la tête d'une armée de croisés , contre Jean Ziska , qui, n'ayant pas avec lui plus de doute cents hommes , taille les croisés en pièces.

L'empereur marche encore vers xrague, et est encore battu.

[ i4aa] Coribut, prince de Lithuanie, vient se joindre à Ziska, dans l'espérance d'être roi de Bohème. Ziska, qui méritait de l'être, menace d'abandonner Prague.

Le mot Ziska signifie éoranc en langue esclavone ; et on appelait ainsi ce guerrier, comme Horatius avait été n oui air Codés. Il méritait alors celui A*aveugic , ayant perdu les deux yeux. Et ce Jeanl'Aveugle était bien un autre homme que l'autre Jean -l'Aveugle, père de Sigismond. Il croyait, malgré la perte de ses yeux, pouvoir régner, puisqu'il pouvait combattre et être chef de parti.

[ i4a5] L'empereur , chaasé de la bohème par les vengeurs de Jean Hus, a recours à sa ressource ordinaire , celle de vendre des provinces. Il vend la Moravie à Albert , duc d'Autriche ; c'était vendre ce que les hqssites possédaient alors.

Procope, surnommé le Rasé, parce qu'il était prêtre, grand capitaine, devenu l'œil et le bras de Jean Ziska, défend U Moravie contre les Autrichiens.

[i4ai] Non seulement Ziska l'Aveugle se soutient malgré l'empereur, mais encore malgré Coribut , son défenseur devenu son rival. Il défait Coribut après avoir vaiucu l'empereur.

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Sigismond pouvait au moins profiter de cette guerre civile entre ses ennemis; mais , dans ce temps-là même , il est occupé à de» noces. Il assiste aveo pompe , dans Presbourjg, au mariage d'un roi de Pologne , tandis que Ziska chasse son rival Coribut, et entre dans Prague en triomphe.

Ziska meurt d'une maladie contagieuse , au milieu de son armée. Rien n'est plus

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connu que la disposition qu'on prétend qu'il fit de son corps en mourant. « Je veux qu'on me laisse en plein champ , dit-il; j'aime mieux être mangé des oiseaux que des vers ; qu'on fasse un tambour de ma peau: on fera fuir nos ennemis au son ae ce tambour. »

Son parti ne meurt point. Ce n'était pas Ziska , mais le fanatisme qui l'avait formé. {Buai sur tes mœurs).

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