S 1OT. ÉCOLES DÉPENDANT DD MINISTÈRE
DE LA C-l'EHKE.
r* Écoles militaires. — La pensée d'organiser une école militaire remonte à une époque ancienne. Dès la bu du zvi* siècle , on s'en occupait. Itiehelicu et Mazarin cherchèrent à réaliser ce projet. Le second de ces ministres fonda le collège des Quatre- Nations t voy. Quatre-Nations ), oh l'on devait élever spécialement de jeunes nobles des provinces conquises récemment. Louis XIV établit, en des compagnies de cadets qui devaient servir tfiooèê militaire & la noblesse. On enseignait dans ces écoles les mathématiques, le dessin , la langue allemande , l'escrime et la danse. Les jeunes nobles furent obligés de passer par les écoles de cadets ; ils durent apprendre h obéir avant de • ommander. Il leur était défendu , sous peine d'être castés, de s'absenter t>ans Pautortsation de
leurs capitaines et ils devaient, < anime les autres, s'astreindre à faire le guet. Ces compagnies lurent supprimées ta liât.
En 1728. Louis XV rétablit six compagnie^ de cadets , à » ambrai , Mets , Strasbourg , Perpignan , Rayonne et Caen ; on lus réduisit a deux en 1 728, puis à uue seule Qu'on licencia en I7i3. A cette organisation insuffi -an te on substitua , en i7f»i, une véritable école militaire baue àP-extren \\e du Champ de Mars de l'aria. Cet édifice monumental a conservé le nom d'Ecole militatre On v reçut cinq cents élèves, dis orphelins d'officiers, ou jeunes nobles sans fortune.
Peu de temps après . le gouvernaaseat réorganisa le collège de la Fléché. Fondé par Henri IV pour les jésuites, ee collège passa entre le* mains du gouvernement après l'expulsion do l'unke (1762) et l'ut converti en collage militaire, dont les élèses les plus distin-
Îues devaient être appelés à Vécole miitaire de Paris. Kn 1776, les élèves de Vécole militaire lurent dispersés dans plusieurs collèges de province : Auxerre, Beatimont, Une une , Dole, h niai , Pontà Mousson, Pont-le-Voy , Itebaia, sorrèxe, Toumon, Veauc-me, etc., qui devinrent autant d f oies militaires. Les élèves qui en sortaient n'élaienipas immédiatement officiers; ils étaient adnis eoinuie codets-gentiishommes dans les régiments.
F n 1777, un nouveau corps de cadets fut établi à l'Ecole militaire ei ne fut licencié qu'en 1787. Les élève* forent alors dispersés dans les écoles militaires établies dans les provinces.
fouies ces écoles militaires furent supprimées par la Conveniion en 1783.
Elle les remplaça , en I7«4, par une espèce de camp, qu'on établit dans la plaine des Sablons et qu'on appela École de Mars. Cette école se composait de jeunes gens réunis de tous les points de la république, habilles, armée, nourris aux frais de l'Etat et exercés aux manœuvres militaires. Celle école exista fort peu de temps. Un des élèves de I É vie de Mars, K. H Langlois de Pont-dc-l'Arche, a laissé une notice historique sur son organisation.
Kn 1802. le premier consul rétablit Vérole militaire: il la plaça d'abord a Fontainebleau , et ensuite la transféra à Saint-t.yr, où elle existe encore aujourd'hui. Wecolê de Saint-Cyr. placée sous la direction du minist e de la guerre, se recrute par le concours, l es aspirants doivent être bacheliers ès sciences, et subir des examens sur les sciences mathématiques et physiques, sur l'histoire, la géographie, l allemand, et faire preuve
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de connaissance dans les langues française et latine. Vécole militaire forme des officiers pour les divers services militaires ; mais ceux qui sont destinés à la cavalerie, à l'artillerie et à l'état-major doivent encore passer deux ans dans une école d'application. Nous parlerons plus loin des écoles d'application d'artillerie et d'état-major à la suite de l'école polytechnique.
Pour la cavalerie , l'école d'application est Vécole de Saumur. En 1764. le duc de Choiseul avait lait décider l'établissement de quatre écoles de cavalerie à Mets, Douai, Besancon, Angers. I.es élèves les plus distingués de ces écoles devaient être appelés à Paris dans une école spéciale; maiR ces écoles ne purent s'organiser et lurent remplacées , en 1771, par l'école de Saumur. L'assemblée constituante supprima celte école en 1790 En 1796. on établit à Versailles une nouvelle école de cavalerie qui subsista jusqu'en 1809. Elle fut remplacée à cette époque par l'école de cavalerie de Saint-Germain, a laquelle succéda, en 1814, l'école de Saumur. Supprimée, en 1822, rétablie en 1824, cette école subsiste encore aujourd'hui. Elle reçoit des élèves de Saint-Cyr destinés au service de la cavalerie, et de plus un lieutenant ou un sous-lieutenant par chaque régiment de cavalerie ei d'artillerie, et par chaque escadron du train et des équipages militaires, enfin de jeunes soldats. A l'exception des élèves de Saint-Cyr,les aspirants à l'école de Saumur ne sont admis qu'après examen.
Outre ces écoles, il existe des écoles régimentaires pour l'artillerie et legénie, et enfin des écoles primaires dans chaque régiment. Les écoles d'artillerie sont établies à Besançon , Douai , la Père , Lyon , Metz , Rennes , Strasbourg , Toulouse et Vincennes. l es écoles pour le génie sont à Arras, Metz et Montpellier. Une école de pyrotechnie, où l'on enseigne à fabriquer tous les artifices, est établie à Metz. Les écoles primaires annexées aux régiments ont été organisées depuis 1818 ; on s'y occupe de lecture, d'écriture, et d'arithmétique.
2» École polytechnique et écoles d'application. — Vécole polytechnique a été fondée par une loi de la Convention le 28 septembre 1794 sous le nom d'école des travaux jmblics. Lamblardie, Monge, Fourcroy, I.agrange et d'autres savants illustres présidèrent à son organisation. Jusqu'à l'empire les élèves n'étaient pas easernés. Napoléon, par un décret du 16 juillet 1804, changea l'organisation de Vécole polytechnique et la soumit au ré-
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gime militaire. L'école fut placée (il novembre 1805) dans les anciens bâtiments du collège de Navarre, qu'elle occupe encore aujourd'hui. La restauration soumit pour quelque temps Vérole polytechnique à la direction du ministrede l'intérieur et voulut lui enlever tout caractère militaire. Maison ne tarda pas à revenir à l'ancienne organisation , et, depuis 1830, cette école a été rattachée , comme sous l'empire, au ministère de la guerre; elle est gouvernée par un général et sous ses ordres par un colonel et un lieutenant colonel. Un directeur des études est spécialement chargé delà partie scientifique. Plusieurs conseils sont attachés à l'école polytechnique : i° un conseil d'instruction qui s'occupe des questions d'études et d'enseignement; 2* un cojueil de perfectionnement chargé d'introduire les meilleures méthodes d'enseignement ; 3" un conseil de disciplitie. Les élèves n'entrent à Vécole polytechnique qu'après avoir subi des examens sur les mathématiques , la physique, la chimie, l'histoire, l'allemand, etc.. et fait plusieurs compositions. Us doivent être bacheliers ès sciences. L'école polytechnique préare à un grand nombre de services nulles : artillerie de terre et de mer, génie militaire ei génie maritime , marine nationale et corps des ingéuieurs hydrographes, ponts et chaussées, mines; etat-major, poudres et salpêtres, etc. Les élèves ne peuvent être admis dans ces divers services qu'après avoir satisfait aux examens de sortie et passé un temps déterminé dans des écoles spéciales d'application.
Les écoles d'application sont: 1° Vécole d'artillerie et du génie de Metz; 2° Vécole d'application du corps d'étal-major créée par ordonnance du 6 mai 1818 et se recrutant dans les écoles polytechnique, Saint- Cyr et dans le corps des sous-officiers ; 3° Vécole des ponts et chaussées, qui dépend du minisière des travaux publics et où sont admis les élèves de l'école polytechnique destinés au service des ponts e't chaussées ; 4° Vécole des mines créée dès 17 83 ; les cours sont suivis par les anciens élèves de l'école polytechnique destinés au service des mines et par de* jeunes gens qui n'entrent pas dans les fonctions publiques , mais qui doivent néanmoins subir un examen avant d'être admis à l'école des mines ; 5° Vécole d'application du génie maritime à Lorient , qui se compose aussi d'anciens élèves de l'école polytechnique. Voy. pour les détails dans lesquels il nous est impossible d'entrer V Histoire de l'école polytechnique , par tf. de Fourcy.
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