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dire dans son comté de Charolais pour le mariage de sa Lille avec le duc du Maine ( Dictionn . de Furetière).
INDULT. — Le mot induit indiquait une grâce accordée, une exception au droit commun. Pendant le schisme d’Avignon, le pape accordait souvent au roi et aux princes le droit de nommer leurs officiers aux bénéfices qui viendraient à vaquer; on appelait ce privilège induit . Les memDies du parlement de Paris jouissaient d’un induit et pouvaient obtenir un bénéfice ecclésiastique pour eux-mêmes , s’ils étaient clercs, ou, s’ils étaient laïques, pour un candidat k leur choix. On trouve des traces de cet induit dès 1303 ; mais il fut surtout établi par une bulle d’Eugène IV, en 1434 , puis suspendu „ et enfin rétabli en 1538 par une bulle de Paul III. Chaque membre du parlement ne pouvait exercer ce droit qu’une fois en sa vie. — V induit des rois consistait k nommer k un certain nombre de bénéfices; ainsi, au commencement de leur règne, ils pouvaient disposer de la première prébende qui venait k vaquer en chaque cathédrale : c’était un véritable droit de joyeux avènement . — L’ induit des cardinaux les autorisait à nommer k certains bénéfices.
INDULTAIUE. — On appelait indultaire celui qui avait un induit (voy. ce mot) ou qui réclamait un bénéfice ecclésiastique en vertu d’un induit.
INDUSTRIE. — L 'industrie, qni transforme les produits du sol et les substances animales ou minérales, est une des causes principales de la richesse et de l’importance des nations ; elle a puissamment contribué, dans les temps modernes, k établir l’égalité civile et politique er. donnant aux classes inférieures le moyen de s’élever à la richesse et par la richesse k la puissance. L’histoire de l’industrie française a donc une grande importance dans un tableau générai des mœurs et des institutions de la France. On peut distinguer cinq époques dans l’histoire de cette industrie : . * Sous la domination des Romains et des barbares jusqu’à la fin de la période féodale; 2° depuis le xme siècle lusqu’k la fin du xve siècle, lorsque déjà la royauté intervient par des ordonnances générales pour réglementer les corporations industrielles; 3° depuis les guerres d’Italie qui donnent un grand essor k l’industrie française jusqu’à Fépoque de Louis XIV ; 4° sous Louis XIV, Louis XV et Louis XVI ; 5° depuis la Révolution jusqu’à nos jours.
S 1er. I)e V industrie française pendant
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les périodes gauloise , romaine , barbare et féodale . — On ne peut remonter dans l’histoire de l’industrie en Gaule, au delà de l'époque où les Romains y organisèrent, comme dans tout leur empire, les corporations d'arts et métiers. Une des plus importantes parmi ces corporations , était celle des liantes parisiens , qui sont devenus plus tard les marchands de Veau de Paris ( mercatores aquæ). On a retrouvé, dans les fouilles faites, en 1711 , sous le chœur de Notre-Dame, une inscription où il est question des nautes parisiens. Il est très-probable, sans qu’on puisse alléguer rien de certain à ce sujet,
!que les corporations industrielles organisées dans les villes de la Gaule survécurent à l'empire romain. Mais la confusion qui suivit les invasions des barbares, l’abandon des voies romaines et l'impossibilité de parcourir avec sécurité les provinces de la Gaule, firent tomber l’industrie dans une décadence dont elle ne s'est relevée qu'après plusieurs siècles de travaux et d'eftorts File fut réduite pendant ces siècles de bouleversements à quelques produits grossiers et aux arts de première nécessité. La draperie , qui préparait les étoffes, le plus souvent grossières , nommées cuculle ou coule ; les corporations qui façonnaient le cuir; les métiers qui travaillaient le fer et forgeaient des armes offensives et défensives , eurent seuls quelque importance pendant cette période. Souvent les Francs, qui possédaient de grandes métairies, réunissaient des femmes dans un atelier appelé gynécée , et c'était là que se confectionnaient les ouvrages qui demandaient plus d'adresse que de force. Là se cardaient le lin et le chanvre, là se tissait la toile. On voit dans le capitulaire de Charlemagne sur les villæ ( devillis ) que l'on ae servait de la garance, du pastel ou guède et de l'écarlate pour teindre ces étoffés.
Charlemagne, tout en prohibant les ghildes ou associations d’ouvriers, favorisait l'industrie et autorisait dans ses capitulaires ce que nous appellerions aujourd’hui des sociétés de secours mutuels. Il n'avait interdit que les associations politiques. Après la mort de ce prince., l’em pire franc tomba dans un effroyable chaos, et il fut impossible, sous le régime de la féodalité, qui morcelait la France, de donner quelque essor à l'industrie. C'est seulement, aux xn« et xme siècles, à répoqueoù s’organisent les communes et les corporations industrielles (voy. Commune et Corporation) , que l’industrie a pu se développer. Les croisades contribuèrent à lui donner une grande impulsion en rendant plus fréquentée les com-
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munications entre les peuples et eu mettant sous les yeux des nations européennes les produits de l'industrie asiatique. L'organisation des corporations industrielles eut à son tour une influence considérable sur le sort des populations serves. Par le travail elles parvinrent à la richesse, et achetèrent, des nobles qui partaient pour les Croisades , des privilèges politiques. La création de la richesse mobilière par l'industrie a été une des causes qui ont le
Îdus contribué, au moyen âge, à élever es classes inférieures. Déjà l'esclavage avait été aboli dans les campagnes (voy. Esclavage); il se forma, dans les villes, une classe de bourgeois qui ne tarda pas à rivaliser avec les nobles, et qui, en France, a constitué le tiers état .
§ U. De ^industrie depuis le xiiic siècle jusqu'à la fin du xv®. — Le Livre des Métiers d'Étienne Boileau, qui a été publié dans la collection des Documents inédits sur Vhistoire de France , fait connaître l’état de l’industrie à cette époque. Les corporations, qui sont alors les plus importantes et les plus nombreuses, travaillent à l’armure et à l'équipement des chevaliers. Il y en avait une spécialement occupée à forger et à dorer leurs éperons. D'autres façonnaient et ornaient de blasons et de peintures les selles des chevaux. Les heaumiers fabriquaient les casques et les ciselaient avec art. Plusieurs de ces industries indiquent que le métier touchait à Fart. Ainsi les maîtres tail leurs d’images étaient souvent d’habiles sculpteurs, comme quelques maîtres des œuvres de maçonnerie furent d’admirables architectes ; la Sainte-Chapelle et la chapelle de Vincennes suffiraient pour l’attester. Les reliquaires , travaillés avec un art si délicat et si patient, attestent à quel degré de perfection avaient été portées l’ivoirerie et l’orfèvrerie. Les maîtres tabletiers ont laissé des bahuts et des dressoirs que recherchent îes amateurs du moyen âge et qui ont un mérite réel, même aux yeux de ceux qui ne cèdent pas à l'engouement et aux caprices de la mode.
Parmi les corporations qui s’occupaient de l'habillement, les fourreurs et les pelletiers occupaient un des premiers rangs. Les riches fourrures que portaient les chevaliers et les nobles dames, donnaient beaucoup d’importance à cette branche d’industrie. Les peaux de caàtor et de martre excitaient une admiration qui allait jusqu'à la folie, dit naïvement un chroniqueur du moyen âge, Adam de Brême ( pelles castorum et mariurumy> quæ nos admiralione sut dementes far ciunt ). La fourrure, appelée vair ou me
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nuvair , dont on garnissait les manteaux et le bonnet ou mortier des chevaliers , était aussi en grande estime; les ecclésiastiques en ornaient les vêtements sacerdotaux , malgré les défenses des synodes. Les gantiers façonnaient des gants de toute nature; il y en avait de légers et gracieux appelés gants d demoiselles. Le petit poème intitulé dit du mercier , détaille avec complaisance tous les produits industriels de cette époque : aumônières de soie et de cordouan , chapeaux de fleurs, ceintures richement ornées , cordons de soie, pierres précieuses travaillées avec art, etc. Les halles , oü chaque corporation avait sa place distincte, présentaient un aspect animé et pittoresque. C’était surtout aux foires de Champagne et du Lendit (voy. Foires et Lendit; que l’industrie du moyen âge étalait ses produits les plus riches. Elle ne négligeait pas les artifices de la coquetterie féminine; on voit, en effet, que dès cette époque les femmes étaient dans l’usage de se farder et de se peindre le visage. Les statuts des synodes leur reprochent de vouloir changer la figure que Dieu leur adonnée (Martène, Thesaur . anecdotorum , IV , 66 1 ).
Les ordonnances royales des xm*, xiv* et xvc siècles, n’eurent pas seulement pour but de réglementer les corporations industrielles ; la royauté comprit qu’il était de son de'Oir d’encourager et de protéger efficacement l’industrie nationale. Tous les rois, dignes de ce nom, s’en occupèrent activement. Saint Louis favorisa l’industrie en assurant la sécurité des routes, en rendant les seigneurs responsables des vols commis sur leurs terres, en détruisant les péages multipliés par la fiscalité féodale et en contraignant les villes à lever les entraves que leur monopole opposait aux transactions commerciales. Les guerres du xiv® siècle et du commencement du xv«, les invasions des Anglais en France et les dévastations qui marquèrent leur passage, furent un obstacle au développement de l’industrie. Elle ne se releva qu’après leur expulsion et surtout sous les règnes de Charles VU et de Louis XL Ce dernier roi la favorisa en adoptant un système prohibitif. Il interdit, en 1469 , l’importation des étoffes de l’Inde. L’année suivante, il établit, aux environs de Tours, de3 plantations de mûriers et des fabriques d’étoffes de soie. .ïusqu’alors l’industrie, concentrée dans les corporations qui avaient protégé son berceau, était toute municipale. Louis XI entreprit de la faire nationale; il convoqua des négociants à son grand conseil pour aviser avec eux aux moyens
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d’étendre et de faire prospérer le commerce. Lyon, Rouen et plusieurs autres villes obtinrent des privilèges de foires franches pour appeler dans leurs murs des marchands étrangers ( Ordonn. dei rois de Fr ., t. XV, p. 644 ; t. XVI , p. 192, 438 ? 44i, etc.). Par même motif, Louis XI accorda au Languedoc l’exemption du droit d’aubaine ( Ibid., t. XVIII). Ce fut aussi vers cette époque que l’on commença à exploiter avec intelligence les mines que recèle le sol de la France. L’industrie du fer occupa plusieurs corporations et principalement celle des /ornerons : on appela et on appelle encore hauts fourneaux les grandes forges où se fabriquait la fonte de fer .
S IIL Progrès de L’industrie française au xvic siècle. — Les guerres d’Italie donnèrent aux Français le goût du luxe et d’une industrie plus savante dans ses procédés. Le nombre des marchands s’accrut. Claude de Seyssel , historien contemporain, l’atteste dansl’ouvrage intitulé Louanges du bon roi Louis XI 1. « Pour un marchand, dit-il, que l’on trouvait du temps du roi Louis XI , on en trouve de ce règne plus de cinquante. Il y en a par les petites villes plus grand nombre que jadis dans les grosses et grandes cités , tellement qu’on ne fait guère maison sur rue qui n’ait boutique pour marchandise ou art mécanique. » Sous François 1er, l’industrie reçut une impulsion encore plus féconde ; on remarque surtout les efforts que lit ce prince pour dérober à l’ftalie des secrets industriels qui l’enrichissaient au détriment de la France.
Déjà Louis XI avait fait des plantations de mûriers aux environs de Tours et avait fondé dans cette ville des ateliers pour travailler la soie. François Ier attira en France des ouvriers italiens versés dans cette industrie. « Le commerce des soieries est très-important » , écrit en 1546 l’ambassadeur vénitien Marino Cavalii dans une relation oü il trace un tableau de l’industrie française ( Relations des ambassadeurs vénitiens, t. I, p. 259, dans la collecton des Documents inédits On comptait à cette époque huit mille métiers travaillant la soie dans la ville de Tours et aux environs. Le climat contrariait souvent l’éducation des vers à soie.
« Mais , dit Manno Cavalii , on tâchait de réussir à force d’industrie. »
Pour encourager les efforts des fabriques françaises, le roi frappa de droits considérables les draps étrangers et surtout les étoffes d’or et d’argent (Anr.
lois fr ., t. XII , p. 552 et 687 ). Les exportations devinrent considérables -.les lai nés de Normandie et de Picardie se ven-
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