F ET
porté la victoire. Fénelon vécut toujours depuis dans son diocèse eu digue archevêque, en homme de lettres. La douceur de ses mœurs, répandue dans sa conversation comme dans ses écrits , lui fit des amis tendres de tous ceux qui le virent. La persécution et son Telémaque lui attirèrent la vénération de l'Europe. Les Anglais surtout , qui firent la guerre dans son diocèse , s'empressaient à lui témoigner leur respect. Le duc de Marlborough prenait soin qu'on épargnât ses terres. Il fut toujours cher au duc de Bourgogne , qu'il avait élevé ; il aurait eu part au gouvernement, si ce prince eût vécu.
( Essai sur les mœurs. ) FÊTE DES FOUS. — sa sorraession ( 19 janvier i55a.) — Voici le précis de la description de cette fête.
On élisait, dans les églises cathédrales, un évéque ou un archevêque des fous ; et son élection était confirmée par toutes sortes de bouffonneries qui servaient de sacre. Cet évéque officiait pontificalement et donnait la bénédiction au peuple, devant lequel il portait la mitre, la crosse et même la croix archiépiscopale. Dans les églises qui relevaient immédiatement du saint-siége, on élisait un pape des fous , qui officiait avec tous les ornemens de la papauté. Tout le clergé assistait à la messe, les uns en habit de femme, les autres vêtus en bouffons, ou masmiés d'une façon grotesque et ridicule. Non contens de chanter dans le chœur des chansons licencieuses, ils mangeaient et jouaient aux dés sur l'autel , à côté du célébrant. Quand la messe était dite, ils couraient, sautaient et dansaient dans l'église, chantant et proférant des paroles obscènes, et lésant mille postures indécentes jusqu'à se mettre presque nus : ensuite ils se fesaient traîner par les rues dans des tombereaux pleins d'ordures , pour en jeter à la populace qui s'assemblait autour d'eux. Les plus libertins d'entre les séculiers se mêlaient parmi le clergé pour jouer aussi quelque personnage de tbu en habit ecclésiastique.
Cette fête se célébrait également dans les monastères de moines et de religieuses , comme le témoigne Naudé dans sa plainte à Gassendi, en 1645, où il raconte qu'à Antibes, dans le couvent des franciscains, les religieux prêtres ni le gardien n'allaient point au chœur le jour des Innoccns. Les frères lais y occupaient