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prince Philippe son fils, et fit entendre ses plaintes, qu'on n'avait pas écoutées jusqu'alors. Il présenta sa requête au nom d'un hémisphère entier : elle fut imprimée à Valladolid. La cause de plus do cinquante nations proscrites, dont il ne " les n
LAS 177 vos semblables à dévurer à vos chiens.
stait que de faibles restes v fut solennellement pl aidée devant l'empereur.
Las Casas dit que ces peuples détruits étaient d'une espèce douce, faible et innocente, incapable de nuire et de résister; et que la plupart ne connaissaient pas plus les vêteraens et les armes que nos animaux domestiques. • J'ai parcouru, dit-il, toutes les petites îles Lucaics, et je n'y ai trouvé que onze habitans , reste de plus de cinq cent mille. • 11 compte eusuite plus de deux millions d'hommes détruits dans Cuba et dans Hispaniola , et enfin plus de dix millions dans le continent. 11 ne dit pas : J'ai ouï dire qu'on a exercé ces énormités in* croyables ; il dit : « Je les ai vues : j'ai vu cinq caciques brûlés pour s'être enfuis avec leurs sujets ; j'ai vu ces créatures innocentes massacrées par milliers; enfin , de mon temps, on a détruit plus de douze millions d'hommes dans l'Amérique.»
On ne lui contesta pas cette étrange dépopulation, quelque incroyable qu'elle, paraisse. Le docteur Sepuivéda , qui plaida contre lui, s'attachait seulement à prouver que ces Indiens méritaient la mort , parce qu'ils étaient coupables du péché contre nature , et qu'ils étaient anthropophages.
■ Je prends Dieu à témoin , répond le digne évêque Las Casas, que vous calomniez ces innoce ns après les avoir égorgés. Non , ce n'était point parmi eux que régnait la pédérastie , et que l'horreur de manger de la chair humaine s'était introduite ; il se peut que dans quelques contrée! de l'Amérique que je ne connais pas , comme au Brésil ou dans quelques îles, on ait pratiqué ces abominations de l'Europe ; mais ni à Cuba , ni à la Jamaï-
5ue , ni dans Hispaniola, ni dans aucune, e que j'aie parcourue, ni au Pérou, ni au Mexique où est mon évéché , je n'ai entendu jamais parier de ces crimes, et j'en ai fait les enquêtes les plus exactes. C'est vous qui êtes plus cruels que les anthropopliages; car je vous ai.vus dresser des chiens énormes pour aller à la chasse des hommes , comme on va à celle des bête» fauves. Je vous ai vus donner
J'ai entendu des Espagnols dire a leurs camarades : Prête-moi une longe d'Indien pour le déjeuner de mes dogues , je t'en rendrai demain un quartier. C'est enfin chez vous seuls que j'ai vu de la chair humaine étalée dans vos boucheries , soit pour vos dogues , soit pour vous- ' mêmes. Tout cela, continue -t- il , est
£rouvé au procès, et je jure, par le grand ueu qui m'écoute, que rien n'est plus véritable. »
Enfin , Las Casas obtint de Charles- Quint des loi* qui arrêtèrent le carnage réputé jusqu'alors légitime , attendu que c'étaient des chrétiens qui massacraient des infidèles. ( Essai sur (es mœurs. )
LASS ou LAW, contrôleur général des finances de France. — btabmsskmkkt os sa banque (1716). — Un Ecoisais, nommé J ean Lato, que nous nommons Jean Lass, qui n'avaitd autre métier que d'être grand joueur et grand calculateur., obligé de fuir de la Grande-Bretagne pour un meurtre, avait dès long-temps rédigé le plan d'une compagnie qui paierait en billets les dettes d'un état, et qui se rembourserait par les profits. Ce système était trèscompliqué; mais, réduit à ses justes bornes , il pouvait être très utile. C'était une imitation de la banque d'Angleterre etd'e sa compagnie des Indes. Il proposa cet établissement au duc de Savoie , depuis premier roi de Sardaigne, Victor-Amédée qui répondit qu'il n'était pas assez puissant pour se ruiner. ïl le vint proposer au contrôleur générai Dcsmarets; mai»
c'était dans le temps d'une guerre malheureuse où toute confiance était perdue ; et la base de ce système était la confiance.
Enfin il trouva tout favorable sous la régence du duc d'Orléans : deux milliards de dettes à éteindre , une paix qui laissait du loisir au gouvernement , un prince et un peuple amoureux des nouveautés.
11 établit d'abord une banque en son propre nom en 1716. Elle devint bientôt un bureau général des recettes du royaume. On y joignit une compagnie du Mississipi, compagnie dont on fesalt espérer de grands avantages. Le public, séduit par l'appât du gain , s'empressa d'acheter avec fureur les actions de cette compagnie et de cette banque réunies. Les richesses, auparavant resserrée par la défiance , circulèrent avec profusion ; lel
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billets doublaient, quadruplaient ces richesses. La France fut très riche en effet par le crédit. Toutes les professions connurent le luxe; et il passa ches les voisins de la France , qui eurent part à ce commerce.
La banque fut déclarée banque du rot, en 1718. Elle se chargea* du commerce du Sénégal. Elle acquit le privilège de l'ancienne compagnie des Indes, fondée par le célèbre Colbert , tombée depuis en décadence , et qui avait abandonné son commerce aux négocians de Saint- Malo. Enfin elle se chargea des fermes générales du royaume. Tout fut donc çntre les mains de Péeossais Lass, et toutes les finances du royaume dépendirent d'une compagnie de commerce.
Cette compagnie paraissant établie sur de si vastes fondemens, ses actions augmentèrent vingt fois au-delà de leur première valeur. Le duc d'Orléans fit sans doute une grande faute d'abandonner le public à lui-même. Il était aisé au gouvernement de mettre un frein à cette frénésie ; mais l'avidité des courtisans et l'espérance de profiter de ce désordre empêchèrent de l'arrêter. Les variations fréquentes dans le prix de ces effets produisirent à des hommes inconnus des biens immenses : plusieurs , en moins de six mois, devinrent beaucoup plus riches que beaucoup de princes. Lass, séduit lui-même par son système, et ivre de l'ivresse publique et de la sienne , avait fabriqué tant de billets , que la valeur chimérique des actions valait , en 1719 , quatre-vingts fois tout l'argent qui pouvait circuler dans le royaume. Le gouvernement remboursa en papier tous les rentiers de l'état.
Le régent ne pouvait plus gouverner une maenine si immense , si compliquée , et dont le mouvement rapide l'entraînait malgré lui. Les anciens financiers et les gros banquiers réunis épuisèrent la banque royale, en tirant sur elle des sommes considérables. Chacun chercha à convertir ses billets en espèces ; mais la disproportion était énorme. Le crédit tomba tout d'un coup: le régent voulut le ranimer par des arrêts qui l'anéantirent. On ne vit plus que du papier; une misère réelle commençait à succéder à tant de richesses fictives. Ce fut alors qu'on donna la place de contrôleur général des finances à Lass, précisément dans le temps qu'il était impossible qu'il a rem-
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plit; c'était en 1720, époque de la subversion de toutes, les fortunes des particuliers et des finances du royaume. On le vit en peu de temps d'Ecossais devenir Français par la naturalisation ; de protestant, catholique; d'aventurier , seigneur des plus belles terres ; et de banquier, ministre d'état. Je l'ai vu arriver dans les salles du Palais-Royal , suivi de ducs et pairs, de maréchaux de France et d'évêques. Le désordre était au comble. Le parlement de Paris s'opposa autant qu'il le put à ces innovations, et il fut exiléaPontoise. Enfin, dans la même année, Lass, chargé de l'exécration publique, fut obligé de fuir du pays qu'il avait voulu enrichir , et qu'il avait bouleversé. Il partit dans une chaise de poste que lui prêta le duc de Bourbon-Condé , n'emportant avec lui que deux mille louis , presque le seul reste de son opulence passagère.
Les libelles de ce temps-là accusent le régent de s'être emparé de tout l'argent du royaume pour les vues de son ambition ; et il est certain qu'il est mort endetté de sept millions exigibles. On accusait Lass d'avoir fait passer pour son profit les espèces de la France dans les pays étrangers. Il a vécu quelque temps à Londres des libéralités du marquis de Lassay, et est mort à Venise en 1729 , dans un état à peine au-dessus de l'indigence. J'ai vu sa veuve à Bruxelles, aussi humiliée qu'elle avait été fi ère et triomphante à Paris. De telles révolutions oe sont pas les objets les moins utiles du l'histoire. ( SiècU de Louis X f\ )
LEON- L'I S AU RIEN, empereur,
- — DBTBUIT tK CCLTK. DES IM4GKS BW 727. —
Dans le huitième siècle, on agita dans les églises d'Orient s'il fallait rendre un culte aux images. La loi de Moïse l'avait expressément défendu. Cette loi n'avait jamais été révoquée ; et les premiers chrétiens, pendant plus de deux cents ans , n'avaient même jamais souffert d'images dans leurs assemblées.
Peu à peu la coutume s'introduisit partout d'avoir chez soi des crucifix. Ensuite on. eut les portraits vrais ou faux des martyrs ou des confesseurs. II n'y avait point encore d'autels érigés pour les saints , point de messes célébrées en leur nom. Seulement, à la vue d'un crucifix et de l'image d'un homme de bien , le coeur, qui surtout dans ces climats a besoin d'objets sensibles, s'excitait à la piété.
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Cet ange s'introduisit dans les églises. Quelques évêques ne l'adoptèrent pas.
On voit qu'en 3o,3, saint Epiphaue arracha d'une église de Syrie une image devant laquelle on priait. Il déclara que la religion chrétienne ne permettait pas ce culte ; et sa sévérité" ne causa point de schisme.
Enfin cette pratique pieuse dégénéra en abus , comme toutes les choies humaines. Le peuple, toujours grossier, ne distingua point Dieu et les images : bientôt on en vint jusqu'à leur attribuer des vertus et des miracles : chaque image guérissait une maladie. On les mêla même aux sortilèges qui ont presque toujours séduit la crédulité du vulgaire ; je dis non seulement le vulgaire du peuple, mais celui des princes, et même celui des sa va us.
En 727» l'empereur Léoo-l'Isaurien voulut, à la persuasion de quelques évoques, déraciner l'abus; mais, par un abus peut-être plus grand , il lit effacer toutes les peintures ; il abattit les statues et les représentations de Jésus- Christ avec celles des saints. En ôtant ainsi tout d'un coup aux peuples les objets de leur culte, il les révolta ; on désobéit, il persécuta; il devint tyran parce qu'il avait été imprudeot.
11 est honteux pour notre siècle qu'il y ait encore des compilateurs et des déclamateurs comme Maim bourg, qui répètent cette ancienne fable , que deux Juifs avaient prédit l'empire à Léon , et qu'ils avaient exigé de lui qu'il abolit le culte des images ; comme s'il eût importé à des Juifs que les chrétiens eussent ou non des figures dans leurs églises. Les historiens qui croient qu'on peut ainsi prédire l'avenir sont bien indignes d'écrire ce qui s'est passé.
Son fils Constantin Gopronvme fit passer en loi civile et ecclésiastique l'abolition des images. Il tint à Constantinople un concile de trois cent trente-huit évêques; ils proscrivirent d'une commune voix ce culte , reçu dans plusieurs églises et surtout a Borne.
Cet empereur eût voulu abolir aussi aisément les moines qu'il avait en horreur, et qu'il n'appelait que les abominables; mais il ne put y réussir : ces moines , déjà fort riches , défendirent plus habilement leurs biens que les images de leurs saints.
( Essai sur (es mœurs.)
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LÉON IV, pape, — sseva bomb ek
8a8. — En 8a8, les mêmes Africains oui avaient subjugué l'Efipague, et lait des incursions en Sicile, reviennent encore désoler cette lie fertile, encouragés par un Sicilien nommé Euphémius, qui ayant, à l'exemple de son empereur Michel, épousé une religieuse, poursuivi par les lois que l'empereur s'était rendues favorables , fit à peu prés en Sicile ce que le comte Julien avait fait en Espagne.
Ni les empereurs grecs, ni ceux d'Occident ne purent alors chasser de Sicile les musulmans; tant l'Orient et l'Occident étaient mal gouvernés. Ces conquérons allaient se rendre maîtres de l'Italie, s'ils avaient été unis; mais leurs fautes sauvèrent Rome, comme celles des Carthaginois la sauvèrent autrefois. Ils partent de Sicile, en 84<> , avec une flotte nombreuse, lis entrent par l'embouchure du Tibre , et, ne trouvant au'un pays presque désert , ils vont assiéger Rome. Ils prirent les dehors, et ayant pillé la riche église de Saint -Pierre hors des murs, ils levèrent le siège pour aller combattre une armée de Français oui venait secourir Rome sous un général de l'empereur Lothaire. L'armée française fut battue , mais la ville rafraîchie fut manquée; et cette expédition, qui devait être une conquête, ne devint, par la mésintelligence, qu'une incursion de barbares. Ils revinrent bientôt après avec une armée formidable , qui semblait devoir détruire l'Italie, et faire une bourgade mahométane de la capitale du christianisme. Le pape, Léon iv, prenant dans ce danger une autorité que les généraux de l'empereur Lothairc semblaient abandonner, se montra digne, en défendant Rome , d'y commander en souverain. Il avait employé h.-s richesses de l'église à réparer les murailles, à élever des tours, a tendre des chaîne* sur le Tibre. Il arma les milices à ses dépens, engagea les habitans de IVaples et de G aie te à venir défendre les côtes et le port d'Ostie, sans manquer à la *agc pré* caution de prendre d'eux des otages, sachant bien que ceux qui sont assez puissans pour nous secourir, le sont assez pour nous nuire. Il visita lui-même tous les poètes, et reçut les Sarravn* à leur descente, non pas en équipage de guerrier, ainsi qu'en avait usé GosTin , évéque de Paris , dans une occasion encore plus pressante, mais comme un pontife qui exhortait un peuple chrétien, et corn mu
ta *
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un roi qui veillait à la sûreté de ses sujets. [849] 11 était né Romain ; le courage des premiers âges de la république revivait en lui dans un temps de lâcheté et de corruption, tel qu'un des beaux monumens de l'ancienne Rome, qu'on trouve quelquefois dans les ruines de la nouvelle»
Son courage et ses soins furent secondés. Ou reçut les Sarrasins courageusement à leur descente; et la tempête ayant dissipé la moitié de leurs vaisseaux , une partie de ces conquérons échappés au naufrage fut mise à la chaîne. Le pape rendit sa victoire utile , en fesant travailler aux fortifications de Rome et à ses embellissemens |es mêmes mains qui devaientles détruire. Les mahomé tans restèrent cependant maîtres du Garillan , entre Gapoue et Gaîète, mais plutôt comme une colonie de corsaires indépendans, que comme des conquérons disciplinés.
( Essai sur ici mœurs. )
LÉON X, pape. SO!» CLOaiF.lX PON- TIFICAT in i5i3. — Après le pontificat détesté, mais heureux, d'Alexandre vi, après le règne guerrier et plus heureux encore de Jules 11, les papes pouvaient se regarder comme les arbitres de l'Italie , et influer beaucoup sur le reste de l'Europe. 11 n'y avait aucun potentat italien qui eût plus de terres , excepté le roi de Naplcs , lequel relevait encore de la tiare.
[i5i3] Dans ces circonstances favorables les vingt-quatre cardinaux qui composaient alors tout le collège , élurent Jean de Médicis, arrière-petit-fils de ce grand Gosme de Médicis , simple négociant , et père de la patrie*
Gréé cardinal à quatorze ans, il fut pape à l'âge de trente-six , et prit le nom de Léon x. Sa famille alors était rentrée en Toscane. Léon eut bientôt le crédit de mettre son frère Pierre à la tête du gouvernement de Florence. Il lit épou* ser à son autre frère Julien le-Magnifiquc la princesse de Savoie, duchesse de Nemours, et le fit un des plus puissans seigneurs d'Italie. Ges trois frères, élevés par Ange Politicn et par Ghaicondyle, étaient tous trois dignes d'avoir eu de lelsroailres. Tous trois cultivaient à l'envi les lettres et les beaux-arts : ils méritèrent que ce siècle s'appelât le siècle des Médicis. Le pape surtout joignait le goût le plus fin à la magnificence la plus recherchée. Il excitait les grands génies dans
tous les arts par ses bienfaits, et par son accueil plus séduisant encore. Son couronnement coûta oent mille écua d'or.
Il fit réprésenter dans plusieurs fêtes publiques le Pênuie de Plaute , la Caiandra du cardinal Bibiena. On croyait voir renaitre les beaux jours de 1* empire romain. La religion n'avait rien d austère; elle s'attirait le respect par des cérémonies pompeuses; le style barbare de la daterie était aboli , et lésait place à l'éloquence des cardinaux Bembo et Sadolet, alors secrétaires des brefs, hommes qui savaient imiter la latinité de Cicéron , et qui semblaient adopter sa philosophie sceptique. Les comédies de l'Arioate et celles de Machiavel, quoiqu'elles respectent peu la pudeur et la piété, furent jouées souvent dans cette cour, en présence du pape et des cardinaux , par les jeunes gens les plus qualifiés de Rome. Le mérite seul ae ces ouvrages ( mérite très grand pour ce siècle ) fesait impression. Gc qui pouvait offenser la religion n'était pas aperçu dans une cour occupée d'intrigues et de plaisirs, qui ne pensait pas que la religion pût être attaquée par ces libertés. Et en effet, comme il ne s'agissait ni du dogme , ni du pouvoir, la cour romaine n'en était pas plus effarouchée que les Grecs et les anciens Romains ne le furent des railleries d'Aristophane et de Plaute.
Les affaires les plus graves, que Léon x savait traiter en maître, ne dérobèrent rien à ses plaisirs délicats. La conspiration même de plusieurs cardinaux contre sa vie, et le châtiment sévère qu'il en fit , n'altérèrent point la çaité de sa cour.
Les cardinaux Petrucci, Soli, et quelques autres , irrités de ce que le pape avait ôlé le duché d'Urbin au neveu de Jules 11, corrompirent un chirurgien qui devait panser un ulcère secret du pape; et la mort de Léon x devait être le signal d'une révolution dans beaucoup de villes de l'état ecclésiastique. La conspiration fut découverte [1 5 17]. Il en coûta la fie à plus d'un coupable. Les deux cardinaux furent appliqués à la question, et condamnés à la mort. On pendit le cardinal Petrucci dans la prison : l'autre racheta sa vie par ses trésors^
Il est très remarquable cju'ils furent condamnés par les magistrats séculiers de Rome , ët non par leurs pairs. Le pape semblait, par cette action, inviter les souverains à rendre tous les ecclésiss-'
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liques justiciables des juges ordinaires : mais jamais le saint-siége ne crut devoir céder aux rois un droit qu'il se donnait à lui-môme. Gomment les cardinaux , qui élisent les papes, leur ont-ils laissé ce despotisme, tandis oue les électeurs et les princes de l'Empire ont tant restreint le pouvoir des empereurs ? c'est que ces princes ont des états, et que les cardinaux n'ont que des dignités.
Celte triste aventure fit bientôt place aux réjouissances accoutumées. Léon x, pour mieux faire oublier le supplice d'un cardinal mort par la corde , en créa trente nouveaux, Ja plupart italiens, et se conformant au génie du maître. S'ils n'avaient pas Ions le gofït et les connaissances du pontife, ils l'imitèrent au moins dans ses plaisirs. Presque tous les autres prélats suivirent leurs exemples. L'Espagne était alors le seul pays où l'église connût 1rs mœurs sévères ; elles y avaient été introduites par le cardinal Ximénès, esprit né austère et dur, qui n'avait de goût que celui de la domination absolue, et qui , revêtu de l'habit d'un cordelier , quand il était régent d'Espagne, disait qu'avec son cordon il saurait ranger tous les grands à leur devoir, et qu'il écraserait leur fierté sous ses sandales.
( lissai sur (es mœurs. ) LÉONARD , cordelier, — veut livbkr mrtz a l'ennkmi en i555„ — Ernest, comte deMansfeld, gouverneurde Luxembourg, est près de reprendre , par les artifices d'un cordelier, la ville de Metz, que l'empereur n'avait pu réduire avec cinquante mille hommes. Ce cordelier , nommé Léonard, gardien du couvent, qui avait été confesseur du duc de Guise, et qu'on respectait dans la ville, lésait entrer tous les jours de vieux soldats , allemands, espagnols et italiens déguisés en cordeliers, sous prétexte d'un chapitre général qui devait se tenir.
Un chartreux découvre le complot; on arrête le père Léonard, qu'on trouva mort le lendemain; son corps fut porté au gibet, et on se contenta de faire assister dix huit cordeliers à la potence. Tant d'exemples du danger d'avoir des moines n'ont pu encore les faire abolir.
{Annales de l'empire.) LEOtilD AS, roi de Sparte. — s'muoa-
IU1SK AOX THERMOPYLES (b1» 48o, ÀVAKT
J. c.) — On fait encore des difficultés sur la victoire d'Abraham, auprès deSodome; on dit qu'il n'est pas concevable qu'un
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étranger, qui venait faire paître ses troupeaux vers Sodome, ait battu, avec trois cent dix-huit gardeurs de bœufs et de moutons, un roi de Perse, un roi de Pont, le roi de Babijtonc, et le roi des Nation* ; et qu'il les ait poursuivis jusqu'à Damas, qui est à plus de cent milles de Sodome.
Cependant une telle victoire n'est point impossible ; on en voit des exemples dans ces temps héroïques; le bras de Dieu n'était point raccourci. Voyez Gédéon , qui, avec trois cents hommes armés de trois cents cruches et de trois cents lampes, défait une armée entière. Voyex Samson , qui tue seul mille Philistins à coups de mâchoire d'âne.
Les histoires profanes fournissent mémo de pareils exemples. Trois cents Spartiates arrêtèrent un moment l'armée de Xerxès au pas des Thcrmopyics. 11 est vrai qu'à l'exception d'un seul qui s'enfuit » ils y furent tous tués avec leur roi Léonidas , que Xerxès eut la lâcheté de faire pendre , au lieu de lui ériger une statue qu'il méritait. Il est vrai encore que ces trois cents Lacédémoniens, oui gardaient un passage escarpé où deux nommes pouvaient à peine gravir à la fuis, étaient soutenus par une armée de dix mille Grecs distribués dauB des postes a va nia -
feux , au milieu des rochers d'Ossa et de élion ; et il faut encore bien remarquer qu'il v en avait quatre mille aux Thermopyfcs mêmes.
Ces quatre mille périrent après avoir long temps combattu. On peut dire qu'étant dans un endroit moins inexpugnable que celui des trois cents Spartiates, ils acquirent encore plus de gloire, en se défendant plus à découvert contre l'armée persane qui les tailla tous en pièces. Aussi, dans Je monument érigé depuis sur le champ de bataille, on fit mention de ces quatre mille victimes; et l'on ne parlu aujourd'hui que des trois cents.
Une action plus mémorable encore, et bien, moins célébrée, est celle de cin-
Î uant e Suisses qui mirent cq déroute , à lorgate, toute l'armée de l'archiduc Léopold d'Autriche, composée de vingt mille hommes. Ils renversèrent seuls la cavalerie à coups de pierres du haut d'un rocher, et donnèrent le temps à quatorze cents Helvétiens de trois petits cantons de venir achever la défaite de l'armée.
Cette journée de Morgatecstplus belle que celle des Thermopyies, puisqu'il est plus beau de vaincre que d'être vaincu.
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Les Grecs étaient au nombre de dix mille bien armés, et il était impossible qu'ils eussent olTaire à cent mille Perses dans un pays montagneux. Il est plus que probable qu'il n'y eut pas trente mille Perses qui combattirent. Mais ici quatorze cents Suisses défont une armée de vingt mille hommes. La proportion du petit nombre au grand augmente encore la proportion de la gloire.. . .
Ces digressions amusent celui qui les fait , quelquefois celui qui les lit. Tout le monde d'ailleurs est charmé de voir que les gros bataillons soient battus par les petits. ( Dictionnaire philosophique. )
LEOPOLD, empereur d'Allemagne.
VBflGBAKCBS FKB0CF8 Qc'lL BXBRCK SUR
LBS MftCONTKHS DB LA HONGRIR (5 mari
1687. ) — Les divisions, les séditions de Gonstantinople , les révoltes des armées ottomanes combattaient pour l'heureux et tranquille Léopold. Le soulèvement des
Î'anissaires, là déposition de Mahomet iv, 'imbécile Soliman ni placé sur le trône après une prison de quarante années , les troupes ottomanes mal payées , découragées , fuyaot devant un petit nombre d'Allemands, tout favorisa Léopold. Un empereur guerrier, secondé des Polonais victorieux , eût pu aller assiéger Gonstantinople après avoir été sur le point de perdre Vienne.
Léopold pigea plus à propos de se venger sur les Hongrois, de la crainte que les Turcs lui avaient donnée. Ses ministres prétendaient qu'on ne pouvait contenir la puissance ottomane si la Hongrie n'était pas réunie sous un pouvoir absolu. Cependant on avait chassé les Turcs devant Vienne avec les troupes de Saxe , de Bavière , de Lorraine , et des autres princes allemands qui n'étaient pas sous un joug despotique ; on avait surtout vaincu avec les secours des Polonais alliés. Les Hongrois auraient donc pu servir l'empereur comme les Allemands le servaient , en demeurant libres comme les Allemands ; mais il y avait trop de factions en Hongrie; les Turcs n étaient pas hommes à faire des traités de Weslphalie en faveur de ce royaume , et n'étaient alors en état ni d'opprimer les Hongrois , ni de les secourir.
11 n'y eut d'autre congrès entre les mécontent de Hongrie et 1 empereur, qu'un échafaud; on l'éleva dans la place publique d'Eperies, au mois de mars 1687, et il y resta jusqu'à la fin de Tannée.
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Les bourreaux furent lassés à immoler les victimes qu'on leur abandonnait sans beaucoup de choix, si l'on en croit plusieurs historiens contemporains. Il n'y a point d'exemple, dans l'antiquité, d un massacre si long et si terrible : il y a eu des sévérités égales , mais aucune n*a duré si long-temps. L'humanité ne frémit pas du nombre d'hommes qui périssent dans tant de batailles : on y est accoutumé ; ils menrent les armes à la main et vengés ; mais voir pendant neuf mois ses compatriotes traînes juridiquement à une boucherie toujours ouverte , c'était un spectacle qui soulevait la nature, et dont l'atrocité remplit encore aujourd'hui les esprits d'horreur.
Ce qu'il y a de plus affreux pour les peuples, c'est que quelquefois ces cruautés réussissent ; et le succès encourage a traiter les hommes comme des bêtes farouche*.
La Hongrie fut soumise , le Turc deux fois repoussé, la Transit v an ie conquise, occupée par les impériaux. Enfin tandis que l'échafaud d'xtneries subsistait encore, on convoqua les principaux de la noblesse de Hongrie à Vienne, qui déclarèrent , au nom de la nation , la couronne héréditaire ; ensuite les états assembles à Presbourg en portèrent le décret, et on couronna Joseph, à l'âge de neuf ans , roi héréditaire de Hongrie.
( Essai sur (es mœurs ).
LEOPOLD , duc de Lorraine. — avb-
HBMSNT DR CB PRIIfCB A LA SOUVBRAIKKTK
(17218). — Le duc Charles v, appui de l'Empire et vainqueur des Turcs, était mort. Son fils Léopold prit , à la paix de Ryswick , possessionde sa souveraineté , dépouillé à la vérité de ses droits réels; car il n'était pas permis au duc d'avoir des remparts à sa capitale : mais on ne put lui ôter un droit plus beau , celui de faire du bien à ses sujets ; droit dont jamais aucun prince n*a si bien usé que lui.
Il est à souhaiter que la dernière postérité apprenne qu'un des moins grands souverains de l'Europe a été celui qui a fait le plus de bien à son peuple. Il trouva la Lorraine désolée et déserte ; il la repeupla , il l'enrichit. Il l'a conservée toujours en paix, pendant que le reste de l'Europe a été ravagé par la guerre. Il a eu la prudence d'être toujours bien avec la France, et d'être aimé dans l'empire; tenant heureusement ce juste milieu qu'un prince