‹ Dictionnaire historique des événemens remarquablesChapitre 41 sur 183 · FET · texte numérisé non relu

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leurs places ce jour-là, et fesaient une manière d'office, revêtus d'ornemens sacerdotaux déchirés et tournés à l'envers. Ils tenaient des livres à rebours , fesant semblant de lire avec des lunettes qui avaient de l'écorce d'orange pour verre, et marmotaient des mots confus, ou poussaient des cris avec des contortions extravagantes.

Dans le second registre de l'église d'Autun, du secrétaire Rotarii, qui finit en 14169 il est dit, sans spécifier le jour, qu'à la fête des fous, on conduisait un âne auquel on mettait une chape sur le dos, et l'on chantait: Hé, sire And hè!hè!

Ducanee rapporte une sentence de Tofficialité de Viviers contre un certain Guillaume, qui, ayant été élu évêquefou en i4o6 , avait refusé de faire les solennités et les frais accoutumés en pareille occasion.

Enfin, les registres de Saint-Étienne de Dijon, en i5ai, font foi» sans dire le jour, que les vicaires couraient parles rues avec fifres, tambours, et autres iostrumens, et portaient des lenterncs devant le préchantre des fous, à qui l'honneur de la fête appartenait principalement. Mais le parlement de cette ville, parun arrêt du 19 janvier 1 55a, défendit la célébration de cette fête déjà condamnée par quelques conciles, et surtout par une lettre circulaire du îa mars i444* envoyée à tout le clergé du royaume par l'université de Paris. Cette lettre, qufse trouve à la suite des ouvrages de Pierre de Blois, porte que cette féte paraissait aux yeux du clergé si bien pensée et si chrétienne, que l'on regardait comme excommuniés ceux qui voulaient la supprimer; et le docteur de sorbonne Jean des Lyons, dans son Discours contre ie paganisme du Roi boit , nous apprend qu'un docteur en théologie soutint publiquement à Auxerre , sur la fin du quinzième siècle , que la féte des fous n'était pas moins approuvée de Dieu que la féte de la conception immaculée delà Vierge , outre qu'elle était d'une toute autre ancienneté dans l'église.

(Dictionnaire philosophique» }

FÊTE DES MORTS. — son institution. — L'opinion d'un purgatoire, ainsi que d'un enfer, est delà plus haute antiquité ; mais elle n'est nulle part si clairement exprimée que dans le sixième livre de Y Enéide de Virgile, dans lequel on

Fin

retrouve la plupart des mystère* de la religion des gentils.

Ergo exercentur partis, veterumque malorum Auppltcta expendunt , etc.

Cette idée fut peu à peu sanctifié»- dans le christianisme ; et on la porta jusqu'à croire que Ton pouvait, par des prières, modérer les arrêts de la Providence , et obtenir de Dieu la grâce d'un mort condamne dans l'autre vie à des peines passagères.

Le cardinal Pierre Damien, celui-là même qui conte que la femme du roi Robert accoucha d'une oie, rapporte «o 'un pèlerin revenant de Jérusalem fut jeté par la tempête dans une île où il trouva un bon ermite, lequel lui apprit que cette île était habitée par des diables; que son voisinage était tout couvert de ilammes, dans lesquelles les diables plongeaient les ûnics des trépassés ; que ces mêmes diables ne cessaient de crier et de hurler contre saint Odillon, abbé de Cluni , leur ennemi mortel. Les prières de cet Odillon, disaient-ils, et celles de ses moines, nous enlèvent toujours quelque âme. n

Ce rapport ayant été fait à Odillon, il institua dans son couvent de Cluni la fête des morts. Il n'y avait dans celte fête qu un grand fonds d'humanité et de piété; et ces senlimens pouvaient servir d'excusé 4 la fable du pèlerin. L'église adopla bunlùt cette «ennité, et en lit une fétu d obligation. On attacha de grandes indulgences aux prières pour les morts. Si od s'en était tenu là, ce n'eût été qu'une dévotion; mais bientôt elle dégénéra rn abus : on vendit cher les indulgences ; les moines mendians, surtout, se tirent payer poor tirer les âmes du purgatoire; ils ne parlèrent que d'apparitions des trépassés, d âmes plaintives qui venaient demander du secours, de morts subites, et de châtiments éternels de ceux qui en avaient rcty*é. Le brigandage succéda à la piété crédule, et ce Tut une des raisons qui, dans la suite des temps, fit perdre à l'église romaine la moitié de l'Europe.

n a m n ( Essai sur les mœurs. )

FÊTE DE VERSAILLES, sous Louis xiv (5 mai iG6'4). — La féle de Versailles, en 166/,, surpassa celle du carrousel par sa singularité, par sa magmuccncc et les plaisirs de l'esprit qui, *c mêlant à la splendeur de ces diveri.s- *emcns, y ajoutaient un goût et des grâces dont aucune fete n'avait encore été embellie. Versailles commençait à être

l'ET

' 1)7 un séjour délicieux , sans applo, |K, de U grandeur dont il fut depuis.

Le 5 mai, le roi y vint avec la cour, composée de six cents personnes qui Turent défrayées avec leur suite aussi bien que tous ceux qui servirent aux apprêt» de ces enchanteraen». Il ne manqua jamais a ces fêtes que des monumens constniits exprès pour les donner, tels qu'en élevèrent les Grecs et les Romains; mais la promptitude avec laquelle on construisit des théâtres , des amphithéâtres , des portiques, ornés avec autant de magniOcence que de goût, était une merveille qui ajoutait à l'illusion, et qui , diversiiiee depuis en mille manières, augmentait encore le charme de ces spectacles

11 y eut d'abord une espèce de carrousel. Ceux qui devaient courir parurent le premier jour comme dans une revue ils étaient précédés de hérauts d'armes, de pages, d'écuyers, qui portaient leurs devises et leurs boucliers ; et sur ces boucliers étaient écrits en lettres d'or des vers composés par Périgoi et par Benserade.

C e dernier su rtou t avait u n ta len t singu lier pour ces pièces galantes, dans lesquelles il lésait toujours des allusions délicate* et piquantes aux caractères des personnes, aux personnages de l'antiquité ou de la iable qu'on représentait, et aux passions qui animaient la cour. Le roi représentait Roger : tous les diamans de la couronne brillaient sur son habit et sur le cheval qu'il montait. Les reines et trois cents dames , sous des arcs de triomphe voyaient cette entrée. 1 Le roi , parmi tous les regards attachés sur lui, ne distinguait que ceux de mademoiselle de La Vallière. La fête était pour elle seule; elle en jouissait confondue dans la foule.

La cavalcade était suivie d'un char doré de dix-huit pieds de haut, de quinze de large, de vingt-quatre de long, représen tant le char du Soleil. Les quatre âces d or, d argent , d'airain et de fer, les si' gnes célestes, les Saisons, les Heures suivaient à pied ce char. Tout était cal racteuse. Des bergers portaient les pièces de la barrière, qu'on ajustait au son des ' trompettes , auxquelles succédaient par intervalle les musettes et les violons.

Quelques personnage», qui suivaient le char d Apollon, vinrent d'abord réciter aux reines des vers convenables au lieu, au temps , au roi et aux dames. Les courses huit» et la nuit venue, quatre millq

1 t^ffiwgle »

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gros flambeaux éclairèrent l'espace où se donnaient les fêtes. Des tables y furent servies par deux cents personnages qui représentaient les saisons, les faunes , les syl vains, les dryades, avec des pasteurs, des vendangeurs , des moissonneurs. Pan et Diane avançaient sur une montagne mouvante , et en descendaient pour faire poser sur les tables , ce que les campagnes et les forêts produisent de plus délicieux. Derrière les tables , en demi-cercle, s'éleva tout-à-coup un théâtre chargé de concertans. Les arcades qui entouraient la table et le théâtre étaient ornées de cinq cents girandoles vertes et argent qui portaient des bougies; et une balustrade dorée fermait cette vaste enceinte.

Ces fêtes, si supérieures à celles qu'on invente dans les romans, durèrent sept jours. Le roi remporta quatre fois le prix des jeux, et laissa disputer ensuite aux autres chevaliers les prix qu'il avait gagnés , et qu'il leur abandonnait.

( Siècle de Louis XI V.)

FONTENOI (bataille de). — uvaaa lu 11 mai 17p. — Le maréchal de Saxe était en Flandre à la tête de l'armée composée de cent six bataillons complets, et décent soixante et douze escadrons. Déjà Tournai, cette ancienne capitale de la domination- française , était investi. C'était la plus forte place de la barrière. La ville et la citadelle étaient encore un des chefs-d'œuvre du maréchal de Vauban; car il n'y avait guère de place en Flandre dont Louis xiv n'eût fait construire les fortifications.

Dès que les états-généraux des Sept- Provinces apprirent que Tournai était en danger, ils mandèrent qu'il fallait hasarder une bataille pour secourir la ville. Ces républicains , malgré leur circonspection , lurent alors les premiers à prendre des résolutions hardies. Au 5 mai 1745, les alliés avancèrent à Cambron, à sept lieues de Tournai. Le roi partit , le 6 , de Pavis avec le dauphin. Les aides-de-camp du roi, les menins du dauphin les accompagnaient.

La principale force de l'armée ennemie 'consistait en vingt bataillons et vingt-six escadrons anglais , sous le jeune duc de Cumberland, qui avait gagné avec le roi, son père, la bataille1 de Dettingue : cinq bataillons et seize escadrons hanovriens étaient joints aux Anglais. Le prince de Waldeck, à peu prés de l'âge du duc de Cumberland , impatient de se signaler ,

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était à la tête de quarante escadrons hollandais et de vingt-six bataillons. Les Autrichiens n'avaient, dans cette armée, que huit escadrons. On fesait la guerre

r>our eux dans la Flandre , qui a été si ong-temps défendue par les armes et par l'argent de l'Angleterre et de la Hollande: mais à la tète de ce petit nombre d'Autrichiens était le vieux général Koenigseck , qui avait commandé contre les Turcs en Hongrie , et contre les Français en Italie et en Allemagne. Ses conseils devaient aider l'ardeur du duede Cumberland et du prince de Waldeck. On comptait dans leur armée au-delà de cinquantecinq mille combattans. Le roi laissa devant Tournai environ dix-huit mille hommes, qui étaient postés en échelle jusqu'au champ de bataille; six mille pour garder les ponts sur l'Escaut et les communications.

L'armée était sous les ordres d'un général en qui on avait la plus juste confiance. Le comte de Saxe avait déjà mérité sa grande réputation par de savantes retraites en Allemagne et par sa campagne de 1744 ; »1 joignait une théorie

1)rofonde à la pratique. La vigilance, e secret , l'art de savoir différer à propos un projet , et celui de l'exécuter rapidement, le coup d'œil, les ressources, la prévoyance , étaient ses talens , de l'aveu de tous les officiers Wmais alors ce général , consumé d'une maladie de langueur, était presque mourant. Il était parti de Paris très malade pour l'armée. L'auteur de cette histoire 1 ayant même rencontré avant son départ, et n'ayant pu s'empêcher de lui demander comment il pourrait faire dans cet état de faiblesse , le maréchal lui répondit : « Il ne s'agit pas de vivre , mais de partir. »

[17453 Le roi, étant arrivé le 6 mai à Douai, se rendit le lendemain à Pontachin , près de l'Escaut , à portée des tranchées de Tournai. De là il alla reconnaître le terrain qui devait servir de ebamp de bataille. Toute l'armée , en voyant le roi et le dauphin, fit entendre des acclamations de joie. Les alliés passèrent le 10 et la nuit du 1 1 à faire leurs dernières dispositions. Jamais le roi ne marqua plus de ga i té que la veille du combat. La conversation roula sur les batailles où les rois s'étaient trouvés en personne. Le roi dit que, depuis la bataille de Poitiers, aucun roi de France n'avait combattu avec son fils , et qu'aucun , depuis saint Louia ,

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n'avait gagné de victoire signalée les Anglais ; qu'il espérait être le preu -, r r Il fut éveillé le premier le jour de l'action; ai éveilla lui-mêmeà quatre heures le comte d Argenson , ministre de la guerre , qui

o » — — la guerre, qui

flans l instant envoya demander au maréchal de Saxe ses derniers ordres. On trouva lemaréchaldansunevoitured'osierqui lui servait de lit, et dans laquelle il se lésait traîner quand ses forces épuisées ne lui permettaient plus d'étrê à cheval. Le roi et son Ûls avaient déjà passé un pont sur USscaut a Calonne ; ils allèrent prendre leur poste par-delà la justice de Notre- Uame-aux-Bois , à mille toises de ce pont, *t»fr«foCnt à l'entrée du champ de

I* suite du roi et du dauphin , qui composait une troupe nombreuse, était suivie a une foule de personnes de toute espèce qu attirait cette journée , et dont quelques-uns môme étaient montés sur des ar- Mes pour voir le spectacle d'une bataille.

En jetant les yeux sur les cartes, qui ^firtcomnoaci , on voit d'un coup 0 œu la disposition des deux armées. On remarque Antoin assez près de l'Escaut, * « droite de l'armée française, à neuf cents toises de ce pont de Calonne par °u «MM et le dauphin s'étaient avancés; le village de Fpntenoi par de-là Antoin Presque sur la même ligne ; un espace «■trait de quatre cent cinquante toises ae large, entre Fontenoict un petit bois quon appelle te éois de Barri. Ce bois, ces villages étaient garnis de canons comme un camp retranché. Le maréchal ae Saxe avait établi des redoutes entre Aatoin et Fontenoi : d'autres redoutes •« extrémités du bois de Barri fortifient cette enceinte. Le champ de ba-

.auprès ae fontenoi, jusqu a ce dois * Barri, et n'avait guère plus de neuf cents toises de large; de sorte que l'on à n ,t^ombattre en champ clos , comme

«So^oTe/ maîS i0Urnëe P|US

Le général de l'armée française avait

Vt victoire et à la défaite. Le Pont de Calonne, muni de canons, for-

q ll,!tranuhemenS' et défendu Par piques bataillons, devait servir dè rc-

dmJK 8U î01 Ct au dauPhin » en cas de oeur. Le reste de l'armée aurait dég alors par d'autres ponts mu le bas ^ant> Par-delà Tournai.

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On prit toutes les mesures qui &e prêtaient un secours mutuel, sans qu'elles pussent se traverser. L'armée de France semblait inabordable; car le feu croisé qui partait des redoutes du bois de Barri et du village de Fontenoi , défendait toute approche. Outre ces précautions, on avait encore placé six canons de seize livres de balle en -deçà de l'Escaut , pour ioudroyer les troupes qui attaqueraient le village d' Antoin. On commençait à se canonher de part

e* V TV6 à "X hcures du ma*m. Le maréchal de JNoailles était alors auprès de l ontenoi, et rendait compte au maréchal de Saxe d'un ouvrage qu'il avait fait à 1 entrée de la nuit, pour joindre le village de Fontenoi à la première des troit redoutes, entre Fontenoi et Antoin: il lui servit de premier aide-de-camp, sacrifiant la jalousie du commandement au bien de l'état, et s'oubliant soi-même pour un général étranger et moins ancien. Le maréchal de Saxe sentait tout le prix de cette magnanimité, et jamais on ne vit une union si grande entre deux hommes ouc la faiblesse ordinaire du cœur humain pouvait éloigner l'un de l'autre.

Le maréchal de Noailles embrassait le duc de Grammont, son neveu ; et ils se séparaient , l'un pour retourner auprès du roi, l'autre pour aller à son poste , lorsqu'un boulet de canon vint frapper le duc de Grammont à mort t il fut la première victime de cette journée.

Les Anglais attaquèrent trois fois Fontenoi, et les Hollandais se présentèrent à deux reprises devant Antoin. A leur seconde attaque, on vit un escadron hollandais emporté presque tout entier par le canon d'Antoin : il n'en resta que quinze hommes, et les Hollandais ne se présentèrent plus dès ce moment.

Alors le duc de Cumbcrland prit une resolution qui pouvait lui assurer le succès de cette journée. 11 ordonna à un major général , nommé Ingolsbi , d'entrer dan* le bois de Barri, de pénétrer jusqu'à la redoute de ce bois , vis-à-vis Fontenoi , ct de 1 emporter. Ingolsbi marche avec les meilleures troupes pour exécuter cet «rdre : il trouve dans le bois de Barri un bataillon du régiment d'un partisan : c'était ce qu'on appelait tes Grassins, du nom de celui qui les avait formés. Ces soldats étaient en avant dans le bow, par cl ela de la redoute , couchés par terre. Ingolsbi crut que c'était un corps consi-

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dérabte : il retourne auprès du duc de Cumberland, et demande du canon. Le temps se perdait. Le prince était an désespoir d'une désobéissance qui dérangeait toutes ses mesures, et qu'il fit ensuite punir à Londres par un conseil de guerre qu'on appelle cour martiale.

11 se détermina sur-le-champ à passer entre cette redoute et Fontenoi. Le terrain était escarpé; il fallait franchir un ravin profond , il fallait essuyer tout le feu de Fontenoi et de la redoute. L'entreprise était audacieuse; mais il était réduit alors, ou à ne point combattre , ou à tenter ce passage.

Les Anglais et les Hanovriens s'avancent avec fui sans presque déranger leurs rangs, traînant leurs canons à bras par les sentiers : il les forme sur trois lignes assez pressées, et de quatre de hauteur chacune, avançant entre les batteries de canon qui les foudroyaient dans un terrain d'environ quatre cents toises de large.' Des rangs entiers tombaient morts à droite et a gauche ; ils étaient remplacés aussitôt; et lescanonsqu'ils amenaient à bras vis-a-vis Fontenoi et devant les redoutes, répondaient à l'artillerie française. En cet état ils marchaient fièrement , précédés de six pièces d'artillerie, et en ayant encore six autres au milieu de leurs lignes.

Vis-à-vis d'eux se trouvèrent quatre bataillons des gardes françaises, ayant deux bataillons de gardes suisses à leur gauche , le régiment de Gourten à leur droite , ensuite celui d'Aubcterre , et plus loin le régiment du roi , qui bordait Fontenoi, le long d'un chemin creux.

Le terrain s'élevait à l'endroit où étaient les gardes françaises jusqu'à celui où les Anglais se formaient.

Les officiers des gardes françaises se dirent alors les uns aux autres : c 11 faut aller prendre le canon des Anglais. > Ils y montèrent rapidement avec leurs grenadiers; mais ils furent bien étonnés de trouver une armée devant eux. L'artillerie et la mousqueterie en couchèrent par terre près de soixante > et le reste fut obligé de revenir dans ses rangs.

Cependant les Anglais avançaient, et cette ligne d'infanterie, composée des gardes françaises et suisses, et de Gourten , ayant encore sur leur droite Aube terre et un bataillon du régiment du roi, s'approchait de l'ennemi. On était à cinquante pas de distance. Un régiment des

gardes anglaises , celui de Cambel et le royal écossais étaient les premiers ; M. de Cambel était leur lieutenant général ; le comte d'Albcrmale, leur général major, et M. de Churchil, petit-fils naturel du grand du? de Marlborough, leur brigadier. Les officiers anglais saluèrent les français en ôtant leurs chapeaux. Le comte de Chabanes, le duc de Biron, qui s'étaient avancés , et tous les officiers des gardes françaises leur rendirent le salut. Milord Charles liai, capitaine aux gardes anglaises , cria : Messieurs les garde» françaises , lirez.

Le comte d'Auteroche , alors lieutenant des grenadiers et depuis capitaine , leur dit à voix haute : Messieurs, nous ne tirons jamais les premiers ; tiret vousmêmes. Les Anglais firent un feu roulant, c'est-à-dire qu'ils tiraient par divisions; de sorte que le front d'un bataillon sur quatre hommes de hauteur ayant tiré , un autre bataillon fesait sa décharge, et ensuite un troisième, tandis que les premiers rechargeaient. La ligne d'infanterie frauçaise ne tira point ainsi : elle était seule sur quatre de hauteur, les rangs assez éloigné*, et n'étant soutenue par aucune autre troupe d'infanterie. Dix-neuf officiers des gardes tombèrent blessés à cette seule charge. Messieurs de Clisson , de Langcy, de Peyre, y perdirent la vie ; quatre-vingt

3uinze soldats demeurèrent sur la place ; eux cent quatre-vingt-cinq y reçurent des blessures ; onze officiers suisses tombèrent blessés , ainsi que deux cent oeuf de leurs soldats, parmi lesquels soixantequatre furent tués. Le coloocl de Courten, son lieutenant-colonel, quatre officiers, soixante-quinze soldats tombèrent morts : quatorze officiers et deux cents soldats furent blessés dangereusement.

Le premier rang ainsi emporté , les trois autres regardèrent derrière eux ; et , ne voyant qu'une cavalerie à plus de trois cents toises, ils se dispersèrent. Le duc de Graromont, leur colonel et premier lieutenant général, qui aurait pu les faire soutenir, était tué. M. de Luttaux, second lieutenant général, n'arriva que dans leur déroute. Les Anglais avançaient à pas lents, comme fesant 1 exercice. On voyait les majors appuyer leurs cannes sur 4cs fusils des soldats pour les faire tirer bas et droit. Ils débordèrent Fontenoi et la redoute. Ce corps, qui auparavant était en trois divisions, se pressant par la nature du terrain , devint une co-

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lonne longue et épaisse , presque inébranlable par sa masse , et plus eneore par so« courage; elle s'avança vers le régiment d'Aubeterre. M. de Lultaux, premier lieutenant général de l'armée, à la nouvelle de ce danger, accourt de Fontenoi où il venait d'être blessé dangereusement. Son aide-dc-camp le suppliait de commencer par faire mettre le premier appareil à sa blessure : «Le service du roi, lui répondit M. de Lultaux , m'est plus cher que ma v/c. » Il s'avançait avec le duc de Hiron à la tèle du régiment d'Aubeterre que conduisait son colonel de ce nom. Lultaux reçoit en arrivant deux coups mortels. Le duc de Biron a un cheval lué sous lui. Le régiment d'Aubeterre perd beaucoup de soldats et d'olïjcicrs. Le duc de Bi ton arrête alors , avec le régiment du roi qu'il commandait , la marcbe de la colonne par son flanc gauche, lia bataillon des gardes anglaise* se détache, avance quelques pas à lui, fait une déchaigc très meurtrière, et revient au petit pas se replacer a la tète de la colonne, qui avance toujours lentement (ans jamais se déranger, repoussant tous lesrégimens qui viennent l'un après l'autre se présenter devant elle.

Ce corps gagnait du terrain, toujours serré, toujours ferme. Le maréchal de Saxe, qui voyait de sang-froid combien l'affaire était périlleuse , lit dire au roi par le marquis de Meuze, qu'il Je conjurait de repasser le pont avec le dauphin , qu'il ferait ce qu'il pourrait pour remédier au désordre. « Oh i je suis bien sur qu'il fera ce qu'il faudra, répondit le roi; mais je resterai où je suis. »

11 y avait de l'étonnement et de la confusion dans l'armée, depuis lemoment de U déroute des gardes françaises et suisses. Le maréchal de Saxe veut que la cavalerie fonde sur la colonne anglaise. Le comte d'Estrées y court. Mais les cUbrts de celte cavalerie étaient peu de chose contre une masse d'infanterie si réunie, si disciplinée et si intrépide, dont le feu toujours roulant et soutenu écartait nécessairement de petits corps séparés. On sait d'ailleurs que la cavalerie ne peut guère entamer seule une infanterie serrée ; le marccluil de Saxe était au milieu de ce feu : sa maladie ne lui laissait pas la force de porter une cuirasse ; il portait une espèce de bouclier de plusieurs double» de taffetas piqué . qui reposait sur •'arçon de sa selle. Il jeîj son bouclier,

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et courut faire avancer la seconde ligno de cavalerie contre la colonne.

Tout l'état major était en m«ivcment.

M. de Vaudreuil, major général de l'armée, allait de la droite à la gauche.

M. de Puységur, MM. de Saint-Sauveur, de Saint-George, de Me/ière , aides-maréchaux de* logis sont tous blessés. Le comte de Longaunai , aide-major général , est tué. Ce fut dans ces attaques que le chevalier d'Acbé , lieutenant général, eut le pied fracassé. Il vint ensuite rendre compte au roi, et lui parla long-tcmp* sans donner le moindre signe des douleurs qu'il ressentait, jusqu a ce qu'cnCu il tomba évanoui.

Plus la colonne anglaise avançait, plus elle devenait profonde et en état de réparer les pertes continuelles que lui causaient tant d'attaques réitérées. Elle marchait toujours serrée au travers des morts et des blessés des deux partis, et paraissait former un seul corps d'environ quatorze mille hommes.

Un très-grand nombre de cavaliers furent poussés en désordre jusqu'à l'endroit où était le roi avec son (ils. Ces deux princes furent séparés par la foule des fuyards qui se précipitaient entre eux.

Pendant ce désordre, les brigades des gardes du corps . qui étaient en réserve , s'avancèrent d'elles mêmes aux ennemis.

Les chevaliers de Suzi et de Saumeii y furent blessés à mort. Quatre escadrons de la gendarmerie arrivaient presque en ce moment à Douay; et, malgré la fatigue d'une marche de sept lieues, ils coururent aux ennemis. Tous ces corps furent reçus comme les autres, avec cette même intrépidité et ce même feu roulant. Le jeune comte de Chevrier, guidon, fut tué. C'était le jour même qu il avait été reçu à sa troupe. Le chevalier de Monaco, fils du duc de Valentinois, y eut la jambe percée. M. du Guesclin reçut une blessure dangereuse. Les carabiniers donnèrent ; ils eurent six officier» renversés morts, et vingt-un de blessés.

Le maréchal de Saxe, dans le dernier épuisement , était toujours à cheval, se promenant au pas au milieu du feu. 11 passa sous le fiont de la colonne anglaise pourvoir tout de ses yeux , auprès du bois de Barri, vers la gauche. On y lésait les mêmes manœuvres qu'à la droite. On tâchait en vain d'ébranler cette colonne. Les regimens ac présentaient les uns âpre» les autre*, et la masse anglais fe-

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sa rit facè de tons eûtes, plaçant à proposson canon , «t tirant toujours par division, nourri s*ai%ce feu continu quand elle était attaquée ; et , après l'attaque , elle restait immobile, et ne tirait plus. Quelques régimens d'iolànterie vinrent encore affronter cette colonne par les ordres seuls de leurs commandant. Le maréchal de Saxe en vit un dont les rangs entiers tombaient, et qui ne se dérangeait pas. On lui dit que c'était le régiment des vaisseaux, que* commandait M. de Guerchi.

«Gomment se peut'il faire, s'écria- t-il , que de telles troupes ne soient pas victorieuses ? »

Hainault ne souffrait pas moins ; il avait pour colonel le fils du prince de Graon , gouverneur de Toscane. Le père servait le grand-duc ; les enfans servaient le roi de France. Ge jeune homme , d'une très grande espérance, fut tué à la tête de sa troupe ; son lieutenant-colonel blessé à mort auprès de lui. Le régiment de Normandie s'avança ; il eut autant d'officiers et de soldats hors de combat que celui de Hainault : il était mené par son lieutenant-colonel M. de Solenci, dont le roi loua la bravoure sur le champ de bataille, et qu'il récompensa ensuite en le lésant brigadier. Des bataillons irlandais coururent au flanc de cette colonne ; le colonel Dillon tombe mort : ainsi aucun corps, aucune attaque n'avaient pu entamer la colonne , parce que rien ne s'était fait de concert et à la fois.

Le maréchal de Saxe repasse par le front de la colonne, qui s'était déjà avancée plus de trois cents pas au-delà de la redoute d'Eu et de Fonteooi. 11 va voir ai Fontenoi tenait encore : on n'y avait plus de boulets ; on ne répondait a ceux des ennemis qu'avec de la poudre.

M. du Brocard, lieutenant général d'artillerie , et plusieurs officiers d'artillerie étaient tués. Le maréchal pria alors le duc d'Harcourt, qu'il rencontra, d'aller conjurer le roi de s'éloigner; et il envoya ordre au comte de la Marck, qui gardait Antoio, d'en sortir avec le régiment de Piémont; la bataille parut perdue sans ressource. On ramenait de tous côtés les canons de campagne ; on était près de faire partir celui du village de Fontenoi, quoique des boulets fussent arrivés. L'intention du maréchal de Saxe était défaire, si l'on pouvait, un dernier effort mieux dirigé et plus plein , contre la colonne anglaise. Cette masse d'infan-

terie avait été endommagée, quoique sa profondeur parût toujours égale; ellemême était étonnée de se trouver au milieu des Français sans avoir de cavalerie; la colonne était immobile, et semblait ne recevoir plus d'ordre; mais elle gardait une contenance fière , et paraissait être maîtresse du champ de bataille. Si les Hollandais avaient passé entre les redoutes qui étaient vers Fontenoi et Antoin , s'ils étaient venus donner la main aux Anglais , iln'y avait plus de ressource, plus de retraite même, ni pour l'armée française , ni probablement pour le roi et son fils. Le succès d'une dernière attaque était incertain. Le maréchal de Saxe, qui voyait la victoire ou l'entière défaite dépendre de cette dernière attaque, Bougeait à préparer une retraite sûre ; il envoya un second ordre au comte de La Marck d'évacuer Antoin , et de venir vers le pont de Galonné , pour favoriser cette retraite en cas d'un dernier malheur. Il fait signifier un troisième ordre au comte, depuis duc de Lorges, en le rendant responsable de l'exécution ; le comte de Lorges obéit à rceret. On désespérait alors du succès de Ta journée *. «n <

Un conseil assez tumultueux se tenait auprès du roi; on le pressait de la part du général, et au nom de la France, de ne pas s'exposer davantage.

Le duc de Richelieu, lieutenant général , et qui servait en qualité d'aide-decamp du roi , arriva en ce moment. Il venait de reconnaître la colonne près de Fontenoi. Ayant ainsi couru de tous cotés sans être blessé, il se présente hors d'haleine, l'épée à la main, et couvert de poussière. « Quelle nouvelle ap-

J>ortez-vous ? lui dit le maréchal de Noailes; quel est votre avis?» — « Ma nouvelle , dit le duc de Richelieu, est que la bataille est gagnée si on le veut ; et mon avis est qu'on fasse avancer dans Pinstaut

* Le» citoyens de» ville» , qui dans leur heureuse oisiveté lisent , dans les anciennes histoires, les batailles d'Arbelle», de Zama, de Cannes, de Fharsale, peuvent a peine comprendre les combats de nos jours. On s'approchait alors. Les flèches n'étaient que le prélude : c'était à qui pénétrerait dans les rangs opposés ; la forée du corps , l'adresse , la promptitude fesaient tout : on se mé- * lait. Une bataille était une multitude de combats particuliers; il y avait moins de bruit et plut de carnage. La manière de combattre d'aujourd'hui est aussi différente que celle de fortiSer et d'attaquer les ville».

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quatre canons contre le front de la colonne ; pendant que cette artillerie le branlera , la maison du roi et les autres troupes l'entoureront ; il faut tomber sur eUc comme des fourrageurs. • Le roi se rendit le premier à celte idée.

Vingt personnes se détachent. Le duc de Péquigny , appelé depuis le duc de Chaulnes , vu faire pointer ces quatre pièces; on les place vis-à-vis la colonne anglaise. Le duc de Richelieu court à bride abattue au nom du roi faire marcher sa maison ; il annonce cette nouvelle à M. de Montesson qui la commandait.

Le prince de Soubise rassemble ses gendarmes, le duc de Chaulnes ses chevaulégers ; tout se forme et marche ; quatre escadrons de la gendarmerie avancent à la droite de la maison du roi; les grenadiers à cheval sont à la tète , sous M. de Grille, leur capitaine ; les mousquetaires, commandés par M. de Jumillac, se précipitent.

Dans ce même moment important, le comte d'Eu et le duc de Biron, à la droite, voyaient avec douleur les troupes d'Antoin quitter leur poste, selon l'ordre positif du maréchal de Saxe. ■ Je prends sur moi la désobéissance , leur dit le duc de Biron ; je suis sur que le roi l'approuvera dans un instant où tout va changer de face; je réponds que M. le maréchal de Saxe le trouvera bon. • Le maréchal qui arrivait dans cet endroit, informé de la résolution du roi et de la bonne volonté des troupes , n'eut pas de peine à se rendre ; il changea de sentiment lorsqu'il en fallait changer, et fit rentrer le régiment de Piémont dans Antoin ; il se porta rapidement , malgré sa faiblesse, de la droite à la gauche vers la brigade des Irlandais, recommandant à toutes les troupes qu'il rencontrait en chemin de ne plus faire de fausses charges , et d'agir de concert.

Le duc de Biron, le comte d'Estrées, le marquis de Croissi, le comte de Lovendhal , lieutenans généraux , dirigent cette attaque nouvelle. Cinq escadrons de Penthièvre suivent M. de Croissi et ses enfans. Les régimens de Chabrillant , de Brancas, de Brionne, Aubeterre , Courten, accoururent guidés par leurs colonels; le régiment de Normandie, des carabiniers , entrent dans les premiers rangs de la colonne, et vengent leurs camarades tués dans leur première charge.

Les Irlandais les secondent. La colonne

était attaquée a la fois de frontal par le» deux flancs.

En sept ou huit minutes tout ce corps formidable est ouvert de tous côtés ; le général Posomby, le frère du comte d'Albermale , cinq capitaines aux gardes, un nombre prodigieux d'officiers étaient renversés morts. Les Anglais se rallièrent, mais ils cédèrent ; ils quittèrent le champ de bataille sans tumulte , sans confusion, et furent vaincus avec honneur.

Le roi de France allait de régiment en régiment ; les cris de victoire y et de vive ie roi, les chapeaux en l'air, les étendards et les drapeaux percés de balles , les félicitations réciproques des officiers qui s'embrassaient , formaient un spectacle dont tout le monde jouissait avec une joie tumultueuse. Le roi ( lait tranquille, teraoi gnant sa satisfaction et sa reconnaissance à tous les officiers généraux et à tous le s commandans des corps ; il ordonna qu'on eût soin des blessés, et qu'on traitât les ennemis comme ses propres sujets.

Le maréchal de Saxe, au milieu de ce triomphe , se fit porter vers le roi ; il retrouva un reste de force pour embrasser ses genoux, et pour lui dire ces propres paroles : « Sire , j'ai assez vécu ; je ne souhaitais de vivre aujourd'hui que pour voir votre majesté victorieuse. Vous voyez, ajouta-t-il ensuite, à quoi tiennent lcsbataillct.a Le roi le releva et l'embrassa tendrement.

Il dit au duc de Richelieu : • Je n'oublierai jamais le service important que vous m'avez rendu; ■ il parla de même au duc de Biron. Le maréchal de Saxe dit au roi : « Sire, il faut que je me reproche une faute. J'aurais dû mettre une redoute de plus entre les bois de Barri et de Fontenoi ; mais je n'ai pas cru qu'il y eût des généraux assez hardis pour hasar der de passer en cet endroit. •

Les alliés avaient perdu neuf mille hommes, parmi lesquels il y avait environ deux mille prisonniers. Ils n'en firent presque aucun sur les Français.

Par le compte exactement rendu au major général de l'infanterie française , il ne se trouva queseize cent quatre-vingtun soldats ou sergens d'infanterie tués sur la place , et trois mille deux cent quatre vingt-deux blessés, Parmi les officiers, cinquante-trois seulement étaient morts sur le champ de bataille ; trois cent vingttrois étaient en danger de mort par leurs blessures. La cavalerie perdit environ dix-huit cents hommes.

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Jamais , depuis qu'on fait la guerre , on n'avait pourvu avec plus de soin à soulager les maux attachés à ce fléau. 11 y avait des hôpitaux préparés dans fouies les villes voisines , et surtout à Lille ; les églises mêmes étaient employées à cet usage digne d'elles; non-seulement aucun secours , mais encore aucune commodité ne manqua ni aux Français , ni à leurs prisonniers blessés. Le zèle même des citoyeos alla trop loin ; on ne cessait d'apporter de tous cotés aux malades des alimens délicats; et les médecins des hôpitaux furent obligés de mettre un frein à cet excès dangereux de bonne volonté. Enfin , les hôpitaux étaient si bien servis, que presque tous les officiers aimaient mieux y être traités que chex des particuliers ; et c'est ce qu'on n'avait point encore vu.

^On est entré dans les détails sur cette seule bataille de Fontenoi. Son importance, le danger du roi et du dauphin l'exigeaient. Cette action décida du sort de la guerre, prépara la conquête des Pays- Bas , et servit de contre-poids à tous les événemens malheureux. Ce qui rend encore cette bataille à jamais mémorable , c'est qu'elle fut gagnée lorsque le général , affaibli et prosque expirant , ne pouvait plus agir. Le maréchal de Saxe avait fait la disposition, et les officiers français remportèrent la victoire *

( Siècic de Louis XV.)

On eit oblige d'avertir que , dan* nne butoir* fluwi ample qu'infidèle de cette guerre , imprimée * Londre» en quatre volumes , on avance que le» Fronçait ne prirent aucun aom de* prisonnier* hleasé* ; on ajoute que le due de Cumberland envoya au roi de France un coffre rempli de ballea mâchée* et de morceaux de verre , trouve* dan* le* plaie* de* Anglais.

Le* auteurs de cer conte* puéril* pensent apparemment que les balles mâchées sont un poison. C'est un ancien préjugé aussi peu fondé que celui de la poudre Manche. Il est dit dans cette histoire

Sue le* Français perdirent dix-neuT mille homme* an* la bataille, qne leur roi ne s'y trouva point, qu'il ne pan* pas le pont de Cnlonne, qu'il resta toujours derrière l'Escaut; il est-dit enfin que le parlement de Paris rendit un arrêt qui condamnait à la prison, au bannissement et au fouet , ceux qui publieraient des relation* de cette journée. On •ent bien que de* imposture* si extravagantes ne méritent pas d'être réfutée*. Mai*, puisqu'il **e*t trouvé en Angleterre un homme asseï dépourvu de connaissances et de bon «en* pour écrire de si singulière* absurdités, dont son histoire est tou*e remplie, il peut se trouver un jour de* lecteur* capable* de le* croire. U eat juste qu'on prévienne •ur crédulité.

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