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Jean, avait pour deviae une étoile avec ces mots , allusion aux rois mages : Monstrant regibus astra viam ( les astres montrent la route aux rois ). On lisait sur une arquebuse la devise suivante :
Ante ferit quam flamma miret ( elle frappe avant que la flamme brille ). Les devises étaient quelquefois énigmatiques, comme celles de la Toison d'or : Autre n'aurai. Philippe le Bon , qui l'adopta , venait d'épouser Isabelle de Portugal et annonçait qu'il renonçait à toute autre femme. Valentiue de Milan, après le meurtre du duc d'Orléans son mari (1497), se condamna à un veuvage perpétuel et prit cette devise : Plus ne m'est rien, rienne m'est plus, l.a devise des Rohan indiquait l'orgueil de cette famille : Roi ne puis, prince ne daigne , Rohan je suis. Quelquefois la devise dégénérait en calembour ; la maison de Senecey portait : In virtute et honore senesce, jeu de mots intraduisible qui tient au verbe latin senesce (vieillis en vertu et honneur). Celle de Mariais était d'un goût encore plus équivoque : S'il te mord, mords-le. Tout le monde connaît la fameuse devise que Louis XIV adopta en 1662 : Nec pluribus impar. Elle accompagnait le soleil rayonnant, emblème choisi par ce prince, et indiquait que semblable à cet astre qui efface toutes les étoiles , il éclipsait tous les princes. Lui-même dans ses Mémoires (OEuvres de Louis XIV, t. I«r, p. 196) parle de celte fastueuse devise : « Ce fut la ( au carrousel de 1662) que je commençai à prendre la devise que j'ai toujours gardée depuis et que vous voyez en tant de lieux. Je crus que , sans s'arrêter à quelque chose de particulier et de moindre , elle devait représenter en quelque sorte les devoirs d un prince et m'exciter éternellement moi-même à les remplir. On choisit pour corps le soleil , qui , dans les règles de cet art , est le plus noble de tous , et qui . par la qualité d'unique, par l'éclat qui l'environne , par la lumière qu'il communique aux autres astres qui lui composent comme une espèce de cour, par le partage égal et juste qu'il fait de cette même lumière à tous les divers climats du monde; par le bien qu'il fait en tous lieux ; produisant sans cesse de tous côtés la vie, la joie et l'action : par son mouvement sans relâche, oit il parait néanmoins toujours tranquille ; par cette course constante et invariable , dont il ne s'écarte et ne se détourne jamais , est assurément la plus belle et la plus vive image d'un grand monarque. Ceux gui me voyaient gouverner avec assez de facilité et sans être embarrassé de rien , dans ce nombre de soins que la royauté exige ,
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me persuadèrent d'ajouter le globe de la terre et pour àme nec pluribus impar; par où ils entendaient ce qui flattait agréablement l'ambition d'un jeune roi, que, suffisant seul à tant de choses, je suffirais sans doute encore à gouverner d'autres empires , comme le soleil à éclairer d'autres mondes , s'ils étaient également exposés à ses rayons. »
Les roturiers avaient aussi leurs devises qui leur servaient parfois d'enseigne et accompagnaient les instruments de leur profession. On en trouve souvent autour des armes des corporations industrielles. Celle des pelletiers était une allusion à la pureté de certaines fourrures et en même temps une sentence morale : Malo mori quam fxdari (mieux vaut la mort que la souillure). Dans le blason, la devise accompagnait une figure; la figure se nommait le corps et Ta devise l'orne. Voy. le père Mencslrier, Des ornements des armoiries.
DÉVOLU T. — Le dévolut était un moyen extraordinaire dont on se servait pour obtenir le bénéfice d'un titulaire, eu l'accusant d'incapacité à le posséder ou de quelque défaut essentiel dans son titre de possession, ou de quelque crime qui pouvait entraîner sa déchéance. On appelait décolutaire celui qui par cette dénonciation s'emparait d'un bénéfice. Le dévolut pouvait purger l'Eglise de ministres indignes; mais le dévoluta ire personnellement était toujours odieux. Les bénéfices étaientsujets au oecoiuf, ou de droit, comme dans le cas de lèse- majesté divine ou humaine; ou de fait, et alors il fallait une sentence qui privât le titulaire de son bénéfice et l'adjugeât au dévolutaire. Le mariage du titulaire , son entrée en religion , étaient encore des causes de dévolu/.
DÉVOLU TAIRE. -Celui qui était pourvu d'un bénéfice par dévolut. Voy. Dévolot.
DÉVOLUTION. — Si, en cas de vacance d'un bénéfice, Tévèque négligeait d'y pourvoir dans un délai de six mois , la collation appartenait au supérieur par droit de dé&tlution. Si le supérieur immédiat ne nommait pas au bénéfice , son supérieur dans la hiérarchie ecclésiastique devait y pourvoir. Ainsi la collation remontait de degré en degré, de l'évèque au métropolitain , du métropolitain au primat et du primat au pape.
DEVOLUTION < Droit de).- On appelait dévolution dans le duché de Brabant un droit qui donnait la succession aux filles nées d'un premier mariage de préférence aux fils nés d'un second lit. Ce fut en
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vertu de ce droit que Louis XIV réclama les Pays-Ras espagnols en 1665 et soutint, en 1667. la guerre dite de dévolution. Sa femme Marie-Thérèse était née d'une première femme de Philippe IV, tandis que le roi d'Espagne Charles II était issu d'un second mariage.
DÉVOUÉ. — Enfant consacré au service de l'Église. Voy. Oblat.
DEXTRE. — Mesure évaluée par M. Gucrard , dans les prolégomènes du polyptyque Slrminon, à un mètre quarante-huit centimètres. Le dextre est encore usité dans le midi de la France et particulièrement dans le département de l'Hérault, ou il équivaut à quatre mètres quarantesept centimètres.
DEXTRIER. - Cheval de bataille. Voy.
Cheval.
DIACONAT.— Ordre ecclésiastique.Vov.
Clergé et Okdp.es.
DIACONESSE. - Ce mol tiré du grec, signifie servante. Il désignait dans la primitive Eglise des femmes qui étaient chargées d'une partie des fonctions ecclésiastiques et principalement de distribuer des secours temporels et spirituels aux personnes de leur sexe. Elles étaient consacrées par l'imposition des mains de l'évôque et comprises dans le clergé. Généralement les diaconesses étaient vierges ou veuves. Cependant sainte Radegonde obtint de saint Médard qu'il lui donnât l'habit de religieuse et la consacrât dïaconesse, du vivant de son mari Clotairel»*. Dès le v« siècle, les conciles des Gaules défendirent de consacrer des diaconesses. Le premier concile d'Orange l'interdit en 441. Le second concile d'Orléans, tenu en 533 , prohiba également cet usage. Néanmoins il se conserva dans quelques parties de la France des coutumes qui rappelaient les anciennes prérogatives des diaconesses. Ainsi , même au xviu* siècle, les charlreuses*de Saleth en Dauphiné, faisaient à l'autel l'office de diacre et de sous-diacre et touchaient les vases sacrés. Il en était de même de l'abbessc de Saint- Pierre de Lyon. Il y a encore aujourd'hui des diaconesses parmi les protestants. A Strasbourg, un hôpital pt ote:>tant est desservi par des femmes qui portent ce nom.
DIACONIES. — On donnait autrefois le nom de diaconies à des hôpitaux desservis par des diacres ou diaconesses.
DIACRES. — Voy. Clergé et Ordres.
DIADÈME. — Dandeau royal. Voy. Couronne et Royauté.
DIALECTES. — Voy. Patois.
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DIALECTIQUE. — Voy. 9C0LAST1Q0E.
DIAMANT. — On n'a commencé à tailler le diamant qu'au xv« siècle. Les quatre diamants qui enrichissaient l'agrafe du manteau deCharlcmagnc conservé à Saint- Denis n'étaient que des diamants à pointes naïf es , c'est-à-dire des diamants polis naturellement, de figure pyramidale et terminés en pointe, l ;i taille du diamant ne fut inventée qu'en i456 par Louis de Berqucn, natif de Bruges. Charles le Téméraire fut un des premiers princes qui affectât un grand luxe de diamants ; il est représenté, dit Millin, dans une vignette d'un manuscrit de la Bibliothèque nationale, ayant à son chapeau le superbe diamant qui fut pris dans ses bagages par les Suisses , après la bataille de Granson (1476) , et qui a été connu depuis sous le nom de sanci. L'histoire des diamants qui furent trouvés en cette circonstanco et vendus à vil prix prouve que l'usage en était encore réservé aux classes supérieures.Le plus beau fut vendu un écu ; Jules 1 1 l'acheta dans la suite vingt mille ducats. Il orne la tiare du pape; sa grosseur égale la moitié d'une noix. Un autre presque aussi beau fut acheté par un marchand nommé Fuger et vendu dans la suite à Henri VIII. Le troisième est le satici qui fait encore partie des diamants de la couronne de France.
DIAMANTS DE LA COURONNE. - Voy. Royauté.
DIGESTEUR ou DIGESTOIRE. — On appelait digesteur ou digestoire, au dernier siècle, un vase d'où il ne pouvait sortir aucune vapeur. C'était une machine inventée par Papin , dans laquelle les viandes , après avoir été pendant quelques minutes exposées au feu , se trouvaient réduites à l'état liquide , et les os les plus durs , quelques minutes après, étaient convertis en gelée.
DIGNITAIRES (Grands). — Voy. Officiers (Grands).
DIGNITES. - Voy. Offices.
DIGUES. — Voy. Ponts et chaussées.
DIMANCHE. — Le dimanche ou jour du Seigneur#( dies dominica était dès l'origine du christianisme consacré au repos et aux cérémonies religieuses. On l'appelait aussi jour du soleil. On voit dans la première apologie de saint Justin que , le jour du soleil, les chrétiens s'as semblaiept en un même lieu. On y lisait les écrits des apôtres et des prophètes ; celui qui présidait à la cérémonie adressait un discours à l'assemblée ; ensuite on