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ils étaient nommés avec le concours des citoyens auxquels ils rendaient la justice. Les misti dominici ou envoyés royaux étaient chargés de les surveiller. M. Aug. Thierry (Introduction aux récits mérovingiens ) distingue les échevins nommés par le comte ou l'empereur, qui étaient de simples juges, des échevins de la cité, à U fois juges et administrateurs. Ces derniers donnèrent naissance , selon , cet historien, aux magistrats municipaux qui, à l'époque de l'émancipation communale, furent désignés sous le nom d'échevtfM, et assistèrent le maire dans l'exercice de ses fonctions. On appelait échevinagc tantôt le conseil des échevîns, tantôt la dignité d'échevin. En général , les échevins formaient, avec quelques notables bourgeois, le conseil de ville, sous la présidence du maire ou du prévôt dans les villes ou la dignité de maire n'existait pas. Us constituaient aussi un tribunal de simple police qui pouvait condamner à l'amende, et dans certaines circonstances à l'emprisonnement. A Paris les échevins portaient un costume distinctif. Les grandes Chroniques de Saint' Denis rapportent qu'en 1377 les échevins de Paris allèrent au-devant de l'empereur vêtus de robes mi -parties de blanc et de violet. Voici comment se faisait l'élection des échevins de Paris jusqu'aux derniers temps de l'ancienne monarchie : le jour de SainWtoch, les notables bourgeois étaient convoqués a l'hôtel de ville. On nommait d'abord quatre scrutateurs ; l'un d'eux appelé scrutateur royal était ordinairement un ichevin: le second était choisi parmi les conseillers de ville; le troisième entre les quarteniers; et le
£atrième entre les notables bourgeois, déclaration du 20 avril 1617 ordonnait que, sur les quatre échevins, il y en eût chaque année deux choisis parmi les notables marchands , et deux parmi les gradués ( voy. ce mot) et autres notables bourgeois. La charge des échéant durait deux ans , et , comme on en élisait deux chaque année, il y en avait toujours deux anciens et deux nouveaux. A Paris , les quatre échevins avaient juridiction sur la Seine et les rivières qui s'y jettent, sur toutes les marchandises apportées par eau; ils connaissaient des procès relatifs aux rentes sur l'hôtel de ville, fixaient le prix des raarchandises,etc. Les appels de leurs jugements étaient portés au parlement. Les noms d'échevins et d'échevinage ont disparu avec la nouvelle organisation municipale établie par la révolution française.
ÉCHIQUIER -Véchiquier de Norman-
die était la haute cour de justice de cette province. On n'est pas d'accord sur l'étym*jlogie de ce mot ( voy. du Cange, v Scacarium). I*e« uns le font dériver de l'allemand schicken (envoyer), parce que les juges de l'échiquier étaient délégués par le souverain pour rendre la justice et parcouraient dans ce but la Normandie, siégeant tantôt à Rouen , tantôt à Caen , tantôt à Falaise. D'antres prétendent que le pavé de la salle, où siégeait cette cour, était divisé en compartiments semblables à. ceux d'une table d'échiquier , et que de là vint son nom. Enfin M. Floquet, auquel on doit une savante histoire de l'échiquier de Normandie , croit que cette cour étant à la fois tribunal et chambre des comptes , on se servait pour la comptabilité de compartiments d'échiquier et que le nom fut tiré de cet usage. Quoi qu'il en soit de ces diverses étymologies , l'origine de l'échiquier de Normandie paraît remonter à la conquête de cette province par les Normands (9i2). Aucun texte positif ne prouve que Rollon ait institué Véchiautr.i : mais Dudon de Saint-Quentin pan* o«* mis données par ce duc. et l'on peut .m<>nr.fter que la hante cour féodale date a-i même temps, l.' échiquier se réunissait deux fois par an , à Pâques et à la Saint-Michel ; il se composait des grands feudataires laïques et ecclésiastiques. Jusqu'en 1302, Véchiquier de Normandie garda ce caractère. C'était en quelque sorte la cour des pairs de Normandie, qui deux fois par an venaient entourer leur souverain , lui apporter leurs conseils et juger avec lui les appels des tribunaux inférieurs. En 1302, Philippe le Bel ttt un changement important a la constitution de l'échiquier. Jusqu'alors ce tribunal siégeait alternativement à Rouen, à Falaise et a Caen ; Philippe le Bel décida qu'il tiendrait toujours ses séance* à Itouen , et , ce qui était plus grave , il envoya des magistrats royaux chargés de présider à l'échiquier et d'en diriger les procédures. Les baillis venaient rendre compte sommairement des procès dont les appels étaient portés devant Véchiquier. Il en jugeait quelques-uns, et renvoyait le plus grand nombre des affaires à fa décision de commissaires. A mesure que les lois devinrent plus nombreuses et les procès plus compliqués, les seigneurs et les prélats abandonnèrent de plus en plus la direction &eV échiquier aux jurisconsultes. Celte assemblée perdit ainsi une partie de son importance.
D'ailleurs, il lui était impossible de terminer dans deux sessions assez cour;., s les nombreux procès portés devant elle.
11 en résultait des lenteurs intermina-
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bles. Pour y meure un terme, l,ouis XII rendit Y échiquier perpétuel en I4f 9, et le composa de quatre présidents et d- vingthuit conseillers. 11 ne restait plus dès lors de l'ancien échiquier que le nom.
François I*' le lui enleva en 1 sis . ei V échiquier perpétuel devint le parlement de Normandie ( voy. Parlementa provinciaux). On trouvera tous les détails relatifs à cette institution dans Y Histoire de l'échiquier de ÎS'ormandie, par M. Flo-
âuet. — 11 y avait encore un échiquier 'Alcnç.on, qui fut supprimé en 1584. Les seigneurs apanagés de Normandie et l'archevêque de Rouen avaient aussi leurs tribunaux qu'on appelait échiquiers, parce qu'en Normandie ce nom Rappliquait à toutes les juridictions souve- • raines.
ÉCHOUE ou ESCHOITE. —Terme de droit coutumier qui indique une succession collatérale. Beaumanoir, jurisconsulte du temps de saint Louis, dit qu'il y a eschoite , quand l'héritage descend de côté , parce que celui qui meurt n'a point d'enfants , de sorte que tes héritages etchoient k son plus proche parent.
Échu te. — Le droit d'échute donnait au seigneur l'héritage des hommes de mainmorte ; il n'a été supprimé que par l'édit du mois d'août 1779.
KCL UKAc.E. - $ K Éclairage public.
— L'éclairage public s été longtemps né-
Sligé et l'est encore dans quelques parties e la France, l a police se bornait à recommander aux habitants attardés de se faire précéder de domestiques portant torches ou lanternes. Au xvi* siècle , commencèrent les premiers essais d'éclairage public. On trouve, dès 1524, des ordonnances prescrivant aux bourgeois de placer, après neuf heures du soir, une lanterne allumée au premier étage de leurs maisons. Le parlement ordonna, en J558, de suspendre, au coin de chaque rue de Paris, et même au milieu, dans le cas où la rue serait longue , des falots ui devaient brûler constamment depuis ir heures du soir jusqu'à quatre heures du matin) Peu de temps après on substitua des lanternes à ces falots ; mais ces premières tentatives eurent peu de succès. Enfin, en 1662, l'abbé Laudati Caraffe fut autorisé à organiser dans Paris un corps de porte-lanternee et de porte- (lambeaux. Les porte- lanternes , munis de lanternes à plusieurs becs, étaient distribués dans les divers quartiers de Paris et principalement dans les carrefours, places publiques et lieux trèsfréquentés.Les porte-flambeaux portaient
des torches en cire .au ne du poids (Tune livre et demie. Quelques années plus tard, on renonça à ce mode d'éclairage et le lieutenant de police, La Keynie, le remplaça par des lanternes publiques ( 1667 ). Plus de 5000 lanternes furent placées dans les rues de Paris. L'éclairage n'avait lieu qu'en hiver. On commençait au dernier quartier de la lune, qui finit dans le mois de septembre, a allumer les chandelles dans les lanternes des rues de Paris , et on continuait jusqu'au premier quartier de la lune d'avril. Quelque imparfait que Tût ce mode d'éclairage , on voulut bientôt l'appliquer à la Fiance entière. L'ordonnance publiée à ce sujet exaltait les avantages de cette institution. « De tous les établissements qui ont été faits dans notre bonne ville de Paris, disait le roi, il n'y a aucun dont l'utilité soit plus sensible et mieux reconnue que celui des lanternes qui éclairent toutes les rues; et , comme nous ne nous croyons pas moins obligé de pour* voir à la sûreté et k la commodité des autres villes de notre royaume qu à celle de la capitale , nous avons résolu d'y faire le même établissement et de leur fournir les moyens de le soutenir à perpétuité. » (Ane. lois franç.. XX, p. 295. ) Les principales villes de France furent, en effet , éclairées comme Paris. En 1745, on commença à substituer aux lanternes des réverbères, dans quelques rues de Paris, telles que la rue Dauphine , la rue de la Comédie-Française (aujourd'hui rue de l Ancienne Comédie), et sur le Pont- Neuf. Us projetaient une lumière plus vive que les lanternes employées jusqu'alors , et on ne larda pas à préférer ce mode d'éclairage qui, de nos jours , a fuit place à la lumière plus brillante des becs de gaz.
Un peu avant la révolution , un ingénieur des ponts et chaussées, Philippe le Bon , avait songé à employer pour l'éclairage les gaz combustibles que produit le bois en combustion. En 1798, il lit part de cette découverte à l'Institut, et l'année suivante prit un brevet d'invention. Les thermolampes, comme il appelait ses appareils , éclairèrent l'hôtel Seignelay , à Paris, et furent établis au Havre. Mais, après la mort de Philippe le Bon-, on ne donna pas de suite, en France, à ses expériences. Les Anglais s'en emparèrent, et dès taio, une usine s'établit à Londres pour l'éclairage public par le
§az. Enfin, en isi8, la France s'occupa e l'éclairage par le gaz , et une première usine , établie à Paris, alimenta quinze cents becs. Depuis cette époque, ces établissements se sont multipliés, et ont
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inondé de leur ] ornière les promenades , les rues, et les magasins de Paris. Presque toutes les villes de France ont adopté ce mode d'éclairage, et déjà la science cherche an agent plus puissant dans la lumière électrique.
5 II. Eclairage domestique. — L'Intérieur des maisons les plus opulentes était primitivement éclairé par des torches et des flambeaux de cire On voit par un passage de Grégoire de Tours ( livre V, ch. vin )y que les Francs se faisaient éclairer par des esclaves qui tenaient devant eux des flambeaux allumés pendant leurs repas. Leduc Uauching, raconte cet historien, faisait appliquer sur les jambes de Pesclave le flambeau pour l'éteindre, pendant qn'on menaçait <-e malheureux d une épéenue pour l'empè.ber de remuer et de crier. Pendant la nuit, on laissait brûler une torche de cire, au nn-ins dans les maisons des nobles, l'n ancien roman de Chevalerie , cité par Lac. Sainte-l'alaye (V Luminaire ), rapporte que pendant la nuit une personne s'écria si haut, que celle qui couchait en sa chambre s'en éveilla, et, approchant le mortier de cire qui brûlait, lui vint demander si elle se trouvait mal. Le Roman de Perce forêt, cité par le même auteur, parie de luminaires placés aux quatre coins de la salle pour l'éclairer. L'usage des chandelles de suif remonte aussi à une haute antiquité. Dès l'année I06t , les chandeliers gui les fabriquaient formaient une corporation. On se servait de chandelles même dans les châteaux. Lacurne Suinte»
Palaye cite un passage du Roman de LancelotduLac, oh une demoiselle éclaire la dame châtelaine au moyen d'une chandelle.
Les lois somptuaires de Philippe le Bel ne permirent l'usage de la cire qu'a un petii nombre de personnes élevées en dignité ( Ordonnances dm rots de France , I, 542). ]*s torches de cire furent dans la suite spécia ement réservées aux cérémonies religieuses, et le mot cierges, qai ne s'applique qu'aux lumières em-
Îiloyées dan» les églises, est dérivé du atin ceret (chandelles decire>. La Taille de Paris sous Philip* l* Bel ( publiée dans les documents inrdits de l'Histoirs de Francs) , prouve qu'il y avait à Paris dix-neuf ciriers ou fabricants de cire en 1292. Une ordonnante du même roi (i3U ) défendit de mêler du suif avec de la cire. En 1 357, après la bataille de Poitiers , les bourgeois de l'ans nreni vœu de présenter tous les ans, à la Vierge, un cierge qui ferait le tour de cette v ille.
On commença, au rr** siècle, à désigner les chandelles de cire par le nom de
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bougies , qui rient , dit-on , de or qu'on tirait beaucoup de cire de là ville de Bougie en Afrique.
Un règlement de Charles VI, pour la
réception des bouchers, ordonnait que le récipiendaire payerait entre antres choses, une bougie roulée. De Serres nous apprend que de son temps (1600) on faisait des bougies de toutes les couleurs , jaunes , vertes , rouges , etc. Il ajoute que ce genre d'éclairage ne convenait qu'aux princes et aux grands seigneurs, et que les autres devaient se contenter de chandelles de suif. La bougie était encore uu luxe à l'époque de Louis XIV. La veuve du poète Scarron , qui devint M»* de MaintenoH, prouvait en se servant de bougie, la délicatesse de son goût et l'élégance de ses habitudes.
L'usage de l'huile à brûler, et des lampes qu'elle alimente, a fait une véritable révolution dans l'éclairage domestique. En 1785, Quinquet inventa la lampe qui a conservé son nom , et, depuis ce île époque , des perfectionnements multipliés ont pcm.is de remplacer par une lumière à la fois douce et brillante, l'ancien système d'éclairage. Aujourd'hui un grand nombre de maisons particulières et princi païen. eni les cafés et les magasins de luxe sont éclairés au gaz.
ÊCLAIKEUKS. — Troupes chargées de précéder l'armée et do reconnaître le pays.
ÉCLUSES. — Les écluses sont des constructions en pierre ou en bois qui servent à retenir ou à élever les eaux ; on les emploie à plusieurs usages. Une écluse de moulin ou d'u>ine est une petite digue qui geri à amasser l'eau pour la taire tomber sur la roue du moulin ou de l'usine. Les écluses des canaux sont des constructions ménagées de distance en ois lança, pour élever le niveau oes eaux» et faire passer un navire d'un canal inférieur dans un canal plus élevé. Ainsi , un bateau venant de la Loire, pas.- e dans la Seine, au moyen des écluses du canal de Briarer quoique ces deux fleuves soient séparés par des hauteurs qui dépassent cent mètres. On appelle éclusier, l'agent préposé à la manœuvre des écluses.
ÊCOBUAGR. — Terme d'agriculture qui indique l'action de soulever la soperneie du sol avec un instrument appelé ecobue, de brûler ce*. te lerre avec les plantes qu'elle contient, ei de semer les cendres qui en proviennent sur les champs. Ce moyen de fertiliser les terres a été employé avec succès depuis i S30 , dans les départements du Doubs, des Vosges, et de l'ancienne Bretagne.
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Eco a io
ECOLATRE. — Chanoine chargé autrefois de la direction dus écoles. Voy. Capiscoub et Chanoines.
ÉCOLE MATERNELLE. — École pour la première en famé; on l'appelle aussi salle d'asile. Voy. Instruction pbimaikk.
ÉCOLES. — T e système général de Pinstroction publique est l'objet d'un anicle spécial dans ce dictionnaire ( voy. Instruction pcbliu i'k). i es ancicnnesécoles ont aussi leur place à Partit le t mvu; sïté. Je me bornerai à parler ici des écoles qui dépendent des mini.>tèros de la guerre, de la marine, de* finances, de l'intérieur et des travaux publics, telles que Vécole pftltjtechntque , Vérolê militatre de Saint-Cyr, le colféqe militaire de la Flerhe, les feules d'artillerie; l'école navale de -Brest, et les écoles dtiydrograliic, l'école forestière de Nancy; les écoles vétérinaires d Alfort, de Lyon et de Toulouse; l'école des haras; les écoles des arts et métiers de Cbàlons- sur- Marne . d'Angers et d'Aix; l'école centrale des arts et manufactures; l'école des iieaux-arts et l'éoole de Rome; l'école des mines, l'école des ponts et chaussées, le conservatoire des arts et métiers de Paris; les écoles des mineurs de Saint-Etienne, et des maîtres mineurs d'Al lis Quant à la maison d'éducation de la Lésion d'honneur établie à Saint-Denis et aux succursales de celle maison , elles sont placées sous la double surveillance de la chancellerie de la Légion d'honneur et du miuisière de la justice.