‹ Dictionnaire historique des institutions (volume 2)Chapitre 237 sur 300 · FORTIFICATIONS · texte numérisé non relu

FORTIFICATIONS

FORTES ( Places ). — Vov. Châteaux forts et Fortifications.

FORTIFICATIONS. — Il a été question , à l'article Châteaux forts , des fortifications antérieures à l'usage de la poudre à canon. On élevait quelquefois, à cette époque, en avant des remparts, des fortifications qu'on appelait bretesches ou bre tiques. C'étaient dans l'origine des espèces de palissades. Dans la suite on appliqua le nom de bretesche ou bretèque à toute espèce de saillie en pierre ou en bois ajoutée à un édittee. Les publications se faisaient souvent au moyen âge du haut d'une de ces breteeches.

L'emploi de la poudre à canon produisit une véritable révolution dans l'art des fortifications. On renonça a ces hautes murailles qui croulaient sous les boulets ; on donna moins d'élévation et plus d'épaisseur aux remparts des villes fortes et on s'attacha à ne pas offrir à l'artillerie ennemie une muraille droite qu'elle pouvait battre en plein. De là ces fortifications étoilées qui couvrent les places de guerre et dont Vauban a été un des principaux inventeurs.

Dès la seconde moitié du xvi« siècle, l'on multiplia les fortifications. « Ce fut alors, dit Grotius dans ses Annales, que l'on trouva une excellente manière de défendre les villes. Le prince Maurice de Nassau , voulant défendre Bommel que menaçaient les Espagnols, fit élever de nouveaux remparts en avant de ceux qui couvraient la ville ; une troisième enceinte fut entourée d'un fossé rempli d'eau. »> Ces enceintes reçurent alors des noms qui sont restés en partie aux fortifications modernes. Nous nous bornerons à une définition rapide des ternies qui désignent les parties principales des remparts. Les bastions ont remplacé les anciennes tours. Ce sont des polygones non fermés et composés de quatre côtés. On appelle faces les deux côtés du bastion qui forment l'angle saillant (voy. fig. cijointe A et B ) et flancs les deux côtés

qui tiennent à l'enceinte bastionnée. La

partie de la muraille qui joint deux baslions F. F se nomme courtine. L'angle du bastion tourné vers la campagne s'appelle le saillant du basti«»n. L'espace compris entre deux bastion» est le front de I enceinte bastionnée Les bastions et courtines sont couverts par des fossés profonds. On appelle escarpe la muraille en terre ou en maçonnerie qui règne audessus du fossé du côté de la place et contrescarpe la muraille qui est de l'autre coté du fossé. On appelait autrefois ouvrage couronné un bastion complet flanqué de demi-bastions qui y étaient réunis par des courtines. Deux demi-bastions et une courtine formaient un ouvrage à corne*. Le bonnet de prêtre était une fortification dont la tète était formée par quatre faces, deux angles rentrants et trois saillants.

L'enceinte bastionnée est protégée par des ouvrages extérieurs. La courtine est ordinairement couverte par un ouvrage de forme rectangulaire qu'on appelle tenaille et qui sert à couvrir la porte ou poterne ménagée quelquefois dans la courtine. La tenaille elle-même est protégée par une fortification avancée, nommée demi-lune (Dj, dans l'intérieur de laquelle est ménagée une petite fortification qu'on nomme lunette iG); les assiégés peuvent s'y retirer à la dernière extrémité, i.a demi -lune était arrrondie dans les anciennes fortifications et c'est de là

Jue lui est venu son nom ; mais aujour- Tiui elle a généralement une forme triangulaire et se compose de deux faces qui présentent un angle saillant vers la campagne. Cette fortification de forme triangulaire s'appelait quelquefois rarefin. On communique de la demi -lune à la tenaille par un chemin protégé par de6 tertres et nommé caponnière. Le chemin couvert est formé par un parapet en terre qui longe le bord extérieur du fossé et que le glacis protège. Les talus par lesquels on descend du parapet dans les alentours de la place s'appellent glacis. Les gabions sont de grands paniers d'osier qu'on remplit de terre pour taire les parapets des simples batteries. Les manteicts sont formés de blanches doubles qui mettent à l'abri de la fusillade. On nomme blindes des fascines qu'on place entre deux rangs de pieux ou de claies et qui servent au même usage. On couvre quel-

Suefois les côtés des bastions au moyen 'ouvrages avancés qu'on appelle épaulements ou or illons. selon qu'ils sont de forme carrée ou arrondie.

Les citadelles sont fortifiées comme les places fortes; seulement les travaux d'art y sont plus multipliés et la citadelle est

ordinairement placée de manière à dor ner asile à la garnison . lorsque la place es forcée. On appelle casemates, des bâtiments à l'épreuve de la bombe , oh son; placés les blessés, les munitions, la pot dre , etc. Vauban a perfectionné ces fortifie* lion scomme presque toutes les parties du génie militaire.

Lorsqu'on assiège une place de guerre, on commence par ouvrir la tranchée. Oc appelle ainsi un fossé que l'on creuse ordinairement hors de la portée du fti des assiégés. On jette hors de la tranchée la terre qui rorrae une espèce de rempart

Sour protéger les travailleurs. Les parai tlesj inventées par Vauban, en 1673. relient les tranchées entre elles et server: de places d'armes pour les troupes chargées d'arrêter les sorties. On avance progressivement les tranchées en ayant soi:

de les Caire défendre par une partie de l'armée contre les sorties de l'ennemi. Les assiégeants arrivent ainsi jusqu'aux glacis d\>u ils battent les mars en brèche. Autrefois les assiégeants œuvraient leur camp par deux lignes de fortifications, appelées Pune circcmvallation destinée a les protéger contre les attaques extérieures et l'autre contre-vallation opposée aux fortifications de la place assiégée. Mais depuis la révolution on a néglige la ligne de circonvaUation. « Il est posé en principe , dit Napoléon dans ses Mémoires, qu'il n'en faut pas élever. » Parvenus aux glacis, les assiégeants attaquent la place par la mine et surtout par les batteries de brèche.

On attribue l'invention ou do moins le perfectionnement des mines à Pedro de Navarre, général espagnol, qui s'attacha à François l« et lui facilita le passage des Alpes en I5i5. Une galerie couverte conduit les mineurs jusque sous les murs de la place où l'on dispose des fourneaux remplis de poudre dont l'explosion détruit une partie aes remparts. L'usage des mines ne devint fréquent dans les armées françaises qu'au xvu* siècle. Les assiégés opposent des contre-mines , galeries souterraines d'où l'on entend le travail des mineurs et où l'on peut les combattre et les ensevelir sous les debris de leurs travaux. Les sorties sont dirigées contre les tranchées et les travaux extérieurs des assiégeants. Quelles que soient la force d'une place et la résolution des assiégés, l'art des sièges s fait de tels progrès que l'on sait raathe manquement à quelle époque la ville sera forcée de se rendre. 11 est rare aujourd'hui, dans les pays civilisés, qu'après avoir fait brèche dans les murailles par le canon ou par la mine, on en vienne

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