‹ Dictionnaire historique des institutions (volume 2)Chapitre 74 sur 300 · BAC · texte numérisé non relu

BAC

AVANT-PARLIBRS. — C'était un de> noms que l'on donnait, au moyen âge, aux

avocats et procureurs.

AVANT-SOLIERS. — Partie saillante des maisons dn moyen âge; elle servait

d'ahri. Voy. Maisons.

AVÈNEMENT.— Voy. JOTEDX A VEXEMR5T.

AVENTURIERS. — Troupes mercenaires.

Voy. Armée.

AVEU. — Acte par lequel un Tassai ♦ mimerait les terres et droits qu'il tenait de son seigneur. L'aveu devait être remis dans les quarante jours qui suivaient la cérémonie de l'hommage. Voy . Féodalité.

AVEUGLES. — Voy. QuwzB-ViifOTS.

AVOCAT. — Voy. Justice.

AVOLÊS. — Ce mot signifiait étrangers, dans la langue du xiv« siècle.

AVOUÉ. — Au moyen âge on appelait atoués les défenseurs laïques des églises et des monastères; ils en devinrent souvent les oppresseurs. Voy. Clerc k et Vi dames. Les avoués sont aujourd'hui des ofti -iers ministériels. Voy. OFFICIERS Bii- MISTÉRIELS.

BABOUVISTES. — Nom donné aux partisans de Babeuf, sous le Directoire. Les Babouvistes prétendaient établir une égalité absolue entre tous les hommes.

BAC. — Au moyen âge on traversait la plupart des fleuves au moyen d'un bac ou

Sraud bateau plat. De là le nom de rue a Bac qui est donné à Paris et ailleurs à des rues aboutissant au fleuve. De Tliou ( livre CVII de ['Histoire de ion temps ) dit qu'en 1593 on traversait le Rhône au moyen d'un bac et d'une corde tendue d'un bord du fleuve à l'autre.

BACAUDES. — Voy. Bagaudes.

BACCALAURÉAT. — Premier des grades universitaires. Voy. Baculle, Gradues, MRoecine et Université.

BACHF.LE. —C'était le nom d'une terre qui, dans le système féodal, n'avait qu'un rang secondaire, et qu'on appelait aussi Bachelerie. C'est de là qu'est venu, selon quelques historiens, lo nom de Bacheliers que l'on donnait à de jeunes nobles qui n'avaient pas encore reçu l'ordre de chevalerie. D^tutres écrivains font dériver ce mot de h \s chevaliers. Les baclielerics étaient composées de dix inanse*, et réputées terres nobles, mais d'une classe inférieure aux terres de chevalier; elles

étaient sujettes à certaines obligations, et devaient fournir pour Vost on service militaire un homme d'armes , ou un demi, ou un tiers, ou un quart d'homme d'armes. Plusieors bacheleries se réunissaient, dans ce cas, pour compléter le contingent d'un homme d'armes. Ceux qui possédaient des terres de cette nature gardaient toujours le nom de bacheliers, quel que fut leur âge. Le bachelier av.dt pour enseigne le pennon ou pennonceau. Cet étendard se distinguait de la bannière, en ce que la bannière était carrée, tandis que le pennon avait une queue. On coupait cette queue, lorsqu'on transformait le bachelier en chevalier banneret. Voy. Bannehet.

Comme, au moyen âge, toute la société se réglait sur la hiérarchie féodale, on assimila au jeune chevalier tous ceux qui débutaient d..ns uno carrière. On appela bachelier un moine qui n'était pas encore prêtre, un jeune homme non marié , un apprenti soumis aux gardes du métier, enfin un théologien et un étudiant qui avaient obtenu le premier îles grades universitaires. Le moi bachelier ne se prend plus que dans cette acception. On a prétendu que bachelier, dans ce dernier sens, veuuit du mol latin baculus, bàion, ia~

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signe du bachelier ès lettres. Mai* celle étymologie esl beaucoup nv»ins vraisemblable que les précédentes. Voy. du Cange, Dissertations sur JoinvilU; Daniel, delà Milice française, ei D de Vaines, Dictionnaire de diplomatique.

BACHF.LER1E. — Voy. Bacbeli.

BACHELIER. — Voy. Bachele.

BACINET. — Espèce de casque qui ne couvrait que le crâne. Voy. Armes.

BADAUDS. — Ce mot , qu'on applique spécialement aux Parisiens, désigne des flâneurs occupes souveni de niaiseries.

Corneille fait dire, à un des personnages du Menteur qui parle de Paris :

Et parmi tant d'esprits plua polli et meilleurs Il y croit des badauds autant et plus qu'ailleurs.

On fait dériver le mot badaud, de badare, expression de la basse latinité, qui signifie regarder.

BAGAUDES — Ce nom vient, selon les uns, du grec Baylciv. errer ; selon d'autres, d'un mot celtique, bagad, qui signifie mntrgés, attroupé*. Il désigne, dans l'histoire, les Gaulois révoltes, qui , pour se soustraire à l'oppression romaine, prirent les armes, en 270 après J. C., sous Auréiien, et en 284, à l'époque de l'avénement de Dioclétien. Ces deux révoltes furent étouffées. Hais plusieurs passages de Salvien prouvent qu'il y avait encore des bagaudes au- v» siècle : « Je parle maintenant des hagaudes, dit-il, au livre V de son Traité du gouvernement dt Dieu, je parle maintenant dos bagaudes , qui dépouillés par des juges iniques et sanguinaires . écrasés, éKorgés , privés du droit de la liberté romaine, ont fini par perdre jusqu'au nom de Homains. Nous leur faisons un crime de leur malheur, nous leur faisons un crime du nom qui atteste ce malheur, nous leur faisons un crime du nom que nous leur avons imposé. » Dans le même livre , il représente ces bandes errantes , en rébellion perpétuelle contre une société inique et donnant un asile aux opprimés. « Les malheureux , dit-il , s'enfuient tantôt chez les barbares , tantôt au milieu des bagaades, et ils ne s'en repentent pas. Ils préfèrent la liberté sous l apparence de l'esclavage à l'esclavage sous l'apparence de la liberté. »

BAGNES. — L'institution et le régime des bagnes tiennent au système général de la pénalité adoptée en F rame; nous renvoyons à cet article. Voy. Peines.

BAGUE. — Voy. Anneau.

BAGUE (jeu de ). — Le jeu de bague était en honneur au moyen âge. Les cava-

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Jiers s'efforçaient d'enlever avec la pointe de leurs lam es la bague suspendue vers l'extrémité de la carrière On y faisait trois courses pour la bague, dit Brantôme, et une quatrième poor les dames. On retrouve le jeu «le bague dans les carrousels du xvii* siècle, uinsi qae le prouve le (•assage suivant d'un journal inédit du rè> gnede Louis X4V f Bibl nal., n» I73S bis): •« l.f jour de la mi -carême, 23 mars i«5(ï, le mi voulut faite paraître à toute la cour combien il éioil bien insinue en tous les exercices du corps, non moins qu'en toutes les belles qualités de l'esprit. Ce ne lui étoit pas asses d'avoir paru dans le manège uu-deasus de tous ceux de son âge et d'avoir donné de l'admiration à tous les spectateurs dans le seul divertissement où la dignité des sa iTtralM n'est nullement respectée et 06 lia courent autant de fortune d'être jetés par terre, s'ils ne serrent les genoux, que le moindre page de leur écurie. Sa M ulut courre la bague dans le Palais-Cardinal C appelé dans la sait» -Royal . et de

irois brigades être le chef de la première; M. de Guise, de la seconde; M. de Candale de la Irol Kl les étoiem compo-

sées chacune ci-- huit cavaliers, masqués, habillés à l'antique et autant bien montés Que l'action ci it pompeuse et de réputation. Chacun avoil son ©cuver et son page, portant sa lance et son é- u chargé de la devise de son maître. Celui du roi éioit semé dépensées tracées mots i Toutes en vue; ses livrées étaient blanches et incarnates; celles de M de Gui<e . de blanc et de bteu , el celles de M. de Can dale, vertes et blanches mm. de Vitry, de Navailles et de fardes Broient ITio n n de servir de maréch aux de camp. Apres que toute cette troupe vraiment royale eut passé par trois f- is devant les reines de France el d'Angleterre (An ne 'l'Autriche et Henriette de France, veuve de Charles I**), accompagnées de toutes les princesses el des dames placées sur la terrasse qui est cotre |« eourat !<• Jardin, du prince de Gomi, des cardinaux Antoine Barberin ci Muzurin, el de ions les autres princes et grands seigneurs du rovaume , qui pour lors étoieutà Paris, Sa Majesté ouvrit la carrière el donna seulement une atteinte h la bague. Le reste de la biigade courut ensuite el tous jusques à cinq fois chacun , et . insi des deux autres. La première et la dernière l'emportèrent sept foischacuneen quarante» ourses que (Iront l'une et l'autre avec beaucoup de justesse et de bonne grâce. Les bleus en eurent deux de moins, si bien que cette égalité de sept à sept jointe a la nuit qui survint obligea tous ces braves champions à re-

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mettre la décision de leur différend au lunai suivant 27 du même mois. Mais, « omme le rui ne pouvoit prendre aucun

fdaisir sans le communiquer, autant qu'il ui étoil possible , au peuple de sa bonne ville de Paris, il voulut que rassemblée de ces trois quadrilles se fit dans la cour du Louvre, afin que se rendant au l'ai u •.-Cardinal par les rues des Fossés-Saint-Ccrrnain de l'Auxenois, de l'Arbre-Sec et de Saint-Honoré, il eût plus de part à la joie de Sa Majesté en la voyant passer à cheval dans ce magnilique appareil. Le comte du Lude eut la gloire de voir son adresse reconnue par le présent 'que lui fit Mu,« la duchesse de Men teur ( Laura Mancini , nièce du cardinal Mazarin ) d'un diamant de mille écus. »

BAGUETTE SACREE. — Chez les Francs et môme sous les premiers Capétiens, les hérauts d'armes portaient une baguette sacrée ; elle était le symbole de leur dignité, comme le rameau d'olivier ou le caducée chez les anciens. On employait aussi la baguette comme symbole dans les contrats. I.a baguette, le bâton , la verye, la branche d'arbre indiquaient la transmission de la propriété. Un remettait une branche d'arbre enfoncée dans une motte de terre pour investir le nouveau propriétaire. La rupture de ce symbole indiquait la déposse.ssioii ou la réparation de la famille. «Si quelqu'un, dit la loi salique , veut se sé| arer ne sa parenté et renoncer à sa famille, qu'il aille à l'assemblée devant le dizainier ou le centenier ; que là il brise sur sa tète quatre bâtons de bois d'aulne en quatre morceaux , et les jette dans l'assemblée en disant : je me dégage de tout ce qui touche ces gens , de ser ment, d'héritage et du reste. » l e bâton était souvent le signe du commandement.

De là le sceptre du roi, la crosse de l'évèque, le 6d/on du maréchal, la verge du sergent ou huissier.

BAGUETTE DIVINATOIRE. — Depuis le xi* siècle, on trouve mentionné l'usage de la baguette divinatoire pour découvrir les sources et les trésors; c'est un rameau fourchu de coudrier, d'aulne, de hêtre ou de pommier. Voici comment on s'en sert: on tient dans sa main l'extrémité d'une branche, en ayant soin de ne pas trop la serrer; la paume de la main doit être tournée en haut. On tient de l'autre main l'extrémité de l'autre branche, la tige commune étant parallèle à l'horizon. On avance ainsi doucement vers l'endroit où l'on soupçonne qu'il y a de l'eau. Dès qu'on y est arrivé, la baguette tourne dans la main et s'incline vers la terre comme une aiguille qu'on vient d'aiman-

ter. Tel est du moins le récit de ceux qui croient à la vertu de la baguette divinatoire. Ils ajoutent qu'ede a aussi la propriété de découvrir les mines, les trésors cachés , les voleurs et les meurtrier! fugitifs. De nos jours, les somnambules ont remplacé U baguette divinatoire , au moins pour la recherche des trésors et des objets volés.

BAHU ou BAHUT. — Espèce d'armoire ou de buffet. Ce mot parait venir de l'allemand behulen, garder, conserver. On appelait bahut un coffre où dans le principe on déposait des munitions de guerre et les bagages des troupes; les soldats qui veillaient à sa garde se nommaient Banu tiers. U résuit* de plusieurs passages cités par M. Douet-d'Arcq (Comptes de l'argenterie des rois de France ) que le bahut n'était qu'une partie du coffret. Aujourd'hui on entend généralement parce mot un coffre en bois sculpté. l.<s amateurs du moyen âge recherchent avec curiosité cette sorte de bahuts. Lorsque le bahut avait plusieurs étages , il portait le nom a' nr moire (armarium), nom qui semble indiquer que, dans l'origine, on y conservait des armes. Il existe des armoires du xvr* siècle travaillées avec une grande délicatesse et garnies d'une multitude de compartiments. Les armoires à plusieurs étages, placées dans les salles à manger et chargées de vaisselle s'appelaient dressoirs.

C'était un genre de luxe que l'on recherchait dans les chaumières .comme dans les châteaux. Les riches étalaient les vases d'or et d'argent, les porcelaines de Chine , les émaux , les cristaux de Venise et de Bohème; la paysanne ornait son dressoir de faïences et de plats de terre vernis. Aujourd'hui encore les dressoirs existent dans les campagnes; les amateurs d'antiquités ne recherchent pas moins les dressoirs du moyen âge que les bahuts et les armoires sculptées.

BAHUTIERS. — Corps de troupes. Voy.

Bahut.

BAIGNEUR. — L'usage des bains chauds fut introduit dans les Gaules par les Humains. Ce peuple déployait une grande magnificence dans les salles de bains ou thermes ; il les ornait de statues et de peintures, les pavait de mosaïques, et y prodiguait les raffinements du luxe. L'usage des bains se conserva en Gaule après la chute de l'empire romain. Grégoire de Tours en parle plusieurs fois Pendant le moyen âge , on appelait é tûtes les salles de bains. Ces établissements, qui ne rappelaient en rien la magnificence des thermes romains, étaient à l'usage de la bour-

Î;eoisie et des classes intérieures. Les a mi lies nobles avaient ordinairement des

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salles de bains dans leurs hôtels. Il existait aussi, au xvu* siècle, des établissements tenus par des hommes experts dans tous les raffinements de U toilette ei nommés baigneurs ; ils formaient une corporation spéciale sous le nom de Barbiers- Êtuvistes. Le maître de l'étaMissenoiu s'appelait spécialement le Baigneur, ie- * nait son privilège du roi ou d'un des officiers de sa maison. M. Wal« kenaér a donné de curieux détails sur ces bains dans les Mémoires touchant la vie de Mmm de Sevigné, t. Il , p. 39. ««On se rendait chez le baigneur par différents motifs. D'abord par raison de santé et de propreté; c'était là que l'on prenait les meilleurs bains, les bains epilatoircs, les bains mêlés de parfums et de cosmétiques, par lesquels on donnait plus de vigueur au corps, plus de douceur à la peau, plus de souplesse aux membres. Cette maison était pourvue d'un grand nombre de domestiques soumis , réservés , discrets, adroits. On s'y enfermait la veille d'un départ, ou le jour même d'un retour, afin de se préparer aux fatigues qu'on allait éprouver, ou pour se remettre de celles qu'on avait essuyées. Vnulait-on disparaître un instant du monde, fuir les importuns et les ennuyeux, échapper à l'œil curieux de ses gens, on allait ebéz le baigneur; on s'y trouvait chez soi , on était servi, choyé; on s'y procurait toutes les jouissances qui caractérisent le luxe ou la dépravation d'une grande ville. Le maître de l'établissement, et tous ceux qui étaient sous ses ordres , devinaient à vos gestes, à vos regards, si vous vouliez garder l'incognito; et tous ceux qui vous servaient et dont vous étîezle mieux connu paraissaient ignorer jusqu'à votre nom. »

BAIL. — Le bail est un contrat entre le locataire et le propriétaire. Il y a eu , dès la plus haute antiquité, diverses natures de baux. Sous l'empire des barbares, on se servait des mots epistola prmearia, epistola prxstaria. Le bailleur gardait la charte due prxcaria; le preneur, celle qu'on nommait prxstaria. C était quelquefois un bail à longues années. On lit dans les lois des Wisigoths : « Si l'épltre précaire détermine un certain nombre d'années, après lesquelles la terre reçue à bail retourne au bailleur , le preneur doit la rendre exactement d'après les termes du contrat. » 11 s'agissait probablement de baux emjthytéotiques ou emphytéoses , dont la durée pouvait s'étendre de dix ans à quatre vingvdix-neur ans.

Les conditions des baux appelés précaires, de Y epistola prxcaria, variaient à Hnflni. Ils stipulaient quelquefois une

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concession perpétuelle qui dégénérait en

fief. Les conciles de boissons et de Leptinés, au vui* siècle, convertirent en précaires les terres que Cbarlca Maivl avait enlevées à l'Eglise et données à ses compagnons d'amies; t Les lurent concédée* à vie.

On appelait encore bail, du temps d-î saint Louis , U fiard** des biens d'un mineur confiée au plus proche parent, sans autre obligation que celle de le nourrir, d'acquitter ses dettes et do maintenir sou héritage en bon état.

BAILE. - Ce mot avait le même sens

que bailli. Voy. Bailli.

BAILLEE DES BOSFS. - Roses offertes

Kr les pairs de Franee au parlement de ris. Voy. IUdkva.iles fi'.odales.

BAILLEMENTS. - 11 était d'usage, m moyen âge , de taire lo signe do la croix et de dire Dieu vous bénisse à chaque bâillement , comme à chaque éternument.

(Lac. Sainte-Palaye, v* Baille* est..)

BAILLI. — Les mots Baile, Bailli, Bajelb, avaient primitivement le sens de protecteur. Le nom d«* bajule se trouve surtout dans l'empire d'Orient, où il désignait les précepteurs d« s princes. Ci arlcmagne emprunta ce nom a l'empire grec , et donna Arnulphe pour bnjult u Louis le Débonnaire. Dans la suite, on appliqua le nom de bailli à un magistrat charge du gouvernement d'une provint e. On appelait tait lie, bailliage ou bail t agi la circonscription territoriale sur laquelle s'étendait l'autorité des baillis.

Un bailli était, au moyen âge, le représentant du roi ou du seigneur féodal; il rendait la justice en son nom , commandait ses hommes d'armes, administrait ses finances , et s'occupait de tous les détails du gouvernement. Dès le lit* siècle, Henri II , roi d'Angleterre et duc de Normandie, adresse ses mendements aux baillis de ses domaines. En 1 1 90, Philippe - Auguste, pariant pour la terre sainte, règle l'administration du domaine royal dans un acte qu'on appelle son testament. 11 y parle des haillis qui doivent tenir leurs assises une fois par mois, et juger spécialement les crimes de meurtre, rapt, homicide et trahison. Cet acte prouve qu'ils avaient autorité sur les prévôts , et on doit en conclure qu'ils jugeaient les appels des sentences prononcé, s par les prévôts, tandis qu'eux mêmes ressor;issuient au tribunal des récents; les baillis étaient forcés d'y comparaître en personne A me sure que s'étendit le domaine royal, les baillis se multiplièrent. Au midi de la France, on appela sénéchaux des rnagt*-

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irais investis de fonctions analogues.

Ainsi , lorsque Louis Vill eut faii la conquête du Bas- Languedoc , il y établi l deux sénéchaux , l'un à Bcaucaire et l'autre à Carcassone.

Saint Louis institua quatre grands baillis à Saiu l-Qut 'Min pour le Verraandois, à Sens pour la Champagne, à Màcon pour la Bourgogne, età Saïut Pierre-le Moutier pour l'Auvergm-. Mais en même teni|)s il prit des précautions minutieuses pour restreindre l'autorité de ces magistrats elles empêcher d'usurper les droits régaliens : Défense d'acquérir des propriétés dans le lieu qu'ils administraient, et même de s'y marier ou d'y marier leurs entants, injonction d'y resier quarante jours après l'expiration de leurs fonctions, afin de répondre aux accusations portées contre eux , injonction de rendre bonne el loyale justice aux petits comme aux grands.

Jamais un bailli ne pouvait exercer ses fonctions dans le lieu de sa naissance, et il ne devait administrer un pays que pendant un espace de temps assez courl. Les ordonnances de saini Louis, rendues en 1254 et 1256, colles de Philippe le Bel en 1302 et 1303, multiplièrent les précautions pour empêcher les bdllis d'imiter l'exemple des eomtes et des ducs francs, et d'usurper comme eux l'autorité souveraine. Elles les astreignaient à venir en personne , au parlement royal , rendre compte de leur gestion et à justifier devant ce tribunal leur administration judiciaire et financière. Les baillis étaient, d'ailleurs, investis d'un pouvoir formidable. Touie l'adminisiration judiciaire, financière, militaire, était entre leurs mains. Lac. Ste-Palaye iv° Bailli), cite une commission donnée à un de ces magistrats, où l'on énumère les fonctions qui lui sont attribuées : « Si vous savez que messeigneurs de l'Eglise fassent aucun abus, vous en devez avertir le roi; si messeitineurs les nobles veulent faire aucune force, vous ne le devez pas souffrir, et, si messeigneurs les avocats veulent manger le peuple, vous devez faire belles informations el lesenvoverau roi. » Les baillis se servirent habilement do l'autorité remise entre leurs mains pour miner la puissance féodale et agrandir le pouvoir de la royauté.

Mais, à mesure que se perfectionna l'administration, et que l'étude du droit devint plus vaste et plus approfondie, il fallut diviser les attributions que réunissaient les baillis. Peu à peu chaque branche d'administration fut confiée à un fonctionnaire spécial.

L'inconvénient du cumul des pouvoirs militaire et judiciaire fut compris dès

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le xiv* siècle , ainsi que le prouve une ordonnance de la chambre des comptes, en date de 1335 , citée par Pasquier ( Recherches de la France , livre II , chap. y). Elle enjoint à Godemar du Fav de se démeure des fonctions de bailli de Chaumoni et Vitry; «car, comment qu'il soilbon homme d'armes, il n'a pas accouslumé de tenir plaicts ne assises ; » elle recommande d'établir, dans celte ville, deux baillis, comme c'était coutume. Là , commence à percer la distinction des baillis de robe et des baillis dépee; les premiers chargés de la justice, les seconds du service militaire. Lue ordonnance de 1413, rendue à l'époque où le parti caboebien procédait violemment à la réforme du royaume, autorisa les baillis à se choisir des lieutenants, sous leur responsabilité personnelle; c'était encore un moyen d'arriver à la division des pouvoirs judiciaire et militaire. L'ordonnance de Charles VII, rendue en H54 pour la ré format ion de la justice, décida que les lieutenants des baillis recevraient des gages, afin qu'ils s'occupassent avec plus de soin de l'administration de la justice. 11 y avait ordinairement, à cette époque, deux lieutenants pour chaque bailli, un lieutenant général et un lieutenant particulier. Sous Charles VIII, en 1493, les baillis n'eurent plus seulement l'autorisation de s'adjoindre des lieutenants; ils y furent contraints, L'ordonnanccorganique de Blois, rendue par Louis XII, en 1499, attribua aux parlements la nominaliou des lieutenants des baillis ainsi que celle des baillis ; elle exigea que les lieutenants des baillis fussent gradues en droit civil ou en droit canon. Le nombre des lieutenants continua de s'accr<>Hre. Chaque bailli eut un lieutenant général criminel, un lieutenant général civil , et plusieurs lieutenants particuliers ; la fiscalité multiplia ces charges qui étaient devenues vénales. L'ordonnance d'Orléans , rendue par l'Hôpital , en I56i, sépara formellement les tondions civiles el militaires; les baillis de robe courte et les baillis de robe lowjue eurent des attributions entièrement distinctes; bien plus, l'ordonnance de Blois, en 1579, défendit aux baillis de robe courte, aux buillis d'épee,de prendre part au délibéré des sentences que les lieutenants de robe longue rendaient en leur nom.

Ainsi , les baillis se trouvaient exclus de leurs propres tribunaux. En même temps, les gouverneurs leur avaient enlevé le commandement des troupes; les receveurs , la perception de l'impôt. Après avoir été investis d'une autorité illimitée, et avoir cumulé toutes les fonctions, ils se trouvèrent en dehors de la hiérarchie administrative «judiciaire, financière

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et militaire. Il* n'avaient plus , aux x*u* et xvui* siècles , que des attributions mal définies ; ils commandaient le ban et l'arrière-ban , convoquaient la noblesse de leur district , et étaient regardes comme ses chers naturels.

Les tribunaux , appelés bailliages, présidés par les lieutenants généraux des baillis, existèrent jusqu'à la révolution de 1789, mais avec des attributions dlfticiles a saisir. Câpres le dictionnaire de droit de Perrière , ils jugeaient seuls les

Îrocès civils de la noblesse et du clergé , orsque les ecclésiastiques comparaissaient devant un tribunal laïque; toutes les questions féodal? s appartenaient aussi à ces tribunaux. Ils étaient chargés de l'instruction des procès, dans les ras royaux, que l'ordonnance de 1669 définit ainsi : lèse-majesté , sacrilège avec effraction , rébellion, sédition, fabrication de fausse monnaie, héiésie, trouble public du service divin, rapt, enlèvement des personnes avec violence, correction des officiers royaux , malversations par eux commises dans leurs charges. L'institution des tribunaux . nommes présidiaux , en 1551, avait contribué à restreindre la juridiction des bailliages.

C'est de l'ancienne juridiction des baillis que vient le mot bel ou bailt, employé encore aujourd'hui pour désigner certaines parties des châteaux torts oii le bailli avait son tribunal. Quelquefois le lieu ou le bailli tenait ses assises s'appelait bailliage.

Outre les baillis royaux ou hauts baillis, il y avait un grand nombre d'officiers de ce nom. Dans l'ordre de Malte, le titre de bailli désignait une dignité inférieure à celle de grand prieur et supérieure à celle de commandeur. Les abbayes, les évêchés, et beaucoup de seigneuries particulières avaient leurs baillis. A Paris, le bailli du palais était chargé de la juridiction dans l'enceinte du palais de justice; le bailli de la barre avait le même droit dans l'église de Notre-Dame , dans le cloître et parvis qui en dépendaient; le bailli de l'Arsenal, dans l'Arsenal, etc. Voy. Ferrière , Dictionnaire de Droit, v« Baillip ; Jousse , Traité de la Justice civile et criminelle ; Du Cange , v Bailli vus ; D. de Vaines, Diclionn. diplom., y* Baillif.

BAILLIAGE. — Tribunal du bailli. Voy.

Bailli

BA1LLIE. — Voy . Bailu. — Le mot baillie se prenait quelquefois dans le sens de tutelle.

BAIN. — Voy. Baigneur. — Au temps de

la chevalerie, le bain avait un caractère

symbolique. L'écuyer, qui aspirait à Tordre de chevalerie, se purifiait par un bain , signe de la candeur de l'âme , et se revêtait d'une robe de lin , avant de se présenter à l'autel où il devait être armé chevalier. De là vînt Tordre des chevaliers du bain , qui existe encore aujourd'hui en Angleterre.

BAÏONNETTE. — Cette arme, qui remplaça la pique, ne date que du milieu du xvii* siècle; on prétend qu'elle tire son nom de ce qu'elle fut inventée a Bayonne. 11 n'y eut d'abord que quelques compagnies armées de baïonnettes, un en trouve des exemples dès 1642; mais on admet1 généralement que le régiment des fini-!

liais, appelé dans la suite royal-artillerie, en fut pourvu le premier en i67i. Primitivement la baïonnette était adaptée à un manche de bois que l'on enfonçait dans le canon du fusil? de sorte qu'elle le bouchait et empêchait de tirer. Il fallait enlever la baïonnette pour se servir de l'arme à feu. On évita cet incouvenient par l'invention de douilles creuses, en noi ; dès lors la baïonnette ne s'opposa plus au tir, et le fusil, muni de la baiounette, fut tout à la fois une arme à feu et une arme blanche. En 1103, toute l'infanterie française reçut des fusils à baïonnettes grâce à l'influence du maréchal de Yauburi. De nos jours, les sabres des chasseurs d'A frique s'adaptent à l'extrémité des carabines en guise de baïonnettes et sont devenus une arme encore plus redoutable que les baïonnettes ordinaires.

BAISE-MAIN. — 11 était d'usage, à l'époque féodale , de baiser la main du seigneur, lorsqu'on renouvelait un bail avec lui, et en même temps on lui offrait un présent. Dans la suite, on supprima la cérémonie du baise-main ; mais on conserva le présent auquel on continua de donner le nom de buise-main.

BAISER DE PAIX. — Cette cérémonie était souvent un symbole d'investiture. Le vassal était quelquefois tenu de baiser le pied de son suzerain. Tout le monde connaît l'aventure de Charles le Simple renversé par un Normand que Bollon avait charge d'accomplir cette formalité de l'investiture Si le seigneur était absent an moment où le vassal se présentait, celuici baisait la porte, qu'on appelait alors Yhuis rou la serrure de l'huis. Celait une expression consacrée dans le droit féodal devenir l'homme de bouche et des mains de quelqu'un; devoir la bouche et les mains. Le noble seul donnait le baiser dans la cérémonie de Thommage. Le Ro-

co

mnn de la Rose prouve que le vilain n'avaii pas ce droit:

Et me baiMt irarai U boueh*

A COi nuls r Mains hotlM »• tOOCk» {

A moj «oueluer no l*ia»« mia Nul h..rom« où il ait rMJen...

Les femmes étaient dispensée» de cet usage. Dans le roman de Lanr.elot du lac, une jeune damoisclle à laquelle le roi Artus donne un t bateau, s'agenouille devant lui et lui baise le soulier (l.ac. Saintc-Palaye, Dictionn. manuscr. des antiquités franç.,\° Baiser ). I/usage de baiser la main semble un reste de ces cérémonies féodales. A la majorité du roi, il était d'usage que les princes et seigneurs lui baisasscntla main {DeThou, livre XXXV).

Dans certaines cérémonies religieuses , l'évêque présente «a main à baiser aux lidèles. L'usage de baiser le pied du pape s'est aussi conservé.

BAJULE. — Gouverneur. Voy. Bailli.

BAL. — Ce mot vient du grec pAttuv (jeter), d'où l'on fit dans le latin du moyen âge ballare, et dans le vieux français 6a/ler, qui signifie danser, chanier, se réjouir. Dans le bal , la danse domine (voy. Daî<se\ On trou\e dans les anciens romans de chevalerie et dans les historiens du moyen âge de fréquentes mentions de grandes fêtes ou bais donnés par les rois et par les seigneurs , entre autres par Charles V en 1J78, par Charles VI en 1389, 1390, 1392, etc. Le ballet est un mélange de danse et de drame. Catherine de Médicis avait contribué à introduire en France le goût des ballets. Il s'accrut pendant le w i r siècle, et jamais ce genre de spectacle ne fut plus en vogue qu'à cette époque. Louis XIV lui même dansa dans plusieurs ballets , et , entre autres, dans le ballet de Pélée et de Thétis, dont Bcnserade avait composé les vers. Ce ballet fut représenté , eu 1654, sur le théâtre du Petit-Bourbon. Souvent le ballet n'était qu'un intermède mêlé à l'action; ainsi les ballets des Tailleurs et de* Marmitons dans le Bourgeois gentilhomme. On appelle ballet d'action une pantomime , comme dans les ballet3 de Psyché, de Télémaque, de Pdris, de Médte. — Voy.

le Traité des Ballets anciens et modernes, par Menestrier, 1682; les Lettres de Noverre, sur la Danse et sur les Ballets, 1760 , et la Théorie des Beaux- Arts, par Sulzer.

BALADINS. — Ce mot dérivé de bal , désigne ordinairement des bouffons et des acteurs de bas étage. Voy. Théâtre,

BALANDUAN. — Espèce de manteau. Voy. Habillement.

BALDAQUIN. - Les anciens lits étaient couronnés de dais ornés de sculptures et faits en carton, en bois, en bronze, ou en tout autre métal. On appelait ces ornements baldaquins. On en trouve encore quelquefois au-dessus des autels , des lits ou des sièges de parade.

BALEINE. - Voy. Pêche.

BALEINIERS. - Voy. Pêche.

BALISTE. — Machine de guerre. Voy.

Armes.

BALISTIQUE. — Art de diriger les batistes. Voy. ARMES.

BALLADE. — Genre de poésie fort usité aux xiv», xv« et xvr» siècles. Voy. Poésie.

BALLET. - Voy. Bal.

BALLON. - Nom populaire des aérostats. Voy. AÉROSTAT.

BALLOTTAGE. — Ce mot s'appliquait

primitivement à des scrutin* où l'on se servait de petites 6a lies de diverses couleurs. U sert maintenant à désigner un scrutin définitif entre deux candidats qui ont obtenu à peu près le même nombre de suffrages.

BALUSTRADE. — Il était d'usage, au xvt» siècle , d'entourer les lits et les tables des princes de balustrades dorées.

De Thou (livre LVIII) parle d'une balustrade qui, en 1574, fermait tout accès à la table du roi, quand il y était assis.

BAN et ARRIÉBE-BAN. - Corps des vassaux et arrière-vassaux. Voy. Armée.

BAN. — Le mot 6a n indiquait dans l'origine toute espèce de proclamation; de là, le mot de bannissement pour désigner le châtiment auquel était condamné un homme forcé de s'éloigner de son pays et dont la condamnation était proclamée sur la place publique. M Michelet, dans ses Origines du droit, a traduit quelquesunes des anciennes formules de bannissement. En voici une : « A toi , coupable créature! En ce jour, je te proscris. Que ta femme soit veuve, tes enfants pauvres et orphelins. Tu subiras l'ordonnance du roi Charles, tu chevaucheras l'arbre sec, avec bâillon d'aubépine et baguette de chêne au col, les cheveux au vent, le corps aux corbeaux , l'âme au Tout- Puissant, m Quelquefois la maison du banni était rasée et du sel semé sur les ruines ; ses biens étaient toujours confisqués. Les anciennes lois de la France défendaient sous peine d'amende d'avoir aucune relation avec un banni (Nouv. Coutumier général, t. I, p. 825 ). Les lois modernes ont conserve la peine du bannissement.

Les dans pour la moisson, la ven-

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(il

dange, etc., se proclamaient avant 1789, par autorité seigneuriale; on ne pouvait commencer les travaux de la moisson ou de la vendange avant cette proclamation. Depuis l'abolition des luis féodales , un n'a conservé que le ban de vendange , sous forme de règlement de police.

Les bans de mariage ont été prétérits par le concile de Trente, en 1563 , pour prévenir les mariages clandestins. L'ordonnance de H h» s (1579) adopta cette décision , et l'usage s'en est couservé , dans l'Eglise, jusqu'à nus jours. On devait proclamer pendant trois dimanches consécutifs les noms de ceux entre lesquels il y avait promesse de mariage; mais l'usage s'est introduit de réduire, moyennant dispense, ces trois publications à une seule.

BANAL. — On appelait banal un lieu

Eublic qu'un seigneur avait le droit d'etalir pour y faire moudre la farine, cuire le pain, etc. Voy. Féodalité.

BANALITE. — Droit féodal qui consistait à établir un moulin, four uu pressoir banal, dont tous les vassaux étaient obligés de se servir.

BANDE NOIUE. — On a appelé bande noire , une association de spéculateurs qui achetaient les anciens ohàteaux et détruisaient les monuments pour en vendre les matériaux.

BANDEROLE. — On donnait quelquefois le nom de banderole au pennon ou bannière pointue et découpée que portaient les bacheliers. Voy. Bachele.

BANDES NOIRES. — Troupes mercenaires du xvie siècle. Voy. Armée.

BANDOULIÈRE. — Espèce de baudrier.

BANDOUL1ERS. — Ce mot désignait primitivement les troupes de vagabonds espagnols qui occupaient les ports ou passages des Pyrénées et dévalisaient les voyageurs. On a, par extension, appliqué ce nom à tous les soldats mercenaires

âui , aux xvi« et xvir» siècles , servaient ans les vieilles bandes. On appelait aussi bandoulitrs les archers des maisons de ville et jusqu'aux gardes forestiers qui portaient leur arc suspendu à une bandoulière.

BANLIEUE. — Au moyen âge, on appelait banlieue d'une ville ou d'une seigneurie la circonscription oh pouvaient se publier les bans ou proclamations de l'autorité communale ou seigneuriale.

Certaines communes avaient une banlieue fort étendue. On donnait aussi le nom de banlieue aux amendes encourues pour

délits commis dans la banlieue. (Voy. Prolàjotn. du cartul. de St. Pèr§ de Chartres, S 124.)

BANNERET. — Seigneur qoi avait droit de porter bannière carrée. Voy. Bam.iiehe.

BANNIERE. — On a prétendu que la première bannière de France fut lachap* de saint Martin portée dans les combats par le comte d'Anjou, grand sénéchal de France. Mais cette prétendue chape était , selun le père Daniel (De la milice française , 1. 1 , p. 492 ) , un pavillon , sous lequel les ruis de la première ei de la seconde race faisaient porter les reliques des saints lorsqu'ils entraient en campagne. Cette chape n'était donc qu'une espèce de châsse, oh se trouvaient, entre autres reliques, celles de saint Martin de Tours. Ainsi la première bannière de France ressemblait au char sacré ou carroccio des Milanais. Le pavillon sacré était placé sur uu chat surmonté d'un mât élevé d'uù flouait un vaste étendard. Pendant la bataille le char était déposé au milieu du principal corps d'armée ; dix chevaliers veillaient à sa garde, et dix trompettes retentissaient pour exciter l'ardeur de l'armée.

Il est cependant probable que la bannière qui flottait sur ce pavillou était celle même de saint Martin ; elle était de couleur bleue et de forme carrée , semée de fleurs de lis d'or. Il ne faut pas la confondre avec Yori\lamme. Ce dernier étendard était la bannière de Saint-Denis , d'étoffe rouge, fendue par en bas et suspendue à une lance dorée. C'étaient les comtes de Vexin qui primitivement la portaient à la guerre, en qualité d'avoués de l'abbaye de Saint-Denis. Lorsque le comté de Vexin fut réuni à la couronne, le roi de France devint avoué de Saint- Denis, et ce fut en cette qualité que Louis VI porta l'oriflamme en im. lorsqu'il marcha contre l'empereur d'Allemagne Henri V (voy. Armée). A la bataille de Bouvines , en 1214, et à la bataille de Poitiers, en 1356 , la bannière de France et l'oriflamme figuraient encore séparément. En 1415, le roi de France alla pour la dernière fois prendre l'oriflamme à Saint-Denis. Les rois de France avaient un troisième étendard , c'était une cornette blanche, qui était confiée a récuyer tranchant. On vit longtemps dans les armées françaises à côié de la cornette blanche un pennon de velours azuré à quatre fleurs de lis, servant également de bannière royale. Au xvi« siècle, la cornette blanche remplaça l'oriflamme et la bannière de France. En 1789, elle fit place au drapeau tricolore, qui comprenait les trots

«2 BAW

couleurs nationales, blanche , bleue ( Navarre), rouge(Paris). Chaque ville, chaque

Earoisse , chaque corporation , avait sa aunière qui représentait 1 image de son patron. En campagne, la bannière des églises était portée par leur avoué, et s'appelait encore gonfanon. A partir oes croisades , les chevaliers commencèrent aussi à lever bannière ; celle des bannerets était carrée; les bacheliers ne portaient que !c pennon ou bannière à queue. (Voy. IUchele). Les bannières étaient armoiriées et servaient à faire reconnaître les seigneurs au milieu de la multitude de guerriers couverts d'armures. — Voy. Galland, Des anciennes enseianes et étendards de France .

BANNISSEMENT. - Voy. Bah

BANQUE. — Le mot banque est d'origine italienne; il vient de banco, le banc où s'asseyaient les changeurs italiens, qu'on appelait banquiers ; banqueroute est dérive de banco rotto, banc rompu.

Le commerce d'argent que désignent tous ces mots fut d'abord exercé en France par des étrangers , par des juifs et des Lombards. Philippe Auguste ayant chassé ies juifs de ses éiats, dès le commencement de son règne, ils se réfugièrent en Normandie; là, ils donnèrent aux négociants étrangers et aux voyageurs des lettres secrètes sur ceux qui avaient reçu le dépôt de leurs richesses : c'est l'origine des lettres de change. Les Gibelins en firent autant, lorqu'ils furent contraints de quitter l'Italie, on reconnut 1'avat.tage de ces lettres de chance et des traites de commerce ; il s'établit dans les principales villes des chanqeurs ou banquiers qui se chargèrent de les payer. On les appelait quelquefois cambistes" du mot camtnum , qui, dans la basse latinité, signifie change. Quand ils soldaient la lettre de change avant l'échéance , ils prélevaient un droit qu'on appelait escompte. Le P. Menestrior cite, dès l'année 1209 , une riche maison de banque établie a Lyon ; elle avait pour chef Ponce Chaponnay. Lorsque Philippe le Bel eut ehassé les juifs de toute la France, en 1306, le commerce d'argent se fit surtout par des banquiers, qu'on nom* mait Lombards elCeérsinsÇv. ces mots).

An xvi» siècle, François établit à Lyon à limitation de plusieurs villes d'Italie , une banque publique qui rendit de grands services au commerce. Voici ce qu'en dit J. Bodîn ( République, livre IV) : «L'an MDXLUI (1543), le cardinal de Tour non , lorsqu'il avoit le crédit envers le roi François Ier, lui fit entendre qu'il y avoit moyen d'attirer en France les finances de tons côtés et en faire fonds à

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l'avenir pour en frustrer les ennemis; il lui persuada d'établir la banque de Lyon, et de prendre l'argent d'un chacun en payant l'intérêt à huit pour cent. Les lettrée décernées et l'ouverture de la banque ainsi faite , chacun y venoit à l'envi de laFraoce, de l'Allemagne et de l'Italie. » En 1549, une banque ou bourse de commerce fut établie à Toulouse; Rouen en eut une en 1566. Mais ce ne fut que beaucoup plus tard , au xvnt* siècle, que le système des banques et des bourses de commerce , déjà accrédite en Angleterre et en Ecosse , reçut en France une extension considérable. « L'Ecossais Law voulut, dit M. Thiers (Encyclopédie progressive ) , créer une puissance nouvelle., lecre'dif, indispensable au gouvernement depuis que l'administration était devenue si vaste, si compliquée, si coûteuse; il voulut augmenter la torce morale du gouvernement par la confiance des citoyens, sa force matériel le en mettant à sa disposition tout le numéraire de l'Etat; enfin, tuer l'usure qui , depuis un siècle , était la grande plaie du pays, et créer une banque administrant les revenus de toute la France, réunissant à l'exploitation des monopoles du commerce la fabrication des monnaies ; offrant aux capitalistes des moyens de placement , à la circulation un agent commode, une monnaie de compte à l'abri des variations de la monnaie d or et d'argent; tel fut le projet que Law présenta au régent. »

Le régent adopta ces idées et autorisa , en 1716, l'établissemént d'une banque, au capital de six millions, divisés en actions de cinq cents livres. Cette banque, dont les opérations sont trop compliquées pour que nous cherchions ici a eu exposer tous les détails, n'était dans l'origine qu'une caisse particulière, qui escomptait les lettres de change et délivrait des billets qui devaient être remboursés à vue en écus de banque à l'abri des variations monétaires. Cette première opération eut un grand succès et donna une vive impulsion au commerce. Un arrêt du conseil du mois d'avril 1717 déclara que les billets de cette banque seraient reçus comme espèces dans les caisses royales, La même année (août 17 1 7), le régent créa la compagnie d Occident , dont Law fut nommé directeur. Les actions étaient primitivement de cinquante livres ; on en créa pour vingt-cinq millions et on séduisit un grand nombre de capitalistes en leur promettant l'exploitation des terres et des mines de la Louisiane que le gouvernement abandonnait à la compagnie; on y ajouta bientôt la propriété du Sénégal et le privilège exclusif du commerce de la Chine. Dés cette époque l'engouement

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pour le aystimt de Law fit monter à un

prix excessif les actions de la compagnie. Comme les terres, dont on punncit.it l'exploitation, étaient situées principalement sur les bords du Mississipi, on appela les agioteurs Missiuipieiu. •« La somme totale des actions de la compagnie, dit Lemontey i Hist . de la Régence), finit pur s'élever à seize cent soixante et quinze millions; ce qui était plus que le double de tout l'argent du royaume à cette époque. Mais Law comptait, pour établir lu balance, sur le papier-monnaie de sa banque. On y portait l'argent , et on l'y échangeait en billets ; ceux-ci passaient à la compagnie en échange des actions ; les actions à leur tour passaient dans la caisse de Ut banque pour répondre de l'emprunt des billets, et, tandis que les actions doublaient, triplaient, décuplaient de valeur, les billets, dont le prix était invariable, tenaient lieu de l'argent, et même lui étaient préférés. » Le commerce profila d'ubord de la rapide circulation des capitaux qui résulta de cet engouement pour le svstèiue de I.aw. La marine s'accrut et la Nouvelle-Orléans fut fondée à l'embouchure du Mississipi.

En 1718 , la banque de Law obtint le privilège de l'affinage des métaux , de la fabrication des monnaies d'or et d'argent , de la vente exclusive des tabacs ; elle fut bientôt subrogée à la ferme générale pour le recouvrement des impôts; enfin , elle fut érigée, celte même année , en Banque royale. Law voulait réunir dans ses mains le commerce et les richesses de la France. La refonte des monnaies, qu'il lit exécuter en vertu des nouveaux, privilèges qui lui avaient été concédés , en diminua la valeur cl avaii pour but principal de dégoûter du numéraire.

H fut défendu de luire des remboursements en argent au-dessus de six cents livres. En m 9 , Law se fit encore concéder le monopole de l'ancienne compagnie des Indes fondée par Colbert. « On fabriqua a cette époque, dit l.emontey, une si norme quantité de billets de banque , qu'il fallut doubler le nombre des commis à la signature. Celte émission insensée n'effraya personne et ne ralentit point l'ardeur de l'agiotage. Les mois d'octobre et de novembre de cette année ( 17 19) furent un temps d'ivresse et de vertige , et l'apogée du système de Law. Mais l'aveuglement ne pouvait être de longue durée, et le jour où la moindre inquiétude ferait naître la pensée de réaliser en argent ces billets dont la valeur excédait si prodigieusement celle des espèces en circulation , tout ce fantastique édifice devait crouler. »

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Vainement Law s'a percevant de la ruine imminente de md système s'efforça de le soutenir par la violence. Ayant été nommé contrôleur général (s Janvier nao). il fit rendre par le conseil un arrêt aussi absurde que tyrannique qui défendait à toutes personnes cl communautés de garder chez elles plus de cinquante livres d'argent, sous peine de confiscation au profit des dénonciateurs et de uix mille livres d'amende. Malgré cet arrêt et d'autres aussi violents, on ne put payer les billets et les actions que l'on a ait si irnprud» union t multiplus la coni|»a»:nie dc> Indes fut la première menacée de ruine. Lnw la réunit alors à la braque par un arrêt du conseil (23 février I720). Le 5 mars, un nouvel arrêt du poneefl permit de convertir les actions de la »

en billets de banque et i< it iproquement. Hais ces mesures ne servirent qu'à entraîner la banque dans lu ruine de la compagnie des Indes. Alora la b*nquciuuU; commença; un arrêt du 21 mai 1720 réduisit les billets à la moitié de leur valeur. Le parlement fit rappoi ter cet arrêt; mais la confiance était perdue , et bientôt Law fut réduit à prendre la fuite. Un arrêt du 10 octobre 1720 déclara que les liillets de banque n'auraient plus cours force. On peut distinguer dans anch r

quatre points principaux : i° U 1 c banque particulière (1716), dont les opérations furent sages et utiles ; 2° la création d'une compagnie de la Louisiane (1717) d« actions n'avaient pour garantie que 1 terres peu connues, dont ou avait enorrm ment exagéré la valeur; 3" l'éjection de la banque de Law en banque rovale(i7i8j avec concession de privilèges immenses et entre autres de la fabrication des monnaies d'or et d'argent; 4° la réunion de l'ancienne compagnie des Indes à la compagnie de la Louisiane (1719;. C'est l'époque de l'apogée du système , l'époque où Law méconnaissant tous les principes, sur lesquels reposent les banques , multiplie l'émission des billets au point d'en rendre le remboursement impossible , et opère la fusion complète des compagnies de commerce et de la banque. Lorsque le désenchantement arrive et que les actionnaires demandent le remboursement, la banque devenue solidaire des compagnies est ruinée. Ce système avait enrichi quelques agioteurs qui avaient acheté les actions au pair, et les avaient revendues avec d'énormes bénéfices ; mais des milliers de familles avaient été ruinées. L'agiotage n'en continua pas moins , et le gouvernement donna aux banquiers et autres spéculateurs une des salles du palais Mazarin. La Itourse fut successivement transférée au Trésor.

Ci Ua.N

dans l'église de» Petits Pores , au Palaisli yal . et enfin à la Bourse actuelle qui , commencée en i8us, n'a été terminée qu'en 1826. C'est là qu'a lieu la vente des actions, dont l'usage n'a pas cessé depuis la banque de I aw. un divise le capital nécessaire pour la fondation d'une banque, pour la construction d'un monument, pour l'exploitation d'une usine, pour la publicat«on d'un journal, etc., en un certain nombre de parts qu'on nomme actions. Le porteur d'une action est tenu à verser une somme déterminée et a droit à une part proportionm lie des bénéfices. Depuis un certain nombre d'années, la construction des chemins de fer a donné lieu à l'émission d'un grand nombre d'actions. Leur valeur varie suivant le succès de l'entieprise; telle action qui n'était primitivement que de cinq cents francs a acquis une valeur double, triple, etc. Les actions se négocient comme les rentes sur l'Etat et leur cours est fixé à la Bourse comme celui des tonds publics.

Le mauvais succès de la banque deLaw fit abandonner pour longtemps le projet d'une banque nationale. On ne peut donner ce nom à la caisse d'escompte établie par Turyot en 1776 (24 mars\ Ce ne fut qu'en 1803, au moment où la France se relevait sous le gouvernement du premier consul , que fut fondée la Banque de France, au capital de trente millions. Ce capital fut progressivement augmenté et divisé en actions de mille francs, dont la valeur a varié avec les événements politiques. Depuis 1830 surtout, les actions de la Banque de France ont été trèsrecherchées. La Banque de France a pour but principal d'escompter les lettres de change , de faire des avances sur des effets publics ou sur des dépôts de lingots ou monnaies étrangères d or et d'argent, de se charger du recouvrement des effets, enfin de recevoir en compte courant les sommes versées par des particuliers et des établissements publics, et de payer les traites jusqu'à concurrence des sommes reçues. Les billets qu'elle émet sont un papier-monnaie d'une valeur certaine, et dont la diffusion facilite les opérations commerciales. La direction de la Banque de France est confiée à un gouverneur général, assisté de deux sous-gouverneurs , de quinze régents et de trois censeurs. 11 y a de plus un conseil général élu par les principaux actionnaires. La Banque a des succursales et comptoirs d'escompte dans les principales villes de France. Un décret de 1848 a changé en succursales de la flanque de France toutes les banques départementales. A la môme époque les comptoirs d'escompte,

BAP

fondés par des associations particulières, ont facilité les opérations commerciales entravées par la ense politique. Le privilège de la banque de France a été renouvelé le 29 mai 1857.

On appe'aitautrefois banquiers en cour de Home ou banquiers expéditionnaires, les banquiers qui avaient le privilège de faire obtenir les grâces, bulles, dispenses, etc.. de la cour de H orne. Ils tiraient leur origine des Guelfes d'Italie, qui, forcés de fuir leur pays, se réfugièrent en France et surtout à Avignon, vers 1330. « Ils y établirent, dit le bénédictin D. de Vaines, un bureau, p*rle canal duquel les dispenses, les brefs et les bulles passaient aux personues éloignées; c était pour eux une espèce de trafic, d >nt le gain était si sordide et l'usure si ctiante, qu'on les appelait les marchan ts et les enangeurs du pape (mercatores et cambialores do mi ni papae).» Les banquiers des grandes villes se chargèrent de fane venir les bulles et autres actes de la chancellerie romaine; mais il y eut tant de falsifications, que, sous Henri II, l'autoiité civile fut obligée d'intervenir pour réprimer les abus. Les banquiers en cour de Rome ne devinrent officiers publics que par,un éditde 1673, et par une déclaration dejanvier 1675.11s étaient au nombre de douze pour Paris.

Les expéditions de la chancellerie romaine devaient être revêtues de leur signature, pour avoir un caractère authentique deyant les tribunaux.

BANQUEROUTIER. — Le bonnet vert était infligé, jusqu'au xvu« siècle, aux banqueroutiers et débiteurs insolvables.

Dans quelques parties de la France, ils étaient tenus de comparaître devant les échevins,et on plaçait sur leurs vêtements un ruban rouge qu*ils portaient jusqu'à ce qu'ils eussent satisfait leurs créanciers.

BANQUIERS. — Voy. Banque.

BANQUIERS expéditionnaires en cour de Rome. — Voy. Banque.

BANS. — Voy. Ban.

BANVIN. — Ce mot composé de ban et de pin indique, comme le ban des vendanges, le droit qu'avait un seigneur d'accorder l'autorisation de vendre du vin dans ses domaines; il prélevait un impôt sur celte vente. On appelait aussi cet impôt Banvin.

BAPHOMET ou BAPHOMÉTE. — On trouva dans les caveaux desconimanderies du Temple des figures qu'on appelait baphomet, et que, disait-on, les Templiers adoraient. Quelques historiens y ont vu une image de Mahomet, d'autres soutiennent que ces figures à deux tètes apjiar-

BAP

tiennent aux cultes orientaux , et principalement à la secte des gnostiques.

BAPTÊME DU TROPIQUE. — Cet usage bizarre paraît remonter aux grande» découvertes du xvi* siècle, et s'est religieu • sèment conservé parmi les marins. La première fois qu'un Européen passe le tropique du cancer, il est soumis à ce haptème. les marins travestis en divinités de la mer, perçoivent une sorte d'impôt sur les navigateurs novices et les aspergent d'eau de mer Le* moins généreux parmi les initiés sont plongés dans des cuves d'eau salée. Voici les détails que donnent à ce sujet les voyageurs :On place au pied du grand màt une cuve pleine d'eau de mer. Le pilote se tient auprès le visage barbouillé; il est accompagné de matelots travestis comme lui. Devant lui est ouvert un livre de cartes marines.

l*es vergues et les hunes sont chargées de matelots armés de seaux pleins dYau. On amène en grande cérémonie celui qui doit être baptisé , et ou l'oblige de s'asseoir sur une planche que soutiennent deux matelots au-dessus de la cuve pleine d'eau lui fait jurer sur le livre que

tient le pilote, qu'il pratiquera sur les entres la même cérémonie , lorsque l'occasion s'en présentera; le serment prononcé, les matelots renversent la planche ; l'homme tombe dans l'eau, ctceuxquioccupent les vergues et les hunes le couvrent ::'un déluge d'eau. Un vaisseau qui passe pour la première fois la ligne équinoxiale est soumis au baptême du tropique,

moins que le capitaine ne rachète son bâtiment par quelques distributions faites

BAPTISTÈRES.— Les baptistères étaient, <ians le principe , des monuments où l'on onservait l'eau pour le baptême ; on les confond souvent avec les fonts baptismaux, qui ne sont que le réservoir pour l'eau du baptême, et, par conséquent, une partie seulement du baptistère. Dans l'origine, les baptistères étaient des monuments de forme ronde ou octogone , sépa rés des basiliques et situés à quelque distance des murs extérieurs de ces monuments. Depuis le vi* siècle on les a placés dans le vestibule intérieur de l'église. Le plus ancien baptistère est probablement celui de Saint-Jean deLatran, à Rome; on ■appelait baptistf-re de Constantin, d'après une tradition erronée, qui rapporte que <et empereur y fut baptisé. Le baptistère

présente un baptistère remarquable; il existait dès le xiv« siècle, et a été rebâti

au xvi« siècle. Il est soutenu par six colonnes de marbre et deux de granit Le principal bénitier repose sur une arophoie moderne, de même marbre que les colonnes. On sppeUil sussi (>apii*tnirv$ ou registres baptisfav m, les registres oit les curés tenaient note des personnes baptisées.

BARRACANE. — Espèce de forUBcation du moyeu âge, qui servait ordinairement de tête de pont.

BARBARES (Loto des). - Voy. Lois.

BARBE — On a écrit des roi urnes sur les révolutions de la barbe; uous nous contenterons de rappeler les principales. Les Francs portaient une moustache ; leur barbe était courte et tressée Les sceaux mérovingiens ne donnent une barbe plus nourrie qu'a Childebert III et Chiiperic- Daniel. Cnarlemagne et les Carlovingiens portèrent la barbe de plus en plus courte; elle fut entièrement rasée sous les rois capétiens, depuis le xm* siècle jusqu'à Philippe de Valois (i3?8). L'usage des longues barbes revint alors; mais il ne prévalut entièrement qu'à partir de François Ce prince, ayant été blessé à la tête, fit adopter la mode des cheveux rasés et des barbet l 'ligues. Cet usage disparut après Henri IV ou ne fut conservé que par les magistrats tidèles aux anciennes traditions. Le changement fut surtout sensible daus la seconde partie du règne de Louis XIII. Lorsque le maréchal de Rassoinpierre sortit, en 1642.

de la Bastide où il avait été enferme douze ans , il dit que tout le changement qu'il avait trouvé dans le m<>nde, était que les hommes ne portaient plus de barbe. A l'époque de la Fronde, on distinguait le premier président , Mathieu Molé , par le nom de la grande barbe. Sous Louis XIV, la moustache et la royale, ou mouche au-dessous de la lèvre intérieure, furent rasées comme la barbe. Les calvinistes desCévennes qui s'obstinèrent à les

garder, furent désignés sous le nom de arbets. Ce nom venait aussi de ce que leurs ministres portaient une longue barbe. Pendant la révolution , l'usage de la barbe, des moustaches , et de la mouche audessous de la lèvre inférieure fut de nou veau adopté ; rasées pendant l'empire et la restauration , elles ont reparu depuis la révolution de 1830, mais sans que cette mode ait pu s'établir universellement.

La barbe était quelquefois un signe symbolique. Dans une charte de l'année 1121, citée par D. de Vaines, on trouve un passage , dont voici le sens : - J'ai appose au

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