PALAIS-CARDINAL , PALAIS-ROYAL
— Voy. Cardinal (Palais).
PALAIS (Comte du ), — Sous la première race, le comte du Palais était juge de tous les leudes et compagnons du roi* 11 n'était subordonné qu’au maire du palais. La dignité de maire ayant été supprimée sous les Carlovingiens, le comte du Palais fut tout puissant dans la demeure royale. Le grand sénéchal hérita de son pouvoir. En J 191, la dignité de grand sénéchal fut supprimée , et ses fonctions partagées entre le connétable et le grand maître. Ce dernier rappelait jusqu'à un certain point le comte du Palais des premières dynasties. Voy. Officiers (Grands) , p. 886, 2e col.
PALAIS (Concierge du). — Voy. Concierge du Palais.
PALAIS (Maires du). — Voy. Maires du Palais.
PALATINE. — Sorte de fourrure adoptée par les femmes vers la lin du xvn® siècle. Le nom vint de ce que cette mode fut introduite en France par Madame, duchesse d'Orléans, tille de l'électeur palatin , et seconde femme de Monsieur. Les palatines sont encore en usage aujourd’hui, et servent à couvrir les épaules ot la poitrine.
PALATINE (École). — On désigne sous le nom d 'école palatine ou école du palais, une espèce d’académie que Charlemagne avait fondée, et dans laquelle il siégeait lui-même sous le nom de David. Les hommes les plus distingués de cette époque, tels que Alcuin, Angilbert, Leidrade, Paul Warnefried ou Paul Diacre, Pierre de Lise, l'irlandais Clément, Smaragde, abbé de Saint-Mihiel, Théodulfe, évêque d’Orléans, Anségise, abbé de Fontanelle ou Saint-Wandrille, Wala, abbé de Corbie, Amalaire, qui fut dans la suite chef de V école palatine , Agobard, qui devint archevêque de Lyon,l’historien Eginhard, et d'autres moins connus entouraient Charlemagne, l'éclairaient de leurs conseils pour relever les écoles, et discutaient avec lui des questions qui paraîtraient aujourd'hui assez futiles , niais qui, à cette époque, servaient à éveiller
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l'intelligence et à stimuler l'activité des esprits. On a prétendu que l 'école palatine n’avait eu aucune influence, et que Charlemagne n’avait pas mieux réussi à ranimer la littérature latine, qu’à relever l’empire romain. Pour se convaincre du contraire, il sullit de comparer les siècles qui suivent Charlemagne , à ceux qui l’avaient précédé. Le vu® siècle et la première moitié du vme sont les plus barbares de notre histoire. On y trouve à peine quelques écrivains qui se servent d’une langue inculte. Au contraire, au ix* siècle et môme au x«, Thégan . Agobard, Wala, Loup, abbé de Ferrières, Raban Maur , Paschase Radbert, Hincmar, Scott Erigène , Abbon , moine de Saint-Germain des Prés, Fiodoard, chanoine de Reims, Gerbert, Richer, et un grand nombre d’autres écrivains, conservèrent la tradition des écoles carlo.vingiennes, et entretinrent le goût des lettres dans les monastères et dans les églises épiscopales.
PALATINS (Comtes). — La France a eu, comme l'Allemagne, des comtes palatins .
Grégoire de Tours parle de plusieurs comtes palatins et entre autres d'Aredius. A l’occasion de ce dernier, il s’exprime ainsi : « Aredius , habitant de Limoges , d’une naissance distinguée , fut adjoint par le roi Théodebert aux palatins ( aulicis palatinis adjungitur). » Les palatins n'étaient donc alors que des officiers du palais. Sous Charlemagne , le comte palatin devint le grand juge du palais. A l’époque féodale, les palatins s’emparèrent des terres qui leur avaient été attribuées comme bénétices,en récompense des services qu’ils rendaient, ou des fonctions qui leur étaient imposées. Le comte de Champagne portait le titre de palatin de Champagne. Froissart parle aussi de palatins de Béarn . Voy.
une dissertation de du Cange sur les comtes palatins de France: c’est la quatorzième dissertation sur Joinville.
PALEFROI. — Cheval d’allure douce, et qui servait principalement pour les voyages ou la monture des dames. Le palefroi était aussi employé à la guerre , mais plutôt pour le transport des bagages que pour le combat. Le cheval de bataille était le dextrier. L'empereur Otton s’enfuit de la bataille de Bouvines, monté sur son pale f roi , parce que son dextrier avait été tué ( Script . rer . fr. xvm, 567 D.). On voit par le roman de Perceforét qu’il n’appartenait pas aux bourgeois de monter des pale frois ; ils pouvaient en obtenir le droit par lettres du roi, qui les nommait de son hôtel et en faisait ses pourvoyeurs.
PALEOGRAPHIE. — Connaissance des anciennes écritures. (Voy. Diplomatique et Ecriture). M. N. de Wailly a publié des Essais de Paléographie dans la collection des Documents inédits de V histoire de France .
PALIMPSESTE. — Parchemin dont on a gratté la première écriture pour tracer de nouveaux caractères. Cet usage de gratter les parchemins pour transcrire d'autres ouvrages, remonte à une époque fort ancienne. On a réussi dans ces derniers temps à faire reparaître l’écriture primitive. C’est ainsi que le cardinal Ang. Mai o a retrouvé la République de Cicéron sous un Commentaire des Psaumes par saint Augustin. Les Lettres de Marc-Aurèle et de Fronton étaient cachées sous une Histoire du Concile de Chalcédoine. La bibliothèque ambrosienne de Milan est une des plus riches en palimpsestes.
PALINODS. — Académie fondée à Rouen en i486 , en l'honneur de l’immaculée Conception de la Vierge. Le retour des mêmes vers et des mêmes pensées avait fait donner aux poésies le nom de palinods, qui fut ensuite appliqué à l'Académie elle-même. On donnait le nom de prince des palinods au chef de cette Académie. Caen eut aussi ses palinods , institués en 1527. Il y avait encore des palinods à Dieppe.
PALLIUM. — Le pallium était primitivement un manteau ; c'était chez les chrétiens un vêtement long semé de croix. — On appelait encore pallium un habit particulier aux moines, le voile des religieuses et le drap qu’on étend pendant la messe sur les personnes que l’on marie, et que dans la suite on a nommé poêle , — Enfin, le nom de 'pallium s’est appliqué au manteau archiépiscopal, tissu de laine, que le pape remettait aux métropolitains. — Par extension, on appelle aujourd’hui pallium un ornement ecclésiastique que portent les archevêques sur leurs vêtements pontificaux. C’est une bande d’étoffe de laine blanche, large de trois doigts, qui entoure les épaules, et qui a des pendants longs d’une palme par devant et par derrière* avec de petites lames de plomb arrondies aux extrémités, couvertes de soie noire, r avec quatre croix rouges. L’étoffe du pallium est tissue avec du fil et de la laine de deux agneaux blancs, que les religieuses de Saint-Agnès, à Rome, offrent tous les ans le jour de la messe de leur patronne, au moment où l’on chante à la messe VAanus Dei . Ces agneaux sont reçus par les chanoines de Saint-Jean
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de Latran, qui les mettent entre les mains des sous-diacres apostoliques chargés de les faire paître et de les tondre. Le pallium est posé pendant une nuit sur les châsses de saint Pierre et saint Paul, et consacré ensu i te sur i’autel de sain t Pierre, ou les métropolitains et ceux des évêques qui en ont le privilège, doivent le prendre du prêtant le serment accoutumé.
Le pallium n’a été d’usage dans l’Église gallicane que depuis le vi« siècle ; saint Césaire d’Arles est le premier qui l’ait reçu du saint-siège. Les métropolitains de la Gaule ne montrèrent pas d’abord un grand empressement à demander le pallium.
On en trouve la preuve dans une lettre de l’archevêque de Mayence, saint Boniface, au pape Zacharie : «J'implore, lui écrit-il , l’indulgence de Votre Sainteté, parce que les évêques de la Gaule n’ont çoint accompli la promesse qu’ils avaient fai te de demander le pallium à l’Église de Rome. » Outre les métropolitains, quelques évêques, comme ceux du Puy et d'Autun, ont droit de porter le pallium . Il n’appartient qu'au pape de donner cet ornement, quoique jadis des patriarches l’aient accorde à leurs suffragants, après l’avoir reçu eux-mêmes du saint-siège. Autrefois, les archevêques devaient aller chercher le pallium à Home; ils le reçurent dans la suite des légats du pape. Les archevêques doivent le demander trois mois après leur élection.
PALMES (Dimanche des). — Dimanche des Rameaux, où le clergé porte des palmes en souvenir de l'entrée de Jésus- Christ à Jérusalem. — Les palmes , données à un personnage dans les tableaux ou dans les statues , sont une marque de sainteté.
PAMPHLET. — Le mot est nouveau, mais la chose ancienne. Le mot pamphlet a été emprunté à la langue anglaise au XYiuc siècle, pour indiquer un écrit satirique. 11 ne se trouve pas dans le Dictionnaire de Trévoux (édit, de 1752); mais le Dictionnaire de lf Académie(è dit. de 1778) donne le mot pamphlet avec cette explication : « Mot anglais qui s’emploie quelquefois dans notre langue et qui signifie brochure .»
Les satires politiques ou pamphlets abondaient en France dès le moyen âge.
Les sirventes des troubadours et plusieurs poèmes des trouvères, entre autres le Roman du Renard , sont de véritables pamphlets où la vie et les moeurs de certains personnages sont déchirées.
Le roman de la Rose est rempli d’allusions satiriques. Les ménétries (voy. ce mot) qui avaient succédé jusqu’à un cer-
tain point aux troubadours et aux trouvères , avaient aussi hérité , à ce qu’il paraît, de leurs habitudes satiriques, car il leur fut défendu, en 1395, de faire aucune allusion aux événements politiques qui troublaient alors la France, tels que le grand schisme d’Oecident, la folie de Charles VI , les divisions des princes, et ce, sous peine de prison et d’amende.
Louis XI prohiba et punit sévèrement toute espèce de pamphlets ; il fit même saisir, à son retour de Péronne, les pies, geais et autres oiseaux à qui l’on avait enseigné certaines plmases qui lui parurent des allusions blessantes à sa malheureuse expédition de Pérenne et de Liège. Louis Xll , au contraire, ne fit que rire des pièces satiriques qui le représentaient comme un avare insatiable qui buvait dans un vase d’or sans pouvoir étancher sa soif. Il n'en fut pas de même sous François 1er. Le Journal dyun bourgeois de Paris (1515-1535) atteste que les pamphlets étaient cruellement punis. Un auteur de sotties et moralités ayant composé une pièce satirique contre Fran-
?ois I«r, fut attiré dans une taverne ; « Là ut dépouillé en chemise, battu desangles merveilleusement et mis en grande misère. A la fin il y avoit un sac tout prêt pour le mettre dedans et le pour le jeter par les fenêtres , et finalement pour le porter à la rivière, et eût été ce fait, n'eût été que le pauvre homme ci ioit très-fort, leur montrant sa couronne de prêtre qu’il avoit en la tête, et furent ces choses faites comme avoués de ce faire du roi. » (P. i4 du Journal).
Les troubles religieux donnèrent un nouvel aliment aux pamphlets. « Environ le mois de novembre 1534 , dit Théodore de Bèze, quelques-uns ayant fait dresser et imprimer certains articles d’un style fort aigre et violent contre la messe, en forme de placards, nonseulement les plantèrent et semèrent par les carrefours et autres endroits de la ville de Paris, contre l’avis des plus sages , mais eu affichèrent un à la porte de la chambre du roi, étant pour lors à Blois; ce qui le mit en telle furie qu’il se détermina de tout exterminer, s’il eût été en sa puissance. Alors était en office de lieutenant criminel , Jean Morin, renommé entre tous les juges de son temps pour la hardiesse qu’il avait de faire des captures, avec la subtilité à surprendre les criminels en leurs réponses. Ayant donc reçu commandement du roi de procéder à informer et à mettre prisonniers tous ceux qu'il pouvait attraper, il usa de toute diligence, de sorte qu’en peu de temps il remplit les prisons