Voy. les articles Postes et Relais
2. Voy. l'article Navigation, Canaux. — Ouvrages à consulter : Dutens, Histoire de la navigation intérieure de la France (Paris, 1829, 2 vol. in-14); Edmond Teisserenc, Des voies de communication en France (Paris, 1845, in-8) ; Minard, Des conséquences du voisinage du chemins de fer et des voies navigables (Paris, 1843, in-8).
INTRODUCTION
l'unique but des productions industrielles. Les croisades relevèrent le commerce de l'Europe. Dès le xnr* siècle, la France prit une part active aux opérations commerciales. Les galères de Narbonne allaient chercher les denrées de l'Orient jusque sur les côtes de Syrie et d'Égypte. La Normandie , rattachée à la France par Philippe Auguste , avait déjà une marine puissante, et, en 4208, le roi réunit, si Yoa en croit Guillaume le Breton , plus de douze cents vaisseaux pour attaquer la Flandre. Les premiers désastres de la guerre de Cent ans ruinèrent cette marine ; elle se releva sous Charles V. Les Bieppois et les Rouennais équipèrent une flotte qui fonda des comptoirs sur la côte occidentale d'Afrique, longtemps avant les expéditions des Portugais. Jean de Béthencourt devint roi des Canaries, au commencement du xvr siècle. Interrompu par les guerres civiles du règne de Charles VI , le commerce maritime reprit une nouvelle activité à la fin du règne de Charles VII, lorsque Jacques Coeur couvrit de ses facteurs la mer Méditerranée, et que tout mât, suivant l'expression d'un contemporain, fut vétu de fleurs de Us.
Pendant les règnes de Louis XII, François Ier et Henri II , le commerce maritime se développa rapidement. Les vaisseaux français visitèrent le Canada et le Saint-Laurent, sous la conduite de Jean de La Roque ; le port du Havre fut fondé à l'embouchure de la Seine et porta quelque temps le nom de ville Françoise. Entravé *gnr les guerres de religion, le commerce extérieur se releva encore sous Henri IV. Sully envoya à cette époque Samuel Champlain fonder Québec ; sous Richelieu , des navigateurs français s'établirent à la Martinique, à la Guyane, à la Guadeloupe. Enfin l'époque de Colbert marqua l'apogée du commerce maritime de la France. La Nouvelle France, ainsi qu'on appelait l'ensemble des colonies de l'Amérique septentrionale, comprenait le Canada, l'Acadie, Terre-Neuve; la Louisiane fut explorée, en 4680 , par le Rouennais René-Robert Cavalier de La Salle; les îles Saint-Domingue, la Martinique, la Guadeloupe, Sainte-Lucie, Tabago, Marie-Galante, la Guyane française, la Sénégambie , Pondichéry, Chandernagor, les îles Bourbon et Madagascar, et plus tard l'île de France (Maurice), ouvrirent au commerce français de vastes débouchés. Colbert créa cinq compagnies pour les Indes orientales et occidentales, l'Afrique, le Levant et le Nord. Jamais, il faut le reconnaître, le système colonial de la France n'eut un aussi vaste développement. Mais la prépondérance
de Louvois et les guerres où il entraîna la France causèrent la décadence des compagnies de commerce.
Le système de Law rendit une vigueur factice aux colonie» ; la guerre de Sept ans les ruina ; la France, qui avait déjà perdu l'Acadie et Terre-Neuve, se vit enlever le Canada et une partie des Antilles (4763). Elle se releva un peu sous Louis XVI ; les découvertes de Bougainville et de l'infortuné La Pérouse illustrèrent ce règne. À l'époque de la Révolution, la France perdit Saint-Domingue. Malgré ces désastres, on ne peut nier le progrès général du commerce. La féodalité avait élevé partout des barrières qui entravaient la navigation et le commerce : droits de bris et de varech, péages et douanes multipliés. La royauté, qui avait aboli, dès le xiir8 siècle, le droit de bris dans plusieurs provinces, détruisit la piraterie, conquit pour la France le vaste littoral de l'Océan et de la Méditerranée, encouragea le commerce maritime, lui donna des lois et diminua les douanes intérieures; en6n les lois modernes ont fait entièrement disparaître ces entraves, et, tout en protégeant l'industrie nationale , elles ont diminué la rigueur du système prohibitif.
Mar tue» La marine marchande fut une excellente pépinière pour la marine militaire. Malgré quelques tentatives faites par Philippe Auguste, saint Louis, Charles V, Charles VU, et surtout par François I", la marine militaire de la France ne prit un puissant développement que sous l'administration de Richelieu. Ce fut ce ministre qui creusa les ports de Toulon et de Brest, et y bâtit des arsenaux pour la marine militaire. Louis XIV continua l'œuvre de Richelieu, força la nature à Rochefort et fortifia Dunkerque; la population des côtes fut classée et assura à la marine militaire un recrutement régulier. Colbert et son fils Seignelay lui donnèrent un code uniforme. Les amiraux Duquesne et de Tourville assurèrent un moment à la France la prépondérance sur les mers. Maltraitée au xviii* siècle, la marine française eut encore des jours de gloire sous les amiraux de Grasse, de Suffren, La Mothe-Piquet, d'Orvilliers ; Louis XVI jeta les fondements du port militaire de Cherbourg \
i. Voy. les articles Colonies, Commerce, Marine, Navigation, avec les indications bibliographiques. Ajoutez Charpentier, Relation de rétablissement de la Con%^^* française pour le commerce des Indes (Paris, 1666); Depping, Corre^ontT|^^r^~ nistratiw sou* le règne de Louis XI K, dans la collection des Documents me » ^ tifs à V histoire de France; Dissertation sur l'état du commerce en France, so
XLTiii INTRODUCTION.
Industrie. — Dans l'origine, l'industrie était soumise à mille entraves. Les corporations, qui remontent jusqu'à l'empire romain, furent nécessaires dans les temps d'anarchie pour protéger l'industrie contre les injustices et pour assurer des secours à la vieillesse. Mais, dans la suite, elles devinrent un obstacle. Cependant, même sous le joug du monopole, l'industrie française fit de rapides progrès. Elle déroba aux nations étrangères leurs prinèipaux secrets; la fabrication du verre , des glaces et des cristaux à l'Italie ; l'industrie séricicole à Venise, la fabrication du cuir doré et des tapisseries de haute lisse aux Pays-Bas; à l'Angleterre la trempe du fer et de Parier. Tout ce que le pays contenait de richesses naturelles, céréales, végétaux de toute nature, mines de fer, de houille, etc., fut exploité. L'industrie métallurgique devint pour la France une source de prospérité. Les richesses minérales, arrachées du sein de la terre, furent épurées par le creuset et ciselées avec une élégance qu'enviaient les autres nations, sans pouvoir y atteindre. Il suffit, pour se convaincre des progrès de l'industrie française, dès le temps de Sully, de lire les rapports du conseil de commerce réuni en 4 604. Le contrôleur général du commerce, LafTemas, rédigea les procès-verbaux de cette assemblée qui sont parvenus jusqu'à nous *.
Son travail se divise en trois parties : la première contient les propositions faites par les commissaires et approuvées par le gouvernement ; la seconde, los propositions déjà admises par les commissaires, mais qui n'ont pas encore été adoptées par le conseil; la troisième expose les idées qui demandent de plus amples renseignements et sur lesquelles les commissaires ne se sont pas encore prononcés. Dans la première catégorie se trouvent les plantations des mûriers , Pédu-
rois de la première et de la deuxième race, par l'abbé Cartier (Amiens, 1753, in-j2) ; Dissertation sur l'état du commerce intérieur et extérieur de la France, depuis la première croisade jusqu'au règne de Louis XII, par Cliquot de Blervacbe (Paris, 1790, in-8); Arnould, De la balance du commerce et des relations commerciales de la France (3 vol. in-8); Ch. Dupin, Forces productives et commerciales de la France (Paris, 1827, 2 vol. in-4'j; Documente statistiques publiés par le gouvernement français; Commerce intérieur (1838, in-4); Tableau décennal du commerce de la France (1838, i vol. in-4 en 2 tomes), etc. Dictionnaire du commerce et des marchandises, publié par Guillaumin (1839, 2 vol. in-4).
1. Voy. Archives curieuses de l'histoire de France, ire série, tome XIV, p. 22i et suiv., et le tome IV des Mélanges dans la collection des Documents inédits de Vhistoire de France.