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battre ; et, ce qui est étrange, les Anglais et les Danois le reconnurent unanimement pour roi. Il n'y avait plus à réduire que Londres ; il la prit , la fortifia , l'embellit , équipa des tlottes , contint les Danois d'Angleterre , s'opposa aux descentes des autres, et s'appliqua ensuite pendant douze années d'une possession paisible à policcr sa patrie. Ses lois furent douces, niais sévèrement exécutées. C'est lui qui fonda les jurés , qui partagea l'Angleterre en sbires ou comtés , et qui le premier encouragea ses sujets à commercer. Il prêta des vaisseaux et de l'argent à des bommes entreprenans et sages , qui allèrent jusqu'à Alexandrie , et de là , passant l'isthme de Suez , trafiquèrent dans la mer de Perse. Il institua des milices, il établit divers conseils, mit partout la règle, et la paix qui en est la suite.
Qui croirait même que cet Alfred, dans des temps d'une ignorance générale , osa envoyer un vaisseau pour tenter de trouver un passage aux Indes par le nord de l'Europe et de l'Asie ? On a la relation du ce voyage écrite en anglo-saxon , et traduite en latin , à Copenhague, à la prière du comte de Plélo , ambassadeur de Louis xv. Alfred est le premier auteur de ces tentatives hardies que- les Anglais, les Hollandais et les Russes ont faites dans nos derniers temps. On voit par là combien ce prince était au-dessus de sou Mèele.
11 n'est point de véritablement grand homme qui n'ait un bon esprit. Alfred jeta les fondemens de l'académie d'Oxford. Il ût venir des livres de Rome.
L'Angleterre , toute barbare , n'en avait presque point. 11 se plaignait qu'il n'y eut pas alors un prêtre anglais qui sût le latin. Pour lui il le savait ; il était même assez bon géomètre pour ce temps-là. 11 possédait l'histoire. On dit même qu'il iesait des vers en anglo-saxon. Les momens qu'il ne donnait pas aux soins de l'état , il les donnait à l'étude. Une sage économie le mit en état d'être libéral. On voit qu'il rebâtit plusieurs églises , mais aucun monastère. 11 pensait sans doute que , dans un état désolé qu'il fallait repeupler , il eût mal servi sa patrie en favorisant trop ces familles immenses sans pères et sans enfans , qui se perpétuent aux dépens de la nation : aussi ne fut -il pas mis au nombre des saints. Mais l'histoire , qui d'ailleurs ne lui reproche ni
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défaut ni faiblesse , le met au premier rang des héros utiles au genre humain , qui , sans ces hommes extraordinaires , eût toujours été semblable aux bêtes farouches. ( Histoire générale. )
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(28 octobre 1681). — Louis xiv craint partout , ne songea qu'à se faire craindre davantage. Il portait enfin sa marine audelà des espérances des Français et des craintes de 1 Europe. Il eut soixante mille matelots. Des lois, aussi sévères que celles de la discipline des armées de terre, retenaient tous ces hommes grossiers dans le devoir. L'Angleterre et la Hollande , ces puissances maritimes, n'avaient ni tant d'hommes de mer, ni de si bonnes lois. Des compagnies de cadets dans les places frontières , et des gardes-marines dans les norts , furent instituées et composées de jeunes gens, qui apprenaient tous les arts convenables à leur profession, sous des maîtres payés du trésor public.
Le port de Toulon , sur la Méditerranée , fut construit à frais immenses , pour contenir cent vaisseaux de guerre avec un arsenal et des magasins magnifiques.
Sur l'Océan , le port de Brest se formait avec la même grandeur. Dunkcrque , le Hàvre-de-Grâce se remplissaient de vaisseaux. La nature était forcée à Rochefort.
Enfin le roi avait plus de cent vaisseaux de ligne , dont plusieurs portaient cent canons, et quelqueVuns davantage. Ils ne restaient pas oisifs dans les ports. Ses escadres, sous le commandement de du Qnêne, nettoyaient les mers infestées par les corsaires de Tripoli et d'Alger. Il se vengea d'Alger avec le secours d'un art nouveau , dont la découverte fut duc à cette attention qu'il avait d'exciter tous les génies de son siècle. Cet art funeste , mais admirable, est celui des galiotes à bombes , avec lesquelles on peut réduire des villes maritimes en cendres. 11 y avait un jeune homme , nommé Bernard Renaud, connu sous le nom de petit Iicnaudy qui, sans avoir jamais servi sur les vaisseaux, était un excellent marin à forcede génie. Colbert, oui déterrait le mérite dans l'obscurité, 1 avait souvent appelé au conseil de marine, même en présence du roi. C'était par les soins et sur les lumières de Renaud, que l'on suivait depuis peu une méthode plus régulière et plus facile pour la construction des vaisseaux. H osa proposer , dans le conseil , de bom-