‹ Dictionnaire historique des institutions (volume 2)Chapitre 253 sur 300 · GAT · texte numérisé non relu

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de Bourbon lui donnait communémeo quarante livres; et tous les chevaliers de la cour chacun un franc , et les écuver* chacun un demi-franc La somme montai à près de cent francs que l'on donnait su père et à la mère pour que leur enta fût élevé à l'école.

On tirait le gâteau des Rois même Ils table de Louis XIV. C'est ce que prouvent les Mémoires de Mm* de Motteville « Ce soir, dit-elle â l'année 1648, lareùe nous tit l'honneur de nous faire apporta un gâteau à M-* de Brégy, à ma sœur * moi; nous le séparâmes avec elle. Notbûmes à sa santé avec de l'hippocri qu'elle nous fit apporter. » Un autre passade des mêmes Mémoires atteste que suivant un usage oui s'observe eacort dans quelques provinces , on réservait

Eour la Vierge une part qu'on distn 1 uait ensuite aux pauvres. « Pour divertir le roi , dit M»8 ne Motteville à l'année 1649, la reine voulut séparer an gàtest et nous lit l'honneur de nous y faire prendra part avec le roi et elle. Nous la fîmes la reine de la fève , parce que li fève s'était trouvée dans la part de k Vierge. Elle commanda qu'on nous apportât une bouteille d'hippocras, dont nous bûmes devant elle, et nous la forçâmes d'en boire un peu. Nous voulûmes satisfaire aux extravagantes folies de ce jour, et nous criâmes : La reine boitî»

Louis XIV conserva toujours l'usage du gâteau des Rois , même à une époque où sa cour était soumise à une rigoureuse étiquette. Le Mercure galant ( janvier 1684 i, en fournit une preuve. J'emprunte l'analyse exacte qu'en adonnée Le Grand d'Aussy. l.a salle avait cinq tables : une pour les princes et seigneurs , et quatre pour les dames, la première de celles-ci était tenue par le roi , la seconde par le dauphin. On tira la fève à toutes les cinq. Le grand écuver (ut rot k la table des hommes; aux quatre tables des femmes, la reine fut une femme, alors le roi et la reine se choisirent des ministres, chacun dans leur petit royaume, et nommèrent des ambassadrices ou ambassadeurs pour aller féliciter les puissances voisines et leur proposer des alliances et des traités. Louis XIV accompagna l'ambassadrice députée par la reine. Il porta la parole pour elle, et, après un compliment gracieux au grand écuyer, il lui demanda sa protection que celui-ci lui promit, en ajoutant que, s'il n'avait point une fortune faite, il méritait qu'on la lui lit La députation se rendu ensuite aux autres tables , et successivement les députés de celles-ci vinrent de même à celle de Sa Majesté. Quelques-uns

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même d'entre eux , hommes et femmes, mirent dans leurs discours et dans leurs proposition* d'alliance tant de finesse et d'esprit, des allusions si heureuses, des

[daisanteries si adroites , que ce fut pour 'assemblée un véritable aivertkûemenl.

En un mut, le roi s'en amusa tellement , qu'il voulut le recommencer encore la semaine suivante. Celle fois- ci, ce fut à lui qu'échut la fève du gâteau de sa table, et par lui en conséquence que commencèrent les compliments de félicilalion.

Il les reçut avec celle noblesse affable qui lui était propre. Une princesse , une de ses tilles naturelles, connue dans l'histoire de ce temps-là pur quelques étourderies, ayani envoyé lui demander sa protection pour tous tes événement^ fâcheux qui pourraient lui arriver pendant sa vie. « Je la lui promets, répondit- il , pourvu qu'elle ne se les au ro pas. » Réponse qui ht dire à un courtisan que ce roi- là ne parlait pas eu roi de la fève. A la table des hommes, on lit un personnage de carnaval qu'on promena par la salle en chantant une chanson burlesque.

Au commencement du xvin* siècle, les boulangers envoyaient ordinairement à leurs pialiques un gâteau des Rois. Les pâtissiers réclamèrent contre cet usage et intentèrent même un pro> es aux boulangers comme usurpant leurs droits. Sur leur requête, le parlement rendit, en I7i3 et 1717, des arrêts qui interdisaient aux boulangers de faire et de donner, à l'avenir, aucune espèce de pâtisserie, d'employer du beurre et des œufs dans leur pale, et même de dorer leur pain avec des œufs. La défense n'eut d'effet que pour Paris; l'usage prohibé continua d'exister dans la plupart des provinces.

Les gâteaux à fève n'étaient pas réservés exclusivement pour le jour des Rois. On en faisait lorsqu'on voulait donner aux repas une gaieté bruyante.

Un poète du xui" sièele, racontant une partie de plaisir qu'il avait faite chez un seigneur qui leur donnait une généreuse hospitalité, parle d'un uàieau a fève pétri par la chàlelaine : Si nous fit un g<ts~ tel à fève. Les femmes récemment accouchées offraient, à leurs relevailles, un gâteau de cetie espèce.

GAUCOURTE. — Robe courte qui était en usage dans certaines parties de la France au moyen â^e On trouve dans l'Histoire de Bretagne de 0. Lobtneau (t. Il, p. 1052 ), un in veiiiai ie des vêtements du duc de Breiagne, François II, mort en septembre j 488 ; il y est question d'une gaucourte : « Pour robe longue,

gaucourte et chaperon, sept aunes cl demie de noir. »

GAUDERON , GAUDRON — Plis ronds qu'on faisait autrefois aux fraises. Le journal de Henri ///,,par Pierre de l'Etoile, parle de collerettes à grands gaudrons , qui étaient de mode à cette époque.

GAUFRES. — L'usage des gaufres, dit Le Grand d'Aussy ( Vie privée des Français), remonte au moins au xm* siècle, car on en trouve le nom dans les poèmes manuscrits de ce temps-là'. C'était alors une pàii- série qu'on vendait au peuple dans les rues. Aux jours de fêtes, les marchands de gnufrts n'établissaient aux portes des églises avec tout ce qui était nécessaire pour les cuire immédiatement. Us vendaient leurs gaufres mutes chaudes. Charles IX , en 1560 .

leur défendit d'étaler les jours de Pâques, de Noël, de l'Assomption, de la Purification, de la Toussaint, de Saini- Michel et de la Fête-Dieu; et, comme souveni plusieurs d'enire eux se plaçaient à la fois dans le même endroit, ce qui occasionnait des querelles et de* luttes , il régla qu'ils seraient obligés d'éire au moins à la dUiance de deux toises l'un de l'autre. • Les gaufres sont un ragoût fort pri>é de nos paysans, écrivait examiner au xvi» siècle. Pour eux . au reste, il ne consiste qu'en une pâte liquide, formée d'eau, de farine et de sel. Us la versent dans un fer creux, à deux mâchoires, qu'ils ont frotté aupa ravant avec un peu d'huile de noix , et qu'ils mettent ensuite sur le feu pour cuire la pâte. Ces sortes de gaufres sont très-épaisses. Celles que font faire chez eux les gens riches, sont plus petites ei plus minces el surtout plus délicates, étant composées de jaunes d'oeufs, do ancre et de tine fleur de farine, délavés dans du vin blanc. On les sert à table comme entremets. Quant à leur forme, on leur a donné cello de rayons. François Irr les aimait beaucoup, et avait même, pour cet usage, des gaufriers en argent.»

GALLE. — Ancien nom de la contrée qui s'appelle maintenant France La Gaule eiaii un peu plus étendue: elle avait pour limites au nord le Ittilfll , à l'est le Rhin et les Alpes , au sud les Pyrénées et la mer Méditerranée, à l'ouest l'océan Atlantique. Les Romai ns l'appelaient quelquefois transalpine ; ils lui donnaient les nom* de braccata à cause d'un pantalon appelé bracca (braies que portaient les Gaulois, et comata , parce que les habitants lais-

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saicnt flotter leur longue chevelure sur leurs épaules. Au temps de César, la Gaule se divisait en Belgique au nord . Celtique au centre (entre la Seine et la Loire ), Aquitaine au sud. Dans la suite la Gaule celtique prit le nom de Lyonnaise , lorsque Auguste eut fondé la ville de Lugdunum Lyon).

au iv* siècle, la Gaule fut divisée en dix-sept provinces , savoir : la Germanie première, capitale Mouuntiacum (Mayence); la Germunie seconde , capi taie Colorua Agrippina ( Cologne ) : la Belgique première, capitale Augusta Trevirorum i Trêves-) ; la Belgique seconde, capitale Durocortorum ou Remi (Reims) ; la Lyonnaise première, capitale Lugdunum (Lyon) ; la Lyonnaise seconde , capitale Rotomagus (.Rouen); la Lyonnaise troisième, capitale Cssarodunum ou Turones (Tours ; la Lyonnaise Quatrième, capitale Senones Sens ) ; r Aquitaine première, capitale Avaricum ou Bituriges ( Bourges ) ; l'Aquitaine seconde , capitale Burdigala ( Bordeaux ) ; l'Aquitaine troisième ou Norempopulanie , capitale Elusa (Eauze); la Narbonnaise

Eremière , capitale Narbo-Martius (Naronne ); la Narbonnaise seconde, capitale Aqute Sextise (Aix) ; la Viennoise , capitale Viennœ (Vienne) ; la Grande Séquanaise , capitale Vesontio (Besançon) ; les Alpes maritimes, capitale Ebrodunum ( Embrun ) ; les Alpes grées et pennines , capitale Darantasia (Montiers ou Moutiers en Tarantaise ). Lorsque le catholicisme domina en Gaule, l'Eglise adopta pour les diocèses les circonscriptions qui avaient été établies par le gouvernement romain. Arles , ou résidait le préfet du prétoire des Gaules , devint le siège d'un métropolitain qui porta quelque temps le titre de primat des Gaules. L'histoire de la Gaule avant et pendant la domination romaine a été écrite plusieurs fois. On peut consulter D. Pezron, Antiquité de la nation et de la langue des Celtes autrement appelés Gaulois, et Amédée Thierry, Histoire des Gaulois.

Les moeurs et institutions de la Gaule trouveront leur place à l'article gaulois.

GAULOIS. — Les Gaulois ou habitants de la Gaule ont exercé une grande influence sur le caractère et les mœurs du peuple français. Quoiqu'il ne soit pas de notre sujet de raconter l'histoire des Gaulois, nous devons caractériser rapidement le génie de ce peuple. Les Gaulois sont représentés par tous les historiens de 1 antiquité comme un peuple ardent, mobile , prompt à entreprendre , prompt à «e décourager, impétueux au premier

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choc et cédant facilement à la résistance.

« Au commencement du combat , dit Tite Live, les Gaulois sont plus que des hommes , et à la tin moins que des femmes. » — »< Le caractère commun de toute la race gallique, selon Strabon, c'est qu'elle est irritable et folle de guerre , prompte au comhat , du reste simple et sans malignité. Si on provoque les Gaulois , ils marchent ensemble droit à l'ennemi et l'attaquent de front , sans s'informer d'autre chose. Aussi , par Is ruse , on en vient aisément à bout ; ol les attire au combat quand on veut, où l'on veut , peu importent les motifs ; ils sont toujourb prêts , n'eussent-ils d'autre arme que leur force et leur audace. Toutefois, par la persuasion , ils se laissent amener sans peine aux choses utiles:

ils sont susceptibles de culture et d'instruction littéraire. Forts de leur haute taille et de leur nombre , ils s'assemblent aisément en grande foule, simples qn'ib sont et spontanés , prenant volontiers en main la cause de celui qu'où opprime. » Il est facile de retrouver dans le peuple français de tous les temps, plusieurs des traits du caractère celtique esquissé par Strabon. L'ardeur guerrière des Gaulois les poussa en Italie , en Grèce , en Asie, et partout ils 6e signalèrent par leur courage ; mais il leur manquait cet esprit de discipline et d'unité qui fut une des causes de la supériorité do Rome. Aucune de leurs institutions ne réussit à leur donner cette unité ; on parle , il est vrai, d'assemblées de guerriers gaulois; mais elles ne comprenaient q ne les habitants de quelques provinces. Jamais elles n'embrassèrent la Gaule entière. Il existait au contraire entre les provinces des rivalités et des haines qui rendirent plus facile la conquête de la Gaule. Les Romains s'emparèrent d'abord du sud -est de cette contrée et l'appelèrent Proetncta romana (Provence). Bientôt Jules César trouva dans les divisions des Êduena et des Séuanais un prétexte de guerre, et il ompta la Gaule après dix années de combats ( 59-49 ). Deux classes seules , selon César, avaient de l'importance en Gaule , les prêtres ou druides et les nobles qu'il appelle chevaliers (équités).

A partir du règne d'Auguste, la Gaule ne fut plus jusqu'au v» siècle qu'une province ae l'empire romain ; elle en subit la langue, les lois et les institutions. Le druidisme ( voy. Druides ) fut à son tour vaincu par le christianisme. La Gaule ne transmit rien à la France de ses institalions ni de sa religion ; elle n'a exercé d'influence que par le génie celtique qu'on retrouve encore après tant de mélanges

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et de révolutions dans le génie français. Quelques usages conservés dans les campagnes ou dans certaines provinces paraissent remonter jusqu'aux Gaulois. Le mot d'Aguilanneuf, que l'un emploie dans quelques contrées, celui d'Aguignetle ( voy. Ageignette) , que l'on retrouve ailleurs, rappellent l'usage des druides de cueillir le gui sacré au commencement de l'année ( voy. Gci ). Les feux de la Saint-Jean allumés dans les campagnes et quelquefois même dans les villes < voy. Fecx db joie) ; les danses sous des guirlandes de fleurs et de feuillage ; et quelques autres coutumes se rattachent aux Gaulois. Quant aux monuments informes qu'ils ont élevés spécialement sur les bords de la Loire et dans la péninsule armoricaine , il est nécessaire de leur consacrer un article particulier.

GAULOIS ( Monuments). — Les monu-

ments gaulois se composent en général de fragments de rochers ou de pierres dont la forme est plus ou moins irrégulière , et qui sont tantôt isolées, tantôt groupées. On trouve généralement ces monuments , dont l'aspect est triste et presque sauvage, sur les landes de la Bretagne ou dans les forêts de l'ancienne contrée des Car nu tes (Maine et-l.oire, Eure-et-Loir, Vendée).

S l*r. Pierres det>out ou menhirs , lichavens. — Les pierres isolées, qu'on désigne quelquefois sous le nom de pierres debout, s'appellent en langue celtique menhirs ou peuitans ( ligure A). Aucune inscription , aucune sculpture n'indiquent la destination de ces menhirs ou peulvans; du moins jusqu'ici ou n'en a trouvé aucune trace, et il a été impos sible de déterminer avec certitude le caractère de ces monuments. Servaient-ih à marquer les limites d'une contrée ou à perpétuer la mémoire d'un homme ou d'un événement? On est réduit à des hypothèses plus ou nu 'Mis vraisemblables.

Quelquefois les mm lu r s sont alignés et couvrent une superficie considérable; à Carnac ( Morbihan ) , plus de douze cents menhirs se dressent sur les grèves de l'Océan. 11 est impossible de n'être pas frapi>é des efforts gigantesques qui ont été nécessaires pour transporter et aligner ces masses granitiques, l orsque les menhirs alignés se rapprochent par le sommet et forment des portes rustiques , on nomme ces pierres lichavens.

$11. Crom le< hs; pierres branlantes, etc . — Les pierres druidiques dessinent quelquefois des spirales , des ellipses ou des (vi des ; on appelle cet ensemble de pierres cromlech ( figure B). On a cru reconnaître dans ces diverses combinaisons des notions agronomiques qui se conservaient dans les collèges des druides ; mais on est encore réduit sur ce point à des hypothèses. Le peuple attache presque toujours des traditions merveilleuses à ces monuments celtiques.

Tantôt ce sont les fées, les dames blanches, qui ont apporté ces pierres duhauldes

(Fie. B ) montagnes ° et en ont

formé des monuments; tantôt les paysans racontent que des nains malfaisants ha-

(Fig. A).

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