‹ Dictionnaire historique des institutions (volume 2)Chapitre 18 sur 300 · INDUSTRIE · texte numérisé non relu

INDUSTRIE

ILIÏ

cation des vers à soie et les fabriques do soie qui devaient affranchir la France du tribut qu'elle payait à l'industrie étrangère. Henri IV, comme François 1", encouragea l'industrie séricicole, et ordonna la plantation de mûriers dans les généralités de Paris, Orléans, Tours et Lyon , et fit construire à Paris deux bâtiments pour travailler la soie, l'un aux Tuileries, l'autre au parc des Tournclles. Les résultats furent si avantageux qu'en deux ans on exporta des étoffes de soie pour plus de six millions d ecus. L'écorce des mûriers blancs servit à fabriquer des toiles et des cordages. L'expérience fut faite en Languedoc par le célèbre agriculteur Olivier de Serres, et réussit parfaitement. Une manufacture de crêpes fins, établie au château de Mantes avec l'autorisation de Sully, le disputa aux fabriques de Bologne. On fournit bientôt des bas de soie et d eslame aux pays étrangers. Une manufacture pour filer l'or fut fondée à Paris sous la direction d'un Milanais, et épargna à la France une dépense de 4 200000 livres dont s'enrichissait chaque année l'industrie milanaise. Des tapisseries de cuir doré furent fabriquées aux faubourgs Saint-Jacques et Saint-Honoré, et l'emportèrent sur les plus belles étoffes. La rivière d'Étampes alimentait des moulins qui sciaient le fer et le martelaient; la France n'était plus tributaire de l'Allemagne pour cette branche d'industrie. Les moulins d'Étampes , disent les mémoires que nous analysons, faisaient plus en un jour que le meilleur chaudronnier en un mois, et à un meilleur marché. Ces fabriques fournissaient aussi des cuirasses et des armes de toute espèce. Au faubourg' Saint-Victor et à l'embouchure de la rivière des Gobelins, on travaillait l'acier fin. Des manufactures de cristal, établies par des Italiens que le gouvernement des derniers Valois avait protégés, avaient ruiné les anciennes verreries. L'assemblée demanda le rétablissement de ces usines, « de si longtemps ordonnées pour les gentilhommes nécessiteux qui s'y peuvent adonner et en faire trafic sans déroger à noblesse. » Ce fut à cette époque que plusieurs produits chimiques, entre autres le blanc de plomb (carbonate de plomb), si utile aux peintres, furent importés en France.

Le progrès de l'industrie française, un instant ralenti par les troubles qui suivirent la mort de Henri IV, par les guerres extérieures et les agitations de la Fronde, prit un prodigieux essor sous le ministère de Colbert. Ce ministre réorganisa le conseil établi par Sully et tombé en désuétude. Toutes les industries furent encouragées : glaces do

INTRODUCTION

Venise, points d'Angleterre, bas au métier, tapisseries des Gobelins, draps fins de Louviers, de Sedan, d'Xbbevilïe , soieries de Tours et de Lyon, tapis de la Savonnerie, de Beauvais, d'Aubusson, perfectionnement de l'horlogerie, restauration des haras, culture de la garance, produits variés du fer, du cuir, des terres argileuses. Colbert voulait, suivant le préambule d'une de ces ordonnances, « mettre lo royaume en état de se passer de recourir aux étrangers pour les choses nécessaires à l'usage et à la commodité des Français » 11 attira des ouvriers habiles de Flandre , d'Italie et d'An- .gleterre. Il déroba à cette dernière puissance le secret de la trempe de l'acier, comme antérieurement l'industrie française avait enlevé à la Flandre le monopole des manufactures de cuir doré et de tapisseries de haute lisse , et à l'Italie la fabrication des cristaux et des glaces.

Ces progrès sont incontestables; cependant l'administration monarchique laissa toujours subsister plusieurs abus et entre autres le monopole des corporations. Utile dans le principe pour surveiller et encourager l'industrie, il devint funeste dans la suite. Il introduisit l'inégalité et le privilège jusque « dans la propriété la plus sacrée, la plus imprescriptible de toutes, » le droit de travailler. Ce sont les termes mêmes du préambule de l'édit, par lequel Turgot tenta, en 4776, de supprimer les corporations industrielles. L'abus était si invétéré, qu'il résista, et il ne fallut pas moins que la révolution de 4789 pour le déraciner. Aujourd'hui l'industrie est libre, et le développement qu'elle a pris depuis cinquante ans est surtout le résultat de cette concurrence dont on peut blâmer quelques abus, mais dont les avantages sont immenses 2.

1. Anciennes lois françaises, publiées par Isambert, t. XVIII, p. 39.

2. Voy. les articles Corporation, Gobelins, Industrie, Meubles, Soie. Aux indications bibliographiques sur lo commerce, p. xlvii, note, on peut ajouter : Monnet, Traité de l'exploitation des mines ( 1 7 73); Chaptal, De l'industrie française (Paris, 18 1 9, 2 vol. in-8) ; Schnltzlcr, De la création de la richesse ou des intérêts matériels de la France (Paris, 1842, 2 vol. in-8); Histoire de l'administration en France, de Vagriculture, des arts utiles, du commerce, des manufactures, des mines, par Costaz (Paris, 1832, 2 vol. in-8). Cet ouvrage est malheureusement bien loin de tenir tout ce que promet le titre ; la partie historique surtout est très-incomplète ; Jaubert, Dictionnaire raisonné et universel des arts et métiers; Héron de Villefosse, De la richesse minérale de la France (1823); Rapport sur les produits métallurgiques de ^industrie française (1827); voy. aussi les Annales de l'industrie française, les Annales des mines et des ponts et chaussées.

AGRICULTURE. u

agriculture; mesures de salubrité et de sécurité.

Agriculture. — L'agriculture, comme le commerce, ne demande au gouvernement que protection , sécurité et facilité de communications. Le régime fiscal de l'empire romain avaitdépeuplé les provinces. Aux portes de Rome, dans la fertile Campanie, on était obligé d'exempter d'impôt une vaste étendue de terres qui , faute de bras, restaient incultes. A plus forte raison, dans les contrées éloignées, comme la Gaule, la fiscalité romaine avait ruiné l'agriculture. Un des panégyristes du iv* siècle, Eumèno, atteste la misère de la Gaule par les louanges mômes qu'il adresse à Constance Chlore : « Maintenant, grâce à tes victoires , ô César invincible, toutes les terres désertes des contrées d'Amiens, deBeauvais, de Troyes et de Langres, se raniment cultivées par des barbares. » L'invasion du v siècle fut une nouvelle cause de ruine pour l'agriculture. Cependant les habitudes des conquérants , qui vivaient dans leurs métairies entourés de vassaux, devinrent à la longue favorables à l'agriculture ; il se forma des colonies agricoles partout où il y avait uno troupe de Francs groupés autour d'un chef de guerre. La fondation des monastères bénédictins, aux vie, vue et vin* siècles, seconda les progrès de l'agriculture, et contribua au défrichement des terres. Charlemagne s'occupa, dans ses Capitulaires , de l'amélioration de 6es métairies; mais après lui les guerres privées ruinèrent les campagnes, et la trêve de Dieu ne fut qu'un remède impuissant contre des calamités aussi effroyables. Saint Louis voulut y mettre un terme : en 4245, il suspendit les guerres privées pendant quarante jours, s'efforçant de les changer en procès et de les terminer par une sentence arbitrale. En 4258, il alla plus loin, et prohiba entièrement les guerres privées, qui entraînaient des incendies et la perturbation du labourage1. Grâce à cette protection, l'agriculture devint promptement florissante. Froissart atteste combien les campagnes de Normandie étaient riches et plantureuses , lorsque l'Anglais envahit la France au xrv* siècle*.

1. « Carrucaram pertarbationem. » Ordonnança des rois de France, 1. 1, p. 84. 3. Froissart, Chroniques, partie, chap. cclii.

t,i INTRODUCTION.

Les calamités de la guerre de Cent ans, les dévastations des grandes compagnies, les guerres civiles des Armagnacs et des Bourguignons replongèrent le royaume dans letat de misère et de confusion d'où la monarchie l'avait tiré. Sous Charles VII, un gouvernement réparateur fit de nouveau prospérer l'agriculture. « Les paysans, dit Mathieu de Coussy, s'efforçaient à labourer et réédifier leurs maisons, à essarter leurs terres, vignes et jardins. Après avoir été si longtemps en malédiction, il leur semblait que Dieu les eût enfin pourvus de sa grâce et miséricorde. j> Le poète Martial d'Auvergne était vraiment la voix de la France, lorsqu'il chantait, dans ses Vigiles de Charles Vil, la prospérité du pays sous ce roi :

Chacun vivoit joyeusement Selon son estât et mesnage; L'on pouvoit partout seul ement Labourer en son héritage , Si hardiment que nul outrage N'eust esté fait en place ou voye Sur peine d'encourir dommage.

Dans la suite, les rois et les ministres, dont le peuple a conservé le souvenir, furent les protecteurs de l'agriculture. Louis XII surtout défendit les paysans contre l'oppression des hommes d'armes. Henri IV et Sully firent oublier les désastres de la fin du xvi« siècle, et se montrèrent convaincus, comme Olivier de Serres, que le labourage et le pâturage sont les deux mamelles de VÈtat, On a reproché à Colbert d'avoir négligé l'agriculture. Mais un homme d'État étranger qui connaissait bien la France, sir William Temple, atteste que cette accusation n'est pas fondée, c La richesse de la France, écrivait Temple en 4678 *, résulte de la consommation prodigieuse faite par les pays qui l'environnent des produits si nombreux et si riches de son sol et de son climat, ou du travail ingénieux do ses habitants. » Mais, après la mort de Colbert, les dépenses excessives occasionnées par les guerres du règne de Louis XIV, les impôts d'autant plus onéreux qu'ils ne portaient que sur une partie de la population, et sur la moins riche, réduisirent à un état déplorable les habitants des campagnes. La Bruyère caractérise énergiquement leur misère dans son chapitre De VKomme. « L'on voit, dit-

t. Will. Temple's Mem., t. II , p. 464-465.

AGRICULTURE. . u

il , certains animaux farouches , des mâles et des femelles, répandus par la campagne , noirs, livides, et tout brûlés du soleil , attachés à ïa terre qu'ils fouillent et qu'ils remuent avec une opiniâtreté invincible; ils ont comme une voix articulée, et, quand ils se lèvent sur leurs pieds, ils montrent une face humaine, et, en effet, ils sont des hommes. Ils se retirent la nuit dans des tanières, où ils vivent de pain noir, d'eau et de racines ; ils épargoent aux autres hommes la peine de semer, de labourer et de recueillir pour vivre, et méritent ainsi do ne pas manquer de ce pain qu'ils ont semé. »

Une grande partie des terres étaient des biens de mainmorte, livrés à des fermiers héréditaires, qui n'étaient stimulés ni par le besoin, ni par la soif du gain. La routine entravait toute émulation, et les cultivateurs étaient loin de demander à la terre tout ce qu'en obtiennent de nos jours le travail et l'activité industrieuse. D'ailleurs, le paysan était écrasé par les charges qui pesaient sur lui ; la dîme lui enlevait une partie de ses récoltes , la corvée l'arrachait à ses travaux, pour lui imposer la réparation du chemin féodal, lui faire creuser le fossé du manoir seigneurial ou battre l'étang pendant les couches de la châtelaine ; le colombier du seigneur vivait aux dépens du pauvre paysan ; la garenne dévastait son champ; la chasse ne respectait pas ses moissons. Le duc de Bourgogne déplorait ces abus : c Des seigneurs particuliers, écrivait-il1, commandent en despotes des corvées pour l'embellissement de leurs terres; ils élargissent et plantent des chemins à leur profit contre les ordonnances; ils établissent, sous des titres supposés, des péages, des fours et des moulins banaux. » L'assemblée constituante fit disparaître tous ces abus féodaux , et donna à l'agriculture le plus puissant de tous les encouragements, la liberté et la protection. Depuis le commencement de ce siècle, la sollicitude du gouvernement n'a cessé d'encourager l'agriculture. Un ministère spécial de l'agriculture, des fermes-modèles, un institut agronomique ont été fondés, pendant que des comices locaux propageaient les meilleures méthodes d'agriculture et stimulaient par des prix le zèle des fermiers *.

j Extrait des écrits du duc de Bourgogne, t. II, p. 86-87.

2. Voy. les articles agriculture, Mainmortables, Paysans, Quarantaime-le-ÏIoi^ SebFî», Trêve de Dieu. — Ouvrages à consulter : Estai historique sur état de l «griculture. au xvi«*iècfc,daiisl'eduiun du Théâirt d'agriculture, d'Olivier de Serres,

Llv INTRODUCTION.

Mesures de salubrité et de sécurité. — Le gouvernement est intervenu avec prudence pour veiller à la sûreté des citoyens, assurer des asiles à la pauvreté , à la maladie , à l'enfance délaissée , à la vieillesse infirme et misérable. Il a assaini les villes en éloignant du centre de la population les établissements dangereux pour la salubrité publique, en frisant circuler Peau dans les rues ou jaillir des fon- ' taines sur les places publiques. Telle a été la mission d'une police habile, qui ne s'occupe pas seulement de réprimer le crime , mais tout d'améliorer la condition des citoyens. Il faut reconnaître que, pendant plusieurs siècles, les rois et leurs représentants songèrent peu à remplir ce devoir. Des rues tortueuses, où croupissaient des eaux fétides, des places resserrées et encombrées d'échoppes, des passages étroits, sombres et sales, des maisons mal bâties, sans air, où la lumière n'arrivait qu'à travers d'épais châssis et dont les saillies entravaient la voie publique , tel était le spectacle qu'offraient la plupart des villes. Il n'y avait ni propreté ni sûreté; quelques monuments d'une grandeur imposante étonnaient au milieu de ces misères, mais ne les compensaient pas. On ne peut nier que l'élargissement des rues , leur propreté, la construction de maisons'spacieuses, l'ouverture de vastes places et de jardins publics où l'air circule plus librement , où la verdure repose et égayé la vue, n'aient amélioré la vie matérielle et contribué à l'accroissement de la population.

Lutèce, qui avait tiré son nom de ses boues, était depuis longtemps capitale du royaume, avant qu'on eût songé à remplacer par un pavé solide la paille et le foin dont on jonchait le sol pour se garantir de la fange. Il y a encore aujourd'hui certaines rues, et, entre autres, la rue du Fouarre, qui rappellent ces usages primitifs. Ce lut Philippe Auguste qui, pour la première fois, fit paver Paris; on se servit d'abord de gros cailloux carrés , comme on en voit encore dans quelques villes de France, et spécialement dans le midi

donnée en 1804 (Paris, 2 vol. in-4); Arthur Young, Voyage en France pendant les années 1787-1790, traduit de l'anglais (1801); Lavoisier, Richesse territoriale de la France (1791); De Pradt, De l'état de la culture en France (i802);deMarivault. Précis de Vhistoire générale de l'agriculture (Paris, 1837, in-8); Leyraarie, Histoire des paysans en France (Paris, 1849, in-8); Léop. Delisle, Études sur la condition de la classe agricole en Normandie au moyen âge (Ëvreux, 1851, in-8) ; C. Dareste de La Chavanne, Histoire des classes agricoles en France, depuis saint Louis jusqu'à Louis XIV (Paris, 1853, in-8). La Statistique de la France, publiée par le ministre des travaux publics, contient 4 vol. sur l'Agriculture (Paris, 1840-1841, 4 vol. In-4).

MESURES DE SALUMUTÊ ET DE SURETE. lv

Au xve siècle , on commença à paver Paris avec du grès ; la plupart des villes ont suivi cet usasse. Colbert s'occupa des mesures de propreté et de salubrité publiques, comme de tout co qui pouvait développer le bien-être et la richesse de la France. La Rcynie, nommé lieutenant de police en 4 667, fit disparaître les dernières traces de la saleté du moyen âge. Pari6 fut éclairé pendant les nuits, vt la sûreté publique y trouva une nouvelle garantie. Bientôt l'éclairape nocturne, que les principales villes de province ne tardèrent pas à imiter, contribua à la beauté des rues et des promenades. De nos jours, Je gaz les a inondées de sa vive lumière. Peut-être palira-t-il bientôt devant la lumière électrique ou quelque autre découverte do la science moderne?

Pendant longtemps, les villes, môme dans l'intérieur de la France, étaient entourées de remparts et de fossés remplis d'une eau croupissante. Les rues tortueuses semblaient avoir été tracées sans qu'on eût suivi aucune règle pour l'alignement des maisons ; peut-être les hommes du moyen âge avaientrils espéré résister plus facilement à la cavalerie féodale dans des rues étroites , garnies de chaînes à chaque extrémité? Ce qui est certain, c'est que cette irrégularité choquait l'œil et que la saleté des rues nuisait à la salubrité publique. A partir du xvir* siècle, les fossés des villes situées à l'intérieur de la France ont été comblés ; les eaux croupissantes ont disparu; les rues se sont élargies, et, à la place de constructions bizarres, en saillie sur la voie publique, on a élevé des maisons régulièrement alignées. Quelques amateurs du pittoresque regrettent ces vieilles masures aux formes étranges ; mais il est impossible de méconnaître que la salubrité publique a beaucoup gagné aux mesures de police adoptées pour l'ouverture et l'alignement des rues modernes.

Il n'y aurait pas moins à dire sur la distribution des eaux et sur les fontaines publiques. La santé des citoyens aussi bien que la beauté des villes ne pouvait que gagner à la construction de ces canaux qui ont fait circuler des eaux jadis stagnantes ; on a su profiter de cette mesure de salubrité pour l'ornementation des promenades et des places publiques. L'administration de Colbert eut encore l'honneur de la plupart de ces mesures, bientôt imitées dans toute la France et perfectionnées dans les siècles suivants. Le journal manuscrit d'Olivier Lefèvre d'Ormesson prouve que ce fut en 4666

INTRODUCTION

que Ton commença à faire disparaître les fontaines particulières accaparées par quelques hommes puissants au détriment du bienêtre général. Le chancelier même fut obligé, malgré ses réclamations, de se soumettre à cette mesure d'utilité publique.

Les hôpitaux, maladreries, léproseries, fondés au moyen âge par la charité des rois ou de quelques riches personnages, entretenus longtemps par le clergé, soumis, à partir du xvr siècle, au contrôle «lu pouvoir temporel, sont, depuis 1789, administrés comme tous les monuments d'utilité publique. Situés jadis au milieu des villes , près des cathédrales , ces édifices étaient dangereux pour la santé des citoyens, on les a presque partout éloignés du centre de la population et rebâtis dans des lieux où l'air circule avec plus de liberté. Il en est de même des cimetières qu'une piété mal entendue avait placés près des églises et au milieu des villes. En un mot, il y a une multitude de détails où la vie publique et la vie privée se touchent ; il est du devoir de l'administration d'y intervenir pour assurer la sécurité publique et améliorer les conditions hygiéniques. Là, comme dans toutes les branches d'administration , le progrès a été immense depuis deux siècles *.

i. Voy. les articles Enfants trouvés, Hôpitaux, Léproserie, Lieux publics, Maisons, Mendiants, Mont de Piété, Police, Rues. — Ouvrages à consulter : De I.a Marre, Traité de la police, continué par Leclerc-Dubrillet (Paris, I7i9et 1738, 4 vol. in-fol.) ; De Moléon, Collection des rapports généraux sur le conseil de salubrité, de 1802 à 1826; Êloin, Trébuchet et Rabat, Dictionnaire de police (Paris, 1835, 2 vol. in- 8) ; Trébuchet, Jurisprudence de la médecine, de la chirurgie et de la pharmacie en France (raris, 1834, in-8) ; du même, Code administratif des établissements dangereux, insalubres et incommodes (Paris, 1832, in-8;. Voy. aussi les Archives statistiques du ministère de l'agriculture et du commerce. — On peut consulter, sur les établissements de bienfaisance, le Recueil des travaux et rapports sur la mendicité, présentés à l'Assemblée constituante ; Rapport sur la situation des hospices d'enfants trouvés, des aliénés, sur la mendicité et les prisons (1818); Rapport au roi sur les hôpitaux, les hospices et établissements de bienfaisance (avril 1837;; deGérando, Pe la bienfaisance publique (Paris, 1838, 4 vol. in-8); Ch. Verge, Institutions de bienfaisance (Paris, 1847); de Wattcville, Code de l'administration charitable (Paris, 1841, in-8); Blaize, Des monts de piété et des banques do prêt (Paris, 1845, in-8). Voy. aussi les documents statistiques publiés par les ministères de Tinterieur, du commerce et de l'agriculture.

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