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n'y avait pas 100,000 écus on or à son troisième étage , dans l'armoire à linge de la veuve Verron , sa grand'mère f Oui , monsieur , et c'est ma mère Romain qui m'en a donne la clef pour porter ces 100,000 écus secrètement, en treize voyages à pied , chez M. de Morangiés *. »
La mère Romain répond que cela n'est pas vrai, que son fils du Jonquay a pris la clef des mains de la Verron , sa grand'mère.
Après toutes ces contradictions, on interroge les témoins qui ont été emprisonnes comme subornés par M. Morangiés; on ne trouve pas malheureusement le plus léger indice de subornation, de séduction.
Enfin on prononce la sentence. Cette sentence déclare d'abord que M. de Morangiés, mis en prison pour avoir suborné des témoins , en est parfaitement innocent , et quYn conséquence il paiera aux du Jonquay 3oo,ooo liv. qui font le fond de l'affaire avec les intérêts, plus ao,ooo liv. de dépens, plus 3, 000 au cocher qui a déposé contre lui , plus 1 ,5oo liv. solidairement avec les officiers de police ; le tout sans dire un mot de l'usure stipulée par du Jonquay, et punissable par les lois.
Et, comme le juge reconnaît avoir emprisonné iujuslement M. de Morangiés, il le condamne à garder prison; en outre à être admoneste et à l'aumône , pour avoir osé nier qu'un homme, tout près d'être reçu conseiller de la cour des aides ou du parlement, lui ait apporté 3oo,ooo liv. en treize voyages , et ait (ait cinq lieues à pied en un matin, quand il pouvait porter cet or prétendu dans un fiacre en un quart d'heure.
Ce n'est pas tout; une pauvre fille, qui avait servi de faux témoin contre M. Morangiés, se rétracte,; elle avoue son crime. Son père avoue le crime de sa fille; tous deux en demandent pardon à Dieu et à la justice. On ne les écoute pas. Ils ont demandé pardon à Dieu trop tard. On les condamne au bannissèment , non pas pour avoir fait un faux serment en justice, non pas pour avoir
*■ Si toute* ces contradiction», rapportée* par l'avocat de M. de Moraugjés, ne «ont pat une preuve évidente du complot le plus absurde et le
SI us ridicule qu'on ait jamais formé, il faut vivre ésormai* da n wa scepticisme imbécille. Il n'y a plus de caractère de véiité sur la terre. Il n'y a plus rie j uste ni d'inj uate.
calomnié l'innocent , mais pour s'être repentis mal à propos.
Tout Paris aujourd'hui , toutela France s'élève contre cette sentence. On croît M. de Morangiés innocent, on le plaint autant qu'on s'était déchaîné contre lui; tontes les opinions ont changé : tel est le petit et le grand vulgaire, tels sont les hommes : ils ont vérifié ce qu'avait dit un écrivain impartial, que «M. 4e Morangiés pouvait perdre son procès sans perdre son honneur. •
Voyez Maréchal de camp.
( Mélanges de philosophie. )
MORIN. (Simon) — son sdpplicb m i663. — Ce fut au milieu des Côtes d'une cour brillante, parmi les amours et les plaisirs ; ce fut même dans le temps delà plus grande licence , que ce malheureux lut brûlé à Paris en i663. C'était un insensé qui croyait avoir eu des visions , et qui poussa la folie jusqu'à se croire envoyé de Dieu , et à se dire incorporé à Jésus- Christ.
Le parlement le condamna très sagement à être enfermé aux Petites-Maisons. Ce qui est extrêmement singulier, c'est qu'il y avait alors dans le même hôpital un autre fou qui se disait le Père Eternel, de qui même la démence a passé en proverbe. Simon Morin rat si frappé de la folie de son compagnon , qu'il reconnut la sienne. 11 parut rentrer pour quelque temps dans son bon sens; il exposa son repentir aux magistrats ; et , malheureusement pour lut, il obtint son élargissement.
Quelque temps après il retomba dans se s. accès ; il dogmatisa. Sa mauvaise destinée voulut qu'il fit connaissance avec Saint-Sorlin Desmarêts, qui fut pendant plusieurs mois son ami, mais <jui bientôt, par jalousie de métier, devint son plus cruel persécuteur.
Ce Desmarêts n'était pas moins visionnaire que Morin : ses premières inepties furent, à la vérité, innocentes; c'étaient les tragi-comédies d'Erigone et de Mirame imprimées avec une traduction des psaumes ; c'étaient le roman d'Àriane et le poème de Ciovù à côté de l'office de la Vierge mis en vers; c'étaient des poésies dithyrambiques enrichies d'invectives contre Homère et Virgile. De cette espèce de folie il passa à une autre plus sérieuse ; on le vit s'acharner contre Port-Royal; et , après avoir avoué qu'il avait engagé des femmes dans l'athéisme, il s'érigea