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§ H. Fondation de lliôtel des Invalides par Louis XIV . — Louis XIV idéalisa enfin ce projet si longtemps ajourné. L* hôtel des Invalides fut commencé en 1670. Pendant qu'on le bâtissait, Lc*uis XIV fit louer une vaste maison , rue du Cherche- Midi , près de la Croix Rouge et il y plaça les officiers et soldats invalides. Ils" y furent nourris et entretenus, comme ils devaient l'être dans l'hôtel que l'on élevait et qui ne fut ouvert aux Invalides qu’en 1674. Le dôme , qui est la partie la plus remarquable de cet édifice, a été construit sur les plans de .Iules Hardonin Man sa r <1 Louis XIV affecta des revenus considérables à l'hôtel des Invalides ; il était justement lier d'une pareille institution et disait avec raison dans son testament : « Entre diflérents établissements que nous avons faits dans le cours de notre règne , il n’y en a point qui soit plus utile que relui de notre hôtel des Invalides . 'J outes sortes de motifs doivent engager le dauphin et tous les rois nos successeurs à soutenir cet établissement et à lui accorder une protection particulière. Nous les y exhortons autant qu’il est en notre pouvoir. »
Cette disposition du testament de Louis XIY est celle qui a été le mieux respectée. Tous les pouvoirs qui ont gouverné la France, royauté, république, consulat, empire, ont tenu à honneur de conserver et d’agrandir la création de ce roi. Depuis 1769 jusqu’à nos jours les voûtes de l'hôtel des Invalides ont été ornées des drapeaux conquis sur les ennemis. Le premier consul établit aux Invalides une bibliothèque qui monte à près de trente mille volumes. Les tombeaux de Turenne, de Vauban et de Napoléon s’élèvent dans la chapelle des Invalides . Les plans en relief des principales forteresses de la France sont conservés dans les combles de cet établissement. L'impératrice Marie-louise, à l’époque de son mariage avec Napoléon , fit don aux Invalides de vaisselle plaie qui sert encore aujourd’hui aux officiers. En vertu d'une ordonnance du ai août 1 822, les Invalides marchent en tête de tous les corps de l’armée.
INVENTAIRE. — Les inventaires avaient souvent pour objet, au moyen âge, le recensement des meubles ou immeubles d’une église, dans lesquels on comprenait les livres et les Chartres. Plusieurs de ces inventaires fournissent de curieux renseignements sur les usages du moyen uge.
INVENTION (Brevets d’ ). — Voy. Industrie , § V.
INVESTITURE. — Cérémonie par laquelle on conférait un bénéfice laïque ou ecclésiastique. Les signes de Y investiture variaient suivant les personnes et les choses. Charlemagne, en conférant à Tassillon le duché de Bavière, lui remit en présence de sa cour ou plutôt de son armée , un bâton dont le haut représentait une figure humaine. Un poète, qui décrit cette cérémonie d'investiture, rapporte que Tassillon baisa les genoux du roi. (Voy. Proléqomènes du polyptyque d’irminon , p. 564.)
Dans le roman de Gérard de Roussillon , Y investi turc des fiefs se donne tantôt par une branche verte . tantôt par la pièce de monnaie appelée besant , tantôt par un gant( voy. Sainte-Palaye, Die tionnaire des antiq . françaises , v° Investiture). Un couteau, une épée, upe lance, une quenouiMe pour les fiefs féminins, un anneau, un sceptre, une crosse, une baguette, un marteau de porte et beaucoup d’autres signes servaient à conférer 1 "investiture. Les investitures devinrent, au xie siècle , l’occasion d'une lutte acharnée entre les papes et les empereurs. Les premiers s'opposaient à ce que les empereurs donnassent 1 'investiture par la crosse et l’anneau. Cette querelle n’eut jamais en France la même importance qu en Allemagne et en Italie.
On se servait quelquefois d’un fétu de paille pour donner Y investiture d’une terre ; de là les mots infestucation , enfestuquer , que l’on trouve dans les anciennes coutumes. Une branche d'arbre , une motte de terre, un couteau, des gants, un baudrier, etc., étaient encore des symboles d 'investiture* Le suzerain remettait quelquefois à son vassal un étendard ou gon fanon. Le pape Clément IV investit ainsi Charles d’Anjou frère de saint Louis. «< Nous lui avons, dit-il, donné solennellement V investiture par un étendard (per vexillum in vestiri solemniter fecimus ) ». Le glaive et le scepire étaient des signes très-usités & investiture.
Au xvc siècle, une des marques d' investiture les plus communes était le capuchon , dont on se servait principale* nient en Languedoc (D. Vaissetie, Hist.
de Languedoc , IV, 5i9). Les symboles
investiture y quels qu’ils fussent, étaient primitivement gardés, avec soin, dans les archives des églises. On y montrait des gazons, des ceintures, des courroies, de petits hâtons, des pailles, des branches d’arbre, des gants, des couteaux , des anneaux, des calices, des croix , des cfiandeliers, des psautiers, des missels,