DE LA COURONNE
ÉLECTEURS. — Dans l'ancienne monarchie chaque ordre procédait séparément aux élections pour les assemblées nationa-
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le* Le clergé, la noblesse, et le tiers état nommaient leurs députés. Les élections de 1789 se tirenienwre par ordre: mai> le tiers état obtint la d unie représentation , c'esva-dire qu'il mettait avoir seul autant de députés que la noblesse et le clergé réonis. Les élections du liera état étaient alors a deux degrés, Pour avoir droit de prendre part aux assemblées rjrimaires, il suffisait dVire majeur, domicilié et inscrit au rôle des contri butions. Les assemblées primaires nommaient les électeurs qui formaient un véritable corps politique. Les électeurs rédigeaient à cette époque des cahiers qui étaient pour les députés des mandats impératifs. Les électeurs de 1789 s'assemblèrent à l'hôtel do ville de Paris, où ils rédigèrent leurs cahiers , s'occupèrent des approvisionnements , secondèrent le mouvement qui abouti i à la prise de la Bastille, organisent la garde nationale, et instituèr ent un coiuue permanent eliargé de l'administration de la ville. 1 es électeurs travaillèrent aussi à la constitution de la municipalité de Paris. Mais^ cette assemblée ne tarda pas à être débordée par les passions démagogiques , et elle résigna ses pouvoirs.
Les électeurs se sont bornés depuis cette époque à la nomination des représentant», hes conditions électorales ont varié suivant les diverses constitutions. La plupart ont imposé uu cens plus ou moins élevé. La constitution de 1791 exigeait du citoyen actif, ou électeur, qu'il peyét une contribution directe . au moins égale à la valeur de trois journées de travail, qu'il fnt âgé de vingt-cinq ans, domicilie dans la ville ou Te canton détermine par la loi, et qu'il ne fut point en état de domesticité. Klle établissait en même temps deux catégories d'électeurs : t* les asBemblées primaires qui nommaient les électeurs ; 2° les assemblées électorales qui nommaientlesmembres de l'assemblée législative. La constitution de 1793 aboliilesdeux degrés d'élection et les conditions de cens ; elle n'exigea que l'âge de vingt et un ans. Les électeurs devaient nommer un député en raison de quarante raille individus. I es assemblées primaires nommaient directement les députés, et indirectement les administrateurs; elles déléguaient à des citoyens qu'elles choisissaient la nomination des administrateurs, arbitres publics, juges, etc. la constitution de Tan ni ( 22 août 1795 ) rétablit les élections à deux degrés : Ic3 assemblées primaires nommant les électeurs, et les électeurs nommant les députés. Elle exigea des électeurs primaires ▼îngt et un ans, et une année de domi-
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< iie; des e'/er/eursdu second degré, vingtcinq ans et certaines conditions de cens. Depuis cette époque, tou.es les constitutions reproduisirent les conditions de cens plus ou moins modiliées, jusqu'à la constitution de 1848, qui proclama le suffrage universel et n'exigea aucun cens pour être électeur. La loi électorale du 3t mai 1851 , ne rétablit pas le cent électoral : elle se borna à exiger des conditions de domicile et de moralité. La constitution de 1852 a également supprime le cens, et reconnu le droit élee toral de tout Français âgé de vingt et un ans , et jouissant des droits civils.
M.KiTF.UKs DK L' F. M PI RE. — L'empire d'Allemagne avait primitivement sept électeurs : il en eut plu- lard huit et raênu neuf; ils étaient considérés comme souverains. On trouve dans les lettres historiques de ivilisson des détails sur I éti-
3 nette qui était observée à leur égard ans la cour de France, l orsque Louis XI v traversa, en 1672, les Etats de Y> lecteur de Cologne , l'électeur dtna avec lui. :<e roi était seul au haut bout d'une longue table ; il avait & sa d<oite Monsieur et à sa gauche l'électeur de Cologne, l'un et l'autre sur des sièges pliants (Lettres historiques de PeUis* "n,t. F, p. 120-I2t). Le roi ayant visité une des églises de l'électoral, l'archevêque- électeur vint le recevoir à la porte et lui présenter la croix à baiser et l'eau bonite: il ne portait point le costume épiscopal , mais des bottes et un justaucorps ( ioii., p. i 19 L
ÉLECTION. — On appelait autrefois élection, une circonscription financière soumise à la juridiction des élus. Ces magistrats dataient d-** célèbres états généraux de 1356. L'assemblée des états voulant re-ler elle- " cme la perception et l'emploi des deniers publics, nomma des commissaires généraux pour (aire la répartition de l'innèt dans les provinces, et en surveiller la perception.
« Seront levés l'ai-ie et les subsides, dit 1 ordonnance du 12 mars -t 355 ,1356), par les déuulés des mus états, en ebacun pays.» Les commissaires nommés par les états pouvaient établir des sous-corn niissaires chargés de la même mission , dans les localités inoins importantes. Ces souscommissaires s'appelèrent élus à cause de leur origine, et la circonscription soumise à leur aut rite se nomma élection. Charles V conserva les noms tout en changeant le caractère des fonctionnaires. Dès 1367 , il les soumit à des inspecteurs nommes par le roi ( Ordonnances, V, I8L Enfin, en 1372, iï le» transforma en fonctionnaires royaux. Au lieu
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do magistrats élns par une assemblée natinnale, il eut dos délègues royaux constittië« en tribunal, et chargés de répartir certains impôts et do juger les procès qui s'élevaient à cette occasion.
La jirritiictinn des rlus se maintint jusqu'à la révolution; ils connaissaient de rassiette des tailles, aides et autres irapositions et levées des deniers royaux , ainsi que des cinq grosses fermes Mais les domaines, droits domaniaux, gabelles, n'étaient pas de leur compétence. V élection de Paris était composée d'un premier président, d'un lieutenant, d'un assesseur, de vingt conseillers p/im, d'un avocat et d'un procureur du roi . d'un substitut, d'un grenier, d'un premier h insérer, de trois buissiers audiencicis, de huit procureurs des tailles, de huit huissiers, et de huit receveurs des tailles. Le siège de cette juridiction était dans la cour du palais, Il y avait, en tout, cent soixante-dix-nenf élections; on en trouvera le tableau à l'article Géxéiuuté.
ÊIJSCTION DES ÊVF.QUF.S. — 1<es évêques étaient élus primitivement par l'assemblée des «fidèles et approuvés par les rois. Voy. Ck&AGfi et Eveouer.
fcLP.CTI ON DES h 01 S. — On a beaucoup discuté pour savoir si la royauté était primitivement élective chez les Francs. Vertol a érrit sur cette question controversée une dissertation qui a été insérée dans le t. IV, p. 672, des Mémoires de l'Académie des inscriptions et belleslettres. Il y exnose une opinion qui parait vraisemblable et qui est appuyée sur on grand nombre de textes : savoir que la rovauté était héréditaire cher les Francs dans une seule famille; mais que les guerriers francs pouvaient s'attacher aux membres de cette famille qu'ils préféraient. Ainsi s'expliquent les partages de l'empire franc. <»n voit même dans Grégoire de Tours, un guerrier nommé Mumiéric se faire proelamer roi comme parent des Mérovingiens et se faire suivre en cette qualité par des troupes de paysans. Aux objections et aux reproches qu'on lui adresse, il répond : « l*e trône m'appartient aussi bien qu'à Thierry. * (Mih\ salium regni debetur ut illi. ) Les formes adoptées pour la proclamation des rois rappelaient l'élection primitive ; ils étaient placés sur un pavois on bouclier et promenés dans le camp au milieu des acclamation^ des Francs. Les formules de Marculfc fournissent une nouvelle preuve de cette espèce d'élection. •> Nous avons ordonné, dm consentement des grands (et/m ronsensrt procervm n»stmrum ) , que notre glorieux fils fut associé au pouvoir
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royal. « Les acclamations nsitées au sacre des rois étaient un souvenir de ces élections des roi* francs D'après le procèsverbal do sacre de Philippe lrT 23 mai 1059 \ « les cbevalters et le peuple . les grands et les petits s'écrièrent par trois fois d'une voix unanime : Nous approuvons , nous voulons qu'il en soit ainsi. »•
ELECTIONS POLITIQUES. —Voy. Electeurs.
ÉLOGES ACADÉMIQUES. - L'usage des éloges académiques date du xvn« siècle. Mais à cette époque il n'y avait qua deux éloges qui >evenaient dans chaque discours de récipiendaire : l'eloge du roi et celui du cardinal de Richelieu, fondateur de l'Académie française. Auxvui'siècle , on y ajouta l'éloge de l'académicien que l'on remplaçait, bans le même temps, l'usage de retracer la vie et les travaux de chaque académicien fournil à quelques secrétaires perpétuel» une occasion d'exercer un talent, dont le goût, la délicatesse , la variété des connaissances, la juste mesure dans l'éloge devaient être les principales qualités. Fontenclle et d'Alemberi en donnèrent des modèles.
De nos jours, M. Mignet, dans les éloges des membres de l'Académie des sciences morales, a élevé l'éloge académique à la hauteur de brillantes et solides appréciations littéraires, historiques , morales et scientifiques.
Ce fut encore au xvnr* siècle que s'introduisit l'usage de proposer, pour sujet du prix d'éloquence que décerne l'Académie française, Véloge d'un personnage remarquable par son raéiiie littéraire ou par tout autre genre de supériorité. Thomas, La Harpe, Chamfbrt et plus tard M. Viilemain brillèrent dans ces concours académiques qui inaugurèrent avec éclat leur carrière littéraire. Les défauts de ce genre, oii l'élégance du style et l'élévation des pensées ne peuvent pas toujours compenser la monotonie des formes et la prétention de la phrase , l'ont fait presque abandonner depuis un certain nombre d'années. L'Académie française ne propose plus que rarement des éloges : elle les remplace souvent par des travaux littéraires et historiques qui demandent une appréciation plus large , plus forte , et^urtout plus impartiale des hommes et des événements.
ÉLOGES FUNÈBRES. — Voy. OuAlsom