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pour servir d'entrepôt. Ce n'était pas rendre justice au prince Eugène, de penser qu'une femme pût avoir part à ses arrangemens de guerre.
Ceux qui savent qu'un curé et un conseiller de Douai, nommé Le Fèvrc d'Or- ▼al, se promenant ensemble vers ces quartiers , imaginèrent les premiers qu'on pouvait aisément attaquer Denain et Marchiennes, serviront mieux à prouver par quels secrets et faibles ressorts les grandes affaires de ce monde sont souvent dirigées. Le Fèvre douna son avis à l'intendant de la province ; celui-ci au maréchal de Montesquiou, qui commandait sous le maréchal de Villars : le général l'approuva et l'exécuta. Cette action fut en effet le salut de la Fiance, plus encore que la paix avec l'Angleterre. Le maréchal de Villars donna le change au prince Eugène. Un corps de dragons s'avança à la vue du camp ennemi, comme si l'on se préparait à l'attaquer; et, tandis que ces dragons se retirent ensuite vers Guise, le maréchal marche à Denain , avec son armée , sur cinq colonnes. [a4 juillet 1712] On force les retranehemens du général Albemarle , défendus par dix-sept bataillons : tout est tué ou pris. Le général se rend prisonnier avec deux princes de Nassau, un prince de Holstein , un prince d'Anhalt et tous les officiers. Le prince Eugène arrive à la hâte , mais à la fin de l'action , avec ce qu'il peut amener de troupes ; il veut attaquer un pont qui conduisait à Denain, et dont les Français étaient maîtres : il y perd du monde . et retourne à son camp après avoir été témoin de cette défaite.
Tous les postes vers Marchiennes, le long de la Scarpe, sont emportés l'un * après l'autre avec rapidité. [3o juillet 171 a] On pousse à Marchiennes défendue par quatre mille hommes; on en presse le siège avec tant de vivacité , qu'au bout de trois jours on les fait prisonniers , et qu'on se rend maître de toutes les munitions de guerre et de bouche amassées par les ennemis pour la campagne. Alors toute la supériorité est du coté du maréchal de Villars. [ Septembre et octobre 171a] L'ennemi déconcerté lève le siège de Landrecie, et voit reprendre Douai, le Quesnoi, Rouchatn. Les frontières sont en sûreté. L'armée du prince Eugène se retire, diminuée de près de cinquante bataillons, dont quarante fu-