ROU
ROY
les juges ordonnaient par un retentwn (voy. ce mot) d’étrangler le patient avant de lui briser les membres. Si l’on en croit un auteur assez suspect , Tailemant des Réaux , les amateurs de supplices se plaignaient, au xvne siècle, de ce qu’on leur enlevait ainsi une partie du spectacle.
Un sieur Claude , argentier de madame de Rambouillet, disait, suivant Tailemant des Réaux ( Historiettes , iro edit., t. IV,
* 117), « Qu?il n’y avait plus de plaisir
* voir rouer, parce que ces coquins de bourreaux étranglaient aussitôt le patient, et que. si on faisait bien , on les rouerait eiix-memes. »
ROUÉS. — On appelait roué* les courtisans du régent (1715-1722), qui se faisaient honneur de leurs vices. On trouve à plusieurs époques de notre histoire la même affectation d’infamie. Le xvie siècle avait eu ses trinquants et ses mignons . A la cour de Louis XIII , on appelait raffinés ces fanfarons de débauches. Pendant la Fronde, les petits - maîtres se signalèrent par leurs vices autant que par leurs prétentions politiques.
ROULEAUX DES MORTS. — Membranes ou feuilles de parchemin , sur lesquelles étaient inscrits les noms des morts que l’on recommandait aux prières des monastères et des églises. Voy. Morts (rouleaux des).
ROUSSIN DE SERVICE. — On désignait sous ce nom une redevance féodale à laquelle certains vassaux étaient astreints envers leur seigneur. Voy. Roncin de service.
ROUTES. — Voy. Voies publiques.
ROUTIERS. — Brigands qui formaient des compagnies mercenaires sans ordre ni discipline. Du Cange (v° Rumpere ) prétend que le nom de rup tarit (routiers ) v enait de ce que ces soldats n’étaient primitivement que des paysans habitués à labourer la terre (quod terram ar a tro proscinder ent seu dirumperent Marca , dans son Histoire de Béarn , soutient que les routiers étaient des gens de guerre employés par les seigneurs , qui ne leur donnaient pas de soliie, de telle sorte qu’ils pillaient et ravageaient le plat pays; il fait dériver leur nom du mot gaulois rupta ou route y qui signifiait une bande de soldats.
Cette opinion est de beaucoup la plus vraisemblable. En effet, on trouve souvent dans les poèmes du moyen âge le mot route employé dans le sens de troupe de soldats. Ainsi, dans Garin le Loherain,
Lk véissiea le* routes assembler
(Consultez Raynouard, Choix de poésies originales des troubadours , t. V, p. nu , au mot Rota).
Sans insister davantage sur les étymologies très-diverses que Pon a données du mot routiers , il est certain qu’il désignait des bandes d’aventuriers qui jouèrent un grand rôle dans les guerres des xiie, xine et xiv« siècles. La royauté se servit utilement de ces troupes mercenaires pour soumettre les petits seigneurs féodaux. Cadoc, un des chefs des routiers, fut un des principaux capitaines de Philippe Auguste ; mais , la guerre terminée, ces bandes mercenaires désolaient le pays. De là, les brigandages des grandes "compagnies au xive siècle (voy. Grandes compagnies). Du Guesclin en délivra la France; mais les routiers reparurent au commencement du xivc siècle; enfin, Charles VII réussit par l’organisation d’une armée permanente , à délivrer la France de ces bandes de pillards. On trouvera de curieux détails sur les routiers du xmcsiècle, dans un article publié par M. H. Géraud dans la Bibliothèque de V école des Chartes , tre série, t. III, p. 417 etsuiv. M. E. de Fréville a publié dans le même recueil une savante notice sur les Grandes compagnies .
ROYAL DE BILLON. — Monnaie de billon qui datait du règne de Philippe le Bel.
ROYAL D’OR. — Monnaie d'or qui valait onze sous parisis. Il en est question pour la première fois sous le règne de Philippe le Bel. L’on frappa des royaux dror jusqu’au règne de Charles VIL
ROYAL - ALLEMAND , ROYAL- CRA- VATE ou CROATE, ROYAL-POLOGNE. — Régiments de cavalerie , organisés aux xvue et xviue siècles , et composés en grande partie d’Allemands, de Croates, de Polonais. Ces régiments de cavalerie étrangère ont existé jusqu’à la Révolution.
ROYAL (Palais-). — Palais bâti par le cardinal de Richelieu et désigné d’abord sous le nom de Palais-Cardinal . Il prit le nom de Palais-Royal en 1643, lorsque la reine Anne cf Autriche en eut fait la résidence ordinaire de la cour. Voy. Cardinal (Palais.)
ROYALES (Dynasties). — On distingue, dans l’ancienne monarchie , trois dynasties royales : i° les Mérovingiens (voy.
Mérovingiens); 2°lesCarlovingiens (752- 987); 3° les Capétiens (908-1789). Pour les deux dernières dynasties, voy. les tableaux ci-joints , qui présentent la filiation des rois carlovingiens et capétiens.