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d’hommes et de femmes de toute qualité. »

Les pamphlets se multiplièrent au xvie siècle, malgré les poursuites les plus rigoureuses La maison de Guise, alors si puissante, fut particulièrement attaquée.

Entre les 'pamphlets dirigés contre les princes lorrains, on cite le Tigre , qui parut en 1560, sous ce titre :Le tygre, satyre sur les gestes mémorables des Guysards . 11 commençait ainsi ; « Tigre enragé , vipère venimeuse, sépulcre d’abomination, spectacle de malheur, jusques à quand sera-ce que tu abuseras de la jeunesse de notre roi ?» Cette imitation de la première calilinaire fut sévèrement poursuivie et l’imprimeur condamné à être pendu. Les édits pour la répression des pamphlets devinrent de plus en plus sévères. Le 17 janvier 1561, on en publia un qui ordonnait « que les imprimeurs, semeurs et vendeurs de placards et libelles diffamatoires, seraient punis pour la première fois du fouet, et pour la seconde fois de la hart. » La célèbre ordonnance de Moulins renouvela ces prohibitions.

Malgré toutes les déclarations et ordonnances, les pamphlets étaient toujours plus nombreux et plus violents, comme le prouve le Journal de Pierre de Les toile. « Diverses poésies et écrits satiriques furent publiés, dit ce chroniqueur, contre le roi et ses mignons, en ces trois années 1577, 1578 et 1579, lesquels, pour être la plupart d’eux impies et vilains, tant que le papier en rougit, n’étaient dignes avec leurs auteurs que du feu . en un autre siècle que celui-ci , qui semble être le dernier et i’égoût de tous les précédents. » Et ailleurs, revenant encore sur ces ordures semées à profusion, il ajoute « encore qu'elles méritassent le feu avec leurs auteurs, elles étaient néanmoins communes à la cour et à Paris; signes certains d'un grand orage prêt à tomber sur un État. » La chaire même retentit de véritables pamphlets: les sermons des prédicateurs de la Ligue ne méritent pas un autre nom.

Ce fut au milieu des guerres de religion que parut, en 1592, un des plus célèbres pamphlets de notre langue , la satire Ménippèe , dirigée contre la Ligue. Le Dialogue du maheutre et du mariant fut publié en 1593. « Les principaux de Paris, dit Lestoile , et principalement ceux qu'on appelait politiques , et surtout le duc de Mayenne, y étaient nommés et déchiffrés de toutes façons. » Henri IV se montra , comme Louis XII , tolérant pour les pamphlets. Dans une farce qui fut

Jouée devant lui et devant sa cour, à 'hôtel de Bourgogne, le 26 janvier 1607,

l’on médit fort et du gouvernement et de l’administration de la justice ; troi3 diables finissaient par emporter un conseiller de la cour des aides, un commissaire et un sergent. Après la pièce, les conseillers des aides, les commissaires et sergents , « se prétendant injuriés, se joignirent ensemble , dit Lestoile, et envoyèrent en prison messieurs les joueurs. Mais ils furent mis dehors le jour même, par exprès commandement du roi qui les appela sots , disant Sa Majesté, que s'il fallait parler d’intérêt, H avait reçu plus d'injures qu’eux tous, mais qu'il leur avait pardonné et leur pardonnait de bon cœur, d’autant qu’ils l’avaient fait rire, voire jusques aux larmes. » Parmi les pamphlets célèbres condamnés par le parlement au commencement du xvne siècle, on ne doit pas oublier celui de Mariana , intitulé De rege et regis institutione (du roi et du gouvernement royal). Il fut condamné au feu par le parlement de Paris, le 8 juin

La régence de Catherine de Médicis, le ministère de Richelieu, et principalement celui de Mazarin furent déchirés dans d'innombrables pamphlets. Les Mazari nades sont restées célèbres. Le gouvernement essaya plus d’une fois de les arrêter par des exécutions rigoureuses, mais il n'y réussit pas. On lit dans un journal manuscrit de la Fronde, à la date du 5 mai 1649 : « Ce jour fut pendu en effigie, en Grève, le nommé Cotinet, pour avoir imprimé le libelle scandaleux les soupirs françois de la paix italienne , et le nommé Lorens dit Leclanche, prisonnier au Châtelet , est condamné aux galères pour avoir imprimé les Logements de la Cour. Le procureur du roi au Châtelet court par les imprimeries afin de découvrir deux ou trois autres semblables libelles diffamatoires, la Requête civile contre la paix, les Sottises de part et d'autre , le président Viole violonné , etc. Et par les rues, visite et saisit tous les jours quelques colporteurs. » (Bibl. Mazari ne, manuscrit n° 1765, t. XV). Souvent, il était difficile d'exécuter les sentences rendues contre ces pamphlétaires. On lit dans le même journal: « Mardi, 20 juillet au matin, lesdits imprimeurs furent menés pour être sur la sellette, où ils furent condamnés à être pendus et étranglés en Grève. Comme on les y menait , dans la rue de la Vieille-Draperie , les archers de la connétablie, couduits par Le Grain, lieutenant, qui les accompagnaient, furent chargés, et ensuite les prisonniers sauvés par la menue populace, qui les firent recevoir de force dans le collège de Navarre. »

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Lorsque le gouvernement de Louis XIV eut fait triompher les principes d’ordre , les pam\ Mets devinrent plus rares en France; mais ils se multiplièrent en Hollande, en Angleterre, en Prusse et pénétrèrent en France, malgré la surveillance la plus rigoureuse. Quelquefois , les auteurs étaient enlevés et sévèrement punis. Ainsi, en 1689, Chavigny avait publié en Hollande un libelle intitulé le Cochon mitre , où il attaquait avec violence Le Tellier, archevêque de Reims et frère du ministre Louvois. Un espion du ministre réussit à l’attirer sur les frontières de France, où il fut arrêté, conduit au mont Saint-Michel et emprisonné dans une cage de fer; il y resta enfermé pendant trente ans. La multitude de pamphlets que vomirent à cette époque les presses de la Hollande, est remplie d'injures grossières contre Louis XIV, sa cour et ses ministres. L’histoire trouve bien peu de chose à recueillir dans ces satires violentes et souvent obscènes.

Quant à la littérature, elle n’a rien de commun avec ces grossiers pamphlets.

Les anciennes ordonnances contre les pamphlets furent maintenues et quelquefois exécutées au xviuc siècle ; mais les auteurs trouvaient souvent moyen de les éluder par la connivence même des directeurs de l’imprimerie. La révolution , en proclamant la liberté de la presse et en déchaînant toutes les passions , donna une nouvelle violence aux pamphlets ; quelques-uns seulement méritent d’être cités, et entre autres le vieux Cordelier de Camille Desmoulins. Déprimés sous le consulatei l’empire, les pamphlets ont reparu à l’époque du gouvernement parlementaire (1815-1848) et fait la réputation de quelques écrivains, et surtout de Paul- Louis Courier. Les lois modernes ont prévu les délits ou crimes dont pourraient se rendre coupables les auteurs de pamphlets : elles punissent d’emprisonnement et d’amende les attaques contre le ouvernement et les fonctionnaires pulics, aussi bien que les diffamations contre les particuliers.

PANACHE. — Bouquet de plumes en touffe, que les chevaliers portaient sur leurs casques aux xive, xve et xvi« siècles (voy. Armes, tig. Q, p. 4i ). Monstrelet parle (chap. lxii), de chevaliers vêtus de vermeil à beaux plumât s , pailletés d’or. Les pages du Petit -Jehan de Saintré portaient chacun un très-bel clxapel de plumes à ses couleurs* Saintré portait lui-même un « semblable chapel de plumes. » Brantôme , parlant d'un colonel des légionnaires de OMoîl «ne, dit:

« Je l’ai vu, en l’àge de quatre-vingts ans, s’habiller aussi proprement et gentiment qu’on eût vu jeune gentilhomme à la cour, et toujours son chapeau et bonnet couvert de plumes très belles; et disait ce bonhomme que cela sentait encore sa vieille guerre et le vieux temps, qu’il était aventurier de là les monts. » On sait qu’à la journée d’Ivry ( 14 septembre 1590), Henri IV dit à ses troupes :« Si vous perdez vos enseignes, ralliez-vous à mon panache blanc , vous le trouverez toujours au chemin de l’honneur et de la gloire. >' La mode du panache a duré dans les armées jusqu’à la suppression des armures de fer. Au xvne siècle , les courtisans portaient encore des panaches sur leur chapeau. Les panaches ont été remplacés par les plumets.

PANA GE. — Droit de faire paître les troupeaux dans une forêt.

PANCARTES. — Diplômes royaux qui confirmaient à un vassal les biens dont ils contenaient l’énumération. Ces pancartes royales ne remontent pas au delà du ixc siècle. On peut aussi appeler pancartes, selon D. de Vaines, les chartes qui en renferment d’autres.

PANDECTES. — On appelle digeste ou pandectes des extraits d’ouvrages des grands jurisconsultes romains faits par ordre de Justinien. Les pandectes furent perdus pendant une partie du moyen âge. La découverte d’un manuscrit de cette compilation, vers 1137. à Amalh, contribua à ranimer l’étude du droit romain et exerça une grande et salutaire influence sur les lois françaises. Saint Louis ht traduire les lois de Justinien et en adopta une partie dans ses établissements. Il est facile de reconnaître l’influence du droit romain dans les ouvrages de Pierre des Fontaines, de Philippe de Beaumanoir et d’autres contemporains de saint Louis. Voy. Droit romain.

PANNETERIE. — Voy. Maison pu roi.

PANETIER (Grand). — Voy. Grands OFFICIERS , p. 888 , 2e col.

PANIERS. — Cercles en fer, en hois ou en haleine qui servaient à relever les jupes des femmes. On les appelait primitivement vertugadinSy et on les avait empruntés à l’Espagne au XVIe siècle (voy.

Habillement, p. 52 1). Au xvm* siècle, les paniers redevinrent à la mode. L avocat Barbier en parle dans son journal , à à l’année 1728 (t. I , p 272). « On ne croirait jamais que le cardinal [de Fleury] a été embarrassé par rapport aux paniers que les femmes portent sous leurs jupes

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pour les rendre larges et évasées. Ils sont si amples, qu’en s’asseyant cela pousse les baleines et en fait un écart étonnant, en sorte qu’on a été obligé de faire faire des fauteuils exprès. 11 ne peut pas tenir plus de trois femmes dans les loges des spectacles pour qu’elles y soient un peu à leur aise. Cette mode est devenue extravagante, comme tout ce qui est extrême, de manière que les princesses étant assises à côté de la reine, leurs jupes qui remontaient cachaient celle de la reine. Cela a paru impertinent; mais le remède était difficile, et, à force de rêver, le cardinal a trouvé qu’il y aurait toujours un fauteuil vide de chaque côté de la reine, ce qui l’empêcherait d’être incommodée. On a pris pour prétexte que ces deux fauteuils étaient pour Mesdames de France. »

PANNON ou PENNON. — Etendard à longue queue qui appartenait à un simple gentilhomme. Quand on faisait d’un gentilhomme un banneret (voy. Bannière), on coupait la queue du pannon. De là est venu le proverbe faire de pannon bannière , pour dire lasser d’une dignité à une dignité supérieure. Le mot pannon vient du latin pannus , d’oü l’on a fait encore pan d’habit.

PANONCEAUX. — Les panonceaux royaux étaient des placards , affiches ou tableaux qui portaient les armes du roi. On les apposait à la porie d’une maison pour indiquer qu’elle était sous la sauvegarde du roi ou sous la main de la justice. Les maisons des notaires avaient et ont encore aujourd’hui des panonceaux» — Les panonceaux étaient quelquefois des girouettes sur lesquelles étaient représentées des armes peintes ou évidées à jour. On les regardait comme marques de noblesse.

PANORAMA. — Ce mot, composé de deux mots grecs, <rcàv (tout), et ©papcc (vue), indique un tableau dont on embrasse l’ensemble d’un seul coup d’oeil. Les panoramas sont en effet de vastes tableaux de forme circulaire, oü le soectateur ne rencontrant pas de limites éprouvé une illusion plus complète. On attribue l’invention des panoramas à Robert Parker, natif d’Edimbourg; il obtint un brevet à ce sujet dès 1787 Quatre ans après il exposa à Londres le premier panorama qui représentait une vue de cette ville. I/Americain Fulton fit jouir la France de cette découverte en 17 97. Secondé par plusieurs artistes français, et entre autres par Prévost, il fit admirer aux Parisiens une vue de Paris , où l’exactiiude des détails produisait l’illusion la plus complète. Bientôt les panoramas de Rome , de Na-

ples, d’Amsterdam, de Londres, de Jérusalem , d’Athènes firent admirer le talent de Prévost. 11 s’embarqua, en 1817, pour aller étudier sur les lieux les principales villes de l'Europe dont il reproduisit le panorama avec une rare perfection. On admirait surtout la profondeur de ses ciels, l’harmonie parfaite des compositions , leur simplicité majestueuse, et les nuances des climats de Naples , de Londres , de Jérusalem et d’Athènes, qu’il retraçait avec une admirable perfection.

Chateaubriand , dans le Conservateur et dans la préface de ses œuvres complètes, rendit justice à la fidélité de ces tableaux. « On a vu à Paris , dit-il , les panoramas de Jérusalem et d’Athènes. L’illusion était complète; je reconnus , au premier coup d’œil , tous les monuments, tous les lieux et jusqu’à la petite cour où se trouve la chambre que j’habitais dans le couvent de Saint-Sauveur. » Depuis cette époque , les panoramas n’ont cessé de présenter dans un espace resserré la vue des principaux lieux du monde. La rotonde dv.

panorama est aujourd’hui aux Champs- Elysées.

Le diorama , exposé par MM. Baguer re et Bouton , en 1822 , n’est qu'une variété du panorama . Le spectateur, placé au centre d’une salle en forme de rotonde , voit passer sous les yeux l'image des grands phénomènes de la nature , l’intérieur d'un édifice , etc. La salle est mobile sur une charpente , comme un moulin à vent, de sorte que ce ne sont pas les tableaux qui se déroulent aux yeux des spectateurs, mais ceux-ci qui sont transportés d’un spectacle à l’autre. Les effets de la perspective et du clair obscur, habilement traités , rendent l’illusion complète. Le premier spectacle offert par le Diorama fut celui de Yintè rieur de la cathédrale de Cantorbéry.

Parmi les autres vues on a remarqué celles d’Edimbourg, du mont Saint-Gotliard , de Venise , etc.

Le géorama , ou vue de la terre, a été inventé en 1825 pour rendre plus facile l’étude de la géographie; il se compose d’une sphère creuse de quarante pieds de diamètre, formée par l’assemblage de barres de fer verticales et horizontales qui représentent les méridiens et les parallèles, et recouverte d’une toile bleuâtre destinée à laisser passer la lumière et à représenter les mers et les lacs. Les terres , les montagnes et les rivières sont peintes sur un papier collé sur cette toile,

PANTALON. — Personnage de la comédie italienne, qui porte une culotte longue ( d’où est venu le nom du vêtement ), une

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