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relevés par une extrême beauté , Jointe à la plus grande modestie : mais elle était de l'ancienne religion égyptienne. Oreste, gouverneur d'Alexandrie, la protégeait ; c'en est assez. Saint Cyrille envoie un de ses sous-diacres , nommé Pierre , à la tête des moines et des autres factieux, à la maison d'Hypatie\ ils brisent les portes ; ils la cherchent dans tous les recoins où elle peut être cachée; ne la trouvant point, ils mettent le feu à la maison : elle s'échappe, on la saisit, on la traine dans l'église nommée la Césaréc , 00 la dépouille nue : les charmes de son corps attendrissent quelques uns de ces tigres; mais les autres, considérant qu'elle ne croit pas en Jésus-Christ, l'assomment à coups df> pierres, la déchirent, et traînent son corps par la ville.
Quel contraste s'offre ici aux lecteurs attentifs ! Cette Hypatie avait enseigné la géométrie et la philosophie platonicienne à un homme riche, nommé Sinésius , qui n'était pas encore baptisé ; les évéques égyptiens voulurent absolument avoir Sinéstusle riche, pour collègue, et lui firent conférer l'évCché de Ptoléraaîde. Il leur déclara que, s'il était évéque , il ne se séparerait point de sa femme, quoique cette séparation fût ordonnée depuis quelque temps aux prélats ; qu'il ne voulait pas renoncer au plaisir de la chasse , qui était défendue aussi; qu'il n'enseignerait jamais des mystères qui choquent le bon sens; qu'il ne pouvait croire que l'âme fût produite après le corps ; que la résurectîonet plusieurs autres doctrines des chrétiens lui paraissaient des chimères; qu'il ne s'élèverait pas publiquement contre elles; mais que jamais il ne les professerait ; que , si on voulait le faire évéque à ce
Srix, il ne savait pas même encore s'il aignerait y consentir. Les évêques persistèrent; On le baptisa on le fit diacre, prêtre, évéque; il concilia 6a philosophie âvec son ministère : c'est un des faits des plus a vérés'de l'histoire ecclé siastiauc. Voilà donc un platonicien , un théiste, Un ennemi des dogmes chrétiens , évéque avec l'approbation de tous ses collègues , et ce fut le meilleur des évéques; tandis qu'IIypatie est pieusement assassinée dans l'église parles ordres ou du moins par la connivence d'un évô-
Ïued*Afexandrte décoré du nom de saint, ecteur, réfléchisse* et jugez ; et Vous , évéques , tachez d'imiter Sinésius.
(Mélanges de philosophie. )
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INDULGENCES. — fi*licatioh iw tarif des taxis ( 18 novembre i5i4-)— • Le pape Fie 11 , dans une épître a Jean Peregal, avoue que la cour romaine ne donne rien sans argent ; l'imposition même des mains et les dons du Saint- Esprit s'y vendent , et la rémission des péchés ne s'y accorde qu'aux riches.
Avant lui saint Antonio, archevêque de Florence (1), avait observé que du temps de Boniface ix, qui mourut Tan i4<>4> ta cour romaine était infâme par la tache de simonie , que les bénéfices s'y conféraient moins au mérite qu'à ceux qui apportaient beaucoup d'argent. 11 ajoute que ce pape remplit l'univers d'indulgences plénières; de sorte que les petites églises, dans leurs jours de fêtes, les obtenaient à un prix modique.
Théodoric de Niem (a) , secrétaire de cè pontife, nous apprend en effet que Boniface envoya des quêteurs en divers royaumes pour vendre l'indulgence à ceux qui leur offraient autant d'argent qu'ils en auraient dépensé en chemin, s'ils eussent fait pour cela le voyage de Rome ; de sorte qu'ils remettaient tous les péchés, même sans pénitence, à ceux qui se confessaient , et les dispensaient , moyennant de l'argent, de toutes sortes d'irrégularités, disant qu'ils avaient sur cela toute la puissance que le Christ avait accordée à Pierre de lier et de délier sur la terre (3) . •
Et ce qui est plus singulier encore , le prix de chaque crime est taxé dans un ouvrage latin , imprimé à Rome par ordre de Léon x, le 18 novembre i5i4, chez Marcel Silbert , dans le Champ de Flore, sous le titre de Taxe* de la sacrée chancellerie et de la sacrée pènilencerîe apostolique.
Entre plusieurs autres éditions de ce livre , faites en différens pays , celle in-4% de Paris, de l'an i5ao, chez Toussaint Denis, rue Saint- Jacques, à la Croix de bois, près Saint-Yves, avec privilège du roi pour trois ans , porte au frontispice les
(>) Chronique, troisième partie, tît. XXII. (a) Liv. 1 du Schisme, ch. LXVIII.
(3) Matth. chap. XVI, v. r9.
armes de France et celles de la maison de Médicis, de laquelle était Léon x.
Voilà ce qui aura trompé l'auteur du Tableau des papes (1), qui attribue à Léon x l'établissement de ces taxes , quoique Polydore Virgile (a) et le cardinal d'Ossat(5), s'accordent à placer l'invention de la taxe de la chancellerie sous Jean xn, vers l'an i3ao, et le commencement de celle de la pénitencerie seize ans plus tard, sous Benoit xu.
Pour nous faire une idée de ces taxes , copions ici quelques articles du chapitre des absolutions.
• L'absolution (4) pour celui qui a connu charnellement sa mère , sa sœur , ete. y coûte 5 gros.
« L'absolution pour celui qui a défloré une vierge , 6 gros.
« L'absolution pour celui qui a révélé la confession d'un autre , 7 gros.
« L'absolution (5) pour celui qui a tué son père, sa mère, etc. 5 gros.» Et ainsi des autres péchés, comme nous verrons bientôt ; mais , à la fin du livre , les prix sont évalués par ducats.
11 y est aussi parlé d'une sorte de lettres appelées confessionales , par lesquelles le pape permet de choisir à l'article de la mort un coofesseur qui donne plein pardon de tout péché; aussi ces lettres ne s'accordent qu'aux princes , et même avec grande difficulté. Ce détail se trouve page 5a de l'édition de Paru.
La cour de Rome dans la suite eut honte de ce livre , qu'elle supprima tant qu'il lui fut possible ; elle l'a même fait insérer dans l'indice expurgatoire du concile de Trente , sur la fausse supposition* que les hérétiques l'ont corrompu.
Il est vrai qu'Antoine du Pinet, gentilhomme franc-comtois , en fit imprimer à Lyon, en i564, un extrait in-8a, dont voici le titre : Taxe des parties easuelle» de la boutique du pape, en latin et en
CO Page 154.
(a) Liv. Vllf , chap. II, des Inventeurs des choses.
(3) Lettre CCCIII.
(4) Page 36.
(5) Page 38.
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français, avec annotations prinses des décret* , conciles et canons , tant vieux que modernes , 'pour la vérification de 4a discipline anciennement observée en ('église; par A. D. P. Mais, quoiqu'il n'avertisse point que son ouvrage n'est qu'un abrégé de l'autre, bien loin de corrompre son original , il en retranche au contraire quelgues traits odieux , telsque celui qui se lit page a5, figue 9, d'en bas, dans l'édition de Paris; le voici : •"Et remarquez soigneusement que ces sortes de grâces et de dispenses ne s'accordent point aux pauvres , parce que, n'ayant pas de quoi, ils ne peuvent èttt consolés. •
IJ est vrai encore que du Pinet évalue ces taxes par tournois, ducats et carlin s mais comme il observe, page 4 a , que les carlins et «les gros sont de la même valeur, en substituant à la taxe de cinq, six, sept gros , etc.* qui est dans son original, celle d'un nombre égal de carlins , ce n'est point le falsifier. En voici la preuve dans les quatre articles déjà cites de l'original.
* L'absolution , dit du Pinet , pour celui qui connaît charnellement sa mère, sa sœur, ou quelque autre parente ou alliép, ou sa commère de baptême, est taxée à cinq carlins.
« L'absolution pour celui qui dépucelle une jeune fill«- est taxée à six carlins.
« L'absolution pour celui qui révèle la confession de quelque pénitent, est taxée à sept carlins.
m L'absolution pour celui qui a tué son père, sa mère, son frère , sa sœur, sa îemme, ou quelque autre parent ou allié, laïque néanmoins, est taxée à cinq carlins; car, si Je mort était ecclésiastique, l'homicide serait obligé de visiter les saints lieux. »
Rapportons-en quelques autres.
« L absolution, continue du Pinet, pour quelque acte de paillardise que ce soit, commis par un clerc, fût-ce avec une religieuse dans le cloître ou dehors, ou avec ses parentes et alliées, ou avec sa fille spirituelle (sa filleule), ou avec quelques autres femmes que ce soit, coûte trente-six tournois trois ducats.
■ L'absolution pour un prêtre qui tient «ne concubine, vingt-un tournois cinq ducats six carlins.
• L'absolution d'un laïque pour toutes sortes de péchés de la chair, se donne au
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for de la conscience pour six tournois deux ducats.
« L'absolution d'un laïque pour crime d'adultère, donnée au for de la conscience, coûte quatre tournois; et , s'il y a adultère et inceste, il faut payer par té te six tournois. Si outre ces crimes , on demande l'absolution du péché contre nature ou de la bestialité , il faut quatrevingt-dix tournois douze ducats et six carlins ; mais si on demande seulement l'absolution du crime contre nature ou de la bestialité , il n'en coûtera que trentesix tournois et neuf ducats.
* a La femme qui aura pris an breuvage pour se faire avorter, on le père qui le lui aura fait prendre , paiera quatre tournois un ducat et huit carlins ; et si c'est un étranger qui ait donné le breuvage pour la faire avorter, il paiera quatre tournois un ducat et cinq carlins.
fUn père ou une mère, on quelque autre parent qui aura étouffé un enfant, paiera quatre tournois un ducat huit carlins ; et , si le mari et la lé m me l'ont tué ensemble , ils paieront six tournois et deux ducats.
• La taxe qu'accorde le dataire pour contracter mariage hors les temps permis, est de vingt carlins ; et dans }cs temps permis, si les contractans sont au second ou troisième degré, elle est ordinairement de vingt-cinq ducats, et quatre pour l'expédition des bulles ; et au quatrième degré , de sept tournois un ducat et six carlins.
«La dispense du jeûne pour un laïque aux jours marqués par l'église , et la permission de manger du fromage, sont taxées à vingt carlins. La permission de manger de la viande et desœuls aux jours défendus, est taxée à dfuze carlins; et celle de manger des laitages, à six tournois pour une personne seule , et à douze tournois trois ducats et six carlins , pour toute une famille et pour plusieurs porens.
« L'absolution d'un apostat et d'un vagabond qui veut revenir dans le giron de l'église, coûte douce tournois trois ducats et six carlins.
« L'absolution et la réhabilitation de celui qui est coupable de sacrilège , de vol, d'incendie, de rapine, de parjure, et semblables , est taxée à t rente-six tournois et neuf ducats.
«L'absolution pour un valet qui retient le bien de son maître trépasse, pour le
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paiement do ses page*, et qui, étant averti , n'en fait pas la restitution , pourvu que le bien qu'à retient n'excède pas la valeur de ses gage» , est taxée seulement, dans le for de la conscience, à six tournois deux ducats.
« Pour changer les clauses d'un testa* ment , la taxe ordinaire est de douze tournois trois ducats six carlins.
m lia permission de changer son nom propre coûte neuf tournois deux ducats et neuf carlin» ; et pour changer Je surnom et la manière de le signer , il faut payer six tournois et deux ducats. •
«La permission d'avoir un autel portatif pour une seule personne, est taxée à dix carlins ; et celle d'avoir une chapelle domestique , à cause de l'éloigoement de l'église paroissiale, et pour y établir des fonts baptismaux et des chapelains, trente carlins. •
«Enfin la permission de. transporter des marchandises nne ou plusieurs 'fois aux pays des infidèles, et généralement trafiquer et vendre sa marchandise, sans être obligé d'obtenir la permission des seigneurs temporels de quelques lieux que ce soit , fussent- ils rois ou empereurs , avec toutes les clauses dérogatoires très amples, n'est taxée qu'à vingt-quatre tournois six ducats. »
Cette permission qui supplée à celle des seigneurs temporels, est une nouvelle preuve des prétentions papales dont nous avons parlé à l'article Butie. On sait d'ailleurs que tous les rescrits ou expéditions pour les bénéfices, se payent encore à Borne suivant la taxe; et cette charge retombe toujours sur les laïques par les impositions que. le clergé subalterne en exige. ( Dictionnaire philosophique . )
INQUISITION. — s'staslit su roatocal. — Dès le commencement du quinzième siècle, le pape Booiface ix tenta vainement d'établir l'inquisition dans le royaume de Portugal , ou il créa le provincial des dominicains, Vincent de Lisbonne, inquisiteur-général. Innocent vu, quelques années après, ayant nommé inquisiteur Je minime Didacus de Sylva, le roi Jean i*r écrivit à ce pape que l'établissement de l'inquisition dans son royaume était contraire au bien de ses sujets, à ses propres intérêts, et peutêtre même à ceux de la religion.
Le pape* toncbé.par les représentations d'un prince trop facile, révoqua .tous les pouvoirs accordés aux ioquisi-
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teurs nouvellement établis, et autorisa Marc, evêque de Sinigaglia , à absoudre les accusés, ce qu'il fit. On rétablit dans leurs charges et dignités ceux qui en avaient été privés , et on délivra beaucoup de gens de la crainte de voir leurs biens confisqués.
Mais que le Seigneur est admirable dans ses voies! dit Paraino; ce que les souverains pontifes n'avaient pu obtenir par tant d'instances, le roi Jean ut l'accorda de lui-même à un fripon adroit dont Dieu se servit pour cette bonne œuvre. En effet les méchana sont souvent des instrument utiles des desseins de Dieu, et il ne reprouve pas ce qu'ils font de bien; c'est ainsi que * Jean , disant à notre Seigneur Jésus-Christ : « Maître , nous avons vu un homme oui n'est point votre disciple et qui chassait tes démons en votre nom , et nous l'en avons empêché ; m Jésus lui répondit : « Ne l'en empêchez pas ; car celui qui fait des miracles en mon nom ne dira point de mai de moi; et celui, qui n'est pas contre vous est pour vous. »
, Paramo racoote ensuite qu'il a vu dans la bibliothèque de Saint-Laurent, à l'Escurial, un écrit de la propre main de Saavedra, par lequel ce fripon explique en détail qu'ayant fabriqué une fausse bulle, il fit son entrée à Séville en qualité de légat, avec un cortège de cent vingt -six domestiques; qu'il tira treize mille ducats des héritiers d'un riche seigneur du pays, pendant les vingt jours qu'il y demeura aans le palais de l'archevêque, en produisant une obligation contrefaite de pareille somme, que ce seigneur reconnaissait avoir empruntée «ta légat pendant son séjour à Borne; et qu'enfin , arrivé à Badajoz, le roi Jean m, auquel il fit présenter de fausses lettres du pape , lui permit d'établir des tribunaux de l'inquisition dans les principales villes du royaume.
Ces tribunaux commencèrent tout de suite à exercer leur juridiction , et il se fit un grand nombre de condamnations et d'exécutions d'hérétiques relaps et d'absolutions d'hérétiques pénitens. Six mois s'étaient ainsi passés, lorsqu'on reconnut la vérité de ce mot de VEvangiU : « Il n'y a rien de caché qui ne se
* Mare y ehap IX . V. 3? 39.
•* Motth. e. X, v. «S. More, e. IV, v. «a» Z««,e. VIII, ▼. 17.
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découvre. » Le marquis de Villeneuve de tiarcarotta, seigneur espagnol, secondé par le gouverneur de Mora , enlc» le fourbe et le conduisit à Madrid. OnW fit comparaître pardevant Jean de Tavcra , srchevêquede Tolède. Ce prélat, étonné de tout ce qu'il apprit de la fourberie et de l'adresse du faux légat, envoya toutes les pièces du procès au pape Paul m , aussi bien que les actes des inquisitions que Saavedra avait établies, e.t par lesquels il paraissait qu'on avait condamné et jugë déjà un grand nombre d'héréliques, et que ce fourbe avait extorqué plus de trois cent mille ducats.
Le pape ne put s'empêcher de reconnaître dans tout cela !e doigt de Dieu, et un miracle de sa providence; aussi forma-t-il la congrégation de ce tribunal sous le nom de saint-officr, , en i545, et Sixte V la confirma en 1 588.
( Dictionnaire 'phitosofhique. ) IRLANDE (Massacres d'). L'Angleterre , l'Ecosse et l'Irlande étaient partagées en factions violentes, ainsi que l'était la France; mais celles de la France n'étaient que des cabales de princes et de seigneurs contre un premier ministre qui les écrasait ; et les partis qui divisaient le royaume de Charles i", étaient des convulsions générales dans tous les esprits, une ardeur violente et réfléchie de changer la constitution de l'état, un dessein mal conçu chez les royalistes d'établir le pouvoir despotique, la fureur de las liberté dans la nation, la soif de l'autorité dans la chambre des communes, le désir vague dai s les évéques d'écraser le parti calviniste-puritain, le projet formé chez les puritains d'humilier les évéques, et enfin le plan suivi et cache de ceux qu'on appelait indépendant, qui consistait à se
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servir des fautes de tous les autres pour devenir leurs maîtres.
[Octobre i6£i ] Au milieu de tous ces troubles les catholiques d'Irlande crurent avoir trouvé enfin le temps de secouer le joug de l'Angleterre. La religion et la liberté, ces deux sources des plus grandes actions, les précipitèrent dans une entreprise horrible, dont il n'y a d'exemple que dans la Saint-Barthélemi. Ils complotèrent d'assassiner tous les protestons de leur île ; et en effet ils en égorgèrent plus de quarante mille. Ce massacre n'a pas 9 dans l'histoire des crimes , la même célébrité que" la Saiot-Barthélemi ; il fut pourtant aussi général et aussi distingué par toutes les horreurs qui peuvent signaler un tel fanatisme. Mais cette dernière conspiration de la moitié d'un peuple contre l'autre , pour cause de religion , se fesait dans une tle alors peu connue des autres nations. Elle ne fut point autorisée par des personnages aussi considérables qn'urie Catherine de Médicis, un roi de France , un duc de Guise : les victimes immolées n'étaient pas aussi illustres, quoique aussi • nombreuses. La scène ne fut pas moins souillée de sang , mais le théâtre n'attirait pas les yeux de l'Europe. Tout retentit encore des fureurs de la Saint-Barthélemi, et les massacres d'Irlande sont presque oubliés.
Si on comptait les meurtres que le fanatisme a commis depuis les querelles d'Athanase et d'Arius jusqu'à nos jours, on verrait que ces querelles ont plus servi que les combats à dépeupler la terre; cardans les batailles on ne détruit que l'espèce maie , toujours plus nombreuse que la femelle; mais, dans les massacres faits pour la religion, les femmes sont immolées comme les hommes. (Essai sur (es mœurs. )
JACOVELLO. — sa roi bsjcomfbih sis. — Un ermite, nommé Pasquale, ayant ouf dire que Jacovello , bourgeois de Terni, était fort avare et fort riche, vint faire à Terni ses oraisons dans l'église que fréquentait Jacovello, lia bientôt amitié avec lui , le flatta dans Ba passion , et lui persuada que c'était une œuvre trèsagréable à Dieu de faire valoir son argent;
que cela même était expressément recommandé dans Y Evangile , puisque le serviteur négligent, qui n'a pas fait valoir l'argent de son maître a cinq cents pour cent, est jeté dans les ténèbres extérieures.
Dans les conversations ^ que Termite avait avec Jacovello , il l'entretint souvent des beaux discours tenus par plu-
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sieurs crucifix , et par une quantité de bonnes vierges d'Italie. Jacovello convenait que les statues des saints parlaient quelquefois aux hommes, et fui disait qu'il se croirait prédestiné si jamais il pouvait entendre parler l'image d'un saint.
Le bon Pasquale lui répondit qu'il espérait lui donner cette satisfaction dans peu de temps; qu'il attendait incessamment de Rome une tête de mort , dont le pape avait fait présent à un ermite son confrère; que cette tête parlait comme les arbres de Dodone, et comme l'anessc de fialaam. Il lui montra en effet la tête quatre jours après. 11 demanda à Jacovello la clef d'une petite cave et d'une chambre au-dessus, afin que personne ne fut témoin du mystère. L'ermite Pasquale, ayant fait passer de la cave un tuyau qui entrait dans la tête , et ayant tout disposé , se mit en prière avec son ami Jacovello : la tête alors parla en ces mots : m Jacovello , Dieu veut récompenser ton zèle. Je t'avertis qu'il vaun trésor de cent mille écus sous un if à l'entrée de ton jardin. Tu mourras de mort subite, si tu cherches ce trésor avant d'avoir mis devant moi une marmite remplie de dix marcs d'or en espèces. •
Jacovello courut vite à son coffre , et apporta devant l'oracle sa marmite et ses dix marcs. Le bon ermite avait eu la précaution de se munir d'une marmite semblable qu'il remplit de sable. Il la substitua prudemment à la marmite de Jacovello, quand celui-ci eut le dos tourné , et laissa le bon Jacovello avec une tête de mort de plus , et dix marcs d'or de moins. ( Dictionnaire philosophique. )
JACQUES i", roi d'Angleterre. —