‹ Dictionnaire historique des événemens remarquablesChapitre 4 sur 183 · ALF · texte numérisé non relu

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d'Hélène à Glebo furent lues en plein sénat. La princesse Marie fut enfermée à Shiusselbourg; l'ancienne exarinc transférée dans un autre couvent où elle fut prisonnière. Doxithèe et Glebo , tous les complices de celte vaine et superstitieuse intrigue, furent appliqués à la question , ainsi que les contidens de l'évasion d'Alexis. Son confesseur , son gouverneur, son maréchal de cour, moururent tous dans les supplices. »

On voit donc à quel prix cher et funeste Picrre-le-Grand acheta le bonheur qu'il procura a ses peuples ; combien d'obstacles publies et secrets il eut à surmonter au milieu d'une guerre longue et difficile, des ennemis au dehors, des rebelles nu dedans, la moitié de sa famille animée contre lui , la plupart des prêtres obstinément déclarés contre ses entreprises, presque toute la nation irritée lone- temps contre sa propre félicité, qui ne lui était pas encore sensible ; des préjugés à détruire dans les têtes, le mécontentement à calmer dans les cœurs. Il fallait qu'une génération nouvelle, formée par ses soins, embrassât enfin les idées de bonheur et de gloire que n'avaient pu supporter leurs pères. ( Histoire de Pierre-te-Grand. )

ALFONSE , roi de Portugal. — son dktaôhbiibht , B5 i65o. — Le Portugal donnait un spectacle étrange à l'Europe. Dom Alfonse, fils indigne de l'heureux dom Jean de Bragance , y régnait ; il était furieux et imbécille. Sa femme , fille du duc de Nemours, amoureuse de dom Pèdre , frère d' Alfonse , osa concevoir le projet de détrôner son mari, et d'épouser son amant. L'abrutissement du mari justifia l'audace de la reine. Il était d'une force de corps au-dessus de l'ordinaire ; il avait eu publiquement d'une courtisane un enfant qu'il avait reconnu : enfin , il avait couché trèslong-tcmps avec la reine. Malgré tout cela, elle l'accusa d'impuissance ; et , ayant acquis dans le royaume , par son habileté , l'autorité que son mari avait perdue par ses fureurs , elle le fit enfermer. Elle obtint bientôt de Rome une bulle pour épouser son beau-frère. Il n'est pas étonnant que Rome ait accordé cette bulle ; mais il l'est que des personnes loutes-puissantes en aient besoin. Ce que Jules ii avait accordé sans difficulté au roi d'Angleterre Henri vin , Clément tx l'accorda à l'épouse d'un roi de Portugal. La plus petite intrigue fait dans un temps

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ce que les plus grands ressorts ne peuvent opérer dans un autre. Il y a toujours deux poids et deux mesures pour tous les droits des rois et des peuples; et ces deux mesures étaient au Vatican , depuis que les papes influèrent sur les affaires de l'Europe. 11 serait impossible de comprendre comment tant de nations avaient laissé une si éti-ange autorité au pontife de Home , si l'on ne savait combien l'usage a de force.

Cet événement, qui ne fut une révolu tion que dans la famille royale, et non dans le royaume de Portugal, n'ayant rien changé aux affaires de l'Europe , ne mérite d'attention que par sa singularité.

( Histoire générale. )

ALFRED-LE-GRAND, roi d'Anirleterre. — sus tbavaux bbcaboks comme modules de cBAftOKia (85a). — Je ne saiss'il y a jamais eu sur la terre un homme plus digne des respects de la postérité qu'Aifrcd-leGrand , supposé que tout ce qu'on raconte de lui soit véritable.

En 87a , il succédait a son frère Éthelrede i", qui ne lui laissa qu'un droit contesté sur 1 Angleterre , partagée plus que jamais en souverainetés, dont plusieurs étaient possédées par les Danois. Des pirates venaient encore presque chaque année disputer aux premiers usurpateurs le peu de dépouilles qui pouvaient rester.

Alfred , n'ayant pour lui qu'une province de l'ouest , fut vaincu d'abord en bataille rangée par ces barbares, et abandonné de tout le monde. Il ne se retira poiot à Rome dans le collège anglais , comme Butred, son oncle , devenu roi d'une petite province, et chassé par les Danpis ; mais , seul et sans secours , il voulut périr ou venger sa patrie. Il se cacha six mois chez un berger dans une chaumière environnée de marais. Le seul comte de Dévon, qui défendait encore un faible château, savait son secret. . Enfin ce comte ayant rassemblé des troupes et gagné quclqu'avantage , Alfred , couvert des haillons d'un berger, osa se rendre dans le camp des Danois, en jouan t de la harpe. Voyant ainsi par ses yeux la situation du camp et ses défauts, instruit d'une féte que les barbares devaient célébrer , il court au comte de Dévon qui avait des milices prêtes ; il revient aux Dano<s avec une petite troupe , mais déterminée ; il les surprend , et remporte une victoire complète. La discorde divisait alors les Danois. Alfred sut négocier comme com-

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