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pour l'amour de salade ( espèce de casque ou bonnet de fer ) , et il faut que ledit jacque soit lassé devant, et qu’il ait dessous une pièce de la force du jacque . Ainsi sera le jacque sûr et aisé, moyennant qu'il ait un pourpoint sans manches ni collet, de deux toiles seulement, qui n’aura que quatre doigts de large sur l’épaule; auquel pourpoint l’archer attachera ses chausses. Ainsi flottera dedans son jacque et sera à son aise; car on ne vit oncques tuer de coups de main ni de llèche, dedans lesdits jacques , les hommes, et y soûlaient ( avaient coutume ) les gens bien combattre. » — ' On appelait encore jazlc ou jacque de mailles, une armure faite d’anneaux entrelacés. Les poltrons qui se battaient en duel , dit Furetière, mettaient un jacque de mailles sous leur pourpoint; ce qui obligea ceux qui ne voulaient pas user de supercherie à mettre pourpoint bas en se battant.
JACOBINS. — Ordre religieux institué en 1 2 1 6 . On désignait encore les jacobins sous le nom de frères prêcheurs et de dominicains. Voy. Abbaye et Clergé régulier.
JACOBINS ( Club des ). — Ce club ( vov. Club) désigné d'abord sous le nom de club breton , puis de société des amis de la constitution , s’établit a Paris après le G octobre 17S9, dans l'ancien couvent des jacobins de la rue Saint-Honoré. De là vint le nom de club des jacobitis. La violence de ce parti devint extrême, depuis le io août 1790. Le jacobinisme ou parti du club des jacobins eut des ramifications dans toute la France. Ce club fut un puissant auxiliaire de Robespierre et partagea sa destinée. Il fut ferme le 19 novembre 1794, peu de temps après la chute de Robespierre.
JACQUAUT (Métier à la). — Cette machine, inventée au commencement du x:xc siècle et honorée d’une récompense nationale dès 180G, est due a un Lyonnais du nom de Jacquart. Elle b perfectionné les métiers à tisser, en substituant un travail purement mécanique à la main-d’œuvre de l’ouvrier.
JACQUE. — Espèce de casaque appelée aussi Jack . Voy. Jack.
JACQUE BONHOMME. — Ce sobriquet fut donné aux paysans à une époque oii la féodalité avait perdu les traditions de régime patriarcal et dégénérait en odieuse tyrannie. On admettait alors comme principe de gouvernement cette maxime :
Oignez (flattez') vilain, il vous poindra (battra), l’oignez (battez / vilain, il voua oindra (flattera).
Les jacques protestèrent contre cette tyrannie systématique par le soulèvemende 1358, pendant la captivité du roi Jean. La jacquerie exerça d’horribles représailles et fut elle-même étouffée dans le sang.
JACQUEMART. — Nom que l’on dunne dans la Flandre à une ligure en fer qui , armée d’un marteau, frappe les heures que marque l’horloge. Un des jacquemarts des plus remarquables est celui que l’on voit à Dijon au-dessus du portail de la cathédrale. Il faisait partie de la célèbre horloge de Courtrai qui fut enlevée de cette ville par Philippe le Hardi et transportée à Dijon.
JACQUERIE. — Révolte qui eut lieu en 1358 , et dans laquelle les paysans, désignés sous le nom de jacques , exercèrent d’etfroyables ravages.
JACQUES (Les). — Paysans qui prirent part à la révolte de 1358.
JALLAGE. — Droit féodal que le seigneur prélevait sur le vin vendu en détail dans ses domaines; on l’appelait aussi jailage , jaillage et jalage .
JAMBART ou JAMBIÈRE. — Partie de l’armure qui couvrait la jambe. \oy.
Armes , lig. M.
JAMBONS. — Varron remarque, dit le Grand d’Aussy, qu’un des principaux commerces des Gaulois avec Rome était celui des jambons et du cochon salé. En effet les forêts immenses dont leur pays était couvert leur permettaient aisément de nourrir, sans frais , un grand nombre de ces animaux. Ceux des Gaulois qui s’établirent dans l’Italie septentrionale y élevèrent aussi beaucoup de porcs; Polybe nous apprenti qu’ils en entretenaient des troupeaux considérables, l es barbares qui envahirent la Gaule restèrent fidèles à cet usage. Le second chapitre de la loi salique , composé de dix-neuf articles, roule tout entier sur le vol des porcs. La loi des Visigoths contient quatre articles sur le môme sujet; elle prononce une amende de deux sous contre quiconque coupera un grand chêne, et d'un sou seulement si le chêne est petit. Les nations barbares estimaient beaucoup la chair de porc ; les rois mêmes en entretenaient un grand nombre dans leurs domaines , tant pour la consommation de leur table et de leur maison que pour l’augmentation de leur revenu. 11 est question do ces troupeaux dans le testament de Saint-Remi.
Charlemagne recommande aux intendants de ses villœ d’y nourrir, entre autres animaux, force cochons. Dans un état des
revenus et des dépenses de Philippe Auguste. pour l’année 1200 , rapporté par Brussel , une somme de cent sous est destinée à Pachat de cinq cochons. Un règlement que fit , en 1345, Humbert, dauphin de Viennois, prouve combien était abondante la consommation que Ton faisait de la viande de porc. Humbert fixe la maison de sa femme à trente personnes ; et, pour ces trente personnes il assigne un cochon frais par semaine et trente cochons salés par an ; ce qui faisait, par année , pour chaque personne, une consommation de trois cochons. On élevait des porcs jusque dans les villes, et ce fut seulement sous le règne de François Ier qu'on parvint à mettre un terme à cet usage; le bourreau fut chargé de saisir tous les cochons qu'il trouverait errants et qui n'appartiendraient pas h Tordre de Saint-Antoine.
Il y avait quelquefois des festins où Ton ne servait que de la viande de porc. Ces repas étaient nommés baconiques , du vieux mot bacon , qui signifiait porc. A Paris, le chapitre de Notre-Dame, dans certains jours de cérémonie solennelle, avait droit à un repas laconique ; telle est, à ce que prétendent quelques auteurs, l'origine de la foire aux jambons , qui se tenait autrefois au parvis de la cathédrale (Le Grand d'Aussy, Vie privée des Français ). La foire aux jambons existe encore aujourd'hui , mais elle a été transférée au boulevard Bourdon. L'établissement de cette foire s’explique encore par l’usage de se décarcmer à Pâques avec un jambon. On bénissait à l’église le jambon ou le lard qu'on destinait à cet usage; et les anciens rituels contiennent l'oraison particulière employée pour cette bénédiction.
JANSÉNISME. — Ce mot vient de Jansen ou Jansénius, évêque d'Ypres , mort en 1640, et désigne une doctrine qui troubla la France aux xvne et xviii* siècles. Le principe fondamental du jansénisme était la prédestination des élus; les jansénistes ou disciples de Jansénius n'admettaient pas que Dieu fut mort pour tous les hommes. La Sorbonne fit extraire et condamna cinq propositions d'un traité de Jansénius intitulé Augustinus. Le pape Innocent X confirma, en 1653 , la condamnation prononcée par la Sorbonne.
Les jansénistes prétendirent que les cinq propositions condamnées n’étaient pas dans V Augustinus. L'assemblée du clergé lit alors rédiger un formulaire par lequel les membres du clergé régulier et séculier adhéraient à, la condamnation prononcée contre les cinq propositions et