‹ Dictionnaire historique des institutions (volume 2)Chapitre 234 sur 300 · FOL · texte numérisé non relu

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avait, dans ces foires, une espèce de

solidarité entre tous les marchands d'un même pays, il était nécessaire qu'ils eussent un chef nommé par les suffrages de toute la communauté et chargé de défendre ses droits. On en trouve la preuve dans un fait qui se passa à la fin du xiii* siècle. Dans une des foires de Champagne de 1297, des commerçants de Lucques avaient manqué à leurs engagements. Les maîtres des mires en exclurent tous les Italiens. Albert de Médicis , qui prenait 1? litre de capitaine de la cammmnauté des marchands italiens ( captoneus et rector universitatis meroatorvm Italisc), intervint en faveur de ses compatriotes et obtint qu'ils fussent rappelés; ou n'excepta que les l.ucquois. Dans une lettre qui est parvenue jusqu'à noua, il annonça officiellement ce résultat aux Italiens et les rappela aux foires de Champagne.

La plupart des grandes villes du nord et du sud de la France avaient aussi leurs foires : Paris , les foires de Saint-Germain, du Terrrp l* , de Saint- Ovide, la foire aux jambons; Houen , les foires de la Chandeleur, de Saint- Romain et du Pardon: Falaise, la foire de Guibray; Beaucaire. les foires où toute la France envoie encore aujourd'hui ses produits, etc.

Indépendamment de leur importance commerciale , les foires exerçaient une grande influence sur les relations politiques. Là, se réunissaient les habitants de toutes les provinces ; la. s'émoussaient par le contact ces antipathies provinciales si vives au moyen âge, et que la civilisation moderne n'a pu complètement détruire: là, en un mot, se préparait l'unité de la France.

FOL APPEL. — Appel mal fondé. Du temps de Charlemague , le fol appel était puni d'une amende, et, si l'appelant ne pouvait la payer, il recevait des juges la bastonnade. Le fol appel est encore puni aujourd'hui d une amende de 10 fr.

FOLIE D'ESPAGNE. - Danse exécutée par une personne seule, comme la sarabande.

FOLLE (Mère).— On appert mère folle le chef d'une association burlesque qui s'établit à Dijon, en 1454 , sous le nom d'infanterie dijonnaise. .Les membres de cette corporation faisaient,.à l'époque de* vendanges , une promenade dans la ville : ils étaient travestis et montés sur des chariots. Leur drapeau portait l'image d'une femme assise, vêtue de trois couleurs, avec un chaperon à deux cornes; une

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