‹ Dictionnaire historique des institutions (volume 2)Chapitre 48 sur 300 · AID · texte numérisé non relu

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emploient encore ces mots comme synonymes d'étrennes.

AGUILANNEUF. — Voy Agoicnette.

AGU1LLONEU. — Voy. Acuigsettb.

AHR1MAN. — Sous la domination des rois barbares, on appelait les guerriers libres ahrimans , hanmans , hermans , hommes de gu< rre (mon homme, Aer, toehr guerre). Ils avaient obtenu, aussitôt après la conquête, des terres tirées au sort et appelées n lieux, terres possédées en toute souveraineté ( ail tout et od terre). Une aune étymologie, m> ins vraisemblable, fait dériver le mot alleu de loost sort. Les ahrimans sont quelquefois désignés sous le nom de racnimis, qui, selon le cé.èbre historien de >, Jean de Mùller, et selon M de j auquel on doit une savante hisdroit romain au moyen âge, vient du mot allemand rek ou reich. grand, puissant: les rachimbourgs étaient donc les hommes libres, puissants ; on les appelle encore quelquefois les prud'hommes (probi homiws, boni tioinines).

Cette classe jouissait, dans le principe, de grands privilèges ; elle n'é&il soumise à aucun impôt, et ne devait au roi que quelques redevances en nature. Les ahrimam composa ent de droit l'assemblée des hommes libres, le mallum ou champ de mars. Le service militaire n'éiait pas pour eux une obligation ; c'était, dans le principe une prérogative Ces guerriers libres commandaient souvent à leurs chefs ; ils avaient droit au partage du butin. On se rappelle le Franc qui brisa, de sa framée, le vase de Soissons, en s'écriant que le roi n'aurait que le butin assigné par le sort. « Si lu ne veux pas aller en Bourgogne avec tes irères, disent les Francs à Ibéodoric ou Thierry, tils de Clovis, nous te laissons et nous marchons avec eux. m Un autre tils de Clovis, dotai re I«t refusait de conduire ses guerriers contre les Saxons : ils se jettent sur lui. mettent sa tente en pièces, l'en arrachent de force, l'accablent d'injures et le contraignent, en le menaçant de le tuer, de marcher contre les Saxons. 11 serait lacile de multiplier les exemples de celte indépendance primitive «tes arhimanx. Dans la suite, les hommes libres, propriétaires d'alleux ne furent ternis de prendre les armes qu'en cas d'invasion du pays par l'étranger. La totalité des hommes libres était alors tenue de marcher et on la désignait sous le nom de landtcehr ( land , terre, paya ; toe/ir, guerre, défense).

Les alleux sont souvent désignés dans les lois des barbares sous le nom de terres salique*. Les femmes ne pouvaient

les posséder. « Qu'aucune portion de la terre salique, dît la loi des Francs-Saliens, ne passe à une femme. » On a plus tard appliqué ce texte a la succession royale ; on a cm que la couronne, comme la terre salique, avait besoin d'être protégée par le bras d'un guerrier. Les Francs eux-mêmes trouvèrent trop dore la disposition qui privait les emnies du droit d'entrer en partage de l'alleu paternel. Une formule conservée par Marculfe prouve que de bonne heure on modifia la loi en faveur des tilles. Kn voici le sens . « A ma douce fille, c'est chez nous une coutume antique, mais impie, que les soeurs n'entrent pas en partage avec leurs irères dans la terre palernelle. Moi , j'ai pensé que, donnés tous à moi également de Dieu, vous deviez trouver tous en moi un égal amour, et, après mon départ d'ici-bas, jouir également de mes biens. A ces causes, ô ma très douce fille, je te constitue, par cette lettre, a rencontre de tes frères, égale et légitime héritière , en tout mon héritage; de sorte que tu partages avec eux non seulement mes acquêts , mais encore l'alleu paternel. »

La condition des ahrimans , qui présentait de si grands avantages, avait aussi ses dangers. Vahriman vivait isolé dans ses domaines, et son indépendance même l'exposait à des attaques de la part de voisins puissants. Souvent, pour se procurer un appui , le propriétaire d'alleu se plaçait sous la protection de quelque seigneur. On appelait recommandation l'acte par leuuel un ren- nçait à son indépendance primitive pour se faire l'homme d'un autre. Ce fut surtout pendant l'époque de la dissolution de l'empire carlovingien que les actes de recommandation se multiplièrent; la classe des ahrimans disparut presque tout entière, malgré l'obstination de quelques guerriers qui préféraient leur hère indépendance à une condition plus sûre, mais moins libre. Le Bavarois t.tiehon maudil son tils Henri qui avait reçu un béneâce de l'empereur Louis le Débonnaire au lieu de s'enfermer dans le sauvage isolement de ses pères Mais ces exemples étaient rares, et

Eeu à peu les alleux se transformèrent en énéfices. L'indépendance des propriétaires d'alleux parut si extraordinaire qu'on les traita de rot* et leurs terres de royaumes. C'est ainsi que l'alleu d'Yvetot était appelé royaume. Voy. Féooalité.

— Consult. l'essai sur les institutions politiques en France du v« au xm siècle, par M. <;uizot, dans ses Essais sur l'histoire de France.

A1DE-CHEVEL. — Droit dû par les vas-

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