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contre ton malheureux rival. Osera-t-on le dire ? Simon Morin fut condamné à être brûlé vif.
Lorsqu'on allait le conduire au supplice, on trouva dans un de ces bas un papier dans lequel il demandait pardon à Dieu de toutes ses erreurs : cela devait le sauver; mais la sentence était confir* mée, il fut exécuté sans miséricorde.
De telles aventures font dresser les cheveux. Et dans quel pays n'â-t-oo pas vu des événemens aussi déplorables f Les hommes oublient partout qu'ils sont frères, et ils se persécutent jusqu'à la mort. 11 faut se flatter, pour la consolation du genre humain , que ces temps horribles ne reviendront pins.
{Des délits et des pet**.)
5AMUB. — phi sa ot CBïrx villk par lb pintca db ctsauoRT. (19 septembre 1746.) — Le grand projet était d'aller à Maëstricht , d'où Ton domine aisément dans les Provinces-Unies ; mais, pour ne laisser rien derrière soi, il fallait assiéger la ville importante de Bamur. Le prince Charles, qui commandait alors l'armée, Gt en vain tout ce qu'il put pour prévenir ce siège. Au confluent de la Sambre et de la Meuse est située Namur, dont la citadélie s'élève sut un roc escarpé ; et douze autres forts , bâtis sur la cime des rochers voisins , semblent rendre Ifamur inaccessible aux attaques ; c'est une des places de la barrière. Le prince de Gavres en était gouverneur pbur l'impératrice-rcine: maintes Hollandais qui gardaient la ville, ne lui rendaient ni obéissance ni honneurs. Les environs de cette ville sont célèbres par les campemens et par les marches du maréchal de Luxembourg, du maréchal de Boufflers et du roi Guillaume, et ne le sont pas moins par les manœuvres du maréchal de Saxe. Il força le prince Charles à s'éloigner, et à le laisser assiéger INamur en liberté.
£5 septembre] Le prince de Clermont fut chargé du siège de ftamur. C'était en effet douze places qu'il fallait prendre. On attaqua plusieurs forts è la fois; ils furent tous emportés. M. de Brulart, aide-major général, plaçant les travailleurs après les grenadiers dans un ouvrage
qu'on avait pris, leur promit double paie s ils avançaient le travail; il* en firent plus qu'on ne leur demandait, et refusèrent la double paie.
Je ne puis entrer dans le détail des actions singulières qui se passèrent à ce siège et a tous les autre s. Il y a peu d'événemens à la guerre où des officiers et de simples soldats ne fassent de ces prodiges de valeur qui étonnent ceux qui en sont témoins, et oui ensuite restent pour jamais dans l'oubli. Si un général, un prince, un monarque eût fait une de ces actions, elle serait consacrée à la postérité; mais la multitude de ces faits militaires se nuit à elle-même ; et en tout genre il n'y a ue les choses principales qui restent ans la mémoire des hommes.
Cependant comment passer sous silence le fort Ballare, pus en plein jour par quatre officiers seulement, M. de Launai, aide-major; M. d'Amère, capitaine dans Champagne; M. le chevalier de Fautras, alors officier d'artillerie, et M. de Clamouse, jeune Portugais, du même régiment, qui, sautant seuls dans les retranchement , firent mettre bas les armes à toute la garnison ?
[19 septembre 1746] La tranchée avait été ouverte le 10 septembre devant Namur, et la ville capitula le 19. La garnison fut obligée de se retirer dans la citadelle «et dans quelques autres châteaux , par la capitulation ; et, au bout de onze