DAT
s'exécutait cette danse étrange, qui avait tous les caractères d'un mystère , et était probablement destinée, dans l'origine, à rappeler l'égalité de toutes les conditions devant la mort. La mort venait saisir successivement le pape , l'empereur, les cardinaux, les évèques, les princes, les ducs, etc. ; en un mot, les personnages de toutes les classes , de tous les âges , et de tous les sexes , et les entraînait k la danse. Ce formidable mystère fut représenté à Paris en 1424, au milieu de la plus profonde misère , et dura , dit le chroniqueur contemporain, depuis le mois d'août jusqu'au carême suivant. Le théâtre était le cimetière des Innocents. La peinture et la sculpture s'emparèrent de ce sujet , et le reproduisirent à l'envi , dans les cloîtres , sur les murs des églises , dans les cimetières. On en trouve encore des débris à Rouen, à Strasbourg, et dans d'autres villes. Le célèbre peintre Holbein a consacré son génie à reproduire les scènes de la danse macabre. — Voy. sur la danse macabre, les Recherches de M. Peignot, Dijon, 1826, l'ouvrage publié à Londres, en 1833, par M. Douce,enfin le livre posthume de E. H. Langlois du Pont-de-l'Arche , accompagné de notes par MM. A. Potier et Alf. Baudry et publie à Rouen en 1852.
DANSEURS DE CORDE. — Voy. FÊTES.
DANSEUSES. — Voy. Théâtre.
DAPIFER. — Ce mot latin indiquait un officier servant à la table du roi ou du sei-
fjneur. Le dapifer remplissait à peu près es mêmes fonctions que le sénéchal.
DARDIER. — Qn appelait dardier, en terme de vénerie , une machine à ressort, armée d'un dard, que le cerf ou sanglier faisait partir en la touchant, et qui lui perçait les entrailles.
DARIOLES. — Tartelettes , dont il est question dans l'ouvrage du maître queux Taillevant (xv« siècle); les unes étaient au fromage, les autres à la crème. Les darioles étaient encore estimées du temps de Rabelais. r
data ! il e. — Officier de la chancellerie romaine. Voy. Daterie.
DATERIE. —Tribunal en cour de Rome, où les Français catholiques s'adressent pour les dispenses de mariage. Autrefois la daterie accordait aussi les expéditions pour les bénéfices ecclésiastiques (voy.
Bénéfices ecclésiastiques). A la tète de ce tribunal est le dataire, qui prend le titre de protodataire , s'il est cardinal. Au-dessous de lui sont le sous-dataire , «eux réviseurs, et un officier nommé des