‹ Dictionnaire historique des institutionsChapitre 163 sur 224 · RUE · texte numérisé non relu

RUE

surmonté d’une figure d’aigle. Le sceptre le plus ancien que l’on ait conservé, et qui est connu sous le nom de sceptre du roi Dagobert, n’est pas autre chose que ce bâton consulaire. Le sicge appelé trône de Dagobert , n’est qu’une chaire curule. Charlemagne , après son couronnement comme empereur d’Occident , adopta la couronne fermée surmontée d’une croix , et le globe également surmonté d’une croix.

La main de justice se trouve pour la première fois sous la troisième race. Celle qui servait au sacre des rois était représentée avec trois doigts ouverts, le pouce, l’index et le doigt du milieu, et les deux autres fermés. Les anciens vêtements des rois furent aussi empruntés aux Romains. Lorsque Clovis eut reçu de l’empereur Anastase le titre de consul, il se revêtit, dit Grégoire de Tours, d’une tunique de pourpre et d’une chlamyde. Les monuments primitifs représentent les rois portant sur leur tunique des ceintures qui sont quelquefois enrichies d’ornements et même de pierres précieuses. Le manteau royal que les rois portèrent dans la suite, rappelait la pourpre des consuls et des empereurs.

RU DU BASTON. — Redevance qui se payait en poules. Dans les Ordonnances des rois de France (t. IV, p. 298 , art. 26), il est question de ce droit; mais le passage a été altéré. On y lit . « Nous ne porrons par quelque nécessité que ce soit pranre geline, poulailles ne avoir ru de bascon en ladicte ville. » Il faut lire ru de baston . Voy. du Cange, v° Jiova .

RUBRIQUES. — Explication des usages et cérémonies qui se trouvent dans les anciens livres. Le nom de rubriques vient de ce qu’elles sont écrites ou imprimées en lettres rouges pour les distinguer du texte même du livre qui est en caractères noirs.

RUELLE. — On donnait ce nom , au xviic siècle , aux alcôves dans lesquelles on plaçait les lits. Il était d’usage de recevoir dans ces ruelles élégantes un cercle de beaux esprits. Les précieuses avaient adopté cette coutume, et on nommait alcovistes ceux qui fréquentaient leurs ruelles . Boileau fait allusion à cet usage, lorsqu’il dit ( Art poétique , chap. îv ) :

Que de son nom chanté par la bouche des belles lienserade, en tous lieux, amuse les ruelles •

RUES. — Les rues des villes ne commencèrent à être pavées qu’à la fin du xnc siècle. Antérieurement on semait du foin et de la paille dans certaines rues , et quelques-unes , comme la rue du

Fouarre à Paris , en ont tiré leur nom.

Ce fut Philippe Auguste qui, de concert avec le prévôt de Paris et les principaux bourgeois de cette ville, fit paver les places et les rues de Paris. Les rues des anciennes villes sont la plupart mal alignées et même tortueuses. Souvent les maisons y font saillie sur la voie publique. On a cherché à expliquer le défaut d’alignerrient, en disant qu’il était plus facile à la bourgeoisie de se défendre dans les rues tortueuses et d’y arrêter la cavalerie féodale. Le même motif faisait placer des chaînes à l’entrée des rues. Quoi qu’il en soit de ces explications, il est certain que l’on ne commença à s’occuper des alignements qu’au xvne siècle. Henri IV rendit un premier édit en 1607. Mais ce fut surtout Louis XIV qui fit faire quelques progrès à cette partie de l’administration si importante pour la beauté et la salubrité des villes. Les trésoriers de France (voy. ce mot) furent chargés de donner les alignements dans les villes oh ils avaient juridiction ; à leur défaut, ce droit appartenait aux juges de police.

A Paris, le lieutenant de police avait la voirie dans ses attributions. Le journal d’Olivier d’Ormesson prouve que, dès l’année 1665 , Colbert s’occupait de faire enlever les escaliers extérieurs et les saillies des maisons qui obstruaient , à Paris , la voie publique. Mais ce ne fut qu’en 1693 qu’une ordonnance royale généralisa ces mesures. Elle défendait « à tous particuliers, maçons et ouvriers do faire démolir, construire ou réédifier aucuns édifices ou batiments ; élever aucun pan de bois , balcons ou auvents cintrés ; établir travaux de maréchaux , pieux et barrières, étais, sans avoir pris les alignements et permissions nécessaires des trésoriers de France, à peine contre les contrevenants de vingt livres d’amende.»

La même ordonnance interdisait l’établissement d’enseignes, marches, auvents, portes, etc., faisant saillie uur la voie publique. Des ordonnances des trésoriers de France, en date du 8 juillet 1735 , du 21 octobre 1746, du il mars 1748; divers arrêts du conseil et déclarations royales du 27 février 1765, du 1er septembre 1779, du 10 avril 1783, du 25 août 1784, confirmèrent complètement ces dispositions.

La révolution ayant fait disparaître les trésoriers de France, la petite voirie, chargée des alignements, constructions sur la voie publique , saillies, démolition des bâtiments élevés le long des rues, etc fut attribuée ^'administration municipale (lois du 24 août 1790 et du 22 juillet 1791 ). La grande voirie fut confiée à l'administration départementale , et s’occupa

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