‹ Dictionnaire historique des institutionsChapitre 160 sur 224 · ROU · texte numérisé non relu

ROU

les affaires bénéficiâtes et patrimoniales des pays catholiques, qui n’ont point 1e privilège de tes juger eux-mêmes. On nomme les prélats qui composent ce tribunal auditeurs de rote. Ce nom vient, selon tes uns, de ce que 1e pavé delà chambre oii ils s’assemblent pour examiner tes affaires et rendre la justice est de marbre et a la figure d’une roue (rota), ou, selon d’autres, parce que, lorsqu’ils jugent, ils forment un cercle. L’étymologie donnée par Dangeau est beaucoup plus raisonnable. Il dit dans son Journal , à la date du 19 août 1686 : « La rote est un tribunal qui juge tes causes importantes de l’état ecclésiastique et quelques autres qui y viennent, par appel, des États catholiques de l’Europe. Ce tribunal se compose de douze juges qu’on nomme auditeurs. 11 y a un Français, deux Espagnols, un Allemand; tes autres huit sont Italiens. Pour juger les causes, ces douze auditeurs se partagent en trois bureaux ; chacun est composé de quatre auditeurs.

Quand une cause a été jugée par un de ces bureaux, on la porte devant 1e second et ensuite devant le troisième, et l’affaire n’est point jugée définitivement qu’il n’y ait trois sentences conformes, et qu’elle n’ait passé comme roulée par ces trois petits bureaux; c’est ce qui fait que tout 1e corps de ces juges, entre lesquels on fait ainsi rouler les causes, se nomme en italien la rota . »

ROTISSEURS. — Cette corporation existait, à Paris, dès 1e xme siècle , sous le nom d ’oyers , parce que les oies étaient un des mets les plus estimés à cette époque. Les rôtisseurs sont désignés sous le nom d’oyers ou oyeurs dans tes anciens statuts des corporations de Paris ou Livre des métiers rédigé par Étienne Boileau , prévôt de Paris. Les rôtisseurs se confondirent dans la suite avec tes maîtres queux ou maîtres cuisiniers , qui reçurent leurs statuts du roi Louis XII en 1599. En 1663 , Louis XIV leur donna de nouveaux statuts, oü l’on remarque cet article : « Il y a toujours eu tant de respect pour tes écuyers de cuisine , potagers, buteurs et enfants de cuisine du roi, des reines, princes et princesses, que lorsqu’ils se présenteront en ladite communauté , ils y seront reçus en faisant apparoir de leurs lettres et certificats de leur emploi , sans qu’il soit besoin de formalité plus expresse. »

ROTURE, ROTURIER. — Le mot roture indique la condition de celui qui n’est pas noble ; tes non-nobles portent 1e nom de roturiers. On fait dériver avec assez de vraisemblance 1e mot roturier du latin

barbare ruptarius , celui qui brise lu terre (qui rumpit ter ram). Les roturiers étaient primitivement tes serfs attachés à la glèbe et chargés à peu près exclusivement de la culture de lu terre. — Les roturiers se divisaient en plusieurs classes , selon les lieux qu’ils habitaient. Les bourgeois ou habitants des villes furent émancipés par la révolution communale du xne siècle (voy. Communes) et formèrent 1e troisième ordre de la nation ou tiers état , dont le rôle politique a été indiqué dans un article spécial (voy. État (tiers) Quant aux habitants des campagnes ou serfs (voy. Serfs), leur affranchissement a été beaucoup plus lent; tes derniers serfs ne furent émancipés que par Louis XVI , le 27 juin 1787. L’égalité complète des droits civils et politiques n’a été assurée aux roturiers que par la révolution de

On appelait aussi roture un héritage tenu en censive à la différence des fiefs ou héritages tenus noblement. La foi et hommage, 1e dénombrement, le relief, le quint , la commise et 1e retrait féodal n’avaient point lieu dans tes rotures. Les héritages tenus en roture ne devaient que deux droits principaux, 1e cens annuel et tes lods et ventes (voy. ces mots ).

ROUAGE. — On appelait Rouage ou Rodage (Rotaticum ou Rodaticum ) une taxe levée sur tes voitures, à titre d’indemnité, par tes seigneurs féodaux, pour 1e dommage que tes roues causaient aux chemins. Cet impôt devait être affecté primitivement à l’entretien des routes. Il se payait quelquefois en grains ou autres denrées. Le rouage était spécialement un impôt sur le transport des vins ( Prolég . du cartulaire de Saint-Père de Chartres , § 122). Le droit de rouage ou rodage se payait encore au xvm® siècle, en certains pays , sur chaque pièce de vin vendu en gros.

ROUE (Supplice de la ). — Le supplice de la roue fut importé d’Allemagne en France sous le règne de François Ier. Ce supplice atroce consistait à placer 1e condamné tes jambes écariées et les bras étendus sur deux morceaux de bois disposés en croix de Saint-André , et taillés de manière que chaque membre portât sur un espace vide. Le bourreau lui brisait à coups de barre de fer, les bras, les avant-bras, les cuisses , tes jambes et la poitrine. On l’attachait ensuite sur une petite roue de carrosse suspendue eu l’air par un poteau. On ramenait tes jambes et tes bras brisés derrière le dos , et on tournait la face du supplicié vers 1e ciel afin qu’il expirât en cet état. Souvent

Page 1