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ÉVÊQUE

DIPLOMATIE. — Voy. Relations extérieures.

DIPLOMATIQUE. — La diplomatique t qu'il faut bien se garder de confondre avec la diplomatie, est la science d'apprécier l'authenticité des diplômes et autres titres anciens. Le véritable fondateur de cette science a été le bénédictin D. Mabillon,

3ui publia en 1681 son célèbre Traité de iplomatique (De re diplomatica). Il y ajouta lui-même un supplément , et son œuvre fut complétée par les savants diplomatistes DD. Toussaint et Tassin , qui publièrent de 1740 à 1765, un Nouveau Traite' de diplomatique ( 6 vol. in~4 ). Peu de temps après, en 1774, un autre religieux de la congrégation de Saint-Maur, D. de Vaines, donna un Dictionnaire raisonné de diplomatique, auquel nous avons fait de nombreux emprunts. Enfin , de nos jours, M. EL de VVailly a publié des Éléments de Paléographie i 2 vol. in-4).

S I**. Importance de la diplomatie pour l'histoire. — Les diplômes, d'où la diplomatique tire son nom, sont principalement les bulles pontificales, et les actes royaux ou seigneuriaux. Pour se convaincre de l'importance de la diplomatique, il faut se rappeler que ces actes étaient presque toujours promulgués dan s des assemblées solennelles, traitaient des questions importantes, et étaient conservés religieusement dans lec archives; ils ont parconséquent une autorité bien supérieure à celle des mémoires , sur lesquels s'appuient la plupart des historiens. La science qui constate leur authenticité est donc elle-même un auxiliaire important de l'histoire. 11 serait impossible de la faire connaître en quelques lignes; il suffira d'exposer , d'après D. de Vaines, certains caractères des actes royaux et pontificaux.

S H. Indication de quelques caractères de* diplômes d'après D. de Vaines. — Le nom de diplôme vient d'un mot grec qui signifie plté en deux, parce que telle était la forme des premiers diplômes. Le plus ancien diplôme d'un roi franc, est celui de Childebert Ier, donné en 558, en faveur de l'abbaye de Saint-Germain des Prés. D. de Vaines indique sommairement le caractère des diplômes royaux sous les trois races : « Les diplômes mérovingiens portaient en tète une invocation monogrammatiqne. Le monogramme est un

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caractère factice composé des principales lettres d'un nom , qui sont entrelacées de manière à paraître ne former qu'un seul caractère. Ainsi, le monogramme de Charles le Chauve sur une charte de l'année 843 présentait la forme que voici :

On l'interprète signant Karoli gioriosissimi régis ( symbole du très-glorieux roi Charles }. L'invocation monogrammatique était suivie de la suscripiion ; ce qui composait la première ligne d'un préambule; de l'objet du diplôme, des menaces ou amendes ; de l'annonce ou du sceau , ou de la signature; de la souscription qui contenait premièrement une invocation monogrammatique , puis le nom du roi ; de la ruche qui renfermait plusieurs S S pour subscripsi ; de la signature du référendaire qui avait présenté l'acte ; du souhait par la formule bene valeas , placée auprès du sceau. Tout au bas de l'acte étaient placées les date3 du jour, du mois , de l'année, du règne et du lieu ; ensuite une invocation formelle tout au long, et féliciter, formule finale. Telle est la forme des diplômes des rois mérovingiens. Les diplômes de moindre conséquence n'étaient souscrits que par les référendaires ; ils ne présentent pas toutes les formalités dont sont revêtus les premiers. Les diplômes carlovingiens ont à peu près le même caractère que les diplômes mérovingiens, à quelques exceptions près, qui consistent plus duns les expressions que dans le fond de l'acte. Sous la troisième race, jusqu'après le règne de saint Louis, il y a peu de différence dans les diplômes royaux, A cette époque , ils commencèrent à prendre une nouvelle forme; le changement fut total après le règne de Philippe le Bel. Les diplômes solennels portaient l'Invocation du nom de Dieu, de Jésus-Christ notre sauveur, et de la sainte Trinité; la date de l'ère chrétienne, Tannée du règne du roi , son monogramme, l'indication de la présence des quatre grands officiers (chancelier, connétable, paneiier, bouteiller); ils étaient munis

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d'un sceau avec contre-scel. Les actes moins solennels n'étaient pas assujettis à toutes ces formalités , mais ils en conservaient quelques-unes. Dans le siècle suivant, c'est-à-dire dans le xiv« siècle, les diplômes des rois de France changèrent encore de forme : plus d'invocation, nouvelle formule finale, plus de signature des grands officiers , etc. »

s III. Moyens employés anciennement pour constater l'origine et V authenticité des diplômes. — Longtemps avant que les bénédictins eussent tait une science de la diplomatique^ s'était occupé des moyens de constater l'authenticité des lettre» et actes des rois et des cours de justice. Ainsi Bouteiller, qui écrività la fin du m v* siècle sa Somme rwraJf,s'exprimeainsi(lrvre II, titre xxxix ) : « Si tu veux savoir pour un arrêt de parlement par qui il est fait , ou par la chambre des enquêtes, ou par lachambre de parlement [ grund'chambre; voy. Parlement), sache que tu pourras le connaître, parce que, quand l'arrêt dit per arrestum carte, le procès a été visité par la chambre des enquêtes, et, quand l'arrêt dit per judiciuii curiœ, le procès a été visité par la chambre de parlement, sans être porté en la chambre des enquêtes. » Les sceaux étaient un des principaux moyens de reconnaître l'authenticité des chartes. Mîraumont, qui écrivait son Traité de la chancellerie à la fin du xvt* siècle, s'en exprime ainsi : »< Le scel d'or n'était point mis et appliqué indifféremment à toutes les lettres, mais seulement aux titres de concessions et octrois faits aux églises et communautés ou eu faveur de quelques grands au commencement de notre monarchie. Sous les premiers rois, il n'y avait autre scel pour sceller les lettres que l'anneau du roi, lequel les rois baillaient à leurs notaires et secrétaires pour les imprimer en cire sur les lettres qui leur étaient commandées. »

S IV. Des bulles et des brefs. — Parmi les actes dont s'occupe la diplomatique, les bulUs et brefs des papes figurent au premier rang. Les actes pontificaux, en tète desquels se trouve le nom du pape et son rang parmi les souverains pontifes, s'appellent brefs. Ils portent un sceau de cire rouge avec l'anneau du pêcheur représentant saint Pierre dans sa barque. Les bulles, au contraire, sont scellées de cire verte, avec un sceau en plomb représentant d'un côté saint Pierre et saint Paul, et portant de l'autre le nom du pape, avec l'année de son pontificat; elles tirent leur nom de ce sceau en forme de boule (bulla). Les bulles diffèrent encore des brefs par l'indication de la date; elles suivent le calendrier romain, tandis

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