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De nombreuses ordonnances râlèrent la police des foires de Champagne On laissait aux marchands une grande li- ■» berté; ils nom niaient eux-mème* les maîtres des fotr^sqnirendaientsommairement la justice ci avaient droit de faire exécuter leur» sentences dans toutes les provinces de France, malgré l'opposition des magistrats dos localités. C'était une garantie indispensable pour les marchands de toutes les nations qu'il était de l'intérêt de la Franoe d'y attirer. On avait soin que ces étrangers y trouvassent des logements convenables. « Les Italiens, Florentins, Lucquois, Milanais, Génevois, Vénitiens, Allemands, Provençaux et autres y avaient deiueurance honnête. » Les rois ne manquent pas de signaler dans leurs ordonnances les avantages que ces foires de Champagne procuraient à la France et à tous les pays commerçants. Placée aux marches on frontières de la Bouruogne, du Lyonnais, de la Lorraine , de l'Ile-de- France et de la Flandre, la Champagne était. un dos points les mieux choisis pour être le centre du commerce européen.
« Les foires de Champagne, dit Philippe de Valois dans son ordonnance de 1344, ont élé fondées pour le bien commun de tous les pays , tant de notre royaume , comme de dehors; elles ont été établies ès marches communes (au point de contact des provinces) uourtous les pays remplir des marchandises qui leur sont nécessaires, et par ce ont consenti à leur fondation tous les prélats, princes, barons, ch-rétiens et mécréants. » Ainsi les musulmans eux-mêmes trouvaient protection dans ces congrès du commerce et de l'industrie. Cotait déjà , sur une échelle beaucoup moins vaste, ce spectacle de tous les peuples réunis par le commerce, que l'Angleterre a donné au monde, en
Les foires de Champagne avaient leur chancellerie particulière, ei des chauffecires institues pour sceller les actes de vente que dressaient quarante notaires.
Un officier public émit chargé de veiller à <»que les poids et mesures ne donnassent lieu à. aucune fraude. Enfin, pour que rien ne manquât à ces solennités du commerce, la .religion y ajoutait ses pompes et les ouvrait par une procession destinée à appeler les bénédictions de Dieu. Outre les garanties que chaque nation trouvait dans l'élection des maîtres des foires et des prud'hommes des différents métiers, elle avait encore pour protéger ses intérêts des magistrats particuliers que l'on appelait capitaines des foires. C'étaient de véritables consul* chargés de la défense de leurs concitoyens. Comme il y