FÊTES
BRÈCHE — Voy. Fortifications.
BREF. - Lettre pontificale. Voy. Diplomatique.
BREF DE SÛRETÉ. - Lettre servant de sauf-conduit.
BREIL. — Nom donné, an moyen âge, à une partie de foret on à un bois taillis.
BRENÉE. — Obligation féodale qui consistait à nourrir les chiens de son seigneur. Ce mot vient de bren, son. le mut orenéê est encore usité dans le Poitou, comme signifiant nourriture des chiens.
BRBTESCHE. — Fortification en bois destinée à protéger les abords d'une place.
BRETTES, BRETTEUR. - Longues épées qui i urent d'abord fabriquées en Bretagne d'où elles tirèrent leur nom. Comme on s'en servait habituellement dans les duels, on appela les duellistes bretteurs.
BKEVET. — Acte par lequel le roi accordait une faveur sans lettres scellées ni enregistrées au parlement Les ducs à brevet ne pouvaient prendre ce titre qu'avec la permission du roi, et ne se confondaient pojnt avec les ducs héréditaires On appelait brevet de retenue , le brevet par lequel le roi donnait une certaine somme sur le prix d'une charge, d'un gouvernement, etc., à la femme, aux héritiers oq aux créanciers du titulaire. Le brevet d'affaires était le privilège mie le roi accordait a quelques courtisans de le voir dans la garde-robe. L'obtigatton par brevet est — obligation dont il ne reste Wnt ae chez le notaire. On appelait brer<*
d'apprentissage un acte r notaire, par lequel on apprenti et un maître s'engageaient réciproquement , ^apprenti à apprendre un art ou un métier, et le maître à le lui montrer pendant an certain temps , moyennant des conditions déterminées.
L'habit à brevet était un justaucorps bleu, brodé d'or et d'argent; Louis XIV permit ù. certains courtisans de le porter en 166! . Les plus grands seigneurs recherchaient avec empressement ce privilège, le prince de Condé l'obtint par le brevet suivant : « Aujourd'hui , 4 du mois de février î665, leroi étant à Paris , ayant par son ordonnance du 17 janvier dernier, ordonné que personne ne pourroit faire appliquer sur les justaucorps des passements de dentelles ou broderies d'<>r et d'argent, sans avoir lapermiseion expresse de sa majesté par brevet particulier, sa majesté désirant gratifier M. le prince de Condé, et lui donner des marques
Sarticulières de sa bienveillance qui le istinguent des autres , auprès de sa personne et dans sa cour, elle lui a permis et permet de porter un justaucorps de couleur bleue, garni de galons, passements, dentelles, ou broderies d'or et d'argent, en la forme et manière qui lui sera prescrite par sa majesté, sans que, pour raison de ce, il lui puisse être imputé d'avoir contrevenu à la susdite ordonnance, delà rigueur de laquelle sa majesté l'a relevé et dispensé, relève et dispense par le présent brevet; lequel, pour témoignage de sa volonté , elle a signé de sa main et fait contresigner par moi son conseiller secrétaire d'Etat, et de ses commandements et finances. » Bussy-Rabutin se félicite dans ses Mémoires , à l'année 1662, d'avoir obtenu l'habit à brevet. « Le roi, d"->l , me parut si graeieux en me parlant , que cela m'obligea de lui demander permission de faire faire une casaque bleue; ce qu'il m'accorda Mais pour entendre ce que cetoit. il faut sçavoir que sa majesté avoit fait choix ^commencement de cette année . de soixante personnes qui le pourroient suivre à tous ses petite voyages de plaisir sans lui en demander permission eUeur avoit ordonné de taire taire chacun une casaque de moire bleue en broderie d or et d'argent pareille à la sienne. » La mode si capricieuse et sitvraonique, surtout en France, fit bientôt abandonner l'habit à brevet, il devint même ridiei et, lorsque Vardes, qu'on avait comme le modèle ides eourtisans, revint a la cour en >6«2, après un long exil, et se présenta devant Louis XIV avec son justaucorps à brevet, le roi se moqua de lui. « Sire, lui dit Vardes, quand on est
ridicule, t admiré
assez misérable pour être éloigné de vous ,
non-seulement on est malheureux, mais on est ridicule. >» ( Lettres de Mm« de Sévigné , 26 mai 1682.)
BRÉVIAIRE. — Il v avait, au moyen âge,
des brériaires publics que l'on exposait sous treillis on cage de fer, aux portes des églises, pour l'usage des prêtres pauvres et des chapelains qui n'avaient pas le moyen d'acheter des bréviaires. On trouve plusieurs exemples de bréviaires légués à des églises. En U06, un ecclésiastique, nommé Henri Beda. légua en mourant son bréviaire à Saint-Jacques la Boucherie. Ses exécuteurs testamentaires le remirent entre les mains du ruarguillier, avec quarante sous parisis, pour aider à lui faire une cage. Un serrurier fit une cage treillissée. pesant soixantehuit livres, qu'il scella dans un des piliers de la nef, et pour laquelle il eut neuf livres seize deniers. L'année suivante, on donmt vingt sous pour relier ce bréviaire. En I4t5, on attacha une autre cage, près des l'onts baptismaux de Sain t- Séyerin , à un pilier ries chapelles neuves , qui revenait à soixante deux livres, équivalant, selon Sauvai, à douze S'>ns parisis. Ces cages de fer treillissées permettaient de passer la main pour tourner les feuillets ; mais il eût été impossible d'emporter le manuscrit. Outre ces bréviaires , qui étaient exposés dans les nefs ou a> la porte des églises, il v avait encore trois cages de fer portatives , que Sauvai ( Antiquités de Pitrit ) dit avoir vues près de la porie du chapitre de Notre-Dame de Paris. Le doyen et plusieurs chanoines lui avaient assuré que l'on enfermait dans ces cages le trrami et le petit pastoral avec le livre noir et que, s» l'on avait besoin de quelques-unes des chartes qui s'y trouvaient, on était oblige de venir Us copier en ce lieu.
BRIGADE, BRIGADIERS. -V03. Armée
et IIlÉHAKCHIE MILITAIUE.
BRIGAND, BRIGANDIXE. — L'armure des troupes mercenaires qui ravagèrent la France au xive siècle s'appelait briyandine ; de là vint le nom de brigand. Cette armure était une espèce de corselet de fer.
BRIS ( droit de). — Droit féodal qui livrait au seigneur les débris du vaisseau naufragé ( vov. Epave et Féodalité ).
Louis XIV abolit, en 1681, le droit de bris dans toute la France.
BRIS DE PRISON. — Voy. PRISON.
BRISEES. — Les bmeVs sont, en termes d'eaux et forêts, les branches que Ton coupe dans un bots pour marquer les bornes des coupes.
BRODEQUIN. — Voy. lUaiLLFMtNT
Voy. Torture.
BRODERIE , BRODEURS. - Voy. Corporation ei Industrie.
BRULOT. — Voy. Maudis.
BUCCINE. — Instrument de musique qui répondait à peu près à noire cor de chasse. Voy. Mcsiqur, p. 846.
BUCHE DE NOËL. — Voy. Tuefoire.
BUCOLIQUE. — Poésie pastorale. Voy.
Poésie.
BUDGET. — Le mot budjet, tiré de l'anglais, désigne le tableau des recettes et des dépenses de l'Etat. Le mol est récent, mais la chose ne l'est pas, quoique raroment l'état financier ait été établi uvcc régularité sous l'ancienne monarchie. Des le xvi« siècle, il avuit été prescrit de dresser un tableau des recettes et des dépenses. «Il a été bien et sagement ordonné en ce royaume, dît Bodin ( République, livre VU, que, par chacun an, es généraux des finances cnverroient au trésorier de l'épargne deux états des finances de chaque généralité : l'un par estimation au premier jour de l'an , l'autre au vrai de l'année précédente; et, en cas pareil , que le trésorier de l'épargne feroit aussi deux états abrégés des finances en général, afin que le roi et son conseil puissent connaître à vue d'œil le fond des finances , et par icelui régler les dons , les bienfaits et la dépense. » On voit par les détails , dans lesquels entre ensuite Bodin, que les états de finances étaient dressés môme sous Charles IX, mais presque toujours frauduleusement. Ce fut Colbcrt qui , le premier, arrêta avec un soin scrupuleux le compte des finances et le mit sous les yeux du roi. La Bibliothèque nationale possède, sous le titre de carnets de Louis XIV, plus de vingt budgets que Colbert soumit à Louis XIV, pour lui rendre compte de l'état des finances.
Colbert en avait surveillé la rédaction et ! es avait corrigés de ea main. Ce sont de précieux documents qui ont échappé aux historiens même les plus récents de Colbert, et qui méritent d'être signalés comme une des sources les plus importantes de l'histoire de ce ministre. Je ne puis publier ici ces budgets de Colbert; mais il est nécessaire d'appeler l'attention sur les efforts qu'il tenta pour améliorer le système financier de la France et dresser un véritable budget. Colbert succédait à Fouquet, dont les dilapidations sont assez connues. Dès le commencement de l'an-