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PAIRS DE FIEF, PAIRS DE COMMUNE

— Il y avait, au moyen âge, dans chaque grand fief, des pairs qui assistaient le seigneur lorsqu’il jugeait un de ses vassaux du même rang (voy. p. 920). 11 y avait des pairs barons ou nobles et des pairs roturiers , de même qu'il y avait des assises des barons et des assises des bourgeois; ce qui est attesté par le code féodal intitulé les Assises de Jérusalem . Dans un certain nombre de communes, les notables de la cité portaient le nom de pairs et formaient le conseil du maire. Un des privilèges que Louis XI accorda à la ville d’Alençon et que cite Duclos à la suite de son Histoire de Louis AY, consistait à élire un maire, douze pairs et vingtquatre conseillers. Si un pair venait à mourir, le roi , les pairs et les notables choisissaient un des notables pour le remplacer.

PAIRS (Chambre des). — La chambre des pairs fut établie par la charte constitutionnelle de 1814, pour concourir avec la chambre des députés à la discussion et au vote des lois proposées par la royauté. La chambre des pairs, composée de membres nommés à vie par le roi, et dont la dignité était héréditaire de male en mâle, par ordre de primogéniture , représentait l’élément aristocratique. Le nombre des pairs était illimité. Les pairs avaient entrée dans la chambre à vingt-cinq ans et voix délibérative à trente. La chambre des pairs pouvait, sur la convocation du roi, se former en cour de justice pour poursuivre les crimes de haute trahison et les attentats relatifs à la sûreté de l’État. Chambre politique ou cour de justice, elle était présidée par le chancelier Les majorats (voy. ce mot) furent institués en I8i7, dans le but d’assurer aux familles honorées de la pairie le moyen de soutenir convenablement leur dignité.

L’organisation de la chambre des pairs fut modifiée après la révolution de 1830. L’hérédité de la pairie fut supprimée

aussi bien que les majorats. Les pairs furent nommés à vie par le roi , *jui devait les choisir dans certaines categories fixées par la constitution. La chambre des pairs continua d’exercer les fonctions législatives et le pouvoir judiciaire jusqu’en 1848. Elle a été supprimée à cette epaque. Voy. Lardier, Histoire de la chambre des pairs depuis la restauration; Paris, 1829, in-8.

PAISSON (Droit de). — Le mot paisson ( pastio ) indiquait tout à la fois le droit de mener les porcs dans les forêts pour y paître le gland , la faine et autres fruits tombés naturellement, et la redevance que l’on payait en vertu de ce droit, et qui consistait tantôt en muids de gland, de faîne, d’avoine, de seigle, d’orge ou de froment, tantôt dans le dixième des porcs , le plus souvent en un certain nombre de muids de vin ou dans une somme d’argent. Le droit de paisson , considéré comme droit de mener paître les porcs, s’appelait aussi glandée et pa~ nage . La paissoii commençait en octobre pour finir en décembre. D’après le règlement de Charlemagne pour ses villa ( capit . de villis, url. 25), c’étaitle 1er septembre de chaque année que l’on devait annoncer si la paisson serait autorisée ou non.

PAIX. — La paix se proclamait comme la guerre , avec des formes solennelles.

Le prévôt des marchands et autres officiers municipaux ou royaux allaient avec des archers et des hérauts d’armes la publier dans les divers quartiers. La paix de Vervins fut ainsi proclamée en 1598, comme l’atteste le passage suivant d’un journal inédit du règne de Henri IV (Bibl. impér., manus., n° 9821-3 ): « Le vendredi 12e de juin 1598 , le roi Henri IV, roi de France et de Navarre, envoya à sa cour de parlement de Paris lettres de cachet pour faire publier la paix qu’il avait accordée avec Philippe d’Autriche, roi catholique des Espagnes , au mois de mai auparavant, au traité de paix qui fut commencé et résolu à Vervins. Aussitôt la lettre envoyée au parlement et reçue , M. le premier président fit assembler toutes les chambres , en laquelle assemblée il fut apporté le registre de Fan 1559 qui fut lu cl fut suivi de point en point, à la publication de la paix , qui fut faite le même jour par tous les endroits et places publiques de la ville : premièrement il fut ordonné que la grosse cloche du Palais sonnerait tout le jour et jusques à minuit incessamment et sans discontinuer en façon du monde ; ce qui fut fait. A dix heures, le parlement alla à Notre-Dame,

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le même jour, vendredi en robes noires, pour remercier Dieu et lui rendre actions de grâce d’une si bonne , ferme, stable et heureuse paix , et à midi la paix fut publiée, par les officiers du Châtelet, y assistant messieurs les lieutenants civil , particulier et criminel en runes rouges , et messieurs les prévôt des marchands et échevins de Paris avec leur robe de la ville, robe mi-partie, et fut ordonné par arrêt le même jour, 12 juin, les chambres assemblées , sur la contestation et débat des juges du Châtelet contre les prévôt des marchands et échevins, chacun prétendant suivant ses privilèges qu’il lui appartenait de publier la paix par les carrefours de la ville, la ville comme étant un acte concernant le repos de la ville , les juges du Châtelet, comme étant juges de la police. Enfin , il tut arrêté que les uns et les autres assisteraient à la publication de la paix , chacun en son habit, le Châtelet les uns en robes rouges et le autres en robes noires et du côté droit; la ville, du côté gauche, et avec les lobes mi-parties; ce qui fut fait et exécuté. La ville, dès le matin, devant qu’on allât publier la paix , fut avec le parlement à Notre-Dame pour chanter le Te Deum. Ce qui tut cause que ceux du Châtelet s’étant trouvés les premiers sur les grands degrés du Palais, qui est le premier lieu où l’on commence a publier la paix , et de la â la Table de marbre, dans la grande salle du Palais, se voyant seuls , après avoir attendu quelque temps ceux de la ville , ils furent publier ladite paix au Palais sans messieurs de la ville ; ce qui fut cause que messieurs de la ville allant au Palais pour la faire proclamer et messieurs du Châtelet en revenant s’étant trouvés les uns et les autres sur le pont Notre-Dame eurent une grande querelle tout près de se battre, encore que les uns elles autres fussent à cheval, et au su et vu de tout le peuple. Enfin ils s’accordèrent, et, conformément à l’arrêt de la cour, ceux du Châtelet du côté droit, ceux de la ville du côté gauche , tous à cheval, allèrent par tous les carrefours ue la ville faire publier lapais, suivis de cent autres chevaux et ayant devant eux un héraut du roi qui la publiait et prononçait et douze trompettes qui faisaient la fanfare. Outre ce, plus de mille à deux mille personnes qui suivaient avec une réjouissance et un applaudissement du peuple indicibles. Sur les quatre heures , il y eut un grand feu de joie a la Grève, où il se fit une largesse et aumône publique à cinq et six mille pauvres, les muids de vin défoncés , les cloches sonnantes, les trompettes et clairons, et lo

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soir, chacun devant sa porte, et parler rues furent faits feux de joie. »

Cette cérémonie était encore en usage au xvmc siècle . comme le prouve le passage suivant du Journal de l’avocat barbier : « Aujourd'hui, 12 février 1749, a eu lieu la publication de la paix. La onzième publication, qui est â la place Maubert , s’est faite à quatre heures. Cette marche était assez belle et a duré vingt-cinq minutes â passer. M. de Bornage, prévôt des marchands, et M. Berryer, lieutenant de police , étaient montés sur de très-beaux chevaux, couverts de housses de velours cramoisi, très-longues, brodées en or. Ils avaient chacun six laquais habillés de neuf, en grande livrée. La troupe du guet à cheval était magnifique. Cela composait une marche de près de huit cents personnes , et cela méritait d’ètre vu. Ceux qui ont couru aux différentes places ont remarqué qu’après la publication faite par le roi d’armes, quelque archer entonnait l’antienne Vive le Dot I ce qui n’était pas suivi d’un cri général. .. Quoique la seconde publication se fasse au Palais, dans la cour du mai (cour actuelle du Palais de Justice, nommée alors cour du mai. parce que les basochiens y plantaient un mai), au pied du grand escalier, le parlement n’a point vaqué. On dit qu’autrefois on faisait enregisti er les traites de paix au parlement, et que depuis que cela ne se pratique plus , cette cour ne prend aucune part à la cérémonie de la publication. »

PAIX DE DIEU. — La j)aix de Dieu , distincte de la trêve de Dieu , supprimait entièrement le» guerres privées Plusieurs conciles tentèrent de l’établir â la fin du xc siècle et au commencement du xie.

Dès l’année 994, on voit dans un concile de Limoges une convention de paix conclue entre les principaux assistants ( Script . rer. franc., X, 147). Sous le roi Robert, en ioi6, le concile d’Orléans voulut aussi mettre un terme aux guerres privées {Ibid., p. 172, 224, 379, 454). Les habitants d’Amiens et de Corbie convinrent, en 1021 , qu’un observerait la paix de Dieu , qui durerait toute la semaine, et que, s’il s’élevait quelque différend , les adversaires ne se vengeraient ni par le fer ni par le feu , mais qu’à un jour fixé une discussion pacifique aurait lieu devant l’église, en présence de l’évêque et du comte Ibid., 679). Enfin un concile tenu à Limoges, en 1031, interdit formellement les guerres privées. Les évêques du nord de la France suivirent cet exemple , et imposèrent le même décret aax peuples qui leur étaient soumis. « L'un

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d'eux? selon la Chronique de Cambrai (Ibid., XI, 122), dit qu'on lui avait apporté du ciel une lettre qui ordonnait de rétablir la paix sur toute la terre. Personne ne devait porter les armes, ni se venger du pillage ou des meurtres. » Malheureusement ces prescriptions furent impuissantes, et tout ce que l'Église put obtenir fut la trêve de Dieu, qui suspendait les hostilités pendant quelques jours de la semaine. Voy. Trêve de Dieu.

PAIX DES DAMES. — On appelle paix des dames , la paix de Cambrai, qui fut conclue, en i529, entre Louise de Savoie, mère de François 1er, et Marguerite d’Autriche, tante de Charles-Quint.

PAIX (Baiser de). — Dans la liturgie de l'Église gallicane, le baiser de paix se donnait après la lecture de la prière nommée collecte. On appelait paix l'action même de s'embrasser. L'archidiacre donnait la paix au premier évêque, qui (a donnait au suivant et ainsi successivement par ordre. Dans la liturgie romaine, le baiser de paix ne se donnait qu'après la consécration.

PAIX (Villes de). — Comme l’organisation communale avait surtout pour but de maintenir la paix dans les villes , on a quelquefois désigné les communes sous le nom de villes de paix. Voy. Commune.

PAL. — Terme de blason ; bande perpendiculaire sur Vécu.

PALADINS. — Ce mot paraît être venu par corruption de palatin , qui, lui-même, venait de palatium ( palais ) et indiquait les grands et les princes qui exerçaient des fonctions dans le palais. On donna surtout le nom de paladins aux guerriers qui entouraient Charlemagne, et qui s'étaient illustrés sous ses ordres, tels que Renaud, Roland , Olivier, etc. Les aventures vraies ou fabuleuses des paladins furent chantées par les poètes du moyen âge, et le nom même de paladin servit à désigner les chevaliers en quête d'aventures merveilleuses.

PALAIS. — Le mot de Palais a été tellement consacré pour indiquer le Palais de Justice, que les locutions costume de Palais , style de Palais , etc., ont été adoptées comme s'appliquant exclusivement au costume et au style delà magistrature. Ce fut Charles V qui abandonna au parlement le palais de la cité occupé primitivement par les rois et bâti en grande partie par saint Louis. A Limitation du parlement de Paris, les autres cours de parlement appelèrent palais le lieu oli elles tenaient leurs séances.

PALAIS-BOURBON. —Le Palais-Bourbon fut commencé, en 1720, par Louise- Françoise de Bourbon. Le plan en avait été tracé par l'architecte Girardini ; mais, après sa mort , il fut modifié par les architectes Gabriel, Lassurance et Auber.

Ce palais , occupé au xvm° siècle par la maison de Condé, est aujourd'hui le lieu des séances du corps législatif.

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