‹ Dictionnaire historique des institutionsChapitre 20 sur 224 · EU G · texte numérisé non relu

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vint mourir à Rouen (1087). Le roi de France Louis VI prouva, à la journée de Brennemule ou Brenneville (ni9) son courage et son sang-froid en faisant un jeu de mots au plus fort du danger. Un soldat ennemi saisit la bride de son cheval en s’écriant : « Le roi est pris. — Ne sais-tu pas, répliqua Louis VI, qu’on ne prend pas le roi au jeu d’échecs? » Et il l’abattit à ses pieds. On pourrait multiplier les citations de ces jeux de mots historiques.

Les calembours furent surtout à la mode dans la seconde moitié du xvnie siècle. Le marquis de Bièvre se fit un nom par la facilité trop souvent insipide de ses jeux de mots. Parmi les moins mauvais, on cite le suivant: Une dame qui chantait avec prétention n’ayant pu achever sur le même ton un air qu’elle avait commencé, dit : « Je vais le reprendre en mi. — Non, madame, restez en la;»

repartit un de ses voisins. Quand Voltaire revint à Paris, en 1778, il fut blessé de l’abus des calembours , qu’il regardait comme le fléau de la conversation. Il engagea Mmo du Deffant à s’unir à lui pour faire justice de cet abus. « Ne souffrons pas , lui disait-il , qu’un tyran si bête usurpe l’empire du monde.» Delille, dans son poème de la Conversation , a bien caractérisé le calembour :

Le calembour , enfant gâté Du mauvais goût et de l’oisiveté ,

Qui va guettant, dans ses discours baroques . De nos jargons nouveaux les termes équivoques , Et, se jouant des phrases et des mots,

D’un terme obscur fait tout l’esprit des sots.

JEU DE FIEF. — L e jeu de pef consistait à aliéner les deux tiers d’un fief, a condition de conserver l’hommage de foi pour la terre entière et les droits seigneuriaux et domaniaux sur la partie aliénée. Le jeu de fief avait été inventé pour empêcher le morcellement des fiefs., ou, pour employer le langage des feudistes , le dépié de fief. Voy. Féodalité,

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