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qu’elles étaient déjà, de son temps, un des principaux revenus de la Beauce.

On suspendait quelquefois une oie comme but du tir dans les fêtes cham-

E êtres. Tirer Voie était encore un jeu en onneur au xvn° siècle. Le cardinal de Retz parlant de l’habillement des Parisiens pendant les guerres de la Fronde, les représente les cheveux frisés , le poil ras, en souliers noirs et en bas de soie, comme des gens qui vont tirer Voie.

OISEAU, OISELEUR. — Les marchands d 'oiseaux ou oiseleurs se tenaient à Paris sur le Pont-au-Change les jours de fête pour y vendre des oiseaux . Charles VI, dans les lettres par lesquelles il leur confirma ce privilège, leur imposa la condition de bailler et délivrer quatre cents oiseaux lors du sacre des rois de France, et quand les rois et les reines faisaient leur première entrée à Paris. A l’entrée de Louis XI à Paris, en 1461, les oiseleurs lâchèrent plus de deux cents douzaines d oiseaux (Chronique de Louis Ar/, par Jean de Troyes). On vovait sans doute là un symbole de joie et de délivrance. C’était par le même motif qu’on lâchait au sacre des rois un grand nombre d y oiseaux dans l’eglise. L’usage de lâcher des oiseaux

au passage du roi existait encore au xviii* siècle. L’avocat Barbier décrivant une cérémonie qui eut lieu en septembre 1751, s’exprime ainsi ( Journal , III 297) « Quand le roi descend de carrosse,

à la porte de Notre-Dame, il y a des oiseliers qui lâchent une grande quantité d'oiseaux. Tout le parvis en était rempli il en est même entré dans l’église. » ’

oiseau sur le poing d’une dame, était, dans les portraits ou les sceaux, un signe de condition distinguée, parce qu’au moyen âge les dames de grande qualité ne paraissaient guère en public sans cet attribut. Aussi, la plupart des sceaux des nobles dames les représentent-elles portant un oiseau sur le poing.

Au moyen âge , on dressait des pies et des geais à prononcer quelques mots, qui lurent parfois considérés comme séditieux. Jean de Troyes, dans sa Chronique de Louis XI , rapporte qu’après son retour de Pérou ne et de Liège, en H68 , ce roi fit saisir à Paris les pies, geais chouettes , qui avaient été dressées «i répéter certains mots, comme larron, paillart , va~dehors , etc. , dans lesquels Louis XI voyait une injure personnelle et une allusion à sa mésaventure de Péronne.

OLERON (Jugements ou rôles d’). — Les Jugements ou rôles dy Oleron sont une espèce de code maritime , rédigé au

xmc siècle, et généralement suivi dans les mers du Nord. Ces coutumes de ta mer , comme on les anpelait encore, furent recueillies par un greffier de l’île d’Oleron vers 1266 ; mais elles paraissent plus anciennes. Elles sont écrites en français. Les relations entre les patrons et l’équipage des navires y sont réglées avec une lucidité remarquable. Ces rôles ou jugements d’ Oleron servaient de règle aux tribunaux maritimes dans la France septentrionale, en Angleterre, dans la mer du Nord et dans la Baltique. Ils étaient en vigueur à Dantzig, Biga et Wisby. M. Pardessus les a publiés pour la première fois dans sa Collection des lois maritimes .

OLIFAN, ou OLIPHANT. — Instrument de musique ; espèce de cor. Voy. Musique , p. 841 , fig. M.

OLIM. — On désigne sous le nom d’0/?ra les anciens arrêtés du parlement de Paris. Il en a été publié un recueil dans la collection des Documents inédits relatifs d V histoire de France . « Les Olim, dit M. Beugnot, dans la préface du tome Ier de ce recueil, p. xcm, les Olim ne contiennent que des arrêts civils. On en aperçoit quelques-uns qui prononcent des peines; mais ces peines sont de simples amendes. 11 n’est pas douteux cependant que la cour ne fût souvent appelée à reviser des décisions pénales, ou eri prononcer elle-même directement; le rédacteur, qui ne voyait dans ce genre de décisions rien qui pût être utile à la science du droit, le seul objet qui le préoccupât, se crut autorisé à les négliger. Nous devons d’autant plus regretter Popinion qu’il se lit à ce sujet,que les arrêts criminels que parfois il mentionne, nous révèlent des faits intéressants sous le rapport moral comme sous le rapport politique. »

OLIVIER. — Wolivier fut introduit dans les Gaules par les Phocéens, fondateurs de Marseille. Depuis cette époque, les oliviers ont toujours été une source de richesse pour la partie delà Gaule qu’avaient occupée les^ Phocéens et qui fut dans la suite appelée Provincia romana (I rovence). Les loi3 mêmes des barbares et les canons des conciles protégeaient les oliviers : la loi des Visigoths condamnait a une amende de cinq solidi quiconque coupait un olivier dans le champ d autrui , et un concile de Narbonne, tenu en 1054, dé ft5n dit d'abattre aucun olivier . Aujourd’hui V olivier est cultive dans huit de nos départements: Basses-Alpes, Vai\ Bouches-du-Rhône, Vaucluse, Gard, Hérault, Aude et Pyrénées-Orientales. Le

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bois d’olivier sort aux ébénistes; il est remarquable par la beau lé de nuances et la variété de veines qu'il présente.

OLOGRAPHE. — Acte écrit tout entier de la main de celui qui Ta fait. On applique particulièrement ce nom aux testaments entièrement écrits de la main du testateur.

OMBRELLE. — Ces parasols que portent les dames pour se garantir du soleil étaient connus des Romains et furent conservés par les Italiens. Montaigne en parle dans ses Essais : « Les ombrelles , de quoi , depuis les anciens Romains, l'Italie se sert, chargent plus le bras, qu'ils ne déchargent la tète. » Les Françaises empruntèrent les ombrelles h ritalie , comme beaucoup d'autres détails de toilette.

OMNIBUS. — Ce nom désigne, d'après l'étymologie même , des voitures pour tous. On avait tenté d’établir, à Paris, des voitures-omnibus dès le xvne siècle. M. Monmerqué a publié un curieux opuscule sur ces carrosses à six sous qui ressemblaient beaucoup à nos omnibus .

Ces dernières voitures datent de 1828 , et parcourent dans tous les sens Paris et les environs. Des omnibus ont été également établis dans plusieurs villes de province.

OPÉBA, OPÉRA-COMIQUE. — Voy.

Théâtre.

OPÉRA (Bai de 1'), — Le premier bal de V Opéra fut donné à l'époque de la régence , le 2 janvier 1716. Le chevalier de Bouillon en suggéra l'idée, et eut six mille livres de pension pour avoir inventé ce divertissement.

OPINER DU BONNET. — Locution adoptée en parlant des magistrats qui votaient sans parler et indiquaient leur assentiment en portant la main à leur bonnet.

OR. — On s'efforçait, à l’époque de Louis XI, de recueillir de Y or daus les rivières et graviers du Languedoc. Le viguier du comté d’Alais avait fait assigner plusieurs de ceux qui recueillaient ainsi de Vor et les avait soumis à des taxes iniues. Louis XI, dans un mandement en aie du 12 octobre i<*8i, ordonna à la cour des aides de s'opposer à ces exactions (Ordonn., XVIII, 701 et 702).

OR ET ARGENT (Matières d'). ~ La marque des matières d’ or et d’argent a été prescrite par une ordonnance de Philippe le Hardi, en date du mois de décembre X275 . Il y est dit que: « dans toutes les villes où il y a des orfèvres, ils auront une marque particulière pour les

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