GRAND MAITRE DE L'ARTILLERIE
Les grands maîtres de l'artillerie ont existé depuis le xv« siècle jusqu'en 1762. On a môme voulu, mais à tort, faire remonter plus haut cette institution. On appelait, il est vrai, artillerie toutes les machines de guerre dès le xur» siècle; mais ce ne fut qu'auxvi* siècle que le titre de grand maître de l'artillerie remplaça celui de grand maître des arbalétriers , supprimé ^par Louis XL En 1601 , le grand maître %de l'artillerie devint un des grands officiers de la couronne. C'était Sully, (jui, à cette époque, était grand maître de l artillerie. En 1755 , cette charge fut supprimée, et les grands maîtres furent remplacés par des inspecteurs de l'artillerie. Le grand mattre de l'artillerie avait la surintendance, l'administration et le gouvernement de l'artillerie de France, dedans et dehors le royaume.
Il ne se faisait aucun mouvement d'arlillerie que par ses ordres. Tous les marchés pour cette arme étaient conclus en son nom , et il arrêtait le compte général de l'artillerie que le trésorier rendait à la chambre des comptes. Le grand maître de Varlillerie y était reçu comme ordonnateur de tous les fonds pour les dépenses de l'artillerie. Il portait pour marque de sa dignité , au-dessus de l'écu de ses armes, deux canon» sur leurs aflots, accompagnes de boulets et de gabions.
Voici la liste des grands maîtres de l artillerie depuis l'époque oh les deux frères Bureau donnèrent à cette charge une véritable importance.- Jean Bureau, seigneur deMontglas et de l a Honssaye, contribua surtout k soumettre la Guienne et Gascogne à Charles VII : il mourut en H63.
Gaspard Bureau , seigneur de Villecomble , de Nogent et de Montfermeil , fut pourvu de la charge de maître de l'artillerie en 1444 : il mourut en 1470. Hélion le Groinc, mort en 1485 ; I.ouisni Crussol , commis , en 1469 . au gouvernement de toutes Je* artilleries; il mourut en 1473 ; Gorert Cadiot, son successeur, mourut la même année. Guillaume Bournel, seigneur de Lambercourt, tut pourvu, eu 1473 (!5aoûtï, delà charge de général, maître , visiteur et gouverneur de toute Varlillerie de France : il mourut en 1477. Jean Cholkt, seigneur de
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gcau , mort en 1479 ; Guillaume Picart,
.seigneur d'Estclan ; Jacques» Ricart de Galiot , seigneur d'Acier , un des plus vaillanls capitaines de la lin du xve siècle, eui la charge de maître de l'artillerie jus-
3u*en M93. Guy de LauziEres, seigneur e Montreuil ; Jean de la Grange, seigneur de Vieil-Castel , tué à Fornoue (1495); Jacques de Silly, seigneur de Longray, mort en 1503 ; Paul de Busse rade de Cet* , tué à Ravenne en 1512; Jacques Ricard de Genouillac, dit Galiot; Antoine de La Fayette; Jean de Pommer t ul , seigneur du Plessis-Biron , maître de l'artillerie au delà des munts ( 1515-1524 ), Brantôme a dit de lui ; •« M. le marquis de Pommereul fut le plus digne homme de son art qui fut jamais. » Jean de Taix se signala à la bataille de Cérisoles : il fut tué au siège de Hesdin ( 1553 ). Charles de Cossé, comte de Brissac, maréchal de France en 1550 , mort en 1563 ; Jean d'Estrées , seigneur de Cœuvres , mort en 1571 ; Jean Babou, seigneur de La Bourdaisièie , maître général de l'artillerie en 1567, mon en 1569 ; Armand de Gontaut, baron de Biron, tué d'un coup de canon au siège d'Epernay en 1 592; Philibert , seigneur de La Guiche et de Chaumont ; François d'Espinay, seigneur de Saint-Luc , tue au siège d'Amiens en 15S7; Antoine d'Estréks, nommé grand maître de l'artillerie le i«r octobre 1577 , se démit en t599. Maximilien de Béihune , duc de Sully et marquis de Rosny, nommé grand maître de l'artillerie en 1599 ; le 13 novembre 1601 la charge de grand maître de l'artillerie fut érigée en office de la couronne. Sully s'en démit, en 1610 , en faveur de son fils Maximilien de Béthune, pririce d'Enrichemont et marquis de Rosny, grand maître de l'artillerie de 1610 à 1632. Le prince d'Enrichemont fut deux fois disgracié, et la charge de grand maître de l'artillerie fut alors exercée , mais comme simple commission, par Henri de Scuombehc ( i62i-i622) et Antoine Ruzé , marquis d'Effiatc 1629). En 1632, Charles de La Porte , duc de La Meilleraye , succéda au prince d'Enrichemont, et mourut en 1664. Armand Charles de La Porte, duc de Maiarin et de La Meillerave , mort en 1669 ; Henri de Daillon, duc du Lude, mort en 1685 ; Louis de Crevant , duc d'Humières, morten 1694; Louis Auguste de Bourbon, duc du Haine, mon en 1736; Louis Charles de Bourbon, prince de Dombes , comte d'Eu , mort en 1775 , furent successivement grands maîtres de l'artillerie. A la cour, le grand maître de l'artillerie était ordinairement appelé M. le grand maître. Les Mémoires du
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temps et les lettres de M • * de Sé vigne le
désignent sous ce titre.
Dès 1755 (2 décembre) , le comte d'Eu s'était démis de la charge de grand maître de l'artillerie y et depuis cette époque le corps de l'artillerie lut placé sous 1 autorité immédiate du roi. Deux ordonnances des 3 octobre 1774 et 5 novembre 1776 organisèrent ce corps et lui donnèrent pour chefs supérieurs dix inspecteurs généraux , dont le premier eut le titre de directeur général ou de premier inspecteur général. Cette place fut supprimée en 1791.
GRAND MAITRE DES COUREURS. - L'ordonnance de Louis XI qui établit les postes en France (i9juin 1464 ) institua un conseiller grand maître des coureurs de France qui devait résider près du roi. Yoy. Postes.
GRAND OEUVRE. — Le grand œuvre, dans la langue des alchimistes, était le prétendu secret de changer tous les métaux eu or.
GRAND PRÉVÔT. — Le grand prêté t , qu'on appelait encore prêtât de l'hôtel , avait juridiction sur le Louvre et sur toute la maison du roi. Dans l'origine , les charges de prévôt de l'hôtel et de prévôt des maréchaux ou de la connétablie n'étaient pas distinctes. Il est question, dès la fin du xiv« siècle, d'un frétât des maréchaux ou prévôt de l'hôtel qui avait juridiction sur la suite du roi. Bouteillier en parle dans sa Somme rurale : « A ledit prévôt le jugement de tous les cas advenus en l'ost ou chevauchée du roi.... Le prévôt, de son droit, a l'or et l'argent de la ceinture au malfaiteur.» Les fonctions restèrent confondues jusqu'en 1475. A cette époque, Louis XI établit pour la première fois un prévôt spécial , a la suite de la cour. Il avait sous lui trente archers pour exécuter ses ordres. Le prévôt de l'hôtel ne commença à porter le titre de grand prévôt qu'à la fin du xvi* siècle (dernier jour de février 1578). Messire François du Plessis , seigneur de Richelieu , fut le premier prévôt de l'hôtel qui prit le titre de grand prévôt.
Le grand prévôt était assisté de plusieurs lieutenants généraux, deux de robe courte ou d'épée, et deux de robe longue ou appartenant à la magistrature. Il connaissait par lui-même ou par ses lieutenants de toutes les causes, tant civiles que criminelles, des officiers et marchands privilégiés attachés à la cour. Il taxait le pain , le vin, la viande et toutes les denrées nécessaires pour la
cour. Il donnait aux marchands privilégiés des lettres par lesquelles il les déclarait francs de tous droits et péages. Tous les crimes et délits commis à la suite de la cour et à dix lieues à la ronde, étaient justiciables du grand prévôt. Il pouvait faire saisir tons les criminels dans ce rayon et les faire juger par ses lieutenants, souverainement et en dernier ressort, en adjoignant à ses lieutenants six maîtres des requêtes ou , à leur défaut , six avocats. En matière civile, les appels des sentences du grand prévôt étaient portées au grand conseil. Il en était de même en matière criminelle , quand le grand prévôt n'avait pas jugé en dernier ressort. Voy. Miraumont , du prévôt de l'hôtel et de sa juridiction.
GRAND PRÉVÔT DE LA CONNÉTA- BLIE. — Il ne faut pas confondre le grand prévôt de la connétablie avec le grand prévôt de l'hôtel (voy. l'article précédent). Le premier était surtout chargé de la police militaire; il accompagnait l'armée commandée par le connétable ou par les maréchaux qui le remplaçaient, taxait les vivres destinés aux troupes, et jugeait les crimes des soldats en marche. 11 avait quatre lieutenants et des archers sous ses ordres.
GRAND RÉFÉRENDAIRE.— Charge analogue à celle de chancelier. On trouve des référendaires sous les deux premières races. On donnait aussi le nom de gra-d référendaire à un des principaux dignitaires de la chambre des pairs.
GRANDS AUGUSTINS.- Ordre monastique institué en 1256 par le pape Alexandre IV. Yoy. Clergé régulier.
GRANDS JOURS. — Les grands jours étaient des assises que des magistrats envoyés par le roi tenaient à certaines époques ou dans des circonstances solennelles pour la répression des crimes que les juges ordinaires étaient impuissants à punir. Philippe le Bel régularisa, en 1302, les grands jours de Champagne ou de Troyes, et ordonna qu'à l'avenir des commissaires nommés par le roi tiendraient régulièrement ces assises. Il y avait aussi des tribunaux féodaux dont les assises solennelles s'appelaient grands jours ou hauts jours.
A partir du xvi* siècle, le nom de grands jours fut réservé à des commissions extraordinaires qui siégeaient au nom du roi pour réprimer les désordres. Tels furent les grands jours du Poitou sous François I", les grands jours du Quercy et du Limousin sous Henri IV et
surtout les grands jours de Clermont sous Louis XIV (1665). Ces assises de Clermont ont dù surtout leur réputation au spirituel journal qu'en a laissé Fléchier. On y voit que les grands jours inspirèrent une salutaire terreur à quelques petits tyrans féodaux. La médaille que fit frapper Louis XIV à cette occasion proclamait avec raison que le salut des provinces était dû à la répression de l'audace des grands : Salus provinciarum , repressa potentiorum audacia.
GRANDS OFFICIERS. — Voy. Officiers ( Grands ).
GRAND VOYER. — Voy. Voierie.
GRASSINS. — On appelait ainsi pendant la guerre de la succession d'Autriche (1741-1748) un corps de troupes organisé par un capitaine de dragons nomme G rassi n. — Il y avait aussi à Paris un collège appelé collège des Grassins (voy. Université).
GRAV01RE ou GRAVOUÈRE. - Petit instrument de toilette usité au moyen âge. « C'était, dit M. Douët-d'Arcq (Comptes de l'argentene des rois de France ) , uftie sorte de poinçon ou d'aiguille ordinairement en ivoire qui servait à séparer les cheveux sur le devant de la tête. » Dans un compte de 1395 il est alloué huit sous parisis pour six gravouères d'ivoire blanc pour la rogne.
GRAVUlŒ. — Nous ne dirons que quelques mots de la gravure qui tient à peine à notre sujet. Il est cependant nécessaire d'en indiquer l'origine en France. La gravure sur bois qui esi la plus ancienne consiste à sculpter dans le bois des dessins dont on tire des épreuves.
Jusqu'en 1845, la plus ancienne gravure en bois que l'on connût était de 1 423; elle représentait un saint Christophe. En 1845, il a été exposé au congrès archéologique de Lille une gravure plus anciennede cinq ans ; elle représente la Vierge et l'enfant Jésus entourés de quatre saintes ; on lit sur cette image la date M CCCC XVIII en lettres gothiques.
L'art de la gravure ne devint commun en France que dans la seconde moitié du xv« siècle, on s'en servit pour orner les livres , oh les estampes , données par la
?iravure, remplacèrent les miniatures et brmèrent les encadrements. En 1478, on trouve des ouvrages ornés de gravures sur bois. Dès le commencement du xvi« siècle, on appliqua la gravure en bois à l'impression des cartes à jouer. La gravure sur cuivre , qu'on appelle encore gravure an burin ou en taille -douce .