H. BESANÇON
i5. Avignon.
Marseille.
Frëius.
Digne.
GitpN.
Ajaccio.
Algec.
Strasbourg.
Mets.
Verdun.
Belley.
Saint -Die.
Nancy.
Nîmes.
Valence.
Viviers.
Montpellier.
ÉVÊCHÊS ( Les trois ). — Aux xvi* et xvir siècles , on désignait sous le nom des trois évéchés Touï, Metz et Verdun qui avaient été réunis à la France sous le règne de Henri 11 (1552 ).
ÉVENTAIL. — Les éventails dont on se servait dans l'antiquité et pendant le moyen âge, étaient faits de touttes de plumes qui é' aient fixées au bout d'un manche d'ivoire souvent orné d'or et de
Înerrerics. Les femm» s portaient quelquebis ces éventails suspendus à des chaînes d'or. Dans la suite, on Ht des éventails de bois et d'ivoire arti lement travaillés .celui de Diane de Poitiers, que l'on conserve dans le cabinet de U Bibliothèque nationale, est d'ivoire. Les papiers, dont on a plus tard recouvert les éventails j sont devenus un objet d'art par les miniatures dont on les a enrichis.
Les savants bénédictins, auteurs des traités sur les anciens rites de l'Eglise, rapportent que les dUcres se servaient autrefois d'un éventail appelé (labellum, pour empêcher les mouches et autres insectes de tomber dans le calice. On voyait encore un de ces éventails au xviu* siècle dans la célèbre abbaye bénédictine de Tournus (Saône-ei- Loire ). U était couvert de noms de saints et de saintes qui formaient comme une litanie et d'inscriptions latines qui indiquaient l'usage auquel il était employé. L'inscription de Véventail de Tournus commençait par ce dystique :
FUminit hoc dotiam , refnfttor m
ObUtum puro pector* , »atne libens.
« Souverain maître du ciel, reçois avec bonté ce don que nou» t'offrons d'un cœur pur. >• L'artiste qui avait (ait cet éventail y avait inscrit son nom : « Jobel m'a fait
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en l'honneur de la sainte Vierpe ( Johel me MM0ÉH [ecit in honore Marix. )*
ÉTÉ QUE. — L* nom d'srfyuf dérivé du grec ini0KOK»< s>pnitie tn.sf}«c/eur. On donne aussi aux évoques les noms de prt- *ats et pontifes. Les anciens évoques, en parlant d'eux-mêmes, s'appelaient souvent «erwlenr* cto serviteurs de Dieu ou seret'**tw* de l Eglise. Il y a trois pointa à considérer en étudiant l'épi* scopat : 1* la nom inai'inn : 2° la consécration ; 3° la puissance des évêques.
S n*i Nomination des étéques. — Dans la primitive église, les évèques étaient élus par tous les fidèles. Sous les Mérovingiens , les élections avaient encore lieu, mois il fallait que le consentement «ta roi les sanctionnât. Il en Tut de mènte sous les Garlovingiens. Seulement, depuis Louis le Débonnaire, ei pendant presque tout le txp sièele , les élection s ecelésias*tiques se firent avec une grande liberté On a encore les formules employées à cette époque Aussitôt après lu niort d'un évèque, le clergé et le peuple envoyaient des députes au métropolitain pour le prévenir. Le métropolitain en donnait avis au roi, et, sur son ordre , nommait un dos évèques de la province pour visiteur. L'évêque délégué était chargé de présider à l'élection du nouveau pasteur, et de tenir la main à ce que les canons lussent observés. En même temps le métropolitain adressait au clergé et au peuple une instruction sur la manière dont l'élection devait se faire pour cire canonique.
Lorsque le visiteur était arrivé, il réunissait le clergé et le peuple, faisait lire les passages do saint Paul et les canons relatifs à l'élection des évèques. Il exhortait tous les iîdèles a suivre ces règles. Vendant trois jours on se préparait a l'élection par le jeûne et la prière. On procédait ensuite à l'élection , dont l'acte était signé par les principaux d'entre les membres de l'assemblée, et envoyé au métropolitain. Celui-ci convoquait tous les évèques de la province pour examiner la validité de l'élection. L'élu était présenté à ce concile provincial, et était interrogé par le métropolitain sur sa naissance, sa vie passée, sa promotion aux ordres, elc. On examinait aussi sa doctrine, et on lui faisait écrire une profession de foi. Si l'élection était jugée canonique et l'élu capable, le métropolitain fixait le jour de la consécration. Mais si l'élection clait entachée de simonie ou de quelque autre irrégularité, elle était cassée par le concile qui procédait à l'élection d'un autre évèque. Le métropolitain donnait au nouvel évè-
que une instruction par écrit pour lui expliquer en abrégé tous ses devoirs.
11 devait aussi lui remettre des exemplaires des canons. On transmettait au roi les a* tes de l'élection et de la confirmation de l'élection; il avait toujours le droit de ne pas les approuver, dit Fleur? ( Instit. au droit «ccMi., partie, chap. x ).
Telle fut la forme des élections jusqu'au xu« siècle. A cette époque, les chanoines s'efforcèrent de s'emparer des élections , connue le prouve le concile général tenu à Saint -Jean de l.atran eo 1 1 as ; le concile s'opposa à cette tentative. Néanmoins, dans la suite , les chanoines l'emportèrent, et, au commencement du xttt" siècle, ils étaient seuls en |M>ssession de nommer les évêoues. L'élection se faisait de trois manières ; xtr inspiration, par compromis , au scrutin. t° Election par truptratian. Après le sermon et la lecture des lettres dos chanoine» absents, lorsqu'on avait donné connaissance de la constitution synodale et chanté le Kent Creator, le doyen disait: « Très-chers frères, ici assemblés pour nommer l'évèque , il me setnblequ'un tel, notre confrère, est digne d'être élu. » Si tous les chanoines donnaient leur assentiment d'une voix unanime, le doyen disait aussitôt : « Au nom du l'ère, du Fils et du Saint-Ksprit, ainsi soit-il. En mon nom et au nom de tous ceux à qui appartient la présente élection, j'élis lel personnage pour notre confrère. » L'élu était alors prié de donner son consentement, ei aussitôt qu'il l'avait donné, on chantait solennellement le Te Deum. Pendant le chant, l'élu était conduit au grand autel où il se prosternait, et son élection était ensuite proclamée devant tous les laïques et ecclésiastiques présents. 2° Election par compromis. Le chapitre déléguait ses pouvoirs à quelques uns de .»es membres nui étaient chargés de l'élection. Lorsqu'ils étaient d'accord sur le choix, ils convoquaient le chapitre, et l'un d'eux faisait connaître l'élection. 3° Election au scrutin. Trois scrutateurs dignes de foi, et pris dans l'assemblée des chanoines, recueillaient en secret, séparément et avec soin, les votes de tous , ei les mettaient par écrit avec les noms des votants. Us en donnaient ensuite lecture aux chanoines assemblés. On comptait les suffrages et on comparait les mérites des candidats. Puis, si l'on s'accordait à nommer l'un d eux, l'élection était proclamée. L'élection par scrutin était la pins usitée.
Dequclque manière que se fit l'élection, elle devait être confirmée par le méiropo-
litain ou par le pape. Dans le cas ou l'élection était nulle par la faute des électeurs, le métropolitaiu on le pape étaient chargés de pourvoir à la nomination Si la nullité de l'élection n'était pas imputable aux électeurs, le chapitre procédait à une nouvelle élection. Les luttes qui accompagnaient presque toujours les élections et qui les frappaient de nullité, donnèrent une grande influence aux papes, qui s'emparèrent de la plupart des élections. Jean XXII alla jusqu'à réserver au saintsiége la nomination dans toutes les églises cathédrales; ce qui était abolir les élections. Le pape prétendait y suppléer en ne donnant les evèchés que de l'avis des cardinaux assemblés en consistoire, et plusieurs informations. Cestentaprovoquèrent une très-vive résistance. Le concile de Bàlc s'efforça de rétablir les élections, et la pragmatique de Bourges ordonna formellement que les.é\êqucs fussent élus canoniquement.
D'après le concordat de 1 5 16, le roi devait nommer un docteur ou un licencié en théologie ou en droit, qui fût au moins dans sa vingt-septième année, et qni eût toutes les qualités requises par les canons. La nomination devait être faite dans les six mois de la vacance; autrement le pape pouvait nommer au siège vacant dans les trois mois suivants. L'ordonnance de Blois (iS79) prescrivit de ne faire la nomination qu'un mois après la vacance, afin qne le roi pût 7 penser mûrement. Une enquête sur la vie et les mœurs de l'évèque désigné devait être faite par l'évèque du diocèse oh il avait passé les cinq dernières années et par le chapitre de l'église vacante. Il devait , en outre , être examiné par un évèque et deux docteurs en théologie. En realité , le roi nommait quand et qui il lui plaisait. L'évèque désigné faisait faire une information, y joignait sa profession de foi, et envoyait le tout à Home. Le roi y expédiait en même temps trois lettres de cachet, l'une pour le pape, la seconde pour l'ambassadeur de France , et la troisième pour le cardinal , protecteur de la France, c'est- à-dire chargé de défendre ses intérêts. Ce cardinal faisait le rapport au nom de la commission de quatre cardinaux qui devaient examiner les actes produits par l'évèque désigné, et proposait ensuite cet évèque dans un premier consistoire; ce qui s'appelait préconisa tion. Dans nn second consistoire, il faisait son rapport qui s'appelait proposition. Pendant l'intervalle, les cardinaux avaient du prendre connaissance des informations faites. Le pape recueillait ensuite les voix des cardinaux, et rendait le dé-
cret qui accordait les provisions. Cette formalité représentait l'élection faite, dans l'origine, par le métropolitain et ses suffragants sur le témoignage du clergé et du peuple. Après le décret du consistoire, on expédiait les bulles. Lorsque l'évèque les avait reçues, il prêtait serment au roi. et en recevait des lettres du grand sceau qu'il faisait enregistrer à la chambre des comptes. 11 obtenait alors mainlevée de la regale (voy. ce mot , et entrait en possession. Enfin , il devait se faire sacrer dans les trois mois.
La constitution civil* du clergé (voy. ce mot) rétablit les élections des évéques en même temps qu'elle changea les circonscriptions diocésaines et établit un évèue par département. Enfin le concorat de 1801 a décidé que les évéques seraient nommés par le chef de l'Etat et institués par le pape. Quand un siège est vacant , avis doit être donné au gouvernement par le métropolitain et le chapitre. Pendant la vacance du siège épisco» copal, le chapitre nomme des ficaires capitulaires chargés de l'administratioii diocésaine. La nomination de l'évèque est faite par une ordonnance émanant ou chef de l'État et l'institution canonique donnée par une bulle pontificale qui n'est reçue et publiée qu'avec l'autorisation du conseil d Etat ; l'évèque ne peut être sacre qu'après que la bulle a été approuvée et publiée.
S IL Consécration de Vévique. — La consécration de l'évèque doit se faire un dimanche dans l'église de J'élu ou du moins dans la province ecclésiastique autant que possible. Le consécralear e.n assiste au moins de deux évéques. Il doit jeûner la veille et l'élu également. Lorsque le consécrateur est assis devant l'autel , le plus ancien des évéques assistants lui présente l'élu en disant : « L'Eglise catholique demande que vous éleviex ce prêtre à répiscopat. » A l'époque des élections canoniques , le consécrateur demandait s'il était digne. Maintenant il se borne à demander s'il y a un mandat apostolique, c'est-à-dire la bulle principale, et il la fait lire. Ensuite l'élu prête serment de fidélité au saint-siége, d'après une formule dont on trouve un exemple dès le temps de Grégoire VII. Le consécrateur examine ensuite l'élu sur sa foi et sur ses mœurs, c'est-à-dire sur ses intentions pour l'avenir; car on suppose que l'on s'est assure du passé.
Ces questions terminées , le consécrateur commence la messe. Après l'épître et le graduel , il revient à son siège et l'élu étant assis devant lui , il l'instruit de ses obligations en disant « Un évèque doit
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luger, interpréter, consacrer, ordonner, offrir, baptiser et confirmer. » L'élu étant prosterne elles évoques à genoux, on répète des litanies, et le consécrateur prend le livre des Évangiles qu'il met tout ouvert sur le cou et les épaules de l'élu. A l'époque où les livres étaient des rouleaux , I Évangile ainsi étendu tombait des deux cfttés comme une étole. Le consécrateur met ensuite les deux mains sur la tête de L'élu en disant : « Recevez le Saint-Esprit. » Cette imposition des mains , dit Fleury auquel nous empruntons ces détails, est maïquée dans l'Ecriture comme la cérémonie la plus essentielle à l'ordination , et l'imposition du livre est aussi très-ancienne pour marquer sensiblement l'obligation de porter le joug du Seigneur et de prêcher l'Evangile.
Le consécrateur dit ensuite ane préface, ou. il prie Dieu de donner à l'élu toutes les vertus, dont les ornements du grand prêtre de l'ancienne loi étaient les svmboles mystiques, et, pendant qu'on chante l'hymne du Saint-Esprit, il lui fait l'onction de la tête avec le saint chrême ; puis il achève la prière qu'il a commencée demandant pour lui l'abondance de la grâce et de la vertu qui est marquée par cette onction. On chante le psaume cxxxn qui parle de l'oclion d'Aaron et le consécrateur oint les mains de l'élu avec le saint chrême. Ensuite il bénit le bâton pastoral ou crosse, qu'il lui donne comme marque de sa juridiction, l'avertissant de juger sans colère et de mêler la douceur à la sévérité. Il bénit l'anneau et le lui met au doigt en signe de sa foi et de son union avec l'Église, qu'il l'exhorte à garder sans taclie comme l'épouse de Dieu. Enfin, il lui Oie le livre des Évangiles de dessus les épaules et le lui met entre les mains en disant : « Prenez l'Evangile et allez le prêcher au peuple qui vous est confié; car Dieu est assez puissant pour augmenter eu vous l'effet «le la grâce. » La messe continue ensuite. On lit l'Evangile, et autrefois le nouvel évêque prêchait pour marquer son entrée en fonctions. A l'offrande, il présente du pain et du vin, suivant l'ancien usage, puis se joint au consécrateur et achève avec lui la messe, où il communie sous les deux, espèces et debout. La messe terminée, le consécrateur t bénit la mitre et les gants, dont il indique la signification mystique.
Le nouvel évêque est ensuite intronisé, c'est-à-dire place sur le siège épiscopaj élevé en forme de trône et couvert d un dais, comme jadis les trônes des rois et des princes. On clianlc le Te Deum , pendant que les évèques assistants promènent dans l'église le nouvel évêque, la mitre en
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tête et la crosse à la main, pour le montrer au peuple. L'évêque consacré termine la cérémonie en donnant la bénédiction solennelle.
Il y avait, au moyen âge, d'autres cérémonies pour la consécration des évèques.
Le samedi soir, le métropolitain, assisté de ses suffragants , prenait place sur un siège dans l'aître ou parvis de la cathédrale. L'archidiacre se présentait devant lui et se mettait à genoux. Le prélat, après lui avoir donné sa bénédiction, disait:
u Mon fils , que demandez-vous ? » L'archidiacre répondait : « Que Dieu nous accorde un pasteur. — Est-il de votre Église7 demandait le métropolitain ; quel mérite vous a plu en lui ? — La modestie, l'humilité, la patience et auires vertus, » répliquait l'archidiacre. Le prélat faisait lire ensuite le décret d'élection qui rendait témoignage du mérite de l'élu. Les ehanoines qui accompagnaient l'archidiacre certifiaient qu'ils avaient souscrit ce décret. Le métropolitain leur disait : « Prenez garde qu'il ne vous ait fait quelque promesse; car cela est simoniaque et contraire aux canons. » Puis il ordonnai! qu'on amenât l'élu. Celui-ci, encore à jeun était amené entre l'archidiacre et l'archiprêtre. Le prélat lui demandait quel rang il tenait dans l'Église; combien de temps il y avait qu'il émit prêtre; s'il avait été marié ; s'il avait donné ordre à sa maison. Lorsqu'il avait répondu à touies les questions, le métropolitain lui demandait encore : « Quels livres lit-on dans votre Eglise ? » 11 répondait : « Le Pentateuque, les Prophètes, l'Évangile, les Epîtres de saint Paul , l'Apocalypse et les autres.
Savez-vous les canons? » lui demandait le métropolitain. U répondait : « ApprenéVles-moi. » L'arche \ éque les lui exposait sommairement, lui promettant une plus ample instruction par écrit. Régulièrement, l'élu devait demeurer à jeun jusqu'au lendemain, après la consécration.
Le lendemain, il était présenté par l'ancien évêque assistant qui rendait témoignage de sa moralité et de sa capacité. Le métropolitain interrogeait l'évêque élu, et le reste du cérémonial ne différait pas de celui qui est encore pratiqué de nos jours. Seulement l'élu prêtait serment de fidélité et d'obéissance au métropolitain, et, à la tin de la cérémonie, ce dernier lut donnait une instruction écrite, dont Fleury rapporte les principaux points. Les voici .
« Sachez , mon cher frère , que vous venez d'être chargé d'un grand poids et d un grand travail, du gouvernement des ames ; vous devrez vous assujettir aux besoins de plusieurs et être le serviteur de tous.
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Vous rendrez compte au jour du jugement du talent qui vous est cou lie. Ayez soin do garder la pureté de la foi. Observez exactement les règles de l'Eglise dans les ordinations, soit pur les temps, soit pour la quali é dos personnes. Evitez surtout Pavance et la simonie. Gtfroez la chasteté; que îes femmes n'entrent point chez vous, et. si vi'Us êtes obligé d'entrer chez les religieuses, que ce soit en con.pagniede gens à l'abri de lotit sou|x;on. Evitez de donner scandale. Appliquez - vous à la
J indication ; prèdiez la parole de Dieu voire peuple abondamment, agréablement, distinctement et sans cesse. Lisez continuellement l'Écriture sainte, et que Poraison interrompe la lecture. Demeurez ferme dans lu tradition de ce que vous avez appris ; que lu sa nteté de votre vie soutienne vos instructions et qu'elle serve de règle et de modèle à votre troupeau. Ayez-en grand soin. Corrigez avec douceur et avec discrétion , en sorte que le zèle et la bonté s'aident mutuellement et que vous évitiez également la rigueur excessive et la mollesse Ne considérez personne dans vos jugements. Employez les biens de l'Eglise avec fidélité et discrétion , sachant que c'est le bien d'autrui que vous administrez. Exercez l'hospitalité et la charité envers les pauvres ; soulagez les veuves, les orphelins et toutes les personnes opprimées; ne vous laissez
f Oint élever par la prospérité ni abattre par adversité. » Tel est 1 abrégé de la formule que Ton trouve dans les plus anciens rituels pour l'instruction de tous les évôques. Le pape Urbain II donna une instruction semblable à Yves de Chartres, lorsqu'il le sacra é\èque en tout.
La consécration et l'inu < nisatjon de rëvêque étaient suivies au moyen âge de cérémonies particulières qui variaient suivant les contrées et qui étaient presque toujours une marque de subordination de la part des rtdèles et du clergé envers leur nouveau pasteur. A Paris , l'évèque était d'abord reçu par les chanoines réguliers do Sainte-Geneviève. L'abbé et les religieux allaient processionnellement à sa rencontre et le conduisant au chœur. Il déposait sur l'autel son offrande Qui consistait eu un ticlie pallium (voy. ce mot ); puis, revêtu des ornements sacerdouux et pontificaux, il prenait place sur un siège, pendant que les rehiricux Chantaient le Te Deum. Le chant" terminé, quatre génovefains ou religieux de Sainte-Geneviève , revêtus de chapes de soie, levaient sa cliaire et le portaient sar leurs épuules jusqu'à la porto du monastère par laquelle il avait fuit «on entrée. Il donnait à chacun d'eux
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un denier d'or au type de la monnaie de ia Les barons feudalaires de l'évèque le portaient à leur tour sur leurs épaules . précèdes desgénovéfams qui marchaien.
processionnellement, jusqu'à la chapelle de Sainte-Geneviève de la rue Neuve- Noire Dame. La , le doyen . le chapitre et tout le eleraé de la cathédrale venaient recevoir l'évèque processi nnelleraeni et le conduisaient à son église. Avant de faire son entrée, il prèrait serment de maintenir les droits de l'église de Paris; puis il entrait processi ou nettement par la porte occidentale, déposait un pallium sur l'autel, comme tt Sainte Geneviève, ci était installe solennellement.
Lorsque l'archevêque de Tours avait
été consacré , il allait à pied du uwmastère de Saint-Julien à l'église de Saiotr Martin , d'où il était porté a la cathédrale sur les épaules des barons. A Rouen, l'archevêque nouvellement élu venait à pied de l'église de Darnetal i petite ville située à une demi -lieue de Rouen ) marchant sur la paille qu'on semait devant lui. A Reims, l'archidiacre présentait à l'archevêque nouvellement élu une des cordes qui mettent les cloches en branle. L'archevêque la saisissait et l'agitait, recevant ainsi l'investiture de son église.
S lll. Puissance des éoéifues. — Je ne reviendrai pas sur ce que j'ai dit ailleur.; de l'auiorité que les lois romaines conféraient aux évèques comme défenseurs des villes (voy. Clergé); je n'insisterai pas non plus sur les droits féodaux dont ils étaient investis , puisqu'ils étaient les mêmes que ceux des autres seigneurs dont il est question au mol PSodalitë. On voit , par d anciens < -, que les ecclésiastiques payaient une redevance à Pévèque. Le concile de Toulouse tenu en Pannee 846 prescrit à chaque ecclésiastique chargé d'une paroisse de fournir à son evêque un mrnoi de froment, un minot d'orge , une m, -sure de vin et u; lu , à moins qu'il ne préfère lui payer deux sous, il importe surtout ici de faire connaître la pnissance spirituelle de revêque pour se taire une idée exacte des irrsutu lions ecclésiastiques. Je prendrai pour guide dans ette partie de mon travail, comme dans les précédentes, l'excellent traité de Fleury ae V Institution au droit» ecclésiastique." Les fonctions de l'< vèque, dit cet historien, renferment toutPexeicice de la religion chrétienne, dont il i. a aucune partie qui ne dépende de lui. -
l leury les divise en fonctions tmvrieurcs et extérieures: dans les fonctions intérieures sont compris le baptême, la prédication , Paduiintetrauon des twtre-
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