DAU
petites dates (voy. Dates). On multiplia les formalités pour prévenir les graves abus dont la France se plaignait dans l'impétration des bénéfices. Louis xiv, dans l'ordonnance célèbre de 1667, avait déclaré qu'il ne serait ajouté foi aux signatures d'expédition de la cour de Rome, qu'après qu'elles auraient été vérifiées par deux banquiers en cour de Rome ( voy. Banquiers en cour de Rome à la fin de l'article Banque ). Ils étaient tenus de marquer le jour du départ du courrier qui se rendait à Rome , et l'heure et le jour de l'arrivée du même courrier à Rome. On prévenait ainsi l'abus que l'on avait désigné sous le uom de course ambitieuse ( voy. ce mot).
DATES. — La science qui détermine la date et l'authenticité des anciennes chartes, s'appelle diplomatique (voy. Diplomatique), n a été question plus haut (voy. Année) des différentes époques auxquelles on a fait commencer l'année.
En chancellerie romaine, on appelait date l'inscription sur un registre, au moment de l'arrivée d'un courrier qui portait une résignation ou une demande de bénéfice. Cet usage avait une grande im-
i>ortance pour prévenir les fraudes dans a collation des bénéfices. Les petitesdales étaient des inscriptions prises en cour de Rome , sans qu'on eût obtenu la résignation du bénéfice par le titulaire. Elles donnèrent lieu a des abus que Henri II s'efforça de réprimer par un édit de 1550.
DAUPHIN. — Ce titre se donnait primitivement a plusieurs seigneurs féodaux.
Il est mentionné, dans rénumération de différents titres seigneuriaux, par l'auteur du roman de Gérard de Roussi lion : « comtes, dans, bers (barons), dauphins, bannereta, etc. » (L. S. P. v° Dauphins. ) Ce nom venait du symbole que ces seigneurs avaient adopté et qu'ils portaient dans leurs armes. On remarquait, entre autres, le dauphin de Viennois et le dauphin d'Auvergne; mais lorsque Philippe de Valois eut acheté, en 1343, les domaines de Humbert III , dauphin de Viennois, le titre de dauphin fut spécialement affecté au fils du roi qui reçut cette province en apanage. Ce fut d'abord le second fils d j roi qui porta le titre de dauphin ; mais dans la suite ce nom fut réservé au fils aîné, héritier présomptif de la couronne. A l'époque de Louis XIV, on désignait aussi ce prince par le titre de monseigneur. Seul, parmi les princes du sang, le dauphin avait le privilège de ne pas comparoir en personne au parlement ; seul il pouvait porter comme le roi les sandales, la dalmatiquc et le manteau