NAUTES PARISIENS
BATON. — Le bâton est souvent employé comme symbole du commandement.
Le roi portait un bâton ou sceptre, sur lequel on plaça , au xiv« siècle , une main de justice ; la crosse de l'évèque, la verge de l'huissier, la baguette du majordome, le bâton du maréchal de France avaient le même sens. Le bris do bâton indiquait la séparation ( voy. plus haut Baguette ). Aux funérailles du roi de France, lorsque toutes les cérémonies étaient terminées, le grand maître brisait son bâton en répétant trois fois .- le roi est mort. On trouve quelques actes du moyen âge écrits sur des bâtons, d'après le témoignage de D. de Vaines.
Le nom de bâtonnier désigne encore aujourd'hui l'avocat élu par ses confrères pour dresser le tableau des avocats, présider le conseil de discipline et représenter l'ordre entier. La première mention d'un bâtonnier remonte â l'année 1802.
Chaque année, les avocats et les procureurs réunis nommaient le bâtonnier. Le décret du 14 décembre i8io donna au procureur général le droit de choisir le bâtonnier parmi les membres du conseil de discipline. Une ordonnance du 30 novembre 1822 remit le choix du bâtonnier au conseil de discipline. Une ordonnance du 27 août 1820 a rendu à tous les avocats inscrits au tableau le droit de nommer le bâtonnier de l'ordre. Enfin un décret de 1852 a remis en vigueur les dispositions de l'ordonnance de 1822.
BATONNIER. — Voy. Bâton.
BATTUES. — Voy. Véneeie.
BAUDEQU1N. — Monnaie du xut* siècle qui valait six deniers. Le roi y était représenté assis sous un baldaquin ; d'où vint le nom de celte monnaie.
BAUDRIER. — Voy. Habillement.
BAUX. - Voy. Bail.
BAÏONNETTE. - Voy. Baïonnette.
BAZOCHE. — Le mot basoche vient probablement de basilique, nom qui désignait le palais de justice aussi bien que les églises cathédrales. Ce qui est cerJ-ai" c'est qu'on donnait le nom de bazoclxe à la corporation des clercs du Pa'™"> *fc
tuee par Philippe le Bel; £225 de cette corporation s'appelaient b^zockxens.
Ils élisait leur chefVqui P^™1^ ™m de rot de la baxoche et portait , comme
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insigne de sa royauté , une toque royale;
son chancelier avait la robe et le bonnet. Le roi de la bazoche terrait s<*s audiences au Palais et présidait à une procession générale des bazochiens, dans le» premiers jours de mai. Les clercs du palais obtinrent, dans la plupart des villes , de se former en corporation, d'avoir leurs chefs, et de célébrer des fêtes qui dégénéraient quelque'ois en saturnales. Ce fut le motif qui tri supprimer, u Taris, le titre de roi de la bazoche, sous Henri III, et interdire les spectacles burlesques auxquels les bazoehiens assistaient en corps, avec le prince des sots. Toutefois, les corporations de bazoehiens ont existé jusqu'en my, et la juridiction disciplinaire de la bazoche ir*a disparu qu'à la révolution.
BAZOCHE (roi de la) , BAZOCHIENS. — Voy. Bazocub.
BÉATITUDE. — Ce titre était employé, au moyen âge, comme formule de salutation, aussi bien que Votre Sainteté, Votre Paternité , etc. On l'adressait aux ecclésiastiques d'un rang élevé.
BEAU:SIRE-DIEU. — • C'était le nom d'une cérémonie qui se pratiquait tous les dimanches peur les dames chanoinesses de Hemi remont. L'une d'entre elles devait communier pour les besoins del'abb*y£; elle portait dans cette circonstance une sorte M guimpe qu'un nommait barbette.
BSAUX-AKTS. — Voy. acadlmu;.
BEC-DE-COKBIN (gentilshommes à).— Compagnie de gentilshommes de la maison royale, armes de nallebardes appelées becs-d'e-corbin. Voy Maison dc roi.
BEDEAU. — Ce mot, qui paraît venir de la basse latinité, bedellus , pedellus , indiquait des officiers d'un rang in:érieur. Pedellus était dérivé, selon l'étymologie la plus vraisemblable, rie pedum * bâton), à cause de la verge que portaient les bedeaux. On désignait sous ce nom les sergents ou huissiers des justices subalternes, les appHritenrs des universités qui portaient la masse devant le recteur, enfin les huissiers du clergé. Le mot bedeau n'est plus employé que dans cette dernière acception. Au xvi« siècle, les >edeau\ des églises avaient ordinairement les robes de deux couleurs t Pasquier, Recherches de la France, livre IV. i. Les itedeaux portent encore aujourd'hui le !>àion d'où ils ont probablement tiré leur
BEFFROI. - On donnait ce nom primitivement à une machine dc guerre en
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forme de tour, couverte de peaux humides , et dont on se servait pour approcher des murailles d'une ville et les .saper à couvert On appela be(froist par analogie^ de hautes tours, au sommet desquelles' veillaient des guetteurs, ;ifin d'avenir d'une ainque imprévue. On plaça, au haut du beffroi, une cloche que les guetteurs sonnaient , dès qu'ils redoutaient quelque danger. On la nomma ctocht' banale ; elle servait à convoquer les assemblées municipales, à avertir des incendies, a sonner le couvre -feu ; elle appelait les bourgeois aux armes Ces cloches communales, symbole de la puissance populaire, avaient souvent un nom particulier. La cloche de Gand s'appelait Koland;dela l'adage gantois : Roland! Roland! tintement, crest incendie! volée , c'est soulèvement! Enlèvera une ville son beffroi, c'était la priver de ses privilèges commnnaux. Une ordonnance de Charles le Bel, datée de 1322 , enlève à ht ville de Laon, pour un sacrilège commis duos celle ville, les droits de commune, échevinage, mairie, collège, sceaux, cloche et beffroi. La tour du beffn i existe encore dans un certain nombre de villes, surtout dans le nord de la France. Le guetteur y veille toujours pour douuer l'alarme en cas d'incendie : souvent, pour prouver sa vigilance, il répète, en truppant sur la cloche du beffroi , les heures que sonne l'horloge delà ville. Dans quelques villes, la cloche du i>effroi donne encore le signal du couvre- feu, et avertit les bourgeois en cas d'incendie par les sons précipités du tocsin. On appelle encore beffroi un assemblage de charpentes u'ou pose dans une tour pour suspendre es cloches. On isole le beffroi de la tour dans toute sa hauteuT. ei on nehu donne que l'élévation convenable pour le jeu des cloches, parce que plus il est élevé, plus il fatigue la tour. On a beaucoup discuté sur l'éiymolo-Je do mot beffroi: la plus vraisemblable est tirée de deux mois de langue germanique : bell et fried ou friendy cloche de lu paix, ou cloche des amis» Le s communes s'appelaient souvent dans le nord une ville de paix, de fraternité . d'amitié.
BÉGHARDS. — 11 s'établit, aux xn« et xhi« siècles , dans le nord de la France et en Belgique , des associations d'hommes et de femmes , qui , sans faire de vœux , se réunissaient pour prier. I a première as» sociation de celle nature fut établie à Liège, en U73, par Lambert Begg. Les hommes qui la eom|>osaient recurent, de leur fondateur, le nom de béghards; les femmes celui de béguines , et la maison
où ils se réunissaient (ut appelée bégm-
nage. Les hommes travaillaient, les le rames instruisaient les enfanta, soignaient les malades et les pauvres. On accusait les béghards et les béguines d'aspirer , oooametous les my> tiques , a «oc a perection impossible, et de dédaigner les actes pour i» s'occuper que de l'esprit. Cependant les béguines étaient en grande réputation de sainteté au xiit» siècle ; saint Louis les appelai Paris <»u leur couiruunatuc compta b ion lot plusoe quatre cents personnes, d après le témoignage deoeoffroy de Deaulieu , oon fesse ar de saiat Lomé. Enfla le roi Philippe m envoya consulter la béguine de Nivelle avant de prononcer sur la culpabilité o« l'innocence de la reine sa femme. Le concile de Vienne condamna les béghards et 1*3en i3ji. Mais les béguinages ne
BEGUINAGE , BEGUINES. — Voy. BÉ- GHARDS.
BEHOURO. — On appelait hehourd , bihourt , bohourt ou bouhottrt , un combat qu'on soutenait à cheval , la lance au poing, ou une course de cavaliers dans les rejouissances publiques. Oe mot avait encore d'autres signibcations. Il désignait quelquefois une espèce de bastion un château que les tenants entreprenaient do défendre contre tous assaillants. C'est dans ce sens que Moutjoye , roi d'armes de France, dans son Cérémonial de France, décrivant le pas d'armes de l'arc triomphal , dit qu'à la cinquième emprise oo oe pas , « les tenans se trouveroieut dans un béliourt, autrement dit bastion , délibérés de se défendre contre tous venaasavec harnois de guerre. >• Par extension , on appelait benourd l'attaque et lu défense d'un château. Les combats et jeux de cette nature furent en vogue à la cour, même lorsque la mort de Henri II eut fuit abandonner les tournois. Michel de Castelnau { liv. V, cb. vi ) , retraçant lea fêtes données par Catherine de Modicis, en 1564, dit que, « pour clore tous les plaisirs, le roi (Charles IX ) et le duc d'Anjou , son frère, se promenant au jardin, aperçurent une granoe tour enchantée , en laquelle étaient détenues plusieurs belles dames , gardées par des furies infernales; deux géants d'admirable grandeur en étaient les portiers et ne pouvaient être défaits que par deux grands princes, de la plus noble et illustre maison du monde. Lors le roi et le duc son frère, après s'être armés secrètement, {.lièrent combattre les deux géauts qu'ils vainquirent , et de là
que* antres corn bots dont ils remportèrent aussi la victoire . et mirent tin aux enchantements, au mo>en de quoi ils délivrèrent les dûmes, et les tintent de là, et, au même tomps, la leur artificiellement laite devint toute eu feu. » kntin on apjieluil behour i un jeu «le paysans, qui Consistait u lutter avec des bannis ferrés. — Voy. la septièmo dissertation de du Cangc sur Joinvillc.
BRJM'NES. - Kn langage de fauconnerie, le hejnune était un oison à bec jaone, un oiseau jeune et niuis. On appliquait ce nom , pendant le moyen âge, aux étudiants novires. l es jeunes tiens, nouvellement arrivés dans l'université de Puris , formaient une confrérie particulière et avaient pour chef Yat>be Jet tVj ivncs. Le jour des Innocents, cet aht é, monte sur un àne, conduisait sa confrérie par toute la ville. Le soir, il réunissait tous les béjuune"* et les aspergeait avec des seaux d'ean. C'était ce qu'on nppeUit le bavténtedes béjamnu. On forçait aussi les nouveaux étudiants à payer une bienvenue .«ux anciens; on nonimuit cette taxe droit de bèjaune. Un décret de l'Université abolit cet usage, en U42, et il fut défends d'exiger le droit de béjaune, sous j>eine de punition corporelle. — Voy. da Cunge, au mol Beamjs.
BEL. — Tribunal du bailli* Voy. Bailli.
DELIER. - Le bélier était une machine de guerre dont on se servait encore, sous la première race, pour battre les murailles. C'était une grosse poutre ferrée terminée en tète de bélier On faisait jouer le bélier sous une galerie qu'on appelait tortue, et qui servau à mettre a couvert la machine et les soldats qui la poussaient.
BELLES - LETTRES. — Voy. Académie