‹ Dictionnaire historique des institutionsChapitre 41 sur 224 · LIE G · texte numérisé non relu

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merce de boissons et sur quelques autres marchands, par exemple sur ceux qui s’occupent de la fabrication et de la vente des matières d'or et d’argent.

LICENCIE. — Gradué qui a obtenu lo diplôme de licence. Les licencias en droit peuvent exercer la profession d’avocats.

LICORNE. — On se servait de la corne de licorne pour faire l’épreuve des mets dans les repas du moyen âge. ün était persuadé que la corne de licorne préservait de tous maléfices. I/écuyer tranchant, qui servait à la table du duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, après avoir coupé le pain, le touchait tout autour avec la licorne d’épreuve. Il en faisait autant pour les divers plats qui étaient placés devant le duc.

Cet usage s’explique par les croyances du moyen âge relativement à la licorne . Elle est représentée, <ians les bestiaires de cette époque, comme le symbole de la pureté. Cet animal , qu’on regardait comme indomptable, ne pouvait, d’après les légendes , être vaincu que par une vierge ; dès qu’il en apercevait une , il venait se reposer sur son sein et perdait toute sa férocité.

La corne de licorne servait aussi d’ornement dans les buffets et salles de festins. Olivier de La Marche parle de cornes de licorne moult grandes et belles qui étaient aux coins du buffet du duc de Bourgogne au festin qu’il donna en 1468.

L1DES. — Les lides formaient sous les Mérovingiens et Carlovingiens une classe intermédiaire entre les hommes libres, les colons et les esclaves. Ils présentaient beaucoup d’analogie avec les lètes do l’empire romain. Voy. Lètes.

LIDIMONIUM. — Impôt payé par les lides .

LIERRE. — Le lierre servait autrefois d’enseigne aux cabarets; on le considérait aussi comme un symbolo d’amour (Sainte-Palaye , v° Lierre ).

LIESSE. — Ce mot est dérivé du latin lætitia et signifie joie. Il existait, au moyen âge . une confrérie de liesse établie à Arras; le chef de cette confrérie burlesque portait le nom d’abbé. Il était élu par les magistrats et le peuple ; il portait une crosse d’argent doré, du poids de quatre onces suspendue à son bonnet. Il présidait aux jeux que la confrérie célébrait à Arras et dans les villes voisines.

LIEUE. — Mesure itinéraire. Voy. Mesures.

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LIEUTENANCE. — Voy. Lieutenant.

LIEUTENANT. — Dans la hiérarchie militaire, le lieutenant vient après le capitaine; il est le second officier d'une compagnie ou d'un escadron. Le grade de lieutenant a été établi en *444 , et les pouvoirs des lieu tenants ont été doterminés par une ordonnance de i55S. Il y a plüs:eurs lasses de lieutenants .

LIEUTENANT. — On appelait lieutenant, dans l'ancienne organisation judiciaire, un officier de judicature qui remplaçait le premier officier du siège en cas d'absence. Nous avons dit, en parlant des baillis ( voy. Bailli ), comment ces officiers, hommes d'épée , furent obligés de prendre des lieuteyiants de robe longue gradués dans les universités. Ces lieutenants por taient différents noms : lieutenant général* lieutenant particulier, lieutenant civil , lieutenant criminel .

11 faut indiquer rapidement les attributions de ces divers magistrats.

LIEUTENANT CIVIL. — Le lieutenant civil était un des lieutenants du prévôt de Paris, chargé de juger les affaires civiles en première instance. Il dirigeait la police jusgu’à l’époque où fut établi le lieutenant général de police. C’était à lui qu'étaient présentées toutes les requêtes en matière civile ; il jugeait toutes les contestations qui demandaient une prompte solution , sur un rapport qu'on appelait référé. C'est maintenant le président du tribunal civil qui juge les référés . Le lieutenant civil était conservateur des privilèges de l’université de Paris. Il pouvait faire défense d’exécuter les sentences rendues dans des sièges ressortissant au Châtelet. Toutes les affaires de famille, à l'exception de celles des princes du sang, étaient de sa compétence. Les assemblées de parents ou conseils de famille , pour la tutelle des mineurs , se tenaient dans son hôtel. Les demandes de séparations de corps et d’interdiction étaient portées à son tribunal. On faisait en sa présence l’ouverture des testaments que l'on trouvait cachetés après leur mort, etc. Assisté du plus ancien avocat du roi, il tenait la chambre civile, et jugeait toutes les affaires sommaires au-dessous de mille livres.

LIEUTENANT-COLONEL. — Le lieutenant-colonel est le second officier d’un régiment et remplace le colonel en cas d'absence Dès le temps de Henri IIï, on trouve le titre de lieutenant-colonel ; mais les fonctions des lieutenants-colonels ne furent nettement déterminées qu’en 1665 pour l'infanterie, et en 1668 pour la cava-

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lerie. Supprimé A l'époque de la Dévolution, le grade de lieutenant-colonel a été rétabli en 1815 et existe encore aujourd’hui.

LIEUTENANT CRIMINEL. — Lieutenant du prévôt de Paris, il instruisait les procès criminels, et assisté de sept juges, il prononçait en dernier ressort sur tous les cas prévôtaux, qui sontainsi déterminésdans l’article 12 du titre 1er de l’Ord. de 1670 : crimes commis par les vagabonds, gens sans aveu et sans domicile, ou qui auront été condamnés à peine corporelle, bannissement ou amende honorable, excès commis par des gens de guerre, tant de leur marche, lieu d'étape , que d'assemblées, et le séjour pendant leur marche ; désertions, assemblées illicites avec ports d’armes, levée de gens de guerre sans commission royale, et vols sur les grands chemins, port d’armes et violences publiques avec effraction, assassinats prémédités, émotions populaires, séditions, sacrilèges avec effraction, fabrication de fausse monnaie. Le lieutenant criminel , portait la robe rouge comme le lieutenant civil , le lieutenant général de police et les lieutenants particuliers . Ce costume les distinguait du lieutenant criminel de robe courte qui était plutôt homme d’épée que magistrat.

LIEUTENANT CRIMINEL DE ROBE COURTE. — Lieutenant du prévôt de Paris chargé de veiller à. la sûreté de la ville et de faire arrêter les meurtriers, vagabonds et gens suspects Sa juridiction avait beaucoup de rapport avec celle du lieutenant criminel , et les anciens jurisconsultes n’en fixent pas les limites avec précision. Il connaissait des crimes d'incendie , fausse monnaie, lèse-majesté divine et humaine, sédition populaire, vol de nuit et de jour sur les grands chemins , des attentats à la vie des maîtres par leurs domestiques, des crimes de viol et de rapt, etc. Il commandait une compagnie d’archers, dont Le devoir était d’arrêter toutes personnes prises en flagrant délit et d’en dresser procès-verbal. Les attributions de ce magistrat rappelaient les temps où. tous les pouvoirs étaient confondus et où les fonctions judiciaires n’étaient pas distinctes de l’autorité administrative.

LIEUTENANT GÉNÉRAL. — Magistrat qui dans les justices royales ou dans les présidiaux avait les mêmes fonctions que le lieutenant civil à Paris (voy. Lieutenant civil). Depuis que Louis XIV avait établi des lieutenants de police dans les villes les plus considérables, les attribu-

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tiens des lieutenants généraux avaient perdu beaucoup de leur importance.

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