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espèce de robe de palais an masque à barbe et qui représente les vieillards.
D’après M. Génin ( Variations du l'angage français , p. ^69), saint Pantaléon était un des saints Le plus en honneur à Venise; d'où un Pantaléon, et par corruption un Pantalon , pour un Vénitien.
PANTHEON. — On donna, le 4 avril 1791, le nom de Panthéon français à l’église élevée sous les règnes de Louis XV et de Louis XVI au sommet de la montagne Sainte-Geneviève. Le nouveau Panthéon fut destiné à recevoir la dépouille mortelle des hommes illustres qui auraient bien mérité de la patrie. On grava sur le fronton l’inscription qu’on y lit encore aujourd’hui : Aux grands hommes la patrie reconnaissante . Rendu au culte en 1802, le Pa?ithéo?i reprit le nom d'église Sainte-Geneviève qu’il a conservé jusqu’en 1830. Il fut alors transformé de nouveau en monument national Enfin, en 1852, il est redevenu église catholique, et le service divin y est célébré par les chapelains de Sainte-Geneviève. Voye* Chapelains de Sainte-Geneviève.
PANTINS. — Les pantins furent à la mode et excitèrent une sorte de passion poussée jusqu’à l’extravagance au commencement de l’année 1747. Barbier en parle ainsi dans son Journal ( III , 1-3) :
« Dans le courant de l’année dernière (1746), on a imaginé, à Paris , des joujoux qu’on appelle des pantins . C’était d’abord pour faire jouer les enfants ; mais ils ont servi ensuite à amuser tout le public. Ce sont de petites figures faites de carton dont les membres séparés, c’est-àdire taillés séparément, sont attachés par des fils pour pouvoir jouer et remuer. Il y a un fil derrière qui répond aux différents membres, et qui, faisant remuer les bras, les jambes et la tête de la figure, la font danser. Ces petites figures représentent arlequin , scaramouche , mitron , berger, bergère, etc., et sont peintes , en conséquence, de toutes sortes de façons.
Il y en a eu de peintes par de bons peintres, entre autres par M. Boucher, un des plus fameux de l’académie, et qui se vendaient cher (la duchesse de Chartres paya un de ces pantins quinze cents livres ). Cas fadaises ont occupé et amusé tout Paris , de manière qu'on ne peut aller dans aucune maison (en janvier 1747), sans en trouver de pendues à toutes les cheminées. On en fait présent à toutes les femmes et filles , et la fureur en est au point qu’au commencement de cette année toutes les boutiques en sont remplies pour les étrennes. Cette invention n’est pas nouvelle : elle est seulement renou-
velée comme bien d’autres choses; il y a vingt ans que cela était de même à la mode. Il y a une chanson de caractère consacrée pour cette petite figure :
Que pantin serait content
S’il avait l’art de vous plaire 1
Que pantin serait content
S’il vous plaisait en dansant.
Cette sottise a passé de Paris dans les provinces. 11 n’y avait point de maisons de bon air où il n'y eût des pantins de Paris. Les plus communes de ces bagatelles se vendaient d'abord vingt-quatre sous. Comme cela est parvenu à un certain excès parce que tout le monde en a, petits et grands , cela tombe de même et cela devient insipide. »
PANTOMIME. — Acteur qui exprime les sentiments, les passions, les idées par des gestes et des attitudes , sans Je secours de la parole. Voy. Mimes.
PAON. — Le paon était appelé, dans les siècles de chevalerie, le noble oiseau , et sa chair était regardée comme la viande des preux. Aux cours d’amour, les poètes recevaient pour récompense unecouronne faite de plumes de paon qu’une dame du galant tribunal leur plaçait elle même sur la tête. Plusieurs grandes familles, et entre autres celle de Montmorency avaient en cimier, sur leur heaume l’effigie d’un paon . Le Grand d’Aussy donne des détails étendus sur le paon servi dans les festins. En voici quelques-uns : on servait le paon entier avec tous ses membres et même avec ses plumes. Ce qui , d’après un écrivain du temps, se pratiquait ainsi : Au lieu de plumer l’oiseau , on l’écorchait proprement de manière que les plumes s’enlevassent avec la peau ; on lui coupait ensuite les pattes, puis on avait soin de le farcir d’épices et d’herbes aromatiques et de lui envelopper la tête d’un linge avant de la mettre à la broche. Pendant qu’il rôtissait, on arrosait continuellement le linge avec de l’eau fraîche , pour conserver l’aigrette. Enfin , quand il était cuit, on rattachait les pattes, ôtait le linge, arrangeait l’aigrette, rajustait la peau et étalait la queue. Quelquefois, au lieu de rendre au paon sa robe naturelle, on le couvrait de feuilles d’or. D’autres avaient recours pour augmenter l’effet à un moyen assez puéril ; ils remplissaient le bec du paon de laine imprégnée de camphre; et en servant l’oiseau sur la table on mettait le feu à la laine, le paon semblait alors vomir des flammes. Ce n’étaient point les écuyers-servants qui plaçaient ce noble oiseau sur la table. Les dames se chargeaient de cette fonction; ordinairement on choisissait pour la rem-
plir la plus belle et la plus noble. Suivie d'un certain nombre d’autres femmes, accompagnée d’instruments de musique , celte reine de la fêle entrait avec pompe dans la salle du festin, portant en main le plat d’or ou d’argent sur lequel était l’oiseau. Là, au bruit des fanfares, elle le posait devant le maître du logis , s’il était de rang à exiger un pareil hommage, ou devant celui dés convives qui était le plus renommé pour sa courtoisie et sa valeur. Quand le banquet se donnait après un tournois, et que le chevalier qui avait remporté le prix du combat se trouvait à la table, c’était à lui , de droit , qu’on offrait le paon. Son talent alors consistait à dépecer l’animal avec assez d’adresse pour «pie toute rassemblée pût y goûter. Le Roman de Lancelot , dans un repas qu’il suppose donné parle roi Arthur aux chevaliers de la Table Ronde, représente le monarque découpimt luimème le paon , et il le loue d'avoir fait si habilement la distribution des morceaux que cent cinquante convives , qui assistaient au festin , furent tous satisfaits.
Vœu du paon. — Souvent avant de découper le paon , le chevalier se levait et prononçait un vœu d'audace ou (ï amour qu’on appelait vœu du paon et qui augmentait encore la solennité du festin; par exemple , il jurait de porter, dans le remier combat, le premier coup de lance
l’ennemi , de planter le premier, en l’honneur de sa dame, un étendard sur le mur de la ville assiégée. Voici la formule ordinaire du vœu du paon : Je voue à Dieu , à la Vierge Marie , aux dames et an paon, etc. On passait ensuite le paon aux autres chevaliers et chacun d’eux tenait à se signaler par la bizarrerie de son vœu.
PAON BLANC. — Le paon blanc était recherché au moyen âge comme le prouve la lettre suivante adressée par Louis XI au vicomte d’Orbec , en date du 9 mai 1469 ( Ordonn . des rois de France^WU ): « Chier et bien amé , pour ce que nous désirons avoir certain nombre de paons et de paonnes blanches pour faire nourrir en nostre chastel et parc des Montils-lès- Tours , nous voulons et vous mandons très acertes, et sur tout le plaisir que desirez nous faire , que nous en faciez trouver en vostre viconté ou ailleurs quelque part <pie les pourrez trouver jusqu es au nombre de six, et iceulx envoyez en nostre chastel des Montils et ce" que lesdits paons et paonnes eousteronl en achat avec les frais à amener, nous vous promettons bailler acquit de tout sur ce que
nous pourrez devoir à cause de vostre viconté de ceste année. Donné ausdits Ulontilz le 9e jour de may 1469. Signé Loys , et plus bas Briçonnet. »
PAPAUTÉ. — .V ai parlé ailleurs de la résistance que l'Église de France opposa aux prétentions exagérées de la cour de Borne (voy. Libertés de l’Église gallicane ) , sans cependant s'écarter de l'orthodoxie. Il me reste à rappeler brièvement quelles furent, au xie siècle, ces prétentions du saint-siège : il voulait nommer tous les évêques, et avoir le droit de les déposer ; conférer tous les bénéfices et lever des impôts sur le clergé ; enfin recevoir l'appel de tous les tribunaux ecclésiastiques. Pour faire triompher ces prétentions du saint-siège, des légats investis de l’autorité la plus étendue étaient envoyés par le pape dans chaque État. L’Eglise de France résista à ces innovations, dès le temps de Grégoire VII, d’Urbain 11 et de Pascal IL Au commencement du xuc siècle , un des prélats les plus savants et les plus vertueux de la France, Yves de Chartres, se plaignait des légats au pape ( Epître 109 ) : « Lorsque vous envoyez vos légats a latere , lui écrivait-il , comme ils ne font que passer au milieu de nous , ils ne peuvent accomplir ni même connaître toutes les réformes nécessaires. Ce qui fait dire à beaucoup que le siège apostolique ne cherche pas le bien de ses sujets ; mais qu’il s’occupe de ses intérêts. » Dans la suite, la Pragmatique sanction attribuée à saint Louis mit un terme aux prétentions de la papauté. Voy. Pragmatique sanction.
Cependant il serait injuste , en parlant de la papauté de ne voir en elle qu’une puissance disposée à empiéter sur le temporel des rois de France. Cette idée étroite et exclusive a rendu un grand nombre d’historiens français injustes à l’égard du saint-siège. Ils ont trop oublié que les souverains pontifes ont été constamment les alliés de la France et qu’ils lui ont rendu les services les plus efficaces. Dès le vi« siècle , le pape Grégoire le Grand disait de la couronne de France « qu’elle était autant au-dessus des autres couronnes du monde, que la dignité royale surpassait les fortunes particulières. » Au milieu du vme siècle, le pape Paul Ier écrivait à Pépin le Bref : « La nation des Francs est une nation sainte, un royal sacerdoce , un peuple d’élection béni par le seigneur. » On sait quelle union étroite régna sous Charlemagne entre le saintsiège et l’empire franc. La papauté reçut de l’empereur la confirmation de sa sou-