‹ Dictionnaire historique des institutionsChapitre 15 sur 224 · J AN 60Ô · texte numérisé non relu

J AN 60Ô

déclaraient qu'elles étaient formellement contenues dans le livre de Jansénius. Les jansénistes opposaient la distinction du fait et du droit, et, tout en reconnaissant l'infaillibilité du souverain pontife en matière de foi , la rejetaient pour les questions de fait. Les opposants furent persécutés, et quelques-uns enfermés à la ^Bastille. Enfin, en 1668 , la paix de l'Eglise réconcilia pour quelque temps jansénistes et molinistes. Antoine Arnauld, Nicole, et d’autres jansénistes célèbres s'occupèrent alors d’ouvrages réelment utiles. Ce fut vers cette époque que parurent le Traité de la perpétuité de la foi par Arnauld et Nicole, et les Essais de morale de Nicole.

La querelle du jansénisme ne se réveilla que dans la dernière partie du règne de Louis XIV, à l'occasion d'un livre du P. Quesnel . de l'Oratoire, intitulé Réflexions morales sur le Nouveau Testament. Cent onze propositions extraites de cet ouvrage furent condamnées par la célèbre bulle Unigenitus (8 septembre 1713). Une violente opposition s’éleva contre cette bulle, et, pendant une grande partie du xvui° siècle, les jansénistes continuèrent de s'agiter. Ils avaient leurs fanatiques, désignes sous le nom de convulsionnaires ; c’était au cimetière de Saint-Médard , sur le tombeau du diacre Paris , que se passaient, en 1727, ces scènes étranges que les jansénistes prenaient pour l'effet d'une puissance surnaturelle. La querelle s’envenima au point que l'autorité ecclésiastique refusa les derniers sacrements à ceux qui n'étaient pas munis de billets de confession délivrés par un prêtre non suspect de jansénisme. Persécutés pendant une partie du xviïic siècle, les jansénistes finirent par se venger sur leurs ennemis les plus ardents, les jésuites , et contribuèrent puissamment à les faire chasser de France (1762).

A cette époque, 1 e jansénisme indiquait moins une secte religieuse qu’un parti qui se recrutait surtout dans les parlements et dans une portion notable du clergé. 11 avait sa caisse que Ton désignait dans le public sous le nom d eboite à PerreUe. Elle provenait d'un legs de Nicole qui avait prescrit par son testament que le revenu de ce legs fût employé en œuvres pieuses. La boite à Perretfe donna lieu à plusieurs procès dont le plus célèbre eut lieu en 1778. On prétend que cette caisse servait à payer la gazette du parti janséniste, à se concilier desadeptes, à envoyer des agents en différents lieux ; enfin à publier et distribuer des brochures favorables au parti. — Il a été

ja n

Page 1