‹ Dictionnaire historique des événemens remarquablesChapitre 52 sur 183 · GUS · texte numérisé non relu

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et demanda qu'on lui amenât sur sa flotte, à la rade de la ville , le jeune Gustave et six aurtes otages.

A peine furent-ils sur son vaisseau , qu'il les lit mettre aux fers, et fit voile en Danemarck avec sa proie. Gustave s'était échappé de sa prison , et avait repassé en Suède. Il fut obligé de se cacher quelque temps dans les montagnes de la Dalécarlie, déguisé en paysan. Il travailla môme aux mines, soit pour subsister, soit pour se mieux déguiser. Mais enfin il se fit connaître à ces hommes sauvages, qui détestaient d'autant plus la tyrannie, que toute politique était inconnue à leur simplicité rustique. Ils le suivirent , et Gustave Vasa se vit bientôt à la tête d'une armée. L'usage des armes à feu n'était point encore connu de ces hommes grossiers, et peu familier au reste des Suédois : c'est ce qui avait donné toujours aux Danois la supériorité.

Mais Gustave, ayant fait acheter sur son crédit des mousquets a Lubeck, combattit bientôt avec des armes égales.

Lubeck ne fournit pas seulement des armes, elle envoya des troupes, sans quoi Gustave eût eu bien de la peine à réussir. C'était une simple ville de marchands, de qui dépendait la destinée de la Suède. Christiern était alors en Danemarck. L'archevêque d'Upsal soutint tout le poids de la guerre contre le libérateur. Enfin , ce qui n'est pas ordinaire, le parti le plus juste l'emporta. Gustave, après des aventures malheureuses, battit les lieutenans du tyran , et fut maitre d'une partie du pays.

Ghristiern furieux , qui dès long-temps avait en son pouvoir à Copenhague la mère et la sœur de Gustave [ i5ai ], fit une action qui , même après ce qu'on a vu de lui , parait d'une atrocité presque incroyable. 11 fit jeter, dit-on , ces deux princesses dans la mer, enfermées dans un sac l'une et l'autre. Il y a des auteurs qui disent qu'on se contenta de les menacer de ce supplice.

Ce tyran savait ainsi se venger, mais il ne savait pas combattre. Il assassinait des femmes , er il n'osait aller en Suède faire tête à Gustave. Non moins cruel envers ses Danois qu'envers ses ennemis, il fut bientôt aussi exécrable au peuple de Copenhague qu'aux Suédois.

Ces Danois , en possession alors d'élire leurs rois, avaient le droit de punir un tyran. Les premiers qui renoncèrent à sa

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domination, furent ceux de Jutland, du duché de Schlcsvich , et de la partie du Holstein qui appartenait à Christicru.

Son oncle Frédéric, duc de Holstein, profita du juste soulèvement des peuples. La force appuya le droit. Tous les babitans de ce qui composait autrefois la Chersonèse Cim brique firent signifier au tyran l'acte de sa déposition authentique par le premier magistrat de Jutland.

Ce chef de justice intrépide osa porter à Christiern sa sentence dans Copenhague même. Le tyran , voyant tout le reste de l'état ébranlé , haï de oc» propres officiers , n'osant se fier à personne , reçut dans son palais, comme un criminel, son arrêt qu'un seul homme désarmé lui signifiait. Il faut conserver a la postérité le nom de ce magistrat; H s'appelait Mons. «Mon nom, disait-il, devrait être écrit sur la porte de tous les médians

Î rinces. » Le Danemarck obéit à l'arrêt. 1 n'y a point d'exemple d'une révolution si juste, si subite et si tranquille. Le roi se dégrada lui-même en fuyant, et se retira [i5a5] en Flandre, dans les états de Charles-Quint , son beau-frère , dont il implora long-temps le secours.

Gustave, libérateur de son pays, jouit assez paisiblement de sa gloire. Il fit le premier connaître aux nations étrangères de quel poids la Suède pouvait être dans les affaires de l'Europe , dans un temps où la politique européenne prenait une nouvelle face, où l'on commençait a vouloir établir la balance du pouvoir.

( Histoire générale. ) GUYON (Madame). — pbêchk kt

SB FAIT BJIFBRMBR (1696.) Son nODl

était Bouvières de La Mothe. Sa famille était originaire de Montargis. Elle avait épousé le fils de Guyon , entrepreneur du canal de Briare. Devenue veuve dans une assez grande jeunesse, avec du bien, de la beauté et un esprit fait pour le monde, elle s'entêta de ce qu'on appelle la spiritualité. Un barnabite du pays d'A.nneci, prèsdeGenève, nommé La Combe, fut son directeur. Cet homme, connu par un mélange assez ordinaire de passions et de religion, et qui est mort fou , plongea l'esprit de sa pénitente dans des rêveries mystiques dont elle était déjà atteinte. L'envie d'être une sainte Thérèse en France ne lui permit pas de voir combien le génie français est opposé au génie espagnol, et la fit aller beaucoup plus loin

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